Wiki Allaitement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 25 Oct 2023 14:04:16 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

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Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire-2/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire-2/#respond Wed, 10 May 2023 14:46:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2306 Voici un article écrit par Elise Dufour, sage-femme. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. L’engorgement n’est … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Voici un article écrit par Elise Dufour, sage-femme.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

EXPRESSION MANUELLE

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire environ 2 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques : pour en savoir plus sur l’engorgement

La Leche League : engorgement
La Leche League : revue de littérature concernant le recours au chou
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ? https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/ https://www.leblogallaitement.com/est-ce-quallaiter-a-un-pouvoir-contraceptif/#respond Wed, 15 Mar 2023 13:50:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2299 Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances. Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse. La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande … Continuer la lecture de Est-ce qu’allaiter a un pouvoir contraceptif ?

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Marie-Agnès TORCQ est sage-femme . Formée à la méthode Cyclamen®, elle accompagne les femmes avec les Méthodes Naturelles de Régulation des Naissances.

Elle tient à remercier le professeur Ecochard pour son aimable contribution et sa relecture judicieuse.

La nature est bien faite. Après avoir donné la vie, si une mère allaite son bébé à la demande avec un maternage de proximité, son cerveau produit des hormones empêchant un retour à la fertilité. C’est ce qu’on observe dans les pays en voie de développement où les tétées sans restriction permettent d’espacer naturellement les naissances ; dans le cas où l’allaitement artificiel n’est pas mis en compétition avec l’allaitement maternel. Est-ce possible aussi chez nous ? Voyons de plus près comment cela se produit.

Comment ça marche ?

La prolactine, comme son nom l’indique, a pour fonction de faire sécréter du lait. Grâce à la succion régulière du bébé, le retour de l’ovulation est bloqué. La MAMA (Méthode d’Allaitement Maternel et d’Aménorrhée) fonctionne alors si les critères suivants sont respectés :

  • un allaitement exclusif, sans complément de préparation pour nourrissons ;
  • pas de retour de couches (les saignements avant 8 semaines – 56ème jour du post partum – ne sont pas pris en compte)
  • l’âge du bébé est de moins de 6 mois révolus

Dans nos pays, où l’allaitement est souvent limité aux besoins de nutrition de l’enfant, les tétées sont souvent peu nombreuses. On recommande alors parfois, en plus des critères ci-dessus :

  • pas d’intervalle de plus de 6 heures entre deux tétées la nuit et 4h le jour ;
  • un minimum de 6 longues tétées ou 10 tétées courtes chaque jour, de façon à obtenir une stimulation quotidienne du mamelon et de l’aréole de 60 à 90 minutes ;

Ces deux recommandations s’ajoutent à la MAMA sans en faire partie.

Des études scientifiques à l’appui des recommandations


En 1988, sous l’égide de l’OMS et de l’UNICEF, des scientifiques ont confronté leurs connaissances sur l’interaction entre allaitement et infertilité et ont rédigé le Consensus de Bellagio1 qui définit la MAMA. En respectant les critères précités, l’allaitement pourra amener une infertilité provisoire. Un professionnel de la fertilité (sage-femme ou gynécologue formé(e) à la MAMA, une monitrice /instructrice de Méthode d’Observation du Cycle, ou une consultante en lactation IBCLC) pourront réviser ces critères avec vous.

La MAMA est-elle fiable ?



On dénombre une grossesse chez 100 femmes sur une période de six mois d’allaitement qui remplissent les critères de la MAMA. A titre de comparaison, selon l’OMS, le nombre de grossesses sous pilule micro-progestative est de 7 %, de 0,1% sous implant contraceptif, 0,5 à 0,8 % avec le Dispositif Intra-Utérin au cuivre ou hormonal et 1 à 2 % avec les méthodes d’observation du cycle.

Pourquoi prescrit-on systématiquement une pilule micro-progestative à la sortie de la maternité ?

La pilule micro-progestative n’est absolument pas indispensable à toutes les femmes et, si elle est prescrite, devrait être réservée aux femmes pour qui l’allaitement ne remplit pas les critères définis dans la MAMA. Compte tenu de nos connaissances, on peut s’étonner qu’elle soit systématiquement prescrite à la sortie de la maternité. Est-ce par méconnaissance de la physiologie de la lactation et du retour à la fertilité après une naissance ?

On ne peut évidemment présager du devenir de l’allaitement des femmes qui sortent de la maternité. Pour que le blocage de l’ovulation soit assuré, il faut un allaitement efficace, répondant aux critères cités plus haut. S’ils ne sont pas remplis, la fertilité peut revenir plus tôt et c’est ainsi que certaines femmes découvrent une nouvelle grossesse alors qu’elles allaitent leurs nouveau-nés. Expliquer aux femmes ces critères et les soutenir pour que leur allaitement les remplisse à long terme, prend à l’évidence plus de temps que de délivrer une ordonnance systématique de contraception hormonale.

Quelle prudence devrait avoir tout professionnel de santé ?


On sait que le passage dans le sang des progestatifs de synthèse a une influence sur la mise en place de la production lactée ; il serait nécessaire que les professionnels de santé prescrivent la pilule aux femmes qui sortent de maternité avec plus de modération pour éviter des échecs d’allaitement par insuffisance de production lactée.

Selon l’ANAES2 (renommée HAS Haute Autorité de Santé), si ce choix se porte sur une contraception hormonale, celle-ci ne doit pas être débutée avant la sixième semaine du post-partum. Les œstroprogestatifs ne sont pas recommandés car ils pourraient réduire la production de lait. Les microprogestatifs, les progestatifs injectables et les implants progestatifs peuvent être utilisés sans inconvénient ni pour l’allaitement, ni pour le nouveau-né. Toutefois la contraception hormonale ne doit pas être débutée avant l’installation de la lactogenèse de stade II (montée laiteuse). Les progestatifs ne seront pas utilisés avant la sixième semaine du post-partum.

Kennedy et al 3rapportent que le démarrage de la lactation est stimulé par la chute brutale du taux de progestérone en post-partum précoce, qui pourra être contrecarrée par une pilule progesta­tive… Certains auteurs, ainsi que l’OMS, considèrent donc préférable d’attendre 6 semaines post-partum avant de commencer à les utiliser.

Enfin, par principe de précaution pour l’enfant allaité, qui ingère des quantités d’hormones via le lait maternel, il conviendrait d’éviter de le surexposer dès son plus jeune âge à des hormones de synthèse via le lait maternel qui ne sont pas naturellement présentes dans le lait de sa mère.

Dans son livre4, le professeur René Ecochard, docteur en médecine, professeur à l’université Claude-Bernard (Lyon I) biostatisticien et membre du Pôle Santé-Publique du CHU de Lyon livre une explication : « La mini-puberté et la puberté étant des périodes sensibles, il est de la plus haute importance de ne pas interférer avec le système hormonal à ces âges de la vie. On peut craindre, sans que cela ait été démontré à ce jour, que la prescription de pilule contraceptive à une mère allaitante soit néfaste pour l’enfant. En effet, le nourrisson est alors en mini puberté. Son cerveau est sensible aux hormones. Les pilules contraceptives données à la mère sont composées d’hormones de synthèse. La part de ces hormones qui passent dans le lait est peu documenté dans la littérature scientifique. Le principe de précaution invite à ne pas affirmer sans preuve l’absence de conséquence pour l’enfant […] Les pilules contraceptives, constituées notamment de progestatifs connus pour leur effet androgénique ou antiandrogénique ne devraient plus être utilisées avant d’avoir la certitude de leur inocuité »

En outre, le laboratoire commer­cialisant Implanon® (étonogestrel) déconseille son utilisation pendant l’allaitement. La mère devrait être informée de l’impact possible sur la lactation ; si l’enfant pleure davantage, semble beaucoup plus affamé, obtient visible­ment moins de lait, que sa prise de poids se ralentit, il faudra envisager la responsabilité de la contraception hormonale ; la mère pourra alors si elle le désire cesser de l’utiliser (notons qu’il est plus facile de cesser d’interrompre la prise de pilule que de retirer un implant).

En tout état de cause, l’accompagnement par une personne spécialisée s’impose pour un choix éclairé d’une méthode de contraception adaptée.

En conclusion


L’allaitement maternel exclusif entraîne un blocage ovarien par la succion du sein. De fait, il n’est pas utile de prendre une contraception hormonale, mais indispensable de valider les critères de l’allaitement pour connaître son impact sur la fertilité, avec un professionnel formé à la MAMA.

La prise de progestatifs peut influencer la mise en place de la lactation et ne devrait pas être débutée avant la 6° semaine du post partum, pour ne pas mettre en péril l’allaitement par insuffisance lactée.

Enfin il n’a pas été clairement démontré que les progestatifs soient réellement sans effet sur le développement neurologique et hormonal de l’enfant allaité. Par principe de précaution, on ne devrait pas proposer systématiquement de contraception hormonale chez une femme allaitante.

Références :

1 Greiner T. Breastfeeding and LAM: beyond conventional approaches. Bellagio Conference. Washington, 15-16/05/1997.

2 Extrait de la page 16, recommandations 12 de l’ANAES sur l‘allaitement en 2002 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/Allaitement_recos.pdf

3 Kennedy KI, M Kotelchuck. Policy considerations for the intro­duction and promotion of the lactational amenorrhea method: advantages and disadvantages of LAM. J Hum Lact 1998; 14(3): 191-203.

4 Professeur René Ecochard « Hommes Femmes ce que nous disent les neurosciences » Editions Artège, Février 2022

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Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ? https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/ https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/#respond Sat, 28 Jan 2023 16:25:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2295 Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂 Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court. Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. … Continuer la lecture de Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ?

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Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂

Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court.

Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. Quelles sont ces difficultés les plus fréquemment rapportées ? Mis à part les questions de positionnement ou de gestes à apprendre, certains défis se posent en lien avec le nourrisson : on parle souvent des freins de langue ou du faible poids à la naissance comme facteurs de risques pouvant empêcher un démarrage d’allaitement serein.

S’est-on jamais penché sur l’anatomie des mamans ? Des tendances se dégagent-elles ? Autrement dit, certaines morphologies de mamelons pourraient-elles poser plus de contraintes ? Peu d’études ont fait le tour de la question. En 2017, toutefois, une approche reposant sur de l’observation avait suggéré que la taille des mamelons et la densité de la peau au niveau de l’aréole pouvaient jouer un rôle. Qu’en est-il exactement ?

Un premier bilan

Une étude observationnelle assez poussée, publiée en 2021 a été réalisée dans un hôpital français de St Lus Obipo en Californie. Les auteurs se sont intéressés aux difficultés des mamans de diverses origines ethniques (latins hispaniques et non hispaniques) ayant pu bénéficier d’un soutien à l’allaitement (conseils préalables, aides lors du démarrage de l’allaitement).

L’étude s’est focalisée sur 115 mères d’enfants de 6 semaines ou moins ayant pris contact avec le centre d’allaitement de l’hôpital, quelle qu’en soit la raison. Les mamans étaient toutes majeures avec un seul enfant. Dans l’étude, seules les mamans n’ayant pas eu recours à la chirurgie ont été incluses. La moyenne d’âge des mères était de 30 ans, celle des nourrissons de 2 semaines.

Données anatomiques prises en compte

Les auteurs ont pris en compte :
– la largeur à la base du mamelon,
– la longueur du mamelon,
– la densité de peau au niveau de l’aréole.
Ce dernier paramètre a été évalué par un protocole mis au point pour l’étude, par le biais d’un pressage manuel pour évaluer la facilité de compression. Toutes les mesures ont été réalisées par une consultante en lactation IBCLC juste avant une tétée ou l’usage d’un tire-lait.

Difficultés à l’allaitement prises en compte

Les auteurs se sont intéressés aux problèmes liés à :
– des mamelons douloureux,
– la présence de crevasses,
– la survenue d’une mastite,
– des difficultés d’attachement en prise de sein,
– une faible prise de poids du bébé,
– une faible production de lait.

Les mamans ont également été interrogées sur la prise de suppléments, l’indice de masse corporelle avant la grossesse, le poids et la taille du bébé à la naissance.Un maximum de facteurs confondants a été pris en compte.



Plusieurs tendances observées

Les auteurs de l’étude ont relevé une plus forte proportion de problèmes d’attachement au sein parmi les mamans dont les mamelons sont plutôt longs et de plus grande largeur à la base.

Les auteurs ont aussi noté que la situation « mamelons douloureux » à la tétée était plus fréquemment rencontrée lorsqu’à la fois, la densité de l’aréole était plus élevée et les mamelons plus larges.

Pour les situations de faible prise de poids, ils ont également noté une interaction marquée entre la largeur du mamelon, sa longueur et une forte densité aréolaire.
En ce qui concerne les crevasses, les auteurs n’ont pas relevé de lien particulier entre la morphologie et leur fréquence d’apparition.

Analyse des résultats

Cette étude est l’une des premières à montrer que des variations anatomiques existent bien parmi les mamans allaitantes et que certaines peuvent influencer le bon démarrage de l’allaitement. Les auteurs soulignent que ce sont des paramètres combinés qui jouent sur les difficultés.

Des explications probables

Les auteurs ont cherché à expliquer leurs observations. Ainsi, ils suggèrent que certaines caractéristiques de la taille des mamelons couplées à une faible souplesse aréolaire pourraient représenter un challenge pour les bébés avec une petite bouche notamment dans les premiers jours de l’allaitement. Certaines configurations (taille relative du mamelon couplée à une moindre malléabilité du tissu mammaire) pourraient limiter la bonne prise en bouche du mamelon, empêcher l’enfant de s’attacher correctement et entraver la bonne coordination des mouvements lors de la tétée (mâchoire, langue). Lorsque la compression du mamelon est plus difficile, les risques de douleurs pour la maman allaitante sont alors plus grands et il est plus probable que le bébé tète mal, n’obtienne pas assez de lait et que sa prise de poids ne soit pas correcte. La conséquence est que malheureusement l’allaitement s’arrête vite : la mère est découragée et doute d’elle-même avant même qu’une solution soit trouvée.



Limitations de l’étude

C’est l’une des premières études à s’intéresser de façon précise aux liens entre morphologie du mamelon et difficultés de démarrage de l’allaitement. Les auteurs rappellent néanmoins que ces difficultés évoluent très souvent positivement au fur et à mesure que l’enfant grandit et que l’allaitement se poursuit.
Il serait souhaitable que les résultats de cette étude soient complétés avec un panel plus large de mamans d’autres horizons et origines ethniques en intégrant notamment d’autres traits anatomiques de la maman ainsi que ceux du bébé !

Que retenir ?

Les conclusions de cette étude pourraient servir de base pour mieux écouter les mamans qui souhaitent allaiter et pour lesquelles le démarrage pose souci. Ces connaissances, même si elles ont besoin d’être affinées, doivent être prises en compte pour mieux communiquer vers les mamans et apporter des réponses adéquates. Pour un allaitement ayant plus de mal à démarrer, comprendre les causes et les défis posés est un premier pas… Dans tous les cas, le conseil et le soutien sont précieux.

Références:

Ventura A. K. et al., “Associations Between Variations in Breast Anatomy and Early Breastfeeding Challenges”, Journal oh Human Lactation, 37(2):403-413, 2021

Wilson-Clay B., Hoover K., “The Breastfeeding Atlas”, 6th Edition, Lact News Press (2017)

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Un petit verre a noel ? oui c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/#comments Thu, 22 Dec 2022 17:08:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2292 Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel.  L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ? Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles.  Pour information, 1 bière classique ( ½) ou … Continuer la lecture de Un petit verre a noel ? oui c’est possible !

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Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel. 

L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ?

Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles. 

Pour information, 1 bière classique ( ½) ou un verre de vin est égal à 10g d’alcool. Ici, c’est cette quantité d’alcool que je nommerai “verre standard” dans l’ensemble des études citées.

  • Le taux d’alcool qui passe dans le lait maternel 

Pour une consommation légère, le taux d’éthanol présent dans le lait maternel sera égal à celui qui passe dans le sang. Par contre, pour une consommation modérée à élevée, son taux sera un peu plus élevé dans le lait maternel que dans le sang. 

La consommation d’alcool occasionnelle et très modérée est à ce jour considérée comme à faible risque pour le bébé, sans attente de temps pour allaiter le bébé.

Pourtant les recommandations de l’American Academy of Breastfeeding sont de limiter l’allaitement dans les 2h suivant le dernier verre car les effets de l’alcool à long terme sur le bébé ne sont pas connus.  

On ne peut pas savoir si une consommation légère et occasionnelle peut avoir une incidence sur le développement du bébé.

Cependant on peut extrapoler qu’une consommation modérée à excessive, peut avoir un impact sur le bébé au vu du temps plus long d’élimination de l’alcool par le bébé.

  • Durée d’élimination de l’alcool dans le lait maternel 

L’alcool met environ 30 à 60 minutes pour atteindre son point culminant et diminue progressivement dans le lait maternel tout comme il diminue dans le sang. 

  • Impact sur l’ocytocine et la prolactine 

Une consommation de 3 à 12 verres standard peut considérablement réduire le réflexe d’éjection et réduire la quantité de lait disponible pour le bébé.L’éthanol, principal composant des boissons alcoolisées, bloque la délivrance d’ocytocine, qui permet l’éjection du lait. 

Il agit aussi sur la prolactine, hormone responsable de la synthèse du lait maternel. 

Il faut donc veiller, lors de la consommation d’alcool, à bien vidanger le sein afin d’éviter un risque d’engorgement.

La métabolisation de l’alcool chez la femme allaitante 

Il est possible de diminuer la concentration d’alcool en tirant son lait (ou donner une tétée) 1h avant de boire. Il est conseillé de manger en même temps que l’alcool est ingéré.

  • Saveur du lait maternel 

Deux études ont montré que les bébés avaient tendance à téter plus fréquemment les premières minutes suivant l’exposition à l’alcool mais ils prélevaient 20% de lait en moins. 

  • Schéma veille-sommeil 

La consommation d’alcool peut, peut-être, interférer dans le sommeil du bébé avec des temps de sommeil plus court, et nuire potentiellement à long terme sur son développement, si la consommation d’alcool est régulière. 

  • Risques pour le bébé 

La consommation d’alcool modérée à excessive et/ou régulière peut potentiellement être associée à des difficultés de développement chez le bébé.

L’éthanol est évacué plus lentement chez le bébé que chez l’adulte. 

Et peut avoir un impact négatif sur l’état général du bébé et sur son développement cognitif et comportemental de façon significative, et des retards évidents des indices de croissance globaux.

  • Conclusion : est-il possible de boire de l’alcool durant l’allaitement ?

La consommation occasionnelle et légère d’alcool peut être envisagée. Au vu des données actuelles,  il vous appartient de l’allaiter sans attendre un laps de temps, ou de préférer allaiter en même temps que le verre est bu, puis de redonner le sein 2h à 3h plus tard au minimum.

La lait maternel sera toujours supérieur et adapté à votre bébé avec une consommation de 1 ou 2 verres standard.

La consommation d’alcool régulière et/ ou modérée à excessive peut avoir des effets indésirables sur la lactation et potentiellement sur le développement bébé. Donc si une consommation excessive d’alcool est envisagée il peut être nécessaire de prévoir du lait. 

  • Bon à savoir :
  • Si vous prévoyez une soirée alcoolisée, pensez à contacter une personne qui restera sobre pour s’occuper de bébé durant la soirée mais aussi à votre retour. L’alcool réduit le niveau de vigilance.
  • Si vous pratiquez habituellement le cododo et que vous avez consommé de l’alcool, ne dormez pas avec votre enfant afin d’éviter les risques d’écrasement ou d’étouffement du bébé.
  • Si vous pensez qu’il est nécessaire de discuter de votre consommation d’alcool, il est toujours possible de prendre de simples renseignements ici :

https://www.alcool-info-service.fr/

Sources :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/bcpt.12149

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4987236/

https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/88/4/737/57171/Maternal-Diet-Alters-the-Sensory-Qualities-of

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16713502/

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1747-0080.2006.00056.x

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2831123/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2720548/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2588480/#__ffn_sectitle

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Une consultante IBCLC dans un lactarium https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/ https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/#respond Tue, 15 Nov 2022 12:36:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2288 Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3. Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France. Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation … Continuer la lecture de Une consultante IBCLC dans un lactarium

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Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3.

Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France.

Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés), dont l’une des conditions est de permettre l’allaitement en cas de séparation mère-bébé.

On imagine aisément le rôle que peut avoir une puéricultrice ou un autre soignant IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) dans un service de maternité ou de néonatalogie. Mais dans un lactarium, cela soulève toujours l’étonnement.

« Vous ne pasteurisez pas du lait ? » Notre mission consiste en effet à conserver le précieux or liquide de nos mamans pour garantir sa sécurité et le donner ensuite aux bébés vulnérables. Mais cela ne s’arrête pas là.

Prendre en compte l’humain, en prendre soin, respecter et accompagner les projets d’allaitement sont au cœur de nos préoccupations également.

De la maternité, en passant par la néonatalogie, le lactarium est un trait d’union pour le soutien de ces mères.

Dans cette optique, je me suis formée pour devenir consultante en lactation IBCLC en 2008, diplôme que j’ai renforcé par un DIU ( diplôme inter- universitaire) en lactation humaine et allaitement (DIULHAM), ainsi que le DU ( diplôme universitaire) de la théorie de l’Attachement.

A cette époque, de mon point de vue, tout était à construire et à organiser ; une très belle aventure humaine ! A plusieurs, nous avons décidé de revoir nos pratiques pour les faire évoluer, de former les équipes pour une cohérence dans les soins. On m’a confié la mission de former à la fois des étudiants et d’accompagner les mères allaitantes de bébés nés trop tôt ou devant subir une intervention chirurgicale dès la naissance.

Comment cela se passe-t-il concrètement au sein de l’établissement hospitalier ?

Un membre de l’équipe rencontre chaque maman ayant un projet d’allaitement et, dans le cadre du don de lait pour son bébé né prématurément et/ou qui va être opéré. Nous créons avec elle un dossier de don, suivant le cadre législatif.

Cet entretien permet également d’aborder en détails les bonnes pratiques de recueil du lait : utilisation du tire-lait, entretien, stockage et transport du lait. Moment idéal, pour expliquer comment la lactation va s’installer, avec quelques notions simples de physiologie, cette entrevue permet aux mamans de comprendre ce qu’est un lactarium, ce qu’elles vont vivre et ainsi de gagner en confiance ! Elles entendent toutes le même message : « Mon corps sait et saura produire du lait! »

Une importance toute particulière est accordée au lait maternel

Chaque jour, les parents viennent déposer les petits flacons de don de lait si précieux. C’est un autre moment qui permet l’échange et le soutien à court, moyen et long terme de leur projet d’allaitement.

J’aimerais souligner ici que les pères sont très impliqués et très investis dans cette partie. Ils comprennent leur rôle et deviennent ainsi les premiers soutiens de leurs compagnes en matière d’allaitement. Le développement des maternités IHAB et des soins centrés sur la famille a vraiment permis d’inclure les parents dans les soins; il en est de même dans le projet d’alimentation et donc l’allaitement.

Le projet d’allaitement d’un bébé hospitalisé est souvent tumultueux et complexe : entre stress, aller-retour domicile-hôpital, gestion de la fratrie… et utilisation du tire-lait. Il peut se passer des mois avant que le bébé commence à pouvoir téter de lui-même et la maman, en parrallèle, devra construire et maintenir sa lactation.

Une organisation qui facilite le don

De l’anténatal au postnatal immédiat, nous avons fait évoluer nos pratiques pour que les mères soient rencontrées le plus tôt possible. Le but est de leur permettre d’être autonomes dans la pratique du tire-allaitement mais surtout qu’elles se sentent en sécurité, l’une des bases de la réussite.

Nous leur permettons d’identifier les personnes ressources en allaitement, dont l’équipe du lactarium et moi-même faisons partie.

Soulignons également l’importance du travail en collaboration des IBCLC ou DIULHAM dans un hôpital autour des parents, du bébé et de l’allaitement : c’est le tissu du soutien à la parentalité et à l’allaitement.

Cet accompagnement tout au long de l’hospitalisation du bébé, apporte une assistance précieuse, qui se prolonge bien souvent après la sortie.

Grâce à une lactation bien lancée, les dons se prolongent

D’ailleurs, une fois qu’elles sont de retour à la maison, beaucoup de nos mamans ont la générosité de poursuivre le don, cette fois-ci pour d’autres bébés que le leur. Sensibilisées à l’importance du lait maternel pour le petit humain fragile, elles savent que recueillir une petite quantité de lait tous les jours permet de nourrir à terme beaucoup de bébés.

Les histoires d’allaitement de ces femmes sont uniques comme toutes les histoires d’allaitement bien sûr, mais je salue sincèrement leur courage.

En somme, l’IBCLC qui œuvre au sein d’un lactarium accompagne les allaitements. C’est un peu le pivot de tous ces soutiens indispensables. Et elle apprend aussi chaque jour et tellement auprès des mères allaitantes.

Alors, à toutes les mères qui donnent à un lactarium, un immense BRAVO et un immense MERCI ; avec une mention spéciale pour celle qui ont croisé mon chemin.

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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/#respond Wed, 05 Oct 2022 08:53:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2285 Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire 2 à 3 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas bander / comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques :

pour en savoir plus sur l’engorgement

Leche League : engorgement
Leche league : revue de littérature concernant le recours au chou Protocole de l’Academy of breastfeeding
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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utilisation du lait maternel pour les soins https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/ https://www.leblogallaitement.com/utilisation-du-lait-maternel-pour-les-soins/#respond Tue, 10 May 2022 11:32:53 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2273 Article écrit par Pascale Baugé, scientifique . Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long … Continuer la lecture de utilisation du lait maternel pour les soins

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Article écrit par Pascale Baugé, scientifique .

Le lait maternel est l’un des aliments les plus étudiés : on ne cesse de découvrir ses bienfaits sur la santé et la nutrition du nourrisson ainsi que sa parfaite adéquation avec les besoins de l’enfant grandissant grâce à un apport optimal de nutriments. Ses avantages sur le long terme sont également de mieux en mieux révélés et la médecine s’intéresse de près à ses nombreux composants actifs tels que HAMLET (acronyme de Human Alpha-lactalbumine Made lethal to Tumor cell), une protéine complexe qui déclenche la mort des cellules tumorales.
Ce qui est moins documenté, ce sont les usages non nutritifs du lait humain qui se sont parfois ancrés dans les habitudes populaires comme utiliser le lait localement pour traiter la conjonctivite, les rhinites ou les infections de la peau.

Certains chercheurs se sont penchés sur la question : a-t-on des bases scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour confirmer l’efficacité de tels usages ?

Le lait humain étant facilement disponible, de faible coût et sans effet indésirable, il est effectivement important de connaître réellement les effets car ce serait une solution idéale pour les pays où l’accès aux soins est difficile !
Une équipe de chercheurs de l’Université de Varsovie s’est alors mis en quête des études publiées sur la question pour en tirer un bilan : sur plus d’un millier d’études parues entre 2010 et 2019, seules 15 d’entre elles, publiées dans des journaux à comité de lecture ont été jugées de qualité suffisante et ont pu être intégrées dans cette méta-analyse publiée en 2019 [1].

Quelles sont ces usages non nutritifs ?

Le lait maternel est fréquemment utilisé pour traiter des problèmes de peau du bébé (eczéma, dermatite, érythème), des crevasses aux mamelons, des problèmes de conjonctivite ou encore pour les soins du cordon.
Il est vrai que le lait maternel contient un grand nombre de composés bioactifs et stimulants pour l’immunité. Il est en effet riche en diverses bactéries, micro-ARN, facteurs de croissance et autres molécules complexes possédant un potentiel anti-inflammatoire ou réparateurs des lésions mineures de la peau.

Que disent les études ?


Par rapport aux problèmes cutanés des bébés,

l’évaluation de l’utilisation de lait maternel sur les zones touchées (eczéma ou érythème) présente des résultats hétérogènes. Sur les 5 études d’essais cliniques randomisés pris en compte dans cette méta-analyse, l’une d’elle correspondant à une petite taille d’échantillons (6 enfants) ne montre pas d’effet du tout. 3 autres études de plus grande envergure (respectivement 100, 141 et 63 enfants dans les groupes d’observation) affichent les mêmes niveaux d’efficacité que ceux obtenus par un traitement classique (généralement à l’hydrocortisone). Une seule publication rend compte d’un net avantage du lait maternel et repose sur un échantillon de 30 bébés (âgés de 0 à 12 mois) divisés en 2 groupes traités pour des problèmes d’érythème. 80 % des enfants recevant 3 fois par jour avec du lait maternel montraient des signes positifs après 5 jours d’application contre 26% dans le groupe non traité.

Du côté des mamans,

l’application de quelques gouttes de lait pour endiguer les douleurs aux mamelons les premiers jours d’allaitement est une technique assez répandue. L’étude prise en compte dans la méta-analyse fait le suivi de 84 mères allaitantes qui ont développé des douleurs dans les 72h après leur accouchement. En comparant le résultat de cette application avec celle de lanoline, il s’avère que c’est le lait maternel qui était le plus efficace, avec un temps de cicatrisation plus court. Sur une cicatrice périnéale, le lait maternel réduit également le temps de cicatrisation.

En ce qui concerne les problèmes oculaires,

l’efficacité des soins préventifs apportés à plus de 250 nouveaux nés a été estimée dans une étude comparant 3 groupes : un premier groupe recevant 2 gouttes de colostrum dans chaque œil, un second groupe traité à l’aide d’un antibiotique classique et un groupe de contrôle ne recevant aucun traitement. La survenue de conjonctivite a alors été analysée dans chacun des 3 groupes. L’effet positif du lait maternel sur la prévention de la conjonctivite a pu être mis en évidence de façon claire. Une autre étude chez la souris a de plus montré que le lait maternel était capable de soigner les blessures de l’épithélium cornéen. Une guérison plus rapide et plus efficace comparativement au sérum ou aux larmes artificielles.

Utiliser du lait maternel pour assurer les soins du cordon

C’ est une pratique assez répandue dans certains pays et l’OMS bien que plébiscitant les soins à sec, encourage les recherches dans cette voie. La méta-analyse de 2019 a fait le point sur la question : 3 études de contrôle publiées entre 2010 et 2018 ont montré que l’application de quelques gouttes de lait maternel sur le cordon de nouveau-nés permettait une chute plus rapide du cordon (entre 1 à 3 jours plus tôt) par rapport aux soins à sec ou avec un produit antiseptique.
Une autre méta-analyse plus récente [2] confirme d’ailleurs ces résultats et précise que le colostrum est plus efficace que le lait mature. Un cordon qui se détache plus vite permet de diminuer les risques d’infection.

Qu’en retirer ?


De cette analyse, les auteurs concluent que le lait humain, grâce à ses multiples composants, est susceptible d’offrir des solutions efficaces, bon marché, sécures et sans risques d’allergie pour prévenir voire traiter des problèmes d’épiderme sans gravité. La tendance est là mais des évaluations complémentaires de qualité restent nécessaires pour lever l’hétérogénéité des résultats attribuée à la composition du lait humain variable dans le temps, et d’une femme à l’autre.
En ce qui concerne les problèmes d’yeux inflammatoires, les auteurs soulignent que le lait humain ne doit pas être utilisé dans tous les cas de figures : il doit plutôt être vu comme un complément et non comme seul traitement.
Sur la base de ces résultats encourageants, les auteurs confirment que le lait humain est une solution déterminante dans les zones du monde où les femmes n’ont pas la possibilité ou les moyens d’avoir accès aux soins médicaux.
Enfin, les auteurs voient dans le lait maternel de nouvelles perspectives pour la prévention et les traitements des lésions de la peau. Un gros travail reste à accomplir afin de comprendre les composants et molécules impliquées dans les effets produits.
Les auteurs concluent en disant que le lait maternel possède des propriétés extraordinaires et peut être considéré comme une sorte de médecine personnalisée ! A ce titre, les mères doivent être encouragées et soutenues dans leur projet d’allaitement.

Références:

  1. Witkowska-Zimmy M. et al., « Milk Therapy: Unexpected uses of Human Breast Milk », Nutrients, 11:944, 2019
  2. Leila Amiri-Farahani et al., «The Anti-Inflammatory Properties of the Topical Application of Human Milk in Dermal and Optical Diseases », Complementary and Alternative Therapies for Inflammatory Diseases 2020,
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UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/ https://www.leblogallaitement.com/un-autre-pouvoir-du-lait-maternel-les-cellules-souches/#respond Tue, 15 Feb 2022 15:53:32 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2261 Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs… Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses … Continuer la lecture de UN AUTRE POUVOIR DU LAIT MATERNEL : LES CELLULES SOUCHES

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Voici un nouvel article de notre scientifique Pascale Baugé, qui nous aide à décrypter toutes ces nouvelles études sur le lait maternel et ses pouvoirs…

Le lait maternel est une substance riche, très riche, un fluide complexe comprenant une multitude de composants dont on est encore loin d’avoir fait le tour, tant dans la nature de ses constituants que dans les rôles que ces derniers peuvent jouer chez le bébé voire chez l’adulte qu’il deviendra.

Le lait maternel n’est pas seulement une ressource de nutriments, il contient aussi des composés bioactifs précieux. Ainsi, une des particularités du lait maternel dont on parle peut-être moins est son contenu en cellules, celles-ci jouant un rôle majeur :

– les cellules typiques de la glande mammaire (des lactocytes et des cellules myoépithéliales)

– les cellules de type « globules blancs » dont le rôle dans le développement de l’immunité chez l’enfant a été démontré.

Mais plus incroyable, grâce aux nouvelles méthodes d’identification, on s’est rendu compte que le lait maternel était également riche en cellules très jeunes, immatures, qu’on dit « indifférenciées » et qui portent le nom de « cellules souches ». Elles sont comme des cellules mères pouvant se renouveler et évoluer en prenant un caractère bien précis, celui de cellules fonctionnelles.

Que sont les cellules souches et où les trouve-t-on ?

Dès les premiers jours après la fécondation, on trouve des cellules souches, celles au plus haut potentiel. On les dit « totipotentes » car elles sont capables d’évoluer en toutes cellules possibles d’un organisme y compris celles qui forment le placenta.


Chez l’embryon âgé de quelques jours, les cellules souches présentes sont dites pluripotentes, avec un potentiel d’évolution encore bien diversifié vers tous types de cellules (sauf des cellules placentaires).


Chez l’adulte, les cellules souches se font plus rares. De plus, celles-ci sont multipotentes c’est-à-dire qu’elles se transforment en un nombre plus réduit de types de cellules et elles ne sont présentes que dans des niches au sein des organes : elles permettent le renouvellement des cellules qui vieillissent vite ou qui sont lésées.


Enfin les cellules souches unipotentes ne donnent naissance qu’à des cellules bien spécifiques comme celles de la peau.

Quelles cellules souches dans le lait maternel ?


Dans la mesure où la glande mammaire possède cette incroyable faculté d’adaptation et de modification durant la grossesse et la période du post-partum, c’est qu’elle a recours à une machinerie sophistiquée permettant de passer rapidement de l’état de repos à l’état d’organe qui secrète du lait ! Cela nécessite bien sûr une modification des cellules qui y siègent, une phase de maturation vers un état de cellules actives. Pas de secret, il y a bien des cellules souches là-dessous. Ainsi, pendant longtemps leur présence dans le lait maternel a été suspectée par les scientifiques.

C’est en 2007 que pour la première fois, une équipe de chercheurs australiens a mis en évidence des cellules souches dans le lait maternel.

Quelles sont leurs propriétés ?


Les cellules souches présentes dans le lait maternel sont capables de se différencier et d’exprimer des caractéristiques de lactocytes ou cellules myoépithéaliales, ces cellules spécifiques présentes dans un sein pour fabriquer et expulser le lait.

Ce sont les cellules souches qui permettent effectivement à la glande mammaire d’évoluer.

Mais ce que les recherches ont révélé a de quoi surprendre : des cellules souches identifiées dans le lait maternel sont capables d’évoluer et de maturer vers des cellules différentes, comme par exemple des cellules neuronales !
En effet, in vitro, la culture de ces cellules souches, dans un milieu qui convient, a conduit à la formation :
– de cellules neuronales  avec leur marqueur caractéristique,
– d’oligodendrocytes (des cellules du système nerveux),
– d’astrocytes (d’autres cellules du système nerveux).

D’autres essais in vitro ont montré aussi que ces cellules souches du lait humain, donnaient des cellules adipeuses, des cellules pancréatiques, hépatiques ou des cellules cardiaques ! Bref, une belle panoplie de cellules différenciées.

Il existe ainsi pas mal de travaux (depuis 2012) qui indiquent de façon claire l’existence de cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire de cellules souches capables de devenir n’importe quel type de cellules de l’organisme adulte.

A quoi servent-elles ?

Alors, le premier challenge est de savoir si ces cellules peuvent survivre dans les conditions difficiles du tractus digestif et passer le cap de la digestion. Il s’avère que oui, chez le nouveau-né le milieu n’est pas si insurmontable et la diffusion via la paroi intestinale est possible. Elles se retrouvent donc dans la circulation sanguine et peuvent migrer vers différents organes. Quel peut bien être le rôle de ces cellules souches capables de se différencier en cellules nerveuses ? ou cellules graisseuses ? Participent-elles à la maturation de certains tissus ou organes chez l’enfant ?

Des études sur la souris prouvent que ces cellules souches issues du lait maternel s’intègrent bien dans les tissus des petits. Les chercheurs pensent qu’elles pourraient être impliquées dans le développement du système nerveux entérique : le réseau nerveux du tube digestif où des neurones gouvernent le fonctionnement du système gastro-intestinal ! D’autres chercheurs avancent aussi qu’elles pourraient favoriser la prolifération, le développement ou la régulation de gènes de certains tissus chez l’enfant. C’est cohérent avec le fait que le lait maternel de mamans de prématurés est enrichi en ce type de cellules souches. Mais tout cela demande encore études, conclusions et confirmations.

Qu’en retirer ?


Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que ,plus que jamais , le lait maternel prouve sa grande spécificité : il est inimitable tant pour les nutriments qu’il fournit, que les ressources biologiques qu’il contient.

Les cellules souches dans le lait maternel, ce n’est que le début des connaissances !

Présentes dans le lait maternel, elles jouent un rôle certain dans le développement de l’enfant. Mais encore beaucoup de questions demeurent irrésolues. Par quels processus se différencient-elles au sein de l’organisme ? Quelles conditions chez la mère et l’enfant modifient la teneur et la qualité des cellules souches présentes dans le lait ? A suivre donc.

Références:

Mehmet Şerif Aydın et al., « Transfer and Integration of Breast Milk Stem Cells to the Brain of Suckling Pups », Scientific Reports, 8:14289, 2018

Witkowska-Zimny M., et al.  « Cells of human breast milk », Cellular  Molecular Biology Letters, 22:11, 2017

Reali A. et al., « Multipotent stem cells of mother’s milk », Journal of Pediatric and Neonatal Individualized Medicin, 5(1), 2016

Ninkina N. et al., “Stem cells in human breast milk”, Human Cell, 32, 2019

Briere, C-E et al., “Breast Milk Stem Cells: Current Science and Implications for Preterm Infants”, Clinical Issues in Neonatal Care. 223., 2016

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J’ai suivi une consultante en lactation en stage https://www.leblogallaitement.com/jai-suivi-une-consultante-en-lactation-en-stage/ https://www.leblogallaitement.com/jai-suivi-une-consultante-en-lactation-en-stage/#respond Wed, 01 Dec 2021 10:45:26 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2243 Rūta , jeune maman d’origine lituanienne nous raconte son stage chez une consultante en lactation IBCLC. Diététicienne récemment diplômée, je découvre avec bonheur la richesse de mon métier. La diététique appréhende l’alimentation de tous les êtres humains, avec des possibilités de variation infinie suivant l’âge ou l’état de santé. C’est pourquoi, j’ai décidé durant mes … Continuer la lecture de J’ai suivi une consultante en lactation en stage

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Rūta , jeune maman d’origine lituanienne nous raconte son stage chez une consultante en lactation IBCLC.

Diététicienne récemment diplômée, je découvre avec bonheur la richesse de mon métier. La diététique appréhende l’alimentation de tous les êtres humains, avec des possibilités de variation infinie suivant l’âge ou l’état de santé. C’est pourquoi, j’ai décidé durant mes études de ne pas me limiter à l’alimentation des adultes et d’effectuer mon stage à thème optionnel dans un domaine qui m’a toujours intéressé : l’allaitement maternel. Cela m’a permis de me familiariser avec ce champ particulier de la diététique, et ce, d’autant plus que l’alimentation lactée est peu abordée par le cursus commun.

Mon premier défi fut de rechercher la structure qui pourrait m’accueillir. Le choix semblait vraiment large au premier abord. J’avais l’impression que l’allaitement relève de la compétence de plusieurs professionnels de santé : sage-femme, puéricultrice, pédiatre, gynécologue. Je me suis d’abord tournée vers les centres de PMI, mais on m’a rétorqué que son personnel n’est pas suffisamment formé aux questions d’allaitement. Ensuite, après quelques réponses négatives des maternités, j’ai découvert sur le net qu’il existe des consultantes en lactation IBCLC. C’est ainsi que mes démarches m’ont conduite vers une consultante libérale qui a accepté de m’accueillir dans son cabinet.

J’ai abordé mon stage en espérant approfondir des techniques d’allaitement. Dans mon esprit, la consultante en lactation était une professionnelle qui aide les mamans à résoudre des problèmes techniques pouvant empêcher d’allaiter. J’ai pourtant vite découvert qu’il ne s’agit que d’une partie de son métier.

La consultante en lactation travaille de manière flexible en s’adaptant le plus possible aux parents.

On distingue 2 types de consultations : prénatales et post-natales. Les premières sont destinées aux femmes en période de grossesse et ont comme objectif de leur donner des repères pour se préparer à l’allaitement. De ce fait, au moment de la consultation prénatale, si les questions sur le rythme des tétées et les positions d’allaitement sont traitées, la consultante aborde aussi l’aspect psychologique de l’allaitement, le lien maman-enfant, la satisfaction du besoin de sécurité, le rythme du sommeil du bébé, le quotidien de la femme allaitante ainsi que la conciliation allaitement et travail, et même parfois la diversification alimentaire. J’ai beaucoup apprécié découvrir ces aspects. De mon point de vue, les consultations prénatales sont le moyen idéal pour prévenir les problèmes que rencontrent la plupart des jeunes mamans.

Les consultations post-natales ont pour objectif de répondre à des questions précises. Et ces dernières sont beaucoup plus nombreuses que je ne l’avais imaginé. Les engorgements, les mastites, les mycoses, les crevasses, les freins de langue, les tensions cervicales, le manque de lait, la prise de poids faible, l’allaitement de bébés prématurés et de jumeaux ne sont qu’une partie des cas de figure que j’ai vu être abordés durant mon mois de stage.

Au début de l’entretien, la consultante pose de nombreuses questions concernant la maman et le bébé. Vient ensuite une période d’écoute active pendant laquelle elle invite les parents à parler afin de mieux cerner les raisons de la consultation – elle m’a notamment appris que le motif de la consultation cache parfois un problème insoupçonné ou non avoué. Elle propose alors différentes solutions adaptées à chaque famille.

A la fin, la consultante remet des documents qui peuvent servir de support après le retour au domicile. Elle les informe qu’elle reste disponible pour eux aussi longtemps qu’ils en auront besoin.

Elle communique aussi avec les professionnels qui lui ont adressé la famille ou peut orienter vers d’autres professionnels suivant les pathologies.

J’ai trouvé que la consultante a un rôle psychologique très important en soutien des parents. Cela se voit le mieux durant les consultations postnatales. Les parents arrivent dans le cabinet déjà fatigués, inquiets et les mamans pleurent souvent. Néanmoins, au bout de quelques instants, les sourires, les rires mêmes apparaissent. Les idées exposées durant les consultations permettent de casser certains stéréotypes concernant les bébés.

Quelques expressions m’ont marquées tout particulièrement : « Mettez votre bébé au sein chaque fois que vous voulez l’embrassez », « Attendre d’un bébé de faire ses nuits avant l’âge d’un an, c’est comme lui demander d’être capable d’écrire son prénom tout seul », « Un bébé allaité et obèse, ça n’existe pas », « Le sommeil partagé les premiers mois est un moyen de survivre ».

Durant les consultations les parents se détendent et partent plus confiants.

La consultante en lactation IBCLC doit se former en permanence pour être toujours à jour de ses connaissances. Pendant mon stage j’ai pu avoir un aperçu de la formation relative à l’allaitement instinctif, le Biological nurturing pour des sages-femmes. J’ai vu que le sujet était une nouveauté pour le public. Cela m’a permis de voir le caractère complémentaire mais bien distinct de ces deux professions.

Mon stage d’un mois chez la consultante en lactation IBLCL a été l’un des plus intéressants de mon programme d’études. Il m’a permis de découvrir ce métier formidable et comprendre la place de la consultante en lactation auprès des jeunes parents. Je pense qu’une consultante en lactation peut assurer un accompagnement de qualité qui manque souvent aux jeunes mamans en complément des autres professionnels de la petite enfance.

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Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ? https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/ https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/#respond Fri, 21 May 2021 14:07:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2176 Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante. On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation … Continuer la lecture de Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ?

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Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante.

On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation de l’intestin et notamment l’entérocolite nécrosante. Plusieurs études ont montré que son incidence et sa sévérité sont moindres chez le nourrisson allaité.


Qu’est-ce que l’entérocolite nécrosante ?


Cette maladie est liée à une cascade inflammatoire au niveau de l’intestin au cours de laquelle un grand nombre de molécules très réactives et donc agressives apparaissent : c’est en quelque sorte une réaction d’inflammation excessive qui endommage irrémédiablement les cellules de l’intestin et peut même conduire à une issue fatale.
Parmi d’autres facteurs, elle apparaît plus souvent chez les enfants prématurés de petits poids lorsque l’intestin est encore très immature et moins armés pour lutter contre les pathogènes.

Les enfants allaités sont moins touchés, c’est un fait très bien établi mais on a longtemps cherché à comprendre quel était le composant du lait maternel qui jouait un rôle clé dans la protection contre les maladies de l’intestin.

Quelle molécule active dans le lait maternel par rapport à cette maladie ?
Les regards et les études se sont portés sur la lactoferrine, une protéine du lait qui se lie au fer. Il a été prouvé qu’elle était impliquée dans de nombreux processus physiologiques, qu’elle avait une action anti-inflammatoire et jouait un rôle dans le système immunitaire.
La lactoferrine est très présente dans le lait humain (comme dans celui des autres primates), notamment dans le colostrum (5 à 6 mg/l contre 0,83 mg/l dans le lait de vache). De plus, elle est assez faiblement saturée en fer : elle a donc une forte activité une fois dans l’intestin de l’enfant.

Sur quels plans agit-elle exactement ?


La lactoferrine agit sur plusieurs plans
. En voici quelques-uns explicités.

En effet, la molécule de lactoferrine présente dans le lait maternel n’est pas saturée en fer, et peut donc en piéger. En se liant au fer, la molécule diminue les nutriments utiles pour le développement des bactéries. Privées de fer, la croissance bactérienne est inhibée.

Un autre mode d’action est qu’une des extrémités de la molécule peut se lier à la membrane de la paroi cellulaire des bactéries. Elles sont ainsi affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire.

Mais ce n’est pas tout !

Dans le processus qui se met en place dans la maladie de l’entérocolite nécrosante, une protéine joue un rôle majeur : c’est la NF-kB. Des recherches ont montré que l’intestin se nécrose à cause d’une teneur élevée en NF-kB. Son rôle est de réguler la recopie des informations données par des gènes impliqués dans la réponse immunitaire et la réponse inflammatoire.

Or, il a été montré que le lait maternel inhibait l’activation de cette protéine NF-kB, via la présence de la lactoferrine.

Dans les grandes lignes, le mécanisme est le suivant. La lactoferrine se lie à des portions d’ADN des bactéries pathogènes mais pas n’importe lesquelles : il s’agit de celles qui activent la réponse immunitaire en excès. En se liant ainsi, la lactoferrine masque les gènes qui ne s’exprimeront pas. Le processus de sur-inflammation en réponse à des bactéries pathogènes ne se met pas en place, les cellules intestinales sont donc préservées.


Conclusion



La lactoferrine présente dans le lait maternel et particulièrement dans le colostrum agit sur plusieurs tableaux pour protéger le nourrisson de l’inflammation de l’intestin immature :
– par association avec le fer pour limiter cet élément utile aux bactéries pathogènes,
– par association avec la membrane des bactéries, alors affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire,
– par modification génétique au sein du pathogène : la voie d’action déclenchant l’inflammation n’est pas activée et les cellules intestinales ne sont pas agressées.

Tout cela permet de comprendre une fois encore toute l’importance d’encourager les mamans à allaiter leur bébé, d’autant plus s’il est prématuré ou de petit poids…

Références

Pandita A. et al., “Lactoferrin and Its Role in Neonatology: A Review Article”, Journal of Pediatrics and Neonatal Care, 2015

“A Review of the Immunomodulating Components of Maternal Breast Milk and Protection Against Necrotizing Enterocolitis”, Nutrients, 2020

Mulligan P. et al.,  « Breast Milk Lactoferrin Regulates Gene Expression by Binding Bacterial DNA CpG Motifs But Not Genomic DNA Promoters in Model Intestinal Cells », Pediatric Research, 2006

Queiroz VA et al., « Protective effect of human lactoferrin in the gastrointestinal tract », Rev Paul ista Pediatria, 2013

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La compression mammaire, un geste à adopter ? https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/ https://www.leblogallaitement.com/la-compression-mammaire-un-geste-a-adopter/#respond Tue, 27 Apr 2021 13:50:56 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2165 Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste. Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire. Bien qu’on ne dispose pas d’études … Continuer la lecture de La compression mammaire, un geste à adopter ?

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Cet article a été écrit par le Dr Muriel Mermilliod, formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste.

Quand on allaite, s’il existe bien une intervention simple, caractérisée par un petit geste, facile à adopter dans de nombreuses situations, c’est bien la compression mammaire.

Bien qu’on ne dispose pas d’études spécifiques sur l’efficacité de cette pratique, beaucoup la recommandent pour augmenter la quantité bue par le bébé lors de la tétée, ou la quantité exprimée au tire-lait. A ce titre, les travaux de Jane Morton constituent une référence scientifique. Elle a démontré que combinée à l’utilisation d’un tire-lait de bonne qualité, la compression mammaire accroît la quantité de lait recueillie au tire-lait et facilite considérablement l’établissement de la production lactée.

Quel effet recherche-t-on quand on fait une compression mammaire ?

En des termes simples, on cherche à soutenir le transfert de lait, autrement dit à augmenter le volume de lait bu par votre enfant au sein en un temps donné.

Dans quelles situations y a-t-on recours ?

Dès les premières heures après la naissance et pendant le séjour en maternité,

Apporter une plus grande quantité de colostrum et/ou de lait contribuera à :

  • éviter une perte de poids excessive chez les bébés de petit poids, chez ceux ayant des difficultés de succion, car cela les aidera à apprendre à mener une tétée efficace
  • éviter d’aggraver un ictère par manque de lait,
  • activer encore plus la lactation lorsque votre santé ou le déroulement de l’accouchement peuvent amener des débuts difficiles
  • permettre une reprise de poids optimale

Au retour à la maison et plus tard dans l’allaitement

  • Lorsque la prise de poids est lente ou insuffisante
  • Lorsque votre bébé paraît peu efficace au sein
  • Lorsque votre bébé de quelques mois s’agite au sein en cours de tétée et qu’il semble peu déglutir

Quels résultats peut-on en espérer ?

Pronostiquer le résultat espéré relève bien sûr d’une évaluation complète par un professionnel car de nombreux facteurs entrent en jeu. Cependant, de nombreuses situations de perte de poids excessive, de prise de poids lente ou nettement insuffisantes, de succions inadéquates peuvent être considérablement et immédiatement aidées ou rétablies par la pratique d’une compression mammaire lorsqu’elle est accompagnée des autres fondamentaux de l’allaitement : des tétées d’une fréquence suffisante basée sur la compréhension du sommeil léger comme meilleure opportunité pour téter et d’un bébé placé sur sa mère en position ventrale pour faciliter la tétée, un ajustement optimal de la prise du sein et parfois une alternance des seins si besoin. Il n’est pas rare d’éviter le recours à des compléments (de préparation pour nourrissons ou de lait maternel exprimé) grâce à une pratique systématique de la compression.

Alors, comment fait-on cette compression ?

Le geste repose sur le principe d’une pression exercée en continu grâce à votre main placée en arrière de la glande mammaire ou sur la partie principale de celle-ci pour faciliter l’éjection du lait. La compréhension de la méthode est souvent déformée par la pratique courante et encore trop répandue d’un pincement proche de l’aréole. Il s’agit vraiment de placer la main en arrière donc assez haut sur le sein, loin très loin du mamelon.

La description exacte repose sur les connaissances le plus récentes de l’anatomie qui ont montré que 70% de la glande environ se trouvent dans les 3cm situés en arrière du mamelon, il faudrait donc placer la main en arrière de cette zone ; pour certaines d’entre vous, il faudra aller plus loin en arrière. Votre main forme un C autour du sein, votre pouce se trouve au-dessus et les autres doigts en dessous pour ne pas gêner votre bébé dans sa prise du sein. Vos doigts peuvent être collés à votre cage thoracique. Vous exercez une pression continue sur place sans faire glisser le pouce vers l’avant : le pouce appuie comme s’il voulait aller rejoindre l’index en traversant la masse du sein. La pression est la plus forte possible sans provoquer de douleur ni de gène.

La position de madone inversée et en ballon de rugby facilitent la pratique de la compression si votre situation nécessite une prise en charge et qu’allaiter selon votre instinct ne suffit plus, du moins temporairement.

À quel moment faire la compression ?

Dès que le débit de lait ralentit et donc que les déglutitions tendent à s’espacer, que votre bébé fait une pause longue, ou qu’il adopte de nouveau des succions rapides et peu amples sans déglutir ou lorsqu’il semble devenir somnolent, vous devriez débuter la compression.

Dans des situations très difficiles il sera utile de débuter la compression dès le début de la tétée.

Comment savoir si c’est efficace ?

La reprise des déglutitions attestera de son efficacité : des déglutitions audibles avec des mouvements de succions amples sont le signe que le transfert de lait est augmenté et qu’un réflexe d’éjection se produit à nouveau. La plupart du temps, on commence à entendre une déglutition, puis quelques instants après une autre, et une autre encore (alors que plus rien ne se produisait depuis un moment) et puis une salve de déglutitions bien suivies se produit, et ainsi de suite.

Pour évaluer l’efficacité exacte, compte tenu de l’objectif visé, vous pourrez vous référer aux professionnels qui vous accompagnent.

Le petit plus de la compression

Maintenir une main qui englobe ainsi le sein favorise l’assouplissement des tissus du sein et les rend plus disponibles pour votre bébé, vous pouvez aussi guider votre sein et éviter d’être blessée par les mouvements réflexes de votre bébé. La prise du sein en bouche et la bonne position du mamelon seront ainsi facilitées ce qui aidera à supprimer des douleurs résiduelles à la prise du sein. Et l’effet sera accru ensuite en cours de tétée car un meilleur débit amène une prise du sein plus optimale ce qui contribue généralement aussitôt à la diminution ou à la disparition des douleurs.

Pour en savoir plus :

J Newman T Pitman : L’allaitement comprendre et réussir

Daly SE, Kent JC, Owens RA, Hartmann PE Frequency and degree of milk removal and the short-term control of human lit synthesis Expo Physiol, 1996 ; 81 ; 861-75

Statégies développée par Jane Morton Vidéo explicative : Maximizing Milk Production with Hands On Pumping http://newborns.stanford.edu/Breastfeeding/MaxProduction.html

Vidéos du Dr Newman :

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Caries précoces chez un jeune enfant allaité https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/ https://www.leblogallaitement.com/caries-precoces-chez-un-jeune-enfant-allaite/#respond Tue, 06 Apr 2021 08:20:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2141 La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation … Continuer la lecture de Caries précoces chez un jeune enfant allaité

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La docteure Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC, formatrice en allaitement maternel, accompagnante Biological Nurturing© et chirurgien-dentiste est l’une des spécialistes françaises de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Elle a créé Lait’xcellence formation pour accompagner les professionnels dans leur projet de soutenir les mères allaitantes. Elle accompagne également quotidiennement les mères en consultation d’allaitement en Guadeloupe notamment. Elle nous parle aujourd’hui des caries du jeune enfant.

Une incisive qui se casse non loin de la gencive, presque comme si on l’avait sciée, une autre qui s’abîme avec une zone paraissant toute molle, jaune ou plus foncée et tirant vers le marron, des surfaces et tâches blanchâtres comme de la craie aux contours friables : vous voilà complètement déroutée et inquiète devant l’apparence des dents de votre enfant.

Votre bébé allaité présente des caries, devez-vous le sevrer ?

Vous réalisez que votre enfant allaité présente des caries et votre premier réflexe, à juste titre, est de consulter un pédodontiste ou un chirurgien-dentiste pour lui confier la prise en charge.

Dans un second temps, et en plus des soins réalisés, vous vous orientez peut-être vers une consultante en lactation parce que l’un ou l’autre de vos référents de santé aura désigné l’allaitement comme cause possible, ou vous aura demandé de sevrer, ce qui mérite bien un accompagnement car ni vous, ni votre enfant n’y étiez préparés.

Si, pour les consultant(e)s en lactation, les caries précoces de l’enfant constituent un motif relativement rare de consultation, il n’en demeure pas moins un. Et ces professionnel(le)s sont compétents pour vous apporter un soutien et des informations adéquats. Dans le cas de figure où une consultation individuelle n’est pas envisageable pour vous, voici quelques repères qui pourraient vous aider et qui vous sont transmis pour tenter d’éclairer la situation. Je mobilise à ce titre ma double compétence de docteur en chirurgie-dentaire, dont j’ai cessé l’exercice, et de consultante en lactation IBCLC, exercice auquel je me consacre à temps plein depuis 9 ans. Je me permettrai ensuite d’ajouter mon regard de mère à cette double compétence.

Le syndrome du biberon retrouvé chez l’enfant allaité ?

Force est d’avouer que pour le chirurgien-dentiste, il est bien tentant d’associer chez le tout petit allaité le communément nommé « syndrome du biberon » avec l’apparition d’une atteinte précoce des dents de lait. A la surprise du professionnel, le tout petit est peut-être d’ailleurs « encore allaité » à 13, 15, 18, ou même 24 mois. Il se trouve même médaillé de surcroît d’enfant « qui tète encore la nuit ! ». Et pourtant… ce raccourci est bien vite pris !

Les composants du lait maternel ont un effet protecteur

Certes, le lait maternel est sucré. Pour autant, le pH salivaire après une tétée n’est pas aussi acide qu’après un repas solide ou un biberon de préparation pour nourrissoni. Et la lactoferrine, pour ne citer que ce composant bien étudié, s’oppose au développement des bactéries impliquées dans la carie dentaire. La liste est longue pour mener une réflexion approfondie qui ne va pas dans le sens d’un pouvoir hautement cariogène du lait maternel.

La lecture des études scientifiques ne permet actuellement pas d’établir la preuve d’un lien de cause à effet entre l’allaitement au-delà d’un an, y compris la nuit, et l’apparition de caries précoces. En ce sens la CoFAM a publié des recommandations concertées pour la bonne santé bucco-dentaire du tout-petit, rédigées en collaboration avec la faculté d’odontologie de Nancy.

Les tétées nocturnes comme facteur aggravant et non prédisposant

J’ai été confrontée professionnellement à ces bambins qui sont amenés à consulter à la fois très jeunes (2-3-4 ans) et à la fois tardivement en fait car l’échange avec les parents, lorsque la question leur est posée(!), évoquait le plus souvent une dent de couleur inhabituelle dès son éruption, soit à 6 mois, ce qui devrait idéalement constituer un motif de consultation à cet âge. Cette suggestion rejoint d’ailleurs pleinement les recommandations de l’UFSBD qui met l’accent d’emblée sur l’existence d’émails anormalement formés repérables entre 6 et 12 mois (la fenêtre courante de l’éruption des incisives temporaires). Si tel est le cas, on peut aussi suggérer que des tétées nocturnes ne seront pas une cause mais un facteur aggravant sur un terrain destiné à développer une maladie carieuse tôt ou tard. Cela oriente le soutien dont vous avez besoin vers des soins appropriés, des mesures d’hygiène buccale et dentaire adaptées et sur-mesure et une surveillance fréquente car les soins apportés peuvent perdre leur herméticité rapidement lorsque les tissus sont anormalement constitués. Il ne sera pas alors forcément question d’envisager un sevrage soudain.

À ce regard s’ajoute mon expérience de mère.

Mon premier enfant allaité au-delà de deux ans, et la nuit jusqu’à 20 mois, n’a développé aucune carie et ses dents étaient parfaitement constituées. Lors de l’éruption de la première incisive de mon deuxième enfant, au moment où seulement quelques millimètres passent le bord de la gencive et que l’on s’extasie de cette étape du développement, j’ai pu remarquer un émail anormal, poreux qui, c’était évident pour mes yeux professionnels, allait se carier rapidement, tétées nocturnes ou pas. C’est ce qui s’est produit et il a été soigné alors qu’il n’avait que 10 mois ce qui a permis de s’acheminer vers la dentition définitive dans des conditions acceptables, certains soins étant à renouveler tous les ans.

Peu informée à l’époque, j’ai négligé l’événement sans plus d’investigations. C’est lorsque le problème s’est de nouveau présenté pour mon troisième enfant, qui d’ailleurs ne tétait pas la nuit depuis ses 5 mois, que j’ai décidé de prendre en compte sérieusement cette anomalie et je me suis aperçue que j’étais sévèrement carencée en vitamine D. Je ne me supplémentais pas car je vivais alors dans une zone ensoleillée sans me rendre compte que je ne recevais pas assez de ce soleil – nous sommes nombreuses à commettre cette erreur !, alors qu’avant mon premier enfant né dans une zone peu ensoleillée j’avais été très observante sur ma supplémentation. N’avais-je pas à l’époque d’autres carences ayant perturbé toutes les interactions nécessaires à la minéralisation ? Difficile de le dire a posteriori.

Parallèlement, une de mes consœurs a décidé de demander des bilans sanguins aux enfants et aux mères d’enfants touchés par des caries précoces. Tous présentaient une carence en vitamine D et provenaient de groupes de population qui avaient été réticents à donner la vitamine D prescrite. Loin de vouloir en faire une preuve, il serait intéressant d’explorer cette piste et d’autres encore dans les recherches mais également individuellement dès lors qu’un bambin présente ce type d’atteinte carieuse avec une dystrophie évidente de l’émail. Une hypothèse qui serait à creuser également est celle de l’exposition à certains polluants dont on sait qu’ils peuvent entraîner des malformations dentaires et des troubles de la minéralisation dentaire lorsque la mère présente des taux élevés durant la grossesse.

J’ai plus tard suivi au cabinet dentaire des enfants présentant ces caries traçantes (d’apparition précoce et de propagation rapide). Les recevoir précocement permettait de réaliser patiemment les soins, d’adapter les gestes avec les parents, d’adresser vers les médecins nutritionnistes et micro-nutritionnistes et d’éviter le sevrage. Une fois ces dents soignées, les enfants ont pu évoluer sereinement avec un suivi très rapproché. Aussi ténue que soit cette expérience, elle a apporté beaucoup de réconfort à tous sans éluder les soins nécessaires.

Programmer une visite au cabinet dentaire dès 6 mois

La recommandation de l’UFSBD de programmer une visite au cabinet dentaire dès l’âge de 6 mois, ou dans tous les cas à partir de l’éruption des premières dents, se justifie pleinement et permettrait de repérer précocement les dents et zones susceptibles d’être victimes d’une atteinte rapide, évitant ainsi probablement des destructions totales de la dent par fracture au niveau des zones de minéralisation anormales (ce que l’on voit régulièrement lorsque l’enfant est présenté vers l’âge de 2 ou 3 ans). À l’heure actuelle, tous ces axes et pistes évoqués sont les seuls connus et probants pour offrir à votre enfant la meilleure santé possible sans remettre en question l’allaitement.

Pour en savoir plus :

UFSBD : https://www.ufsbd.fr/espace-grand-public/votre-sante-bucco-dentaire/bebes-enfants/

CoFAM: https://www.coordinationallaitement.org/images/publications/CC_Synthese_Recommandations_pour_une_bonne_sante_bucco.pdf

Recommandations en vigueur sur la supplementation en vitamine D : http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/referentiels-d-origines-diverses/apercu?path=ANSES%2BAgence%2BNationale%2Bde%2BScurit%2BSanitaire%252FNUT2013SA0240Ra.pdf&i=10079.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2528780/

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-02/utilite_clinique_du_dosage_de_la_vitamine_d_-_note_de_cadrage.pdf

i: Avila, Walesca M et al. “Breast and Bottle Feeding as Risk Factors for Dental Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis.” PloS one vol. 10,11 e0142922. 18 Nov. 2015, doi:10.1371/journal.pone.0142922

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Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/ https://www.leblogallaitement.com/les-sucres-complexes-du-lait-maternel-une-specificite-de-chaque-maman-et-une-grande-diversite/#respond Tue, 02 Mar 2021 14:48:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2144 Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” . Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité … Continuer la lecture de Les sucres complexes du lait maternel : une spécificité de chaque maman et une grande diversité

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Pascale Baugé, notre scientifique favorite, nous éclaire à nouveau sur certains composants du lait humain. N’hésitez pas à consulter également son blog “Allaitement, bonheur et raison” .

Le lait maternel a de nombreux atouts et n’est comparable à aucun autre lait des autres mammifères. L’une de ces spécificités est liée à la présence en grande quantité de sucres complexes, ou oligosaccharides qui jouent un rôle majeur dans la mise en place de l’immunité et la maturation du microbiote.

Qu’est-ce qu’un oligosaccharide ?
C’est un sucre « complexe », une chaîne formée de sucres simples associés tels que le galactose, des « bouts » de lactose, et d’autres molécules.
Le contenu en oligosaccharides du lait humain est particulier par rapport à celui de tout autre mammifère : il présente une diversité énorme avec de grandes variations dans le sucre de base, la structure spatiale, le nombre de sucres simples dans la chaîne (entre 3 et 6) et les liens qui peuvent être faits avec d’autres molécules. Cela leur confère toute une gamme de propriétés chimiques. Plus de 160 composés oligosaccharides ont été identifiés à l’heure actuelle.
Cette complexité explique en partie le rôle protecteur du lait maternel contre les infections.

Un contenu en oligosaccharides variable selon plusieurs paramètres
Les études qui se sont penchées sur l’analyse quantitative et qualitative de ces sucres complexes du lait humain sont formelles : le lait n’est pas identique d’une maman à l’autre, il existe même une grande variabilité selon chaque individu. Cela parait assez normal, il y a une base génétique. Des gènes particuliers, spécifiques de chaque individu codent des enzymes permettant l’assemblage de certains sucres simples… Donc à chacun sa petite recette.

Mais cela n’explique pas tout. Savez-vous que pour un même profil génétique, il existe aussi une influence de l’endroit où vit la mère ? Quelques études ont même montré une variation selon la saison. On n’a ainsi pas affaire aux mêmes sucres complexes qu’on allaite en printemps ou en automne (toutes choses étant égales par ailleurs). Incroyable, non ?
Les scientifiques n’expliquent pas encore très bien ces résultats mais évoquent l’influence du climat, de l’ensoleillement, de l’exposition à des allergènes qui influencerait la synthèse des oligosaccharides.

Pour une maman allaitante, il y a également une évolution dans le temps… Au fur et à mesure que le bébé grandit, la concentration de ces sucres complexes tend à diminuer dans leur globalité mais des études ont montré que certains oligosaccharides particuliers étaient produits en plus grande quantité à une période bien précise (2 à 3 semaines postpartum par exemple).

Allaiter un bébé prématuré et né à terme, quelle différence ?

Il est légitime de s’interroger sur la bonne adéquation du lait produit par les mamans de bébés prématurés (notamment leur teneur en oligosaccharides) aux besoins intenses de leur enfant particulièrement vulnérable.
Une étude de 2019, a fait le point sur cette question. Quelques études préalables avaient montré que la composition en sucres complexes était comparable dans le lait d’une mère d’enfant né à terme et celui d’un bébé prématuré. Mais il n’y avait pas consensus pour autant.

En y regardant de plus près, il s’avère qu’il y a bien quelques subtiles différences. Certains oligosaccharides particuliers sont plus présents dans le lait destiné aux enfants prématurés tandis que d’autres sont au contraire en moindre quantité (comparatif fait en comparant des laits produits au même âge postpartum). A ce stade, les chercheurs ne peuvent qu’apporter des hypothèses pour expliquer ces résultats.
Ils avancent donc, avec les précautions qui s’imposent, que les oligosaccharides présents en plus grande quantité dans le lait d’enfant prématuré sont ceux qui agissent le plus dans l’élaboration du cerveau en apportant de la « matière première ». Ils poursuivent leurs hypothèses en indiquant que dans les derniers mois de la grossesse, lors du développement final des composants du cerveau, le corps de la mère produit les ingrédients nécessaires. Si la naissance a lieu prématurément, ces ingrédients peuvent jouer un rôle clé en entrant dans un processus permettant la synthèse de sucres complexes qui viennent compenser les manques in utero. En un mot, les auteurs concluent en soulignant l’effet particulièrement bénéfique pour le petit prématuré de consommer le lait de sa propre mère ! C’est bien celui qui est le plus adapté !

Ces travaux bien qu’intéressants doivent être pris avec précautions et nécessitent des études complémentaires afin de les confirmer ! On peut néanmoins affirmer que les sucres complexes du lait maternel sont particulièrement spécifiques et adaptés pour le bon développement de l’enfant !

Références

Austin S. et al., “Human Milk Oligosaccharides in the Milk of Mothers Delivering Term versus Preterm Infants”, Nutrients, 2019

Veronica Ayechu-Muruzabal et al., “Diversity of Human Milk Oligosaccharides and Effects on Early Life Immune Development”, Front. Pediatr., 2018

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Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19 https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/ https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/#comments Wed, 20 Jan 2021 09:26:42 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2132 Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19. En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le … Continuer la lecture de Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19

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Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19.

En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le lait de mamans qui ont été touchées par la maladie ? Même si on n’a que bien peu de recul, des études se sont penchées sur la question et quelques conclusions se dessinent.


La maladie qui sévit dans le monde entier est provoquée par le virus SARS-CoV-2. Les pathologies qui y sont liées sont assez variables mais se manifestent souvent par des infections respiratoires. Les enfants semblent moins sévèrement touchés néanmoins un petit pourcentage de moins d’un an présente quand même des symptômes assez marqués pouvant nécessiter une prise en charge plus lourde voire entraîner des séquelles plus invalidantes. Il est aussi à noter que certains enfants déclarent, même sans forme grave de Covid-19, un syndrome inflammatoire multi-systémique. Donc la protection de l’enfant n’est pas superflue ! Alors, s’il l’était grâce au lait maternel de sa propre mère ou d’une donneuse ayant été touchée ?

Avant de voir quelles entités biologiques pourraient aider à lutter contre le virus, dressons quelques grandes lignes de son portrait.

Petite particularité du virus SARS-CoV-2

Le virus en question est un coronavirus c’est-à-dire un virus qui présente à sa surface des petits bulbes espacés lui donnant une apparence de particule couronnée. Il s’appelle SARS-CoV-2 pour « Severe Acute Respiratory Syndrome – Coronavirus » ou en français, Syndrome Respiratoire Aigu Severe, il est donc spécialisé pour toucher les cellules pulmonaires.

Le virus SARS-CoV-2 est un virus dit « enveloppé » : cette enveloppe est un « plus » pour le virus car elle permet de mieux s’accrocher à la cellule-hôte, de s’y adapter et s’y stabiliser. Une des protéines de cette enveloppe est la protéine S (« S » pour Spike autrement dit « pointe ») qui forme des spicules à la surface du virus et se trouve être responsable de l’attachement à l’hôte par une de ses extrémités. Si ce virus SARS-CoV-2 est si problématique, c’est parce qu’il s’accroche facilement en raison d’une grande affinité de certaines parties de la protéine de pointe avec un type de récepteurs humains. Ces récepteurs-cibles sont fortement présents à la surface des cellules des poumons mais pas uniquement.

La protéine de pointe joue aussi un rôle primordial dans la propagation virale car elle parvient à s’introduire dans la membrane cytoplasmique des cellules touchées et fusionner avec elle. C’est ainsi que le virus parvient à s’insérer dans les cellules hôtes : un moyen d’accéder à leur machinerie pour se développer.

Bref, vous l’aurez compris, cette protéine S joue un rôle clé dans l’affaire ! Mais revenons au lait maternel et ses spécificités. Contient-il des anticorps spécifiques du virus lorsque la mère a été contaminée et si oui lesquels ? Y a-t-il aussi des risques de contamination verticale via le lait maternel ?

A quoi peut-on s’attendre dans le lait maternel ?

On le sait, le lait maternel contient des immunoglobulines (Ig) sécrétoires, fabriquées par l’organisme maternel au contact d’un environnement où des pathogènes sont présents : il s’agit de super protéines, bras armés des lymphocytes B, très impliquées dans l’immunité et qui ont une activité d’anticorps en reconnaissant et se liant à des antigènes. Le lait maternel en est riche ce qui aide à la protection du nourrisson qui n’en produira pas lui-même au tout début de sa vie. Le mode d’action de ces entités biologiques est qu’elles se lient aux microbes pathogènes et les empêchent ainsi d’atteindre leur cible. De plus, ces Ig sont sous une forme (dite sécrétoire) qui leur permet de résister à l’environnement destructeur de la bouche et du tractus digestif de l’enfant. Une parfaite adéquation !

Alors des immunoglobulines, il y en a de plusieurs sortes : environ 90 % des anticorps présents dans le lait maternel sont des IgA ; ils font barrière et empêchent les pathogènes de se lier aux muqueuses.


Mais on peut aussi trouver des IgM et des IgG dans le lait maternel. Cette classification en sous-familles est liée à une structure différente de certaines parties de la molécule. Toutes sont impliquées dans l’immunité.

Une étude parue récemment dans Cell Press fait le point sur la question des immunoglobulines spécifiques, celles qui sont capables de neutraliser le virus du SARS-CoV2. C’est quand même bien cela qui nous intéresse. Une dizaine d’échantillons de lait maternel de mamans testées positives ont été analysés (4 à 6 semaines après l’infection) et leur contenu a été comparé à celui d’«échantillons témoins » de lait maternel avant la pandémie.

Quels résultats ?



Tous les échantillons issus des donneuses (guéries du Covid19) contiennent des niveaux en IgA significativement plus élevés que ceux des échantillons témoins et ce sont des IgA spécifiques du SARS-CoV-2.


L’étude a testé leur affinité avec le virus. 80 % des échantillons ont montré une activité des IgA en lien avec les récepteurs de la protéine de pointe du coronavirus.


Les auteurs ont également montré que cette réponse était liée non seulement aux IgA mais que certains échantillons contenaient des quantités IgG et IgM suffisantes pour accroitre le pouvoir neutralisant et immunisant du lait maternel.

Qu’en conclure ?



Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que plus que jamais nos connaissances sur le lait maternel prouvent sa grande spécificité. Ces résultats sont très encourageants. Néanmoins, cette étude ayant été réalisée sur un faible nombre d’échantillons, il faut poursuivre les études afin d’intégrer un plus grand nombre d’analyses et observer sur le plus long terme.

Les mamans peuvent légitimement se demander s’il est prudent d’allaiter alors qu’elles sont porteuses du virus. A l’heure qu’il est, plusieurs institutions ont une position claire : il n’est pas recommandé de séparer la mère de son enfant et l’allaitement est encouragé lorsque la mère présente peu de symptômes (sans négliger les autres précautions d’usage). Ces officiels avancent que les bénéfices de l’allaitement maternel dépassent largement les risques de contamination de l’enfant. Certains conseils divergents ont pourtant été de mise en début de pandémie. Les données actuelles sont rassurantes et suggèrent en effet que le risque de transmission de la mère à l’enfant reste faible par la voie de l’allaitement.

Références :

Fox A. et al., « Robust and Specific Secretory IgA against SARS-CoV-2 detected in Human milk », Cell Press, Novembre 2020

Barreo-Castillero A. et al., « COVID-19 : neonatal-perinatal perspectives », Journal of Perinatalogy, Décembre 2020

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Les besoins nutritionnels de la maman allaitante https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/ https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/#respond Thu, 12 Nov 2020 14:14:05 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2109 Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent … Continuer la lecture de Les besoins nutritionnels de la maman allaitante

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Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent des snacks délicieux avec des super aliments. Leurs créations savoureuses sont de véritables recharges pour les mères fatiguées : à la fois goûteuses et nutritives, elles sont un complément parfait pour qui manque de temps pour se régaler ou a besoin d’un coup de pouce santé.

Soigner son alimentation au quotidien est une évidence qui prend encore plus son sens pendant la grossesse et l’allaitement. Non seulement vous cherchez à rester en bonne santé mais vous tentez d’aider votre corps à offrir à votre bébé tout ce dont il a besoin : oméga 3, vitamines et minéraux. Prévenir certaines carences est également un moyen d’éviter un surcroît de fatigue, d’anxiété voire un baby blues …

Des besoins énergétiques accrus

Pendant l’allaitement, vos besoins énergétiques sont augmentés. Une partie de ces besoins est assurée par les réserves de la grossesse, le reste par l’alimentation. C’est pour cette raison qu’il est déconseillé de suivre un régime amaigrissant restrictif et drastique lorsque l’on allaite. Plutôt que de compter les calories, une alimentation équilibrée et variée en respectant vos signaux physiologiques (faim et satiété) reste la ligne de conduite idéale. Ne soyez d’ailleurs pas surprise d’avoir plus d’appétit que d’habitude (l’allaitement consomme près de 500 calories par jour !).

L’alimentation, comme atout anti-fatigue

Beaucoup considère qu’un paramètre essentiel pour un allaitement et une maternité épanouis est de ne pas être (trop) fatiguée… Plus difficile à dire qu’à faire, vous nous direz…
Un conseil alors : essayez de vous reposer dès que possible et ne négligez pas votre alimentation et votre hydratation, qui peuvent vous aider à récupérer et garder la forme.

Les jeunes mères sont souvent carencées après l’accouchement, et ces carences peuvent entraîner une fatigue accrue. Essayez de prendre le temps de manger, de manger équilibrer, en évitant tous les produits transformés et industriels riches en sucres et acides gras saturés. Si la fatigue persiste, il est bon d’en parler à son médecin ou sa sage-femme qui vous prescrira une prise de sang susceptible d’identifier en quoi vous êtes carencée. Des compléments vous seront alors peut-être prescrits.

Y a-t-il des aliments interdits pendant l’allaitement ?

Plus que des aliments interdits, il y a surtout des aliments déconseillés ou à éviter pendant la période de l’allaitement. Boire plus de 3 tasses de café quotidiennes, ou de l’alcool déraisonnablement sont bien sûr déconseillés. Idéalement, on freine aussi sa consommation de produits industriels transformés qui sont souvent trop riches en acides gras saturés, en sel et en sucre. Il est recommandé de faire attention aux gros poissons (thon, espadon…), qui contiennent une dose importante de mercure. En outre certains bébés se révèlent sensibles (voire intolérants) aux laitages que vous consommez. Si votre bébé semble souffrir de douleurs intestinales par exemple, peut-être que vous voudrez tenter l’exclusion des laitages quelques semaines pour voir si cela a un effet sur lui !

Enfin, évitez les aliments anti-galactogènes comme la sauge, le persil, l’oseille, la menthe ou l’artichaut pour ne pas freiner votre lactation si vous n’êtes pas en période de sevrage !

Quels aliments pour booster votre lactation ?

La plupart des mamans ne rencontre pas de souci de production de lait à partir du moment où elles allaitent à la demande, que les tétées sont fréquentes et suffisamment efficaces.

En cas de ressenti de baisse de lactation, vous pouvez commencer par augmenter la fréquence des tétées. Parfois aussi, vous trouverez utile de vous faire accompagner d’une personne spécialisée comme une consultante en lactation IBCLC.


Dans ces périodes de doutes, de nombreuses mères mettent toutes les chances de leur côté en consommant des aliments connus pour donner un coup de pouce à leur lactation. Certaines mères augmentent ainsi leur consommation de fenouil, d’anis, de carvi ou de fénugrec.

Vous les apprécierez notamment sous forme de tisanes ou de de boissons froides. Vous pouvez tester la bière sans alcool également, ou bien consommer du fenouil en salade ou saupoudrer vos plats de fénugrec.

Certaines mères aussi se préparent des petites barres énergétiques à base de purée d’amandes, de dattes, de flocons d’avoine, de noisettes entre autres. D’autres se procurent directement des carrés tout faits dont la composition a été soigneusement élaborée avec des médecins nutritionnistes pour un produit sain et équilibré.

Ainsi bien des solutions existent pour à la fois vous apporter un peu de douceur, un regain d’énergie ou soutenir votre alimentation. Ecoutez votre corps, écoutez-vous et sélectionnez les aliments qui vous feront du bien physiquement et donneront un coup de pouce à votre moral par la même occasion.

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allaitement et risque de cancer du sein https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-diminution-des-risques-du-cancer-du-sein-que-sait-on-exactement/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-diminution-des-risques-du-cancer-du-sein-que-sait-on-exactement/#respond Thu, 29 Oct 2020 11:01:03 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2094 Pascale Baugé nous explique les études sur le cancer du sein et l’allaitement. Parmi les effets bénéfiques de l’allaitement maternel pour la mère, le plus documenté est celui lié à la protection contre le cancer du sein. Bien sûr, la protection n’est pas totale mais dans la mesure où le cancer du sein est très … Continuer la lecture de allaitement et risque de cancer du sein

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Pascale Baugé nous explique les études sur le cancer du sein et l’allaitement.

Parmi les effets bénéfiques de l’allaitement maternel pour la mère, le plus documenté est celui lié à la protection contre le cancer du sein. Bien sûr, la protection n’est pas totale mais dans la mesure où le cancer du sein est très répandu dans le monde, tout bénéfice est néanmoins bon à prendre et à comprendre. Bon nombre de questions se posent néanmoins encore : l’allaitement exclusif protège-t-il autant que l’allaitement exclusif ? Existe-t-il une durée d’allaitement qui optimise la protection ?

Pourquoi le cancer du sein ?

Les cellules des glandes mammaires sont sensibles à différents types d’hormones et ce, grâce à des récepteurs particuliers qu’elles possèdent qui s’associent aux œstrogènes, progestérone. Cette association récepteur-hormone permet aux cellules de pouvoir se multiplier et d’évoluer vers une forme fonctionnelle afin de fabriquer le lait et l’éjecter jusqu’au mamelon pour permettre l’allaitement.

Parmi les mécanismes découverts sur la genèse d’une tumeur cancéreuse, l’un d’eux est lié à la présence d’un très grand nombre de « récepteurs » au sein de la cellule ou d’une trop forte stimulation hormonale par la voie des œstrogènes par exemple, la prolifération est importante avec un risque d’atteindre un point de non-retour : la machinerie s’emballe et le développement de tumeur peut prendre place.

Pourquoi penser que l’allaitement protège ?



Dans la mesure où l’allaitement maternel exclusif a une forte composante hormonale, il est légitime de penser qu’il puisse influencer le développement du cancer du sein. La variation géographique de la prévalence du cancer du sein est d’ailleurs corrélée aux pratiques de l’allaitement : elle est moindre dans les régions où l’allaitement est le plus répandu.

Plusieurs travaux se sont focalisés sur le rôle protecteur que pourrait procurer l’allaitement maternel. Mais il n’est pas toujours clair de voir l’influence de l’allaitement seul. Essayons de faire le point sur la littérature scientifique.

Que disent les études ?

Une méta-analyse (publication qui passe en revue, trie et analyse toutes les études publiées sur une question en tirant les conclusions qui s’imposent) est parue en 2017 et fait un bon tour de la question. Cette étude-synthèse a été réalisée par des chercheurs Mexicains (Centre de Recherche sur la santé et la nutrition de l’Institut National de Santé Publique) et publiée dans Journal of Human Lactation.

Elle indique que le fait d’avoir allaité était bien associé à une diminution du risque de développer une tumeur cancéreuse (à la fois les tumeurs possédant des récepteurs hormonaux mais aussi des cancers dits « triple négatif » dépourvus des récepteurs classiques particulier et pour lesquels les thérapies ont moins d’impact).

Voyons dans les détails ce qu’il en est. L’ensemble des études passées en revue pour répondre à la question (en tout 65 sur presque 2000 articles recensés au départ) ont toutes été publiées entre 2005 et 2015.

Il s’avère que les résultats des différentes études sont assez hétérogènes quand on les regarde globalement. En analysant plus finement, les auteurs observent que les études ne distinguent pas souvent l’allaitement exclusif de l’allaitement mixte. D’autre part, il est assez difficile d’isoler le seul « facteur allaitement » et notamment de s’affranchir de l’effet protecteur de la grossesse. Néanmoins, en faisant un tri plus affiné sur la qualité des études (celles qui font un ajustement statistique pour étudier l’influence de l’allaitement indépendamment des autres facteurs) et en regardant l’effet dose/réponse, il est possible de tirer quelques conclusions.

En ne distinguant pas les résultats entre l’allaitement exclusif et l’allaitement mixte, la diminution du risque est de l’ordre de 12% (pré-ménopause) et 14 % (post-ménopause). Il est important de souligner ici, que les effets portent autant sur les cancers en pré et post ménopause : or, les cancers les plus agressifs se présentent souvent plutôt en période pré-ménopause et l’allaitement reste protecteur dans ces cas de figure.

Un résultat vraiment important souligné par cette méta-analyse est assez nouveau dans la mesure où il concerne l’allaitement exclusif. Ainsi pour ces mamans, la diminution du risque relatif est de 28 % par rapport aux femmes qui n’ont jamais allaité. C’est pratiquement une diminution de 1/3 du risque.

Un effet dose-réponse a aussi pu être mis en évidence : plus la durée d’allaitement est grande, plus les risques diminuent, bien que la réduction ne soit pas linéaire. La diminution est plus accentuée autour des 6 mois d’allaitement (durée habituelle de l’allaitement exclusif) et après 12 mois.

Les mécanismes de protection connus de l’allaitement

L’un des premiers mécanismes est lié à la différentiation des cellules mammaires qui est associée à l’allaitement. De façon à produire efficacement du lait, les cellules mammaires terminent leur maturation. Ainsi, les lobules sont « optimisés » et s’avèrent moins sensibles aux œstrogènes et aux carcinogènes.

Le temps d’allaitement est également une période permettant une moindre exposition aux œstrogènes notamment dans le cas de l’allaitement exclusif où la période d’aménorrhée est plus longue.

Un autre mécanisme évoqué concerne le fait que la production de lait permet une exfoliation du tissu mammaire ce qui aide à éliminer les cellules ayant un ADN endommagé.

Le lait maternel contient aussi un certain nombre de composants qui peuvent jouer un rôle certain dans les mécanismes de protection. Certains d’entre eux peuvent se lier à des protéines carcinogènes et ainsi modifier leur fonction moléculaire, réduisant les risques de cancer.

Un autre élément serait aussi plus spécifiquement lié à l’allaitement maternel exclusif. Ce dernier se caractérise par des besoins énergétiques plus élevés pour la mère. Ceci impose une mobilisation accrue des « réserves de gras » et une plus grande utilisation du glucose. Il en résulte une diminution de la concentration d’insuline dans le sérum de la mère. Or il a été montré que de fortes concentrations d’insuline dans le sérum induisait une forte concentration de l’hormone de croissance IGF, qui joue un rôle dans la prolifération et s’oppose à l’apoptose (mort programmée de cellules).

Que retenir ?

Par le biais de différents mécanismes complémentaires, l’allaitement protège les mamans du cancer du sein. Cette méta-analyse est de grande qualité car un gros travail de fond a été mené afin de faire la lumière sur des résultats jusque là hétérogènes. En effet, beaucoup de facteurs confondants perturbent l’analyse (âge à la première grossesse, nombre de grossesses, antécédents familiaux…). En ne regardant que les études de qualité qui éliminent le bruit de fond, l’allaitement est bien un facteur protecteur, en particulier l’allaitement exclusif (donc celui des six premiers mois).

Référence :


Mishel Unar-Munguía et al., « Breastfeeding mode and Risk of Breast Cancer : A dose-response meta-analysis. », Journal of Human Lactation, Vol. 33(2) 422–434, 2017

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Les coliques, fourre-tout ou réalité ? https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/ https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/#respond Thu, 01 Oct 2020 11:07:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2090 Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous … Continuer la lecture de Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

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Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

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Le lait maternel peut-il être carencé ? https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/ https://www.leblogallaitement.com/le-lait-maternel-peut-il-etre-carence/#comments Wed, 02 Sep 2020 15:37:45 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2083 Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel. Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère … Continuer la lecture de Le lait maternel peut-il être carencé ?

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Isabelle Elson, ex-animatrice bénévole de La Leche League pendant 10 ans, maman de 4 enfants, naturopathe depuis 2007 nous livre ses recherches sur la composition du lait maternel.

Chaque espèce de mammifère produit un lait spécifique adapté aux besoins de ses petits. Il en va de même pour le lait humain, dont la composition diffère de celle de tous les autres laits. Le lait maternel contient des centaines de composants, dont certains continuent d’être découverts. Ces composants varient-ils selon l’alimentation de la mère ? Une carence chez la mère peut-elle provoquer une carence dans son lait ?

L’alimentation de la mère n’a guère d’impact sur les taux des principaux constituants de son lait : protéines, lactose, cholestérol, minéraux. Une étude a montré qu’une baisse de 32% des apports caloriques maternels pendant une semaine n’avait aucun impact sur la production lactée de mères bien nourries. Seul un apport inférieur à 1500 calories par jour peut provoquer une baisse de la production lactée (1).

Lorsque les apports en minéraux de la mère (ou l’assimilation de ces apports, qui diminue avec l’inflammation de la muqueuse intestinale) sont insuffisants, la mère aggrave ses propres carences en puisant dans ses réserves pour maintenir un taux lacté satisfaisant.

Le taux de protéines du lait maternel est de 8 à 9 g/l (16 grammes pour le colostrum). Ce taux semble pouvoir varier légèrement en fonction de nombreux paramètres (prématurité, âge du bébé, alimentation). Ces protéines ne servent pas seulement à la nutrition du bébé mais incluent des facteurs protecteurs, des hormones, des enzymes, des transporteurs de vitamines,…

Le taux de glucides est constant dans le lait maternel, quelle que soit l’alimentation maternelle (70 g/l, 20 à 30 g/l dans le colostrum). Le lait maternel se distingue par son taux particulièrement élevé d’oligosaccharides complexes et leur grande variété, dont le rôle est clé dans le développement et la protection immunitaire de l’enfant allaité.

En revanche, le taux lacté de certaines graisses, ainsi que des vitamines A, B et D, dépend de l’alimentation de la mère. Le taux lacté de vitamine D est déterminé par le statut maternel (c’est à dire les réserves de la mère), il peut varier de 1 à 10. Les taux de vitamines E et K sont plus stables, probablement parce que les insuffisances ou carences sont plus rares dans la population. De même les teneurs du lait en vitamines E et C semblent peu affectées par l’alimentation de la mère. Les lipides, eux, représentent la moitié des apports caloriques du lait humain. Leur proportion dans le lait maternel augmente légèrement avec les réserves grasses de la mère. Les taux lactés d’acides gras à chaînes courtes et moyennes sont stables quelle que soit l’alimentation maternelle mais le taux lacté d’acides gras à très longue chaîne (omégas 3) dépend des apports de la mère, voire de ses réserves. Ainsi, plusieurs études ont montré un lien direct entre le taux lacté d’omégas 3 et la prise d’un complément de DHA par la mère, ainsi qu’un taux lacté d’omégas 3 plus élevé si la supplémentation de la mère a débuté avant sa grossesse. Rappelons que les omégas 3 ont un rôle déterminant dans la santé globale, en diminuant l’inflammation et en protégeant toutes les membranes cellulaires du corps, notamment celles des muqueuses et des neurones. Il a aussi été constaté que le stock de DHA de la mère diminue pendant l’allaitement (2) et ceci a été confirmé par les études menées par Michel Odent (3). L’alimentation moderne étant très appauvrie en omégas 3 (à cause de l’élevage en batterie, du raffinage des huiles et d’une consommation risquée de poissons gras pollué au mercure), il est fortement recommandé de supplémenter la mère avec des omégas 3 DHA/EPA garantis sans métaux lourds, dès le projet d’enfant.

Un autre problème est la présence d’acides gras “trans” dans l’alimentation de la mère. Ces acides gras sont ceux que l’on trouve dans tous les aliments industriels (plats préparés, biscuits, viennoiseries industrielles, huiles raffinées). Ils provoquent un terrain inflammatoire propice à toutes les maladies. Par exemple une étude a montré que la proportion d’acides gras “trans” était de 6 à 7% des lipides du lait des mères américaines, contre 0,5 % chez les mères chinoises (1).

Mais le lait maternel est surtout bourré de facteurs immuno-compétents, spécifiques (IgA, lactoferrine, lysozyme, macrophages, polynucléaires neutrophiles, lymphocytes, etc) et non spécifiques (oligosaccharides, facteurs de croissance, acides gras régulateurs de l’inflammation, etc). Le lait maternel permet la colonisation du bébé par la flore* inoffensive de la mère (donc un bon microbiote* du bébé) ainsi qu’une maturation optimale du système digestif, du système nerveux et du système immunitaire. Les enfants allaités ont des taux de protéines immunitaires plus élevés que les enfants non-allaités (4). Une étude a observé un taux plus bas de protéines et d’immunoglobulines dans le lait de mère colombiennes malnutries (3) mais une autre étude a montré que le lait de mère gambiennes souffrant de malnutrition chronique était plus riche en protéines immunocompétentes (immunoglobulines, lactoferrine,…) que le lait de mère anglaises suffisamment nourries (1). D’autres études seraient nécessaires pour préciser les variations des taux lactés de facteurs immunitaires selon l’alimentation maternelle mais l’ensemble des études disponibles font apparaître l’impact positif généralisé de l’allaitement sur l’immunité de l’enfant.

Enfin, comme tout notre environnement et tous nos tissus, le lait humain contient des polluants. Cependant, plusieurs études ont montré que l’allaitement demeure, de loin, le meilleur aliment pour les bébés, même lorsque les taux lactés de polluants sont particulièrement élevés (5).

En conclusion, on retiendra que le lait maternel est le seul aliment qui couvre un si large éventail des besoins du bébé. Ayons cependant à l’esprit que les taux lactés d’omégas 3 et de vitamines A, B et D dépendent de l’alimentation de la mère ou de ses réserves. Une alimentation qualitative permettra aussi à la mère de ne pas diminuer ses réserves de minéraux.

(1) DA : Dossiers de l’Allaitement de La Leche League n°52

(2) DA n°67

(3) www.birthworks.org

(4) DA HS JIA 2003

(5) AA : Allaiter Aujourd’hui magazine de La Leche League n°32

* Le microbiote ou “flore intestinale” joue un rôle clé pour notre santé. Il est composé de bactéries, levures et même virus, qui finissent de dégrader nos aliments, synthétisent des vitamines (K, B12, B1 et B2), protègent notre tube digestif de la colonisation par des bactéries nocives et assurent l’équilibre de notre système immunitaire.

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