S'organiser | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 30 Aug 2023 13:50:15 +0000 fr-FR hourly 1 Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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Allaitement et fratrie https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-fratrie/#respond Tue, 16 Nov 2021 10:24:25 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2239 Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées. Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits…  Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous … Continuer la lecture de Allaitement et fratrie

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Voici un petit billet écrit par Julie Mathieu*, coach parental, qui nous explique le comportement des ainés lors des tétées.

Avoir un nouvel enfant est toujours une aventure ! Joie, sourires, rencontre mais aussi réorganisation, doutes, conflits… 


Nos enfants ont parfois des attitudes qui nous surprennent, voire même qui nous agacent, nous irritent ou nous exaspèrent. Prenons un exemple : tu es avec ton aîné, tranquille, qui joue seul, autonome. Ton nouveau-né se réveille et réclame la tétée. Tu t’installes confortablement pour la mise au sein et là, ton grand loulou te saute dessus : il a besoin de ton aide, là, maintenant, tout de suite. Mais que se passe-t-il ? Le fait-il exprès ? Essaie-t-il d’attirer l’attention pour lui ? Est-ce de la jalousie ? 

Nous avons vite fait, dans ce genre de circonstances, de tirer des conclusions hâtives sur les causes d’un tel comportement. Les croyances populaires vont bon train : “Il le fait exprès.” “Elle te teste.” “Il est jaloux.” “Elle régresse”… 

Les conseils de notre entourage peuvent vite nous mettre en déroute : « Tu devrais donner le biberon, tu pourras passer le relais et t’occuper du grand. » Nous doutons alors de nos choix. Allaiter mon petit est-il une barrière à ma relation avec mon grand ?

Et si la réponse était toute autre ? Et si on considérait la nature profonde de nos petits êtres tendres ? Que se passe-t-il pour notre grand lorsque nous nous occupons du plus jeune ? Nous ne sommes plus disponibles pour lui. Son système d’alarme s’active. 

Regardons cela sous l’angle de la théorie de l’attachement

Lorsque le petit être humain vient au monde, il n’est pas autonome et ne peut répondre seul à ses besoins. Il a besoin de l’adulte pour sa survie. Il crée donc un lien fort avec la personne qui s’occupe de lui et qui répond à ses besoins : ce sera sa figure d’attachement principale. Du fait de sa présence lors des premiers mois de vie de l’enfant, il s’agit souvent de la maman. Il n’est pas ici question de préférence pour la mère ou pour le père mais d’un lien instinctif qui se créé avec la personne qui s’occupe le plus du nourrisson. 

Le tout petit a besoin de la proximité immédiate de sa figure d’attachement. En grandissant, l’enfant pourra s’éloigner de plus en plus et de plus en plus longtemps. Plus il se sent en sécurité grâce à ce lien fort et solide et plus il se sentira à l’aise pour aller à la découverte du monde. 

Contrairement à certaines pensées populaires, le maternage proximal ne fait pas des enfants dépendants mais au contraire des enfants avec une sécurité intérieure et une confiance de base solides. L’allaitement maternel est d’ailleurs une magnifique façon de renforcer ce lien sécurisant. 

Peut-être que tu te demandes quel est le lien avec ton aîné qui réclame dès que tu mets ton petit au sein ? J’y viens. 

Lorsque l’enfant sent que sa figure d’attachement est indisponible, son système d’alarme s’active, comme s’il y avait un danger. Ce mécanisme n’est ni conscient ni volontaire. Il s’agit d’une sorte de réflexe. Seulement voilà, cela ne se manifeste pas toujours d’une façon agréable : il insiste, trépigne, pleure, crie, fait des bêtises… Oui, en quelque sorte, il réclame ton attention. Ce n’est ni un caprice ni un test. C’est juste biologique. Il a besoin de toi, tout comme ton petit a besoin de téter sans restriction de fréquence ni de durée. 

Alors que faire ? Comment répondre aux besoins de chacun ?
Lorsque tu prends conscience que ton enfant ne fait pas cela contre toi, il est déjà plus facile de prendre du recul et de rester calme. 

Ensuite, selon tes possibilités, tu peux soit 

  • Répondre à son besoin de proximité : lire une histoire, faire un jeu, répondre à sa question…
  • Différer son besoin tout en développant ses propres ressources : “Mon chéri, je vois que tu as envie de passer du temps avec moi. Je serais disponible dans 10 minutes (15, 20…). Trouvons ensemble 10 idées pour patienter.” Toutes les suggestions sont bonnes à prendre, de la plus sérieuse à la plus loufoque. La liberté libère l’imagination. Toutes les solutions évoquées ne seront pas acceptables et c’est ok. Le but est de passer un bon moment ensemble et de trouver des alternatives. 

Cette dernière méthode permet à l’enfant de patienter tout en exerçant son pouvoir personnel et sa créativité. Cette astuce peut s’avérer précieuse dans toutes les situations où sa patience est mise à rude épreuve. 

Les comportements de nos enfants sont leur façon d’exprimer leurs besoins. Le comprendre nous aide à rester serein et à trouver la réponse appropriée. C’est ainsi que nous les accompagnerons au mieux et leur permettrons de grandir en confiance. 

* Julie Mathieu est coach parental, formée à l’école d’Isabelle Filliozat. Après 11 années d’exercice en tant que sage-femme, elle accompagne aujourd’hui les parents dans leur vie de famille. Elle leur permet de comprendre ce qui se passe pour leurs enfants mais aussi pour eux-mêmes afin qu’ils se sentent confiants et compétents dans leur rôle de parent. 

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Les besoins nutritionnels de la maman allaitante https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/ https://www.leblogallaitement.com/les-besoins-nutritionnels-de-la-maman-allaitante/#respond Thu, 12 Nov 2020 14:14:05 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2109 Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent … Continuer la lecture de Les besoins nutritionnels de la maman allaitante

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Ce billet a été écrit par Margaux Cannoni et Marie de Chaudron Quitry , amies de longue date. Lorsque Marie rentre des États-Unis où elle a vécu quelques années, elle partage avec Margaux devenue maman ses réflexions sur une alimentation saine dans le contexte de la maternité. A deux, elles s’attèlent en cuisine et créent des snacks délicieux avec des super aliments. Leurs créations savoureuses sont de véritables recharges pour les mères fatiguées : à la fois goûteuses et nutritives, elles sont un complément parfait pour qui manque de temps pour se régaler ou a besoin d’un coup de pouce santé.

Soigner son alimentation au quotidien est une évidence qui prend encore plus son sens pendant la grossesse et l’allaitement. Non seulement vous cherchez à rester en bonne santé mais vous tentez d’aider votre corps à offrir à votre bébé tout ce dont il a besoin : oméga 3, vitamines et minéraux. Prévenir certaines carences est également un moyen d’éviter un surcroît de fatigue, d’anxiété voire un baby blues …

Des besoins énergétiques accrus

Pendant l’allaitement, vos besoins énergétiques sont augmentés. Une partie de ces besoins est assurée par les réserves de la grossesse, le reste par l’alimentation. C’est pour cette raison qu’il est déconseillé de suivre un régime amaigrissant restrictif et drastique lorsque l’on allaite. Plutôt que de compter les calories, une alimentation équilibrée et variée en respectant vos signaux physiologiques (faim et satiété) reste la ligne de conduite idéale. Ne soyez d’ailleurs pas surprise d’avoir plus d’appétit que d’habitude (l’allaitement consomme près de 500 calories par jour !).

L’alimentation, comme atout anti-fatigue

Beaucoup considère qu’un paramètre essentiel pour un allaitement et une maternité épanouis est de ne pas être (trop) fatiguée… Plus difficile à dire qu’à faire, vous nous direz…
Un conseil alors : essayez de vous reposer dès que possible et ne négligez pas votre alimentation et votre hydratation, qui peuvent vous aider à récupérer et garder la forme.

Les jeunes mères sont souvent carencées après l’accouchement, et ces carences peuvent entraîner une fatigue accrue. Essayez de prendre le temps de manger, de manger équilibrer, en évitant tous les produits transformés et industriels riches en sucres et acides gras saturés. Si la fatigue persiste, il est bon d’en parler à son médecin ou sa sage-femme qui vous prescrira une prise de sang susceptible d’identifier en quoi vous êtes carencée. Des compléments vous seront alors peut-être prescrits.

Y a-t-il des aliments interdits pendant l’allaitement ?

Plus que des aliments interdits, il y a surtout des aliments déconseillés ou à éviter pendant la période de l’allaitement. Boire plus de 3 tasses de café quotidiennes, ou de l’alcool déraisonnablement sont bien sûr déconseillés. Idéalement, on freine aussi sa consommation de produits industriels transformés qui sont souvent trop riches en acides gras saturés, en sel et en sucre. Il est recommandé de faire attention aux gros poissons (thon, espadon…), qui contiennent une dose importante de mercure. En outre certains bébés se révèlent sensibles (voire intolérants) aux laitages que vous consommez. Si votre bébé semble souffrir de douleurs intestinales par exemple, peut-être que vous voudrez tenter l’exclusion des laitages quelques semaines pour voir si cela a un effet sur lui !

Enfin, évitez les aliments anti-galactogènes comme la sauge, le persil, l’oseille, la menthe ou l’artichaut pour ne pas freiner votre lactation si vous n’êtes pas en période de sevrage !

Quels aliments pour booster votre lactation ?

La plupart des mamans ne rencontre pas de souci de production de lait à partir du moment où elles allaitent à la demande, que les tétées sont fréquentes et suffisamment efficaces.

En cas de ressenti de baisse de lactation, vous pouvez commencer par augmenter la fréquence des tétées. Parfois aussi, vous trouverez utile de vous faire accompagner d’une personne spécialisée comme une consultante en lactation IBCLC.


Dans ces périodes de doutes, de nombreuses mères mettent toutes les chances de leur côté en consommant des aliments connus pour donner un coup de pouce à leur lactation. Certaines mères augmentent ainsi leur consommation de fenouil, d’anis, de carvi ou de fénugrec.

Vous les apprécierez notamment sous forme de tisanes ou de de boissons froides. Vous pouvez tester la bière sans alcool également, ou bien consommer du fenouil en salade ou saupoudrer vos plats de fénugrec.

Certaines mères aussi se préparent des petites barres énergétiques à base de purée d’amandes, de dattes, de flocons d’avoine, de noisettes entre autres. D’autres se procurent directement des carrés tout faits dont la composition a été soigneusement élaborée avec des médecins nutritionnistes pour un produit sain et équilibré.

Ainsi bien des solutions existent pour à la fois vous apporter un peu de douceur, un regain d’énergie ou soutenir votre alimentation. Ecoutez votre corps, écoutez-vous et sélectionnez les aliments qui vous feront du bien physiquement et donneront un coup de pouce à votre moral par la même occasion.

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et pourquoi pas recruter une doula? https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/ https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/#respond Tue, 02 Jun 2020 13:11:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2058 En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus. « Dans la … Continuer la lecture de et pourquoi pas recruter une doula?

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En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus.

« Dans la vie, je suis doula ! » annonce Leslie. Elle précise que cette déclaration suscite souvent de nombreuses interrogations. “Douala ? », lui rétorque-t-on alors, « comme la capitale économique du Cameroun ? » Les gens pensent régulièrement à tort que le terme doula, vient d’un pays d’Afrique, et sont surpris quand je leur explique l’étymologie du mot. “Doula” vient du grec ancien. Certains le traduisent par “celle qui sert la mère”, mais c’est un euphémisme. En grec, doula signifie “la femme esclave” et aux temps de Socrate et de Périclès, le terme désignait la domestique qui s’occupait des tâches de la maison et en particulier des soins de sa maîtresse : sa beauté, sa santé, les soins, et naturellement la grossesse et l’accouchement.(1)

Être doula ou accompagnante à la naissance, c’est se mettre au service et à l’écoute des femmes, du couple, dans ce temps de bouleversement que constitue l’arrivée d’un enfant. Cette professionnelle associe alors un savoir-être et un savoir faire. Une doula n’est pas une soignante. Son accompagnement n’a pas de visée thérapeutique. Elle accompagne comme pourrait le faire une soeur, une amie, avec en plus la neutralité et le recul que ne peuvent pas avoir les membres de la famille ou les proches.

Les couples font appel à ses services au moment de la grossesse ou du désir d’enfant, pendant et après l’accouchement. Quand le couple a un projet d’enfant ou que le bébé vient tout juste de s’installer au creux du ventre de sa mère, la doula offre un soutien émotionnel, des temps d’échanges de deux heures environ, toujours au domicile de le femme, du couple. Elle va toujours veiller à rencontrer la famille, chez elle, dans son cocon. Cette présence, au sein du foyer, permet à la famille d’être plus à l’aise pour partager, échanger sur ce qu’elle vit. Ces moments d’échange permettent de mettre des mots sur les ressentis émotionnels et physiques, de prendre un temps précieux pour soi, de se sentir entendu.

Ces rencontres viennent toujours en complément du suivi classique de la grossesse par un praticien de santé (sage-femme, gynécologue, autre…) car les doulas accompagnent uniquement des couples suivis par ailleurs par un professionnel de santé.

Certaines doulas sont également présentes à la naissance du bébé avec l’accord de l’équipe médicale. En anglais, on parle de “birth doula”. Durant l’accouchement, toujours en complément de la sage-femme, la doula va soutenir la mère et le couple, par des respirations, de l’écoute, des encouragements, elle prendra soin de préserver l’espace précieux, chaleureux et intime dont la femme a besoin pour mettre au monde son bébé.

En soutien post-natal, la doula accompagne les couples en leur apportant un soutien émotionnel et logistique. Cuisiner pour les jeunes parents, aider au rangement de la maison, prendre un temps pour jouer avec les ainés de la famille, lancer une machine ou être présente auprès de bébé pendant que la maman prend une douche sont quelques unes des tâches qui peuvent lui être confiées. Les familles (et les jeunes mamans particulièrement) ont souvent besoin d’une présence au téléphone, de sentir qu’elles peuvent poser les questions qu’elles souhaitent à tout moment de la journée et de la semaine, que ce soit à propos des soins du bébé ou de l’allaitement par exemple.

Chaque doula a aussi ses spécificités d’accompagnement. Je travaille beaucoup avec les outils d’écoute active, le chant prénatal, l’HypnoNatal et le soutien à l’allaitement. Certaines de mes collègues intègrent quant à elles le yoga prénatal, ou le Rebozo (ce tissu mexicain qui permet d’enserrer le bassin de la femme enceinte et ainsi de relâcher toutes les tensions au niveau émotionnel et musculaire). 

La doula travaille toujours en réseau. Elle s’appuie sur ses collègues pour échanger régulièrement sur ses pratiques, et elle oriente vers d’autres professionnels lorsqu’ils ont besoin d’un soutien spécialisé : sages-femmes, consultantes en lactation IBCLC, pédiatres, ostéopathes, chiropracteurs.

Les femmes me disent souvent : “Nous ne connaissions pas le métier de doulas avant de te connaître, c’est une amie qui nous offre tes services en cadeau de naissance, et nous comprenons tellement aujourd’hui à quel point l’accompagnement par une doula est important. Vous vous glissez là où notre besoin de soutien émotionnel, d’écoute, n’est que partiellement comblé par l’accompagnement médicalisé à la maternité. Nous sommes sortis avec notre bébé dans les bras, nous nous sentions parfois seuls et un peu perdus et tu étais là ! “

En effet, l’accompagnement médical, par la sage-femme, le gynécologue ou le médecin traitant est primordial ; il permet de cheminer durant sa grossesse et de vérifier que tout se passe bien, et ainsi de prévenir d’éventuelles complications. Néanmoins, comme le souligne Jeanne, le suivi médical ne satisfait pas toujours complètement les besoins des familles.

Le travail des soignants et celui des doulas sont donc très complémentaires, nous avons le même objectif en commun : le bien-être de la famille et de son bébé.

Pour aller plus loin, je vous invite à aller lire le site “doulas.info” le site de l’association Doula de France, qui a créé il y a plus de dix ans maintenant une charte d’engagement que les doulas signataires s’engagent à respecter. Pour que notre beau métier soit de plus en plus reconnu et valorisé, pour le bien être des bébés et de leurs parents !

1. source “Association des Doulas de France”

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Comment j’ai vaincu une baisse de lactation https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/#comments Wed, 20 May 2020 14:56:02 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2054 Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage. Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa. Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que … Continuer la lecture de Comment j’ai vaincu une baisse de lactation

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Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage.

Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa.

Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que je le mets au sein, il râle, il veut sans cesse les bras. Je sentais bien qu’il y avait un problème. Ni une, ni deux, je prends un rendez-vous avec ma consultante en lactation.

Peut-être qu’il a faim votre bout de chou ?”. Ma lactation s’était tarie à tel point que Gabriel n’était pas du tout rassasié aux tétées. Ce qui avait provoqué cette baisse de production était clairement une grosse fatigue due à un stress, mais aussi le fait que je ne le mettais pas assez au sein. En effet, dès sa naissance, j’avais de véritables fontaines accrochées à ma poitrine ! A chaque pesée à la maternité, il avait pris tellement de poids que les sages femmes étaient étonnées qu’il ne soit nourri qu’au sein. ” Eh ben ! La cantine est bonne!”, m’étais-je entendu dire.

Du coup, il tétait beaucoup en quantité mais peu souvent. Or moins l’enfant est mis au sein et moins les réserves abondent…Nous l’avons pesé et sa courbe de poids était dans la zone rouge. Je me suis sentie tellement mal. Mauvaise mère qui n’avait même pas remarqué que le problème était qu’il avait faim. Désespoir total.

– Mon challenge : faire remonter sa courbe de poids en 1 semaine et reprendre confiance.


– Comment ? : Au sein toute la journée pour stimuler la lactation. Si rien ne sort, la simple succion est déjà formidable pour le processus de redémarrage ! S’il dort, utiliser le tire-lait dans le même but.


– S’il a faim, qu’il n’est pas satisfait ? : lui donner un complément de lait. Par chance, j’avais du stock au congélateur et durant cette période de “remise en forme”, j’ai toujours pu lui donner de mon lait.

Dit comme ça, ça paraît simple. Pas de quoi s’affoler ou désespérer. Mais en fait, j’ai vécu un moment terrible, bourré de doutes, de craintes, et de désespoir. Je ne voulais surtout pas arrêter de le nourrir au sein. C’était tellement important pour moi. J’en étais à un moment où je m’étais fixé 6 mois minimum d’allaitement et voulais aller au moins jusqu’à cette limite. Or mon bébé était au bord de la grève du sein, qui peut conduire au rejet total.

Ma consultante en lactation m’a énormément aidée, mais sans le soutien de mon compagnon, qui avait compris mon projet d’allaitement et qui m’encourageait, me consolait, me rassurait, je ne pense pas que j’aurais réussi. Son rôle a été crucial. C’était devenu une affaire de famille.

La semaine suivante, comme prévu, le cœur battant, je suis retournée le faire peser… il avait dépassé largement le minimum attendu ! Si j’avais écouté le médecin qui me disait que je n’avais tout simplement plus de lait, que ça arrivait, que ce n’était pas un drame, qu’il fallait penser à la santé de l’enfant avant tout et que je n’avais pas eu cette petite flamme de volonté, je serais directement passée au lait artificiel, la mort dans l’âme. D’ailleurs, le mois suivant, en voyant une courbe de poids plus que satisfaisante, il a fait les yeux ronds quand je lui ai dit que mon bébé était toujours nourri exclusivement au sein. Hi hi… petite victoire personnelle…

J’ai souvent entendu : “Oh, moi j’ai dû arrêter très vite car je n’avais pas assez de lait“.

Après cette épreuve, je peux dire à ces mamans qu’elles n’ont juste pas trouvé la bonne personne pour les guider et les soutenir dans ce moment. Car oui, la lactation ne se tarie totalement que 40 jours après la dernière tétée ou dernier tirage de lait. Certes il faut non seulement être au courant mais aussi avoir une sacré volonté et du temps à consacrer à ça. Je comprends les mamans qui pour n’importe quelle raison, et qui sera toujours valable, arrêtent l’allaitement devant ce genre de situation. Tout le monde n’en n’a pas l’envie, le courage, le temps ou les moyens. Par contre, si mon témoignage ne servait à donner un peu d’espoir et de courage qu’à une seule maman qui vivrait la même chose avec son bébé, avec les mêmes envies et possibilités d’y arriver, j’en serais ravie !

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Allaitement et portage en écharpe https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-portage-en-echarpe/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-portage-en-echarpe/#respond Thu, 06 Jun 2019 16:32:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1955 [Auteure] : Audrey Marin, conseillère en portage certifiée AFPB et consultante en lactation certifiée IBCLC En plus de votre envie d’allaiter, lorsque vous avez entamé la grande aventure du devenir parent, l’option portage s’est imposée à vous tout naturellement. Savez-vous qu’allaitement et portage vont parfaitement ensemble et que l’un nourrit l’autre et vice et versa ? Parlons … Continuer la lecture de Allaitement et portage en écharpe

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[Auteure] : Audrey Marin, conseillère en portage certifiée AFPB et consultante en lactation certifiée IBCLC

En plus de votre envie d’allaiter, lorsque vous avez entamé la grande aventure du devenir parent, l’option portage s’est imposée à vous tout naturellement. Savez-vous qu’allaitement et portage vont parfaitement ensemble et que l’un nourrit l’autre et vice et versa ?

Parlons d’abord un peu portage… Le portage, qu’est-ce que c’est ?

Pour le citadin : un moyen pratique de se déplacer avec bébé dans les transports en communs, sans avoir à utiliser une poussette volumineuse et faire face aux remarques dans les métros bondés.
Pour le campagnard : l’outil indispensable pour partir en promenade dans des chemins inaccessibles en poussette.

Mais ces deux visions se retrouvent aussi et surtout autour du plaisir de porter leur bébé tout contre eux, tout en vacant à leurs occupations du quotidien.

Pour l’archéologue britannique Timothy Taylor l’invention du porte-bébé daterait de 1 800 000 ans. Il serait le « premier outil » inventé par l’homme. Le portage est par essence une composante indissociable du maternage proximal. Venant au monde plus tôt que les autres mammifères, le bébé humain a besoin d’avoir un accès rapide à sa nourriture. La nature étant bien faite, nos seins sont à la bonne hauteur quand vous portez votre bébé dans vos bras.

Nous savons qu’il est parfois difficile pour les jeunes mamans de trouver LA bonne position pour allaiter son bébé. Quand je dis la bonne, je veux bien évidement dire celle qui convient avant tout à la maman et au bébé et qui permet un transfert de lait optimal. Avec un outil de portage correctement installé, vous permettez déjà à votre bébé de trouver une position sécure l’aidant à mettre en place ses compétences archaïques comme le réflexe d’agrippement, de fouissement, de succion.

Alors oui, il est préférable de se rendre dans un atelier pour profiter des enseignements d’une animatrice de portage certifiée et compétente en allaitement pour vous aider à prendre vos marques rapidement. Le choix de l’outil est aussi un choix important ! Tout d’abord, il doit vous permettre de bien soutenir votre bébé dans sa base. J’entends par là que votre bébé ne doit pas subir le portage. On insistera sur la position en petite grenouille (talons de bébé au niveau de ses fesses, ou position accroupie) qui mène à l’enroulement de la posture de bébé permettant un bon maintien de sa tête et qui favorise ainsi l’expression de ses nombreuses compétences.

Je m’attarderai sur le Sling. Cette écharpe sur laquelle sont montés deux anneaux en aluminium est ultra rapide à mettre en place après un atelier et permet à la fois d’allaiter et de tirer son lait en même temps !

Cette pratique à plusieurs avantages :

  1. Une meilleure stimulation de votre lactation : l’ocytocine est une hormone indispensable dans l’allaitement. Elle permet entre autres, l’éjection du lait hors des cellules sécrétrices contenues dans votre glande mammaire. Elle se secrète notamment lors du frottement sur la poitrine ou vos mamelons. Tout contre vous, en portage, votre bébé va commencer à manifester son envie de manger en frottant son nez, sa bouche, ses mains sur votre poitrine et déclenchera le largage de cette hormone dans votre sang. L’ocytocine permet alors le réflexe d’éjection du lait aidant ainsi au drainage du sein. Tirer votre lait en même temps que votre bébé tète vous permet de tirer davantage en quantité !
  2. Un bébé peu efficace au sein pourra profiter du réflexe d’éjection optimisé par le tire-lait pour recevoir plus facilement son lait durant la tétée. Il est aussi plus aisé de pratiquer la technique de la compression mammaire.
  3. Les effets bénéfiques du peau à peau se font aussi sentir dans le portage en écharpe ! Votre bébé régule mieux sa température et digère mieux. Tout comme le fait de donner le sein pour calmer les pleurs de bébés, une étude ayant suivi 700 bébés a montré que la pratique la plus efficace en cas de pleurs était le portage pour 87% , marcher en le tenant dans les bras à 67% et lui donner le sein pour 82% (1)
  4. La position la plus courante avec cette écharpe est la madone glissée ou ballon de rugby. Ce qui permet de bien drainer les glandes se trouvant dans le quadrant extérieur du sein (vers votre aisselle). Cette zone est souvent le lieu d’engorgement. Il est nécessaire de positionner le menton de bébé vers la zone engorgée pour faire passer un engorgement. Avec la position ballon de rugby dans le sling, vous pourrez aisément installer votre nouveau-né sans avoir à soutenir son poids avec votre seul avant-bras sur plusieurs tétées d’affilée tout en tirant votre autre sein pour éviter qu’il ne s’engorge à son tour.

Pour trouver un atelier de portage près de chez vous, il existe plusieurs associations parmi lesquelles : l’Association Française de Portage des Bébés (AFPB), Porter en toute simplicité , Transmettre Ensemble Le Portage , et bien d’autres encore. Vérifiez que la conseillère ou monitrice se forme régulièrement auprès de son réseau.

Bon portage !

(1) C.R Howard et al, « variations in parental Comforting Practices and Breathfeeding Duration », AMB News and Views, 2004; 10(s)

(Parental responses to infant crying and colic: the effect on breastfeeding duration)

[Biographie] : C‘est à la naissance de son premier enfant qu’Audrey Marin décide de se former d’abord au massage bébé auprès de l’AFMB et aux techniques de portage auprès de l’AFPB. Elle quitte alors son travail pour devenir auxiliaire de puériculture et exerce dans une maternité de Paris, labellisée IHAB. En 2015, elle s’installe en libéral à Nantes et ouvre le premier cabinet de consultation en lactation . Désireuse d’informer et de soutenir les professionnels de santé autour de l’allaitement, elle co-fonde l’association R.I.S.A.M (réseau interprofessionnel de soutien à l’allaitement maternel).

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allaiter en vacances https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/#comments Thu, 05 Jul 2018 13:52:17 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1791 Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille. En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, … Continuer la lecture de allaiter en vacances

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Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille.

En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, il permet de faire patienter le bébé au restaurant ou le ressource si votre enfant doit sauter une sieste. Tout est à portée de main !

Vous allaitez et êtes sur le point de partir en vacances ?

Nous serions heureux de partager votre expérience et de lire vos témoignages en compagnie de votre nourrisson ou de votre bambin.

Et n’oubliez pas en période de grosse chaleur, il ne faut pas hésiter à faire téter votre bébé fréquemment en lui proposant le sein avant même qu’il ne le réclame, surtout si c’est un nourrisson. S’il se réveille de façon un peu plus inhabituelle la nuit, prenez en compte le changement d’habitude, la soif due à la chaleur, voire même un petit creux : les tétées de courtes durées la journée évitent à votre bébé de surcharger son estomac. En été, nous aussi nous préférons les petits repas légers !

Bonnes vacances !! 🙂

 

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Allaiter en public, trucs et astuces https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/#comments Thu, 02 Nov 2017 11:23:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1641 Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles. Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion … Continuer la lecture de Allaiter en public, trucs et astuces

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Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles.


Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion de mères qui vous expliqueront quel usage elles font de l’écharpe de portage, ou du

tee-shirt d’allaitement. C’est en commençant de la sorte que vous gagnerez en aisance et que vous vous sentirez plus détendue à l’idée de vous confronter à un comité plus large et que vous vous rendrez seule dans un parc municipal ou que vous prendrez le train avec votre bébé allaité.

Lorsque le sentiment de gêne l’emporte, on peut faire preuve de créativité. En effet, sans se priver de sortir de chez soi, on peut opter pour une cape d’allaitement, ou un tablier d’allaitement. Ces équipements se trouvent facilement sur internet. D’aucuns rétorquent qu’ils attirent fort le regard des autres plutôt que de préserver la pudeur de la mère.
Allaiter hors de chez soi ne signifie pas que l’on doive dévoiler sa poitrine ou l’exposer aux regards indiscrets. Certaines mamans préfèreront porter un vêtement d’allaitement qui offre un double-empiècement avec une fente intégrée. Ainsi, en plaçant leur enfant devant leur sein, sa tête cachera cette ouverture. D’autres mamans choisiront de soulever leur tee-shirt, tout aussi discrètement. Les châles et foulards tout comme les écharpes de portage sont également des accessoires vestimentaires qui se révèlent des aides bien utiles.

Gardons à l’esprit que la société française est empreinte d’une culture du biberon. Les icônes qui identifient les espaces de change du bébé en témoignent puisqu’ils sont souvent indiqués par un symbole de biberon ou de tétine.

Cette culture du biberon s’accompagne d’une idée érotique des seins qui est très forte notamment en France. Allaiter en public peut ainsi être difficile pour la mère. Voir une femme allaiter peut générer un regard désapprobateur et une agression verbale parfois virulente.

Rappelons que l’allaitement en public n’est absolument pas interdit en France ! Et que la première étape pour que les mamans soient à l’aise, passe par re-normaliser l’allaitement au sein !

Laissons libre court à des suggestions saugrenues … ou pas !

Doit-on opter pour des cabines d’allaitement comme celles installées récemment dans une ville américaine ?  Créer d’autres types de lieux pour allaiter en public ? Avec le risque de stigmatiser et enfermer la mère allaitante ?

Créer des centres commerciaux amis des bébés ? Ardennes Allaitement a créé les Chemins du Lait auprès de divers lieux de vente et autres entités, et les commerçants sollicités ont tous été d’accord.

Normaliser l’allaitement au sein, plus généralement, grâce à des événements à l’image de la Grande Tétée, grâce à plus d’émissions spécialisées.

Certains pays ont été créatifs : une sénatrice Australienne, allaitant son enfant en pleine séance de Parlement ! Autre initiative de protection de l’allaitement en public : des panneaux en carton représentant des femmes qui allaitent dans l’Ontario ! La congressiste américaine Maloney devient l’avocate des mères et des mères allaitantes.

J’aimerais conclure sur tous ces selfies de « people » qui se multiplient depuis quelques mois, Christian Serratos, Amanda Seyfried, Pink et tant d’autres. Leurs photos génèrent toute une gamme de sentiments parmi ceux qui les regardent. Ces jeunes femmes postent leurs breastfies pour normaliser leur situation, pour normaliser l’allaitement maternel, pour partager leurs joies de mères. N’y cherchez pas de mauvaise intention, quand leur notoriété pourrait justement faire pencher la balance vers une normalisation de l’allaitement!

 

L’on comprend facilement les réticences d’une mère à offrir le sein en public quand une grande proportion des mères de son entourage sort plus facilement un biberon de lait infantile. Et vous, quelles astuces aimeriez-vous partager avec d’autres mères sur l’allaitement en public ?

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : consultante en lactation IBCLC, formatrice

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Point de vue d’un papa sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/#comments Tue, 20 Jun 2017 08:41:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1571 Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que … Continuer la lecture de Point de vue d’un papa sur l’allaitement

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Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que certains couples explosent en plein vol. Si vous voulez mon avis, on pourrait comparer l’arrivée d’un enfant à un tremblement de terre. Mais on arrive à reconstruire les fondations petit à petit.

Nous en avions parlé, c’était clair pour nous, ma femme allaiterait. Ce que nous ignorions alors, c’est que tout naturel que soit l’allaitement, ça pouvait ressembler à un parcours du combattant au début. Je me sentais impuissant quand ma compagne me demandait si elle positionnait bien Nine au sein. Elle souffrait de crevasses et les pommades que j’allais lui acheter en urgence à la pharmacie ne suffisaient pas. Alors, j’ai parcouru internet à la recherche de solutions. Je suis fier de lui avoir trouvé la méthode pour faire des pansements de lait maternel. Elle dit que ça a sauvé son allaitement. Puisque je ne pouvais pas donner le sein, je me suis arrangé pour être efficace dans les domaines où je pouvais agir.

Le déroulement d’une journée

Comme je travaillais à la maison, je pouvais être auprès de ma femme et de ma fille. Je ne m’étais pas douté un instant que ça allait être aussi épuisant. Aider au quotidien, remplir le réfrigérateur, préparer les repas, lancer une lessive, l’étendre, plier le linge ; courir acheter les couches manquantes, limiter gentiment mais fermement les visites épuisantes ; comprendre comment porter mon bébé en écharpe, l’y installer, bercer Nine et recommencer. C’était du non stop. J’étais carrément fier de me rendre utile, d’anticiper les besoins de mes deux femmes. J’avais concocté pour Cindy un espace cosy avec son thermos de tisane, une bouteille d’eau, un mélange de fruits secs et des bananes sans oublier le nécessaire mouchoirs, gel pour les mains, chargeur de téléphone portable et tablette. Elle avait son camp de survie en somme. Et j’étais chargé de la logistique et du ravitaillement. Et puis quand j’oubliais, elle savait me rappeler à l’ordre.

Comme la plupart de mes amis n’étaient pas encore papas, ils ignoraient combien un nourrisson vous mobilise et que la dernière chose qu’on ait envie de faire les premières semaines, c’est sortir et laisser mère et fille seules à la maison ; surtout le soir quand bébé a tendance à pleurer plus souvent. Une fois que tout roulait et qu’on gérait, nous ne nous sommes pas privés de sortie, grâce au portage et à l’allaitement, notre fille était toujours avec nous, une couche de rechange dans le sac et on pouvait aller au restaurant et passer du temps avec des amis.

Etre parents

C’est drôle, ma femme et moi avions passé pas mal de temps à lire et à nous informer sur notre rôle de futurs parents. Aucun livre ne prépare à l’émotion qui nous submerge et à l’intensité que ce bébé nous procure. Notre quotidien a été sacrément chamboulé, c’est le moins que l’on puisse dire. Affirmer que ce n’est que du bonheur, pas toujours non. Certains jours, quand l’épuisement vous gagne, on se demande si on fait tout bien comme il faut, on en discute et on relativise. Si nous sommes d’accord avec nos choix alors tout va bien !

Cependant, il ne m’est jamais venu à l’esprit que donner un biberon aurait été plus facile ou bien une manière de mieux prendre ma place auprès de notre bébé. Dès son arrivée à la maison, c’est moi qui me suis chargé du bain et du massage qui suivait. C’était un moment à nous et aussi un moment pour que ma femme puisse se relaxer. Et en toute franchise, ça m’arrangeait pas mal que Cindy se charge d’allaiter. Cela me permettait de me reposer un peu aussi.

Puis comme tout le monde, nous nous sommes posés tout un tas de questions. Car entre ce qui est dit dans les livres et la réalité, on est vite perdu : pourquoi pleure-t-elle alors qu’elle est changée et qu’elle a mangé ? Peut-elle dormir avec nous ? Peut-elle s’endormir au sein sans que cela créée de mauvaises habitudes ? Pourquoi n’aime-t-elle pas être posée ? Tout le monde y va de ses conseils mais quand aucun ne semblait nous correspondre, que faire ? Nous avons cessé de nous interroger sur « la marche à suivre » quand nous nous sommes rendu compte que le mieux était de suivre notre instinct. On allait faire des erreurs c’est sûr. Et puis… tant pis ! C’est aussi de cette manière que j’ai trouvé ma place en tant que papa. Relativiser les difficultés, chercher des solutions, décrocher mon téléphone pour trouver le rendez-vous chez l’ostéopathe qui débloquera la situation.

L’allaitement a quelque chose de magique, d’indescriptible. Je n’ai jamais su comment l’expliquer mais j’ai toujours été ému en voyant Cindy allaiter notre fille. C’est un moment où elles sont comme coupées du monde extérieur et je suis le témoin privilégié de ce bel ensemble. Je sais que mon rôle est de l’encourager, quand elle trouve ça dur. Que ma femme allaite m’a demandé de me montrer plus créatif. Ça tombe bien, dans ma vie professionnelle, je travaille dans le domaine artistique. Et puis, ce qui est sûr, c’est qu’on a gardé de cette période un souvenir très fort.

[Auteur] : Jean-Georges Gouazé, papa de bébés allaités

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La place du père dans la consultation d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/#respond Thu, 19 Jan 2017 17:37:15 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1501 Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter. Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, … Continuer la lecture de La place du père dans la consultation d’allaitement

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Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter.

Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, risque de crevasse), de seins trop pleins. Ils vont aider leurs compagnes aussi bien par leur rappel des conseils que par leurs gestes.

Lors de soucis, ils peuvent soulager la mère en lui massant les seins, en les préparant avant la tétée ou le recueil au tire-lait. Une fois, j’ai admiré un papa qui avait pris ma suite alors que j’allais prendre une série de notes. Il reproduisait un massage de déblocage de canal bouché tout en tenant une téterelle de tire-lait, tandis que la maman allaitait de l’autre côté ; et de me demander si ses gestes étaient corrects.

Le papa qui vient en consultation, peut aussi librement exprimer son stress, son inquiétude. J’ai le souvenir récent d’un papa me demandant : « pouvez-vous nous dire si vous pouvez faire quelque chose, entre ces douleurs et le manque de lait ? ».  Ce papa put alors être rassuré, le projet d’allaitement tout autant que la santé de son enfant, peuvent et doivent être respectés, et c’est cette consultation, qui a permis d’identifier ce qui n’allait pas, et comment y remédier au mieux, ensemble, quitte à faire des ajustements par téléphone dans les jours qui suivent.

Le père est également important lorsque nous, consultantes en lactation, sommes amenées à suggérer des massages oraux spécifiques pour les bébés –massage des lèvres, des gencives etc. Ces massages sont à réaliser plusieurs fois par jour, idéalement avant chaque tétée. Je les charge de ces massages, car non seulement ils sont impliqués dans un soin à leur enfant, mais aussi ils permettent à la mère de se détendre ou de jouer avec les aînés…

C’est pourquoi les (futurs) papas sont cordialement invités lors des consultations. Ils sont les bienvenus aussi lors des réunions organisées par les associations.

Pour finir, une petite note. Les mères d’aujourd’hui qui vivent en couple peuvent avoir une partenaire du même sexe. Il va de soi que tout ce que nous avons écrit en citant le papa peut s’adapter librement à une partenaire.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team » https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/#respond Wed, 11 Jan 2017 11:05:38 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1493 Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team »

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Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient » sa compagne, ça marchera mieux, plus longtemps, et que les difficultés ont plus de chances d’être dépassées. Mais ça va beaucoup plus loin ! Avant de vous décrire pourquoi et comment l’on peut et devrait inclure le papa dans la « breastfeeding team* », permettez-moi de vous raconter quelques petites anecdotes.

Une maman vient avec des seins pleins de lait. Elle souffre de plusieurs canaux bouchés. Je vais consacrer une large partie de la consultation à masser ses seins, à l’aider à extraire son lait, en veillant à apporter de l’attention au bébé tout en vérifiant le tire-lait. La présence du papa fut là particulièrement utile, car la prise en bouche fut compliquée à améliorer et demanda du temps. En parallèle, les massages pour les canaux bouchés durent se poursuivre plusieurs jours. Le papa put ainsi continuer et reproduire à la maison les gestes appris en consultation.

Un autre papa m’a appelé une fois, parce que sa femme souffrait d’un énorme pic de fièvre, et n’était pas en état de parler au téléphone. Il prenait la relève, tout simplement. Il s’avéra qu’elle déclarait une mastite.

Le futur papa est souvent en faveur de l’allaitement, même si la décision finale revient généralement à la mère. Pourtant assez rapidement, il peut se sentir totalement démuni. Les papas éprouvent eux aussi physiologiquement du stress, de la douleur psychique. L’arrivée d’un nouveau-né est stressante, dans le sens où un nouveau membre entre dans la famille. Il y a une période d’adaptation.

Les seins de sa compagne ne sont plus ces atours que lui seul peut admirer dans leur intimité. La sexualité du couple peut en pâtir parce qu’ils n’ont pas encore trouvé les ajustements nécessaires lors de l’arrivée du bébé, qu’il soit allaité ou pas.

Il se peut aussi parfois que l’allaitement soit douloureux et le père se sent inefficace, insignifiant. Il a l’impression qu’il n’a pas de contrôle, aussi bien devant sa compagne qui souffre (crevasses, manque de lait, etc.), que devant ce bébé qui hurle de faim.

Personne ne devrait l’ignorer ! Mais le papa a un système qui limite ses risques d’extrême désarroi et de « perte des pédales » si on le compare à une maman désemparée, peu confiante, qui est tellement stressée et endolorie qu’elle en oublie tous les bons conseils reçus, et que le peu de confiance en elle-même partent en poussière. Le papa est alors précieux, il prend l’enfant qui hurle dans ses bras et parvient à le calmer, il prend parfois le téléphone et appelle une ressource en allaitement, ou encore il console sa compagne, et là, se rappelle les bons repères d’installation.

Un grand nombre de personnes (et parfois le père lui-même) le réduisent à celui qui pourrait donner un biberon, comme si l’allaitement maternel empêchait une relation étroite entre père et enfant, et que seul un biberon (de l’occasionnel au fréquent) était sa seule relation possible.

Mais ils peuvent faire du peau à peau avec l’enfant nouveau-né, ce n’est pas seulement réservé à la mère, et encore plus lorsque cette dernière se trouve séparée pour des soins. Nous rions alors lorsque je les mets en garde qu’à peu près tous les papas se sont fait attraper leur mamelon en bouche, mais souvent l’enfant les recrache car le lait ne coule pas de ceux-là. Ajoutons que le peau à peau n’est pas réservé aux premières heures. En outre, qui a dit qu’un papa, à défaut d’une maman, ne peut pas faire de grosses plages de peau à peau même lorsque l’enfant a passé un mois d’âge ?

Le père peut également aider la mère à se positionner pour allaiter, amener une bouteille d’eau, une collation… Et quand tout le monde est bien installé, prendre une photo, et faire un gros câlin à sa famille.:)

Il peut aussi porter son enfant dans une écharpe,  à la maison comme pour une balade familiale. Il peut donner le bain, changer les couches. Bien sûr, il peut participer ou prendre en charge tout ou partie des travaux ménagers. Il peut s’occuper  du nouveau-né après une tétée, et laisser à la maman la possibilité de sortir se promener avec les aînés ! Car eux aussi ne doivent pas être oubliés. Le papa impliqué très tôt dans les soins de son enfant, dans le portage, le massage, le peau à peau, dans l’aide intrinsèque de la « breastfeeding team »* est un papa-compagnon dont l’existence est visible, tant aux yeux de la société, qu’aux siens. Il ne se sent plus dépassé, ni démuni, ni mis à l’écart. Il est, devient, reste, un soutien important .

* NDLR : L’équipe de l’allaitement

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Débuts imprévus https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/ https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/#respond Mon, 02 Jan 2017 09:41:18 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1486 Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂 Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire … Continuer la lecture de Débuts imprévus

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Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire en plusieurs parties. Voici un témoignage plein de courage.

Cinq mois de grossesse, notre petite merveille naît. Victoria mesure 33 cm et pèse 690g. Naissance inattendue pour un bébé d’une fragilité extrême. Le service de réanimation, ou « réa » devient son nouveau cocon, notre seconde maison. Un monde qui a son propre espace temps, peuplé d’êtres humains lumineux, les plus petits qui soient.

Avec cette naissance prématurée démarre l’attente. On ne le mesure pas encore bien mais c’est extraordinairement dur. Petit à petit, les minutes se muent en jours puis en mois. On s’accroche au peu que l’on puisse apporte, à commencer peut-être par mon lait.

Y a pas de mots pour décrire ce que je ressens alors. La Vie de ma fille tient à un fil. Ma tentation est si grande de me décourager. Pourtant, la solution est là, continuer d’y croire, et avoir pour seul et unique objectif de garder confiance parce l’on ne maîtrise rien. On peut contrôler ce qui vient de soi, planter l’espérance dans un terreau fertile, chaleureux et bienveillant, cultiver son jardin intérieur pour espérer récolter les plus beaux fruits qui soient. Il y a des ingrédients nécessaires et que l’on retrouve chez tous les rayonnants sortis de ces épreuves : l’amour, la joie et l’espoir toujours en ligne de mire. Ça n’enlève pas la souffrance, ni les larmes mais l’enracinement est trop important pour que la tige poursuive son chemin pour s’élever.

Le quotidien, c’est juste se remémorer très régulièrement du seul ou des quelques petits moments positifs. Il y en a toujours un même dans la pire de la pire des journées. S’accrocher à ces sourires en fait partie, à ces rires entendus au loin. Sentir cette brise légère caresser notre visage quand on est dehors. Garder en mémoire les messages d’un proche ou d’un ami qui nous veut du bien, qui envoie des wagons de courage et une locomotive de force, ou juste qui prie pour nous dans cette situation à laquelle on ne comprend rien. Romain Gary disait à juste titre : “Vous ne pouvez pas attendre de la vie d’avoir un sens. Vous devez lui en donner un ». Et c’est bien ce sur quoi nous nous sommes concentrés. C’est ce qui m’a aidé à trouver mille et une ressources en moi pour recueillir le précieux liquide. Mon or, son médicament, ce lait qui préserve ce lien incomparable entre ma merveilleuse fille que j’aime tant et qui lutte pour s’accrocher à la vie.

Puis chaque jour, avancer, sonner à l’interphone, attendre patiemment que la porte s’ouvre et se referme, poser un pied puis l’autre jusqu’au casier, déposer mon manteau, dérouler mon écharpe, chaque geste avec une temporalité propre, celle de la réa. Puis me diriger vers les lavabos, et méticuleusement, accomplir les rites de désinfection, porter l’habit de circonstance, le masque et repartir vers les berceaux. Mettre tous mes sens en éveil, en étroite connexion avec le présent, vivre, sans perdre un instant.

Sur chaque mur un peu sombre que je rencontre, je dessine un petit ange à la craie. Pour donner de la douceur au monde.” Jean-Charles de Castelbajac

Au moment de dire bonjour, je recherche les yeux de la personne qui est là juste pour me donner toute la force dont j’ai besoin pour continuer mon chemin. Il y a une osmose, une harmonie qui se crée entre le personnel soignant et les parents qui ne nécessitent pas d’explications ; les regards se suffisent à eux-mêmes.

Mon seul but alors : être présente et disponible pour Victoria, en réa, me tenir près de la couveuse pour la soutenir dans ce qu’elle vit, les bons moments et les bonnes nouvelles comme dans les difficultés et les jours plus compliqués.

Myriam en contact avec Victoria - couveuse

Je me souviens d’une après-midi particulièrement éprouvante. J’avais le moral en dents de scie. Je passais d’un état rassuré à inquiet en deux minutes. C’est alors que j’ai envoyé un texto à Suzanne, la responsable de l’aumônerie. Elle seule a le droit d’effectuer des visites à l’improviste dans le service. Elle était disponible et a mis peu de temps pour nous rejoindre. Sa seule présence me rassure et son écoute est inestimable. Je la revois avec son sourire jusqu’aux oreilles, ses yeux qui pétillent d’allégresse. Je lui ai expliqué la situation, elle voyait bien que j’avais le moral dans les chaussettes, épuisée par ces sonneries, le scope ( appareil pour surveiller le rythme cardiaque de bébé ) et ce service que je voulais fuir. Je ne sais même plus ce qu’elle a répondu, parce que c’était davantage sa prestance que ses mots qui m’ont touchée. La puéricultrice a scotché sur la porte une note « ne pas déranger ». En ces instants éprouvants, nous nous sommes mises à prier, juste ce qu’il faut pour me consoler et me réconforter. Suzanne connaît les mots pour dire, pour prier comme il se doit lorsque l’on est incapable de restructurer sa pensée, l’affect marqué à vif.

Quand je repense à cette période fragile de notre aventure, je me souviens aussi que le dialogue avec nos proches n’était pas facile non plus. C’est difficile de décrire ces instants, mes émotions de mère. L’impression que toutes nos souffrances sont banalisées. Et pourtant, c’est tellement vrai, se sentir impuissant devant l’inacceptable, la souffrance d’un enfant et de sa mère, ça touche tout le monde en plein cœur.

Alors quand – après des semaines – vient enfin le moment où je peux porter ma Victoria dans mes bras en peau à peau, le silence s’installe, l’amour circule enfin avec une intensité que rien ne peut atténuer. Comme si l’énergie était tellement contenue, qu’enfin libérée, la fleur s’épanouit et s’ouvre au grand jour, pour notre plus grand bonheur.

Cramponnez-vous, tant que la vie palpite…
 Ne lâchez rien, c’est le seul moyen d’aller plus haut!” (Pierre Lunel)

Et quand la sortie se fait tellement désirer, je rencontre Rachel au self, une pédiatre qui s’installe à ma table pour manger ! Au moment-même où le doute s’installe, je me sens lasse, figée au bord du chemin. Elle est alors un témoin formidable et je reprends ma route le cœur plus léger. Ce sont des discussions que je n’oublierai pas. Ce jour-là, elle m’a complètement redonné espoir quant à notre sortie.

C’est aussi grâce à Rachel, que bravant le règlement, Victoria a rencontré ses sœurs à l’hôpital, et le cœur tout brûlant nous avons savouré cette joie de nous retrouver à 5 au même endroit et au même moment. Chaque jour passé aux côtés de Victoria me fait dire la Vie est très précieuse, n’en loupe pas un instant.

J’ai décidé de profiter de tous ces bonheurs à fond, à 100 %, comme les tétées d’intense proximité. Je dois ces tétées en partie à Shasha, surnom donné à Shadock, mon tire-lait qui ne m’a pas quitté pendant bien 2 ans. Donner mon lait à ma fille, j’ai décidé d’en faire mon défi quotidien. Les études scientifiques récentes prouvent qu’un nourrisson a moins de soucis de santé quand il est nourri de lait maternel. Alors Victoria serait allaitée longtemps, c’est une évidence. Le lactarium a stocké jusqu’à quinze litres de mon lait, pour être sûre qu’elle n’en manque jamais.

Et puis après deux mois d’une attente stressante, j’entends la pédiatre déclarer pour la première fois que « Victoria a une évolution favorable ».  Au bout de 4 mois 1/2 d’hospitalisation en réanimation et en médecine néonatale, Victoria est rentrée à la maison, la veille de la fête des mères. Nous sommes enfin réunis : la séparation forcée d’avec une partie de ma famille me pesait considérablement.

D’aucuns reconnaissent qu’on ne quitte pas la réa indemne. Ce microcosme vous transforme complètement et si intensément qu’après on ne peut plus voir la vie de la même façon. Victoria a maintenant 3 ans1/2, elle est en petite section, aime beaucoup l’école et son maître. Elle s’émerveille de tout, a une détermination qui n’a d’égale que sa soif de vivre.

 [Auteure] :  Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement.

Merci à Myriam pour cette article et ces photos.

 

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Allaitement, sommeil de la mère et sommeil de l’enfant (suite ) https://www.leblogallaitement.com/allaitement-sommeil-de-la-mere-et-sommeil-de-lenfant-2/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-sommeil-de-la-mere-et-sommeil-de-lenfant-2/#respond Tue, 31 May 2016 10:10:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1364 A l’occasion du précédent billet, nous nous sommes intéressés aux spécificités du sommeil de l’enfant et au lien entre allaitement et sommeil de l’enfant. Nous allons maintenant  voir le sommeil de la mère allaitante de plus près. Physiologie de la lactation : Lors de l’allaitement, à chaque tétée, un grand nombre d’hormones sont libérées dans la … Continuer la lecture de Allaitement, sommeil de la mère et sommeil de l’enfant (suite )

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A l’occasion du précédent billet, nous nous sommes intéressés aux spécificités du sommeil de l’enfant et au lien entre allaitement et sommeil de l’enfant. Nous allons maintenant  voir le sommeil de la mère allaitante de plus près.

Physiologie de la lactation :

Lors de l’allaitement, à chaque tétée, un grand nombre d’hormones sont libérées dans la circulation sanguine maternelle. Parmi celles-ci il y a la prolactine, l’ocytocine, les bêta-endorphines, la dopamine… Ces hormones ont de multiples rôles et entre autres, elles ont une influence sur le sommeil de la mère.

En effet, la prolactine, par exemple, accélère le passage en sommeil lent. Durant l’allaitement, la mère bénéficie ainsi de 30% de sommeil lent en plus qu’en dehors de la grossesse et l’allaitement[1].   Le sommeil lent est le sommeil qui permet le plus la récupération.[2]  [3]

L’ocytocine permet, quant à elle, de favoriser un climat de détente et d’apaisement particulièrement propice au repos et à la somnolence. C’est précisément cet état de somnolence lié aux tétées qui amène souvent à penser que l’allaitement fatigue la mère alors même que du point de vue physiologique, l’allaitement favorise au contraire un repos de meilleure qualité.

Les bêta-endorphines et la dopamine sont des hormones qui sont associées au sentiment de plaisir. De plus, la dopamine prépare le réveil. Autrement dit, durant l’allaitement, les mères ont plus de sommeil profond récupérateur mais ont également plus de facilité à se réveiller afin de répondre aux besoins du bébé.

A retenir :

La tendance à l’endormissement des femmes allaitantes n’est pas un signe de fatigue ; c’est un état normal, lié au rythme veille / sommeil inhérent à l’allaitement et favorisant une meilleure récupération.

D’autre part, durant l’allaitement le taux de cortisol (hormone du stress) reste plus bas qu’en dehors de l’allaitement, comparativement à des situations de stress similaires[4]. Enfin, plusieurs facteurs liés à l’allaitement diminuent les phénomènes inflammatoires ce qui a pour effet de diminuer le risque de dépression post-natale.

Le sommeil de la mère allaitante :

Il ressort de nombreuses études que les mères qui allaitent ont certes un nombre d’éveils nocturnes plus important que les mères qui n’allaitent pas (voir billet sur le sommeil de l’enfant allaité) ; néanmoins, les électro-encéphalogrammes de ces mères montrent que ce sont pourtant elles qui ont la plus longue durée de sommeil lent profond (récupérateur). Ce résultat confirme bien que l’allaitement augmente les capacités de récupération des mères.

Encore plus intéressant ; les études montrent également que pour les couples parentaux dont les femmes allaitent, les deux parents dorment plus !

A savoir : [5]  [6]

La fatigue maternelle est généralement modérée juste après la naissance, mais elle culmine à 3 semaines et diminue lentement entre 2 et 6 mois.

Il n’y a pas de différence en termes de fatigue entre les femmes qui allaitent et celles qui donnent le biberon. Le fait d’arrêter l’allaitement n’améliore pas l’état de fatigue des mères.

« Mais alors, qu’est-ce qui fait que je suis si fatiguée ? »

Devenir mère est associé à un niveau de fatigue émotionnelle intense. Le haut niveau de responsabilité, la charge de travail « non équitable » dans le couple, l’absence de reconnaissance et de valorisation de la maternité au niveau social, l’isolement auquel se surajoute l’état inflammatoire lié aux conditions d’accouchement et au stress associé au changement de mode de vie qu’impose l’arrivée d’un bébé ; sont autant de facteurs favorisant le surmenage maternel en post-partum.

La banalisation de cette situation : « c’est normal, ça va passer ! », la culpabilité des mères : « si tu faisais ça ou si tu ne faisais pas ça, tu serais moins fatiguée ! » (ex : portage, allaitement, partage de la chambre ou du lit…) et le fait de penser que le bébé présente des troubles du sommeil (réveils fréquents) sont autant de facteurs qui augmentent le risque de dépression maternelle dans l’année qui suit la naissance.

Prévention de la dépression et du surmenage :

1/ Etre suffisamment informée en prénatal et/ou en post-natal de la réalité de la vie avec un nouveau-né permet une meilleure adéquation entre les attentes maternelles et les besoins de l’enfant :

Connaître les rythmes physiologiques du nouveau-né et du nourrisson.

Connaître et reconnaître les besoins de l’enfant allaité (« tétées groupées », premiers signes d’éveil…).

Connaître les effets de l’allaitement sur la santé et le sommeil de la mère et de l’enfant.

2/ Savoir déléguer et relativiser

Les quarante premiers jours de post-partum, prévoir une organisation permettant à la mère de se reposer autant que possible.

Demander de l’aide pour les tâches ménagères et la gestion des ainés.

Relativiser l’importance de ces tâches (si l’aspirateur n’est pas passé tous les jours, votre bébé ne s’en portera pas plus mal ! Votre conjoint non plus… et vous serez mieux si vous avez pu vous reposer au lieu de dépenser votre énergie pour ce faire).

Relativiser également la durée de ce temps de récupération indispensable … 6 semaines dans une vie, ce n’est pas si long !!! Vous venez de passer 9 mois à créer la vie, vous méritez bien de pouvoir en « profiter » maintenant !

3/ Se faire confiance et faire confiance au bébé

Les comportements des nouveau-nés en bonne santé et la réponse spontanée des mères sont dans la grande majorité des cas des comportements innés de « survie de l’espèce » … s’écouter et se faire confiance est donc une des clefs du succès !

[1]             Kendall-Tackett ; un nouveau paradigme pour la dépression des jeunnes mamans ; Les Dossiers de l’allaitement ; Hors série JIA 2010

[2]             Wambach KA, Maternal fatigue in breastfeeding primiparae during the first nine weeks postpartum, Journal of Human Lactation 1998 ; 14(3) : 219-29.

[3]             S Callahan, N Séjourné, A Denis  ; Fatigue and breastfeeding  : an inevitable partnership  ? J Hum Lact 2006  ; 22(2)  : 182-87

[4]             Kendall-Tackett ; un nouveau paradigme pour la dépression des jeunnes mamans ; Les Dossiers de l’allaitement ; Hors série JIA 2010

[5]             Wambach KA, Maternal fatigue in breastfeeding primiparae during the first nine weeks postpartum, Journal of Human Lactation 1998 ; 14(3) : 219-29.

[6]             S Callahan, N Séjourné, A Denis  ; Fatigue and breastfeeding  : an inevitable partnership  ? J Hum Lact 2006  ; 22(2)  : 182-87

[Auteure] : Céline Dalla Lana est sage-femme et consultante en lactation. Elle nourrit également une passion pour la formation des professionnels de santé.

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Le tire- lait et Magalie https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/ https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/#comments Thu, 26 Nov 2015 14:02:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1216 Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie. Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte. Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle … Continuer la lecture de Le tire- lait et Magalie

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Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie.

Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte.

Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle a ressenti quand elle a su qu’elle attendait une petite fille.

Son souhait le plus cher était de la mettre au monde le plus naturellement possible et de l’allaiter.

Elle a dû batailler pour retarder le déclenchement pour raisons médicales et ainsi laisser toutes les chances à son bébé de démarrer sa nouvelle vie plus sereinement.

Elle a accouché un beau jour du mois de mai, sans péridurale presque comme elle l’avait souhaité.

Marie semble bien téter au début même si elle s’endort vite. Marie est fatiguée, c’est normal elle a quand même subi deux jours de contractions déclenchées avant sa naissance. Elle perd rapidement beaucoup de poids. L’équipe de la maternité lui propose alors un tire-lait mais la culpabilise par rapport à sa capacité à allaiter : «  vous n’avez pas assez de lait ! Ca ne fonctionnera pas»

Je la vois à sa sortie de la maternité, Marie a six jours. Magalie tire péniblement toutes les trois à quatre heures de petites quantités entre trente et quarante millilitres. Je regarde Marie téter, elle tète bien mais s’endort très vite, nous sommes donc obligés de la compléter avec du lait de préparation pour nourrissons pour l’instant….

Dans un premier temps, je lui conseille un tire-lait plus adapté avec des téterelles à sa taille, et de tirer plus souvent nuit et jour.

Je lui suggère également de comprimer le sein pour augmenter le débit quand Marie tète, ce qui augmentera ses apports et l’aidera à rester éveillée plus longtemps.

Au bout de quelques jours, le travail paye, elle arrive à tirer 80 ml par biberon. Le cododo  et le portage en peau à peau l’aident beaucoup, notamment à se reposer.

Vu la prise de poids et l’éveil de Marie, j’encourage Magalie à lui proposer plus souvent le sein pour doucement repasser à l’allaitement en direct et oublier le tire-lait.

En les revoyant quelques jours après, Magalie m’avoue qu’elle n’a pas osé le faire. En effet, de voir ces quantités la rassurent tant, qu’elle préfère tirer toutes les deux heures plutôt que mettre Marie au sein ainsi « elle est sûre qu’elle mange assez ». Elle aimerait continuer aussi à la mettre au sein mais plus épisodiquement.

Pour pouvoir maintenir une production suffisante, je lui suggère de continuer à tirer très souvent jour et nuit.

Aujourd’hui, Marie a six mois, elle commence la diversification. Magalie continue d’exprimer son lait dont la production a encore augmenté. Certains jours, elle tire jusqu’à 1700 ml sur 24 heures. Elle continue de tirer toutes les deux à trois heures jour et nuit. Elle souhaite diminuer son nombre de tirages une fois que Marie sera bien diversifiée pour être sure d’avoir toujours assez de lait même si son congélateur déborde de sachets de lait . 🙂

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Les secrets du tire-lait révélés #2 https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-2/ https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-2/#comments Tue, 27 Oct 2015 13:24:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1205 Dans notre dernier article, nous avons passé en revue les informations à avoir à l’esprit quand on veut choisir le tire-lait adapté à nos besoins. Au-delà du matériel, ce sont des astuces physiologiques qui vont aider les mamans à avoir plus de lait. Voici les conseils de Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC. Abaisser le … Continuer la lecture de Les secrets du tire-lait révélés #2

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Dans notre dernier article, nous avons passé en revue les informations à avoir à l’esprit quand on veut choisir le tire-lait adapté à nos besoins. Au-delà du matériel, ce sont des astuces physiologiques qui vont aider les mamans à avoir plus de lait. Voici les conseils de Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC.

Abaisser le niveau de stress

C’est intéressant car le stress et/ou la douleur diminuent le réflexe d’éjection et donc le volume de lait disponible. Dans stress, comprenez : « stress » au sens commun, mais aussi tension, fatigue physique ou nerveuse, énervement, anxiété, gêne (présence d’autres personnes), perte de confiance, sentiment de dévalorisation etc.

Il faut donc déstresser :

Pour la maman non diabétique, un petit gâteau et du chocolat… Sinon une tisane ou toute boisson chaude – en évitant la caféine;

Écouter une musique relaxante, que l’on apprécie et qui nous délasse – mais même si cela vous plaît, écouter le «métal» et le «hard-rock» !

S’appuyer sur une photo, une vidéo de votre enfant ou son pyjama.

Pour les adeptes de la relaxation , quelques minutes d’exercices.

De manière plus globale et plus durable, l’acupuncture peut aider les mères qui sont dans une situation stressante et difficile. Je conseille souvent cette thérapie aux mamans dont je sens bien qu’elles sont dans un état de stress tel que quelques minutes de relaxation ne seront pas suffisantes.

Enfin, je me rappelle une maman qui m’avait contactée, désespérée: «je suis une mauvaise mère». Elle tirait vraiment de faibles quantités; un jour elle s’était installée devant la télé qui diffusait un film avec son tire-lait en se disant qu’elle n’aurait pas grand-chose comme d’habitude; c’est le bruit « bizarre » du tire-lait qui attira soudain son attention : les récipients étaient presque pleins! Cette maman culpabilisait énormément d’avoir eu autant de lait, en ne pensant pas à ses enfants! En regardant un film comique! Mais de fait, même si cette méthode n’est pas prouvée par des études, je la suggère quand même désormais en m’appuyant sur cette maman qui m’avait appelée désemparée.

Le réflexe d’éjection est représentatif de ce qui sera prélevé

Plus on a de réflexes d’éjection, plus il y a de transfert de lait.

Outre abaisser le niveau de stress, et avoir supprimé toute source de douleur éventuelle, voici quelques conseils tout aussi physiologiques pour augmenter le réflexe d’éjection.

Se masser les seins permet de « chauffer » les seins, comme un coureur masse ses mollets avant d’entamer sa course.

Masser avec de la chaleur agit encore plus.

Utiliser une petite bouillotte chaude (soit un pack chaud/froid, soit une bouillotte maison comme une chaussette remplie de riz) pour masser vos seins.

Vous pouvez également glisser la bouillotte dans le soutien-gorge durant quelques minutes, et pendant ce temps-là, passer les téterelles (à la taille bien choisie) à l’eau chaude .

Attention: pour des raisons d’hygiène, on préférera utiliser un fait-tout ou grande casserole remplie d’eau froide, mise à chauffer; car l’eau tirée chaude du robinet entraîne un décollement des saletés accrochées aux canalisations et cela pourrait souiller le matériel et contaminer le lait maternel.

Le fait de « chauffer » les seins augmente la réponse de l’ocytocine et donc l’éjection;

Le fait d’utiliser des téterelles chaudes améliore l’efficacité du transfert de lait.

Combiner ces deux techniques va permettre d’avoir un meilleur transfert de lait et peut contribuer à contrebalancer les effets négatifs sur l’éjection, d’un stress ou d’une douleur non gérés.

ATTENTION CEPENDANT: lorsque vous êtes en phase d’engorgement ou encore de congestion mammaire, vos seins sont gonflés non seulement de lait, de vascularisation accrue, mais aussi d’eau infiltrée, de tissu inflammé voire oedématié. Dans ces situations-là, la chaleur risque très fortement d’exacerber la douleur, et on préférera du froid sur le sein (pas sur le mamelon) pour diminuer l’inflammation et améliorer l’écoulement. De même, on aura intérêt à extraire un peu de lait, en alternance avec les massages, pour rendre le sein plus souple afin que vous puissiez tirer plus facilement.

Vous pouvez aussi stimuler en douceur le mamelon avant l’expression, en le massant avec des doigts propres et des ongles coupés ras, sans écraser ou presser sur le mamelon ni l’aréole, car les canaux lactifères peuvent s’effondrer très facilement et cela empêcherait un bon écoulement de lait .

Masser-compresser pendant le pompage se révèle utile quant au volume de lait transféré.

Lorsque le lait ne coule pas, masser le sein ; lorsque le lait coule, comprimer le sein, relâcher, comprimer, relâcher etc.

Deux méthodes existent, l’une préconisée par le Dr Jack Newman, consiste à comprimer durant au moins 30 secondes avant de relâcher, faire une courte pause avant de re-comprimer; l’autre consiste à comprimer en rythme comme si l’enfant était en train de téter.

Lorsque l’enfant est au sein, la maman peut trouver qu’elle recueille plus de lait lorsqu’elle pompe durant une tétée sur l’autre sein.

Une bonne fréquence des vidanges du sein (bébé et/ou tire-lait) contribue au bon démarrage et à la bonne maintenance de la production de lait, tout comme pour augmenter la production de lait. Augmenter le nombre de tirages sur 24heures, à combiner avec les éléments mentionnés dans cet article, est donc une méthode pour avoir plus de lait.

A noter que les séances de tirage longues n’apportent absolument rien.

Le conseil va à des séances plutôt courtes, entre 10 et 15 minutes (en double pompage); ce qui permet d’ajouter éventuellement des tirages supplémentaires. Enfin, régler l’aspiration au maximum ne fait pas avoir plus de lait. L’aspiration doit toujours être confortable pour avoir du lait.

Bouquet de pompages ou cluster pumping

Exprimer pendant dix minutes; faire une pause; exprimer dix minutes; faire une pause, le tout trois ou quatre fois. Telle est la méthode du cluster pumping, à réaliser une fois par 24heures (Cannon 2007), voire deux fois par 24h ; ainsi le sein reçoit l’information qu’il y a un tout petit à nourrir, donc des besoins très élevés en lait maternel.

Un autre type de cluster pumping consiste à exprimer toutes les 45-120 minutes durant plusieurs périodes de la journée. Compter une dizaine de minutes de pompage ou bien jusqu’à la fin du flot + deux minutes.

Avoir plus de lait, c’est aussi tirer tout de suite après les tétées (quand l’enfant va au sein); ainsi le sein sera vidé du lait issu de la succion du bébé, et du lait exprimé. Donc il synthétisera un volume supérieur de lait, pour la prochaine tétée. Et de tétée suivie d’expression en tétée suivie d’expression, la production remontera.

Exprimer le matin dès le petit déjeuner est un moment préférentiel pour avoir beaucoup de lait, car il y reste beaucoup de lait post-nuitée; exprimer le matin de manière générale est un moment préférentiel. L’après-midi, le taux d’hormones est plus bas, donc on a « moins de lait » ; ce qui est logique, puisque c’est une plage horaire où les enfants réclament très souvent. Il faut bien que la Nature fractionne leurs apports !

Nous aider des hormones

Introduire une séance d’expression durant la nuit entre 1h et 5h du matin permet d’augmenter la production de lait, en s’appuyant sur la prolactine dont le taux de base est plus élevé sur cette tranche horaire.

Les mamans pourront apprécier un peau à peau (si possible un véritable peau à peau, enfant portant uniquement une couche et un bonnet éventuellement) durant plusieurs minutes avant l’expression .

Conclusion

Toutes les méthodes décrites ci-dessus sont purement physiologiques, voire hormonales, ou relèvent de l’anatomie. Et elles marchent! Elles marchent sans pour autant avoir recours en plus, à des remèdes dits galactogènes.

Bien sûr, ces méthodes peuvent être couplées à un galactagogue (substance qui favorise la sécrétion lactée) si vous en ressentez le besoin.

Face aux mamans, je propose chacune de ces méthodes et nous discutons de ce qu’elles pensent pouvoir mettre en place, puis elles me rappellent, et nous réévaluons la situation ensemble. A votre tour, choisissez les propositions qui vous parlent, optez pour des combinaisons de proposition, adaptez-les en fonction du moment et de la situation dans laquelle vous vous trouvez lorsque vous tirez votre lait….

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Les secrets du tire-lait révélés #1 https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-1/ https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-1/#comments Fri, 16 Oct 2015 21:22:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1199 Il existe différentes raisons d’utiliser un tire-lait, notamment: Démarrer et/ou maintenir une production de lait lorsque l’enfant ne peut pas téter au sein ou bien qu’il ne parvient pas à téter efficacement au sein (lorsqu’il est prématuré, hospitalisé, affaibli, et plus généralement  séparé de sa mère), Augmenter une production de lait insuffisante ou devenue insuffisante … Continuer la lecture de Les secrets du tire-lait révélés #1

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Il existe différentes raisons d’utiliser un tire-lait, notamment:

  • Démarrer et/ou maintenir une production de lait lorsque l’enfant ne peut pas téter au sein ou bien qu’il ne parvient pas à téter efficacement au sein (lorsqu’il est prématuré, hospitalisé, affaibli, et plus généralement  séparé de sa mère),
  • Augmenter une production de lait insuffisante ou devenue insuffisante par rapport aux besoins du bébé, relancer une production après un sevrage,
  • Créer une banque de lait pour la reprise du travail ou des études, voire pour donner du lait à un lactarium
  • Prévoir du lait pour des absences occasionnelles ou bien en prévision d’une chirurgie programmée
  • Exprimer du lait lorsque l’on doit prendre un traitement médical réellement incompatible avec l’allaitement pour maintenir la lactation le temps nécessaire.

Le choix du modèle de tire-lait dépend ainsi de l’objectif maternel. C’est un sujet d’appels récurrents qui mérite un article à lui tout seul. Ce sujet expose au grand jour l’une des plus grandes inquiétudes des mamans à savoir : comment avoir plus de lait.

Le matériel a son importance 

Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte avant de choisir un type de tire-lait. Mais ce sont notamment les besoins en volumes de lait sur 24 heures qui conditionnent ce choix. Lorsque les besoins sont élevés, on se dirigera d’emblée vers un véritable générateur automatique de type hospitalier. Pour une reprise du travail à temps partiel, un tire-lait automatique électrique pourra être préféré ; et des expressions plus occasionnelles pourront se faire avec un tire-lait électrique, ou bien à pile et électrique, ou encore un tire-lait manuel.

Dans la majorité des cas (sauf expressions occasionnelles et/ou besoins en volume relativement faibles) on préfèrera un modèle double pompage, ce qui permet de gagner du temps et de l’énergie, mais aussi d’augmenter la production de lait.

Et on optera pour un appareil récent qui devrait garantir une technologie et une fabrication optimales.

Ceci explique qu’il faut parfois que les mamans changent de modèle de tire-lait (pas forcément de marque de tire-lait) et/ou passent au double pompage, pour pouvoir augmenter leur production.

Certaines mamans éprouvent des difficultés à maintenir les téterelles en place pendant le tirage. Afin d’éviter que la téterelle ne glisse, il leur est possible d’acheter un bustier « main libre », ou d’en fabriquer un avec un « vieux » soutien-gorge ou un « vieux » tee-shirt bustier auquel on fera deux [petites] entailles pour y passer les téterelles.

La bonne taille des téterelles est primordiale.

Les téterelles, à savoir la partie de forme conique en contact direct avec le sein reliées au récipient de recueil du lait, sont fournies avec le bloc moteur. Il est bon de savoir qu’elles sont souvent de taille standard. Or, les standards varient d’une marque à l’autre, sans oublier que les mamelons ne rentrent pas forcément dans ces standards.

Pour choisir la bonne taille, il faut mesurer le diamètre du mamelon APRES une tétée ou une expression, et choisir la taille au-dessus, parmi les tailles de téterelles offertes. Lorsque l’on a ni la possibilité de donner le sein, ni de tirer son lait directement, on peut se baser sur le diamètre du mamelon au repos auquel on ajoute deux millimètres. Mais cette méthode est moins précise, certains mamelons peuvent parfaitement gonfler de plus de deux millimètres en cours d’expression ou de tétée.

Des études réalisées sur les mamans de prématurés ont démontré qu’elles étaient plus à l’aise et avaient plus de lait avec une téterelle plus grande que celle leur allant anatomiquement, et notamment qu’elles avaient recours à des téterelles supérieures à 24 mm de diamètre (Meier, 2004).

Enfin, il convient souvent d’augmenter la taille de la téterelle notamment au cours de la première semaine après la naissance, car le mamelon gonfle sous le seul effet de la prolactine.

En tout cas : si avoir un tout petit mamelon complètement perdu dans le « tunnel » de la téterelle n’est pas « bon », avoir le mamelon qui frotte, au début, en cours ou à la fin du pompage est totalement contre-productif. Le papa (ou une bonne amie) peut se révéler être une aide précieuse, à guetter toute trace de frottement pendant le pompage: rougeur, anneau blanc, sur le mamelon. Enfin, si vous constatez des lésions, des abrasions, ou avez mal pendant le pompage et les minutes qui suivent : voyez à prendre une taille supérieure de téterelle.

Certaines marques fournissent un kit unique de pompage contenant plusieurs tailles de téterelles avec des embouts réducteurs. Mais d’autres marques ne fournissent d’emblée que leur seule taille standard avec le tire-lait et il faut en conséquence penser à commander des téterelles de la bonne taille. 

Demandez conseil à votre consultante en lactation ou à votre sage-femme pour déterminer la bonne taille.

Conclusion

Au-delà de cet article, il est bien entendu que les différentes situations qui occasionnent l’usage d’un tire-lait doivent être, et seront, traitées à part. J’aimerais vous encourager à contacter des ressources en lactation, si possible dès le départ; car la consultante en lactation, la conseillère en allaitement sont là pour vous aider à évaluer votre situation, sélectionner votre tire-lait, discuter et choisir les méthodes connexes, et les stratégies efficaces en plus des éléments qui sont présents dans cet article et qui pourront déjà vous éclairer.

Dans le prochain article , nous étudierons les petits «  trucs » qui permettent de tirer votre lait plus aisément.

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] :

A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus)
Depuis 2000, elle intervient auprès de professionnels de santé pour les former, les informer en matière d’allaitement maternel en général, tout en donnant des conférences dédiées à l’allaitement et en continuant son activité bénévole auprès des mères de jumeaux. En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devient alors un organisme de formation professionnel. Depuis 15 ans, elle prend en charge toutes les (futures) mamans qu’elles aient des jumeaux ou pas.

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Une petite réflexion sur le Devenir Parent (épisode 2)… https://www.leblogallaitement.com/une-petite-reflexion-sur-le-devenir-parent-episode-2/ https://www.leblogallaitement.com/une-petite-reflexion-sur-le-devenir-parent-episode-2/#respond Tue, 15 Sep 2015 09:55:54 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1186 Dans notre article précédent , nous avons mené une réflexion sur le Devenir Parent centrée sur les besoins fondamentaux du bébé. Beaucoup d’entre vous ont sans doute rétorqué mentalement : « C’est bien beau, et les parents dans tout ça »? Voici donc la suite de ces réflexions. Quand elle devient maman et au cours des trois premiers mois, … Continuer la lecture de Une petite réflexion sur le Devenir Parent (épisode 2)…

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Dans notre article précédent , nous avons mené une réflexion sur le Devenir Parent centrée sur les besoins fondamentaux du bébé. Beaucoup d’entre vous ont sans doute rétorqué mentalement : « C’est bien beau, et les parents dans tout ça »? Voici donc la suite de ces réflexions.

Quand elle devient maman et au cours des trois premiers mois, la nouvelle mère est concentrée quasi corps et âme sur son bébé. C’est ce que Donald Winnicott appelait « la préoccupation maternelle primaire 1». Le papa a quant à lui un rôle tout aussi essentiel puisqu’il entoure et protège sa famille en formation. Il est important que les deux parents sachent à quoi ils peuvent être confrontés – même si on ne peut pas être préparé à tout, qu’ils se soutiennent.

Vous aurez sûrement moins d’énergie dans les premiers mois pour sortir, répondre à des invitations, inviter du monde, ou tout au moins vous n’aurez probablement pas la possibilité de récupérer de la même manière…

Que l’on allaite ou pas, un petit conseil pratique avant d’accoucher, préparez-vous des petits plats d’avance durant votre grossesse que vous mettrez au congélateur pour avoir moins de travail à l’arrivée du bébé. Dans le même esprit, si votre entourage vous demande de quoi vous avez besoin, demandez des repas tout prêts (ou de l’aide pour le ménage, la lessive).

Un autre moyen pour que les parents tissent des liens forts et sécures avec leur enfant est le massage des bébés ; un outil fantastique. Si celui-ci est fait dans le respect de ce petit être (conditions, disponibilité du bébé et des parents, température, etc.), il permet d’une part de renforcer le lien d’attachement mais aussi de favoriser la formation de la myéline des neurones ce qui permettra à l’influx nerveux de passer plus vite2 ! N’hésitez pas à apprendre à masser votre enfant. Le massage des bébés n’est pas une habitude spontanément ancrée dans notre culture française mais c’est à nous de le mettre au gout du jour et de le transmettre. Pour apprendre, vous pouvez contacter l’association internationale de massage bébé et sa filiale française l’AFMB . Je vous y encourage vivement : osez le toucher bienveillant avec votre ou vos enfants !

Passons maintenant au sujet épineux du sommeil de votre bébé ou plutôt abordons quelques éléments de réponse à cette question cruciale que l’on vous pose dès la maternité. « Est-ce qu’il fait ses nuits ? »

Il faut savoir que physiologiquement le nouveau-né n’est pas fait pour faire des nuits de douze heures. Souvent, j’aime préciser aux parents qu’une nuit pour un bébé est un intervalle de cinq à six heures entre deux réveils. Du coup ça rassure souvent les parents sur le sommeil de leur enfant même si celui-ci se réveille toutes les deux heures.

Certains bébés sont capables de faire de grosses nuits ou presque. Mais, entre nous, sachez qu’ils sont rares ou bien, comme je le dis aux parents, on ne sait pas ce qui se passe chez les autres, (laisser pleurer ou omissions volontaires de certains faits par peur de la critique).

Il peut aussi y avoir des bébés qui dorment beaucoup pour ne pas dépenser d’énergie supplémentaire. Je pense à des bébés qui ne mangeraient pas « assez » (prise de poids lente ou inexistante). Pour ce dernier cas mon premier conseil aux parents est de proposer régulièrement le sein au bébé et donc de fractionner ses nuits qui de fait sont trop longues…

Quand les nuits sont très hachées et que les parents n’en peuvent plus, je leur conseille souvent d’adapter leur lit en observant des règles de sécurité élémentaires pour pouvoir faire du cododo même s’ils n’étaient pas favorables à cette pratique au départ. J’insiste sur le caractère temporaire de la solution. Car si jamais les parents s’endorment d’épuisement, il est de toute évidence préférable que la sécurité optimale ait été prévue pour un sommeil plus serein de toute la famille. Je rappelle que l’UNICEF recommande le cododo et en explique très bien les critères de sécurité. Et ce n’est pas que pour les autres… Cela peut prendre la forme d’un matelas ou d’un lit d’appoint dans la chambre du bébé.

De plus il est important au cours des premières semaines que la maman se repose dans la journée, qu’elle s’accorde des petites siestes, qu’elle se couche assez vite le soir si bébé dort, etc. pour récupérer de l’accouchement, et également pour compenser les nuits entrecoupées.

Petit à petit le couple reprendra ses marques et la vie familiale va trouver son nouvel équilibre. Un équilibre à trois avec toujours et pour plusieurs années la responsabilité de veiller sur votre bébé.

Au fur et à mesure vous équilibrerez vos différentes fonctions d’homme et de femme, d’amoureux – amoureuse, et vos fonctions parentales…

Puis si vous faites le choix d’avoir un autre petit, vous aurez encore cette tâche de rééquilibrer votre famille, mais vous saurez un peu plus à quoi vous attendre !!

Avoir un enfant est un cadeau de la vie et souvent nous permet de découvrir tout un tas de choses sur nous-même. Faites-vous confiance, rechercher de l’aide là où vous aurez des oreilles attentives et empathiques. N’en dites pas trop aux mauvaises langues. Et même si cela peut parfois être pesant, rappelez-vous que vous êtes la figure d’attachement de votre enfant (sa référence)…

1. D. Winnicott, « Le passage de la dépendance à l’indépendance dans le développement de l’individu », dans Processus de maturation chez l’enfant, op. cit. p. 45.

2.Field T., Preterm infant massage therapy studies: an American approach ». Semin Neonatol. 2002; 7(6):487-94

 

Suggestions de lectures pour en savoir plus

Entre parent et enfant, Haim Ginott, L’atelier des Parents (2013)

Grandir avec ses enfants, Nicole Prieur, l’atelier des parents (2014)

Clémence Gricourt, consultante en lactation IBCLC, instructrice en massage bébé AFMB/IAIM, monitrice en portage AFPB et animatrice d’ateliers de communication parent-enfant.

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L’importance de se préparer à allaiter son futur bébé https://www.leblogallaitement.com/limportance-de-se-preparer-a-allaiter-son-futur-bebe/ https://www.leblogallaitement.com/limportance-de-se-preparer-a-allaiter-son-futur-bebe/#comments Tue, 04 Aug 2015 13:17:46 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1165 Lorsqu’une femme est enceinte, toute son attention va se porter sur son futur bébé, elle suivra bien les conseils de son médecin ou de sa sage-femme pour qu’il se développe et naisse en bonne santé. Elle va essayer notamment de manger sainement, ne pas fumer, ne pas boire d’alcool, éviter le stress, faire un peu … Continuer la lecture de L’importance de se préparer à allaiter son futur bébé

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Lorsqu’une femme est enceinte, toute son attention va se porter sur son futur bébé, elle suivra bien les conseils de son médecin ou de sa sage-femme pour qu’il se développe et naisse en bonne santé. Elle va essayer notamment de manger sainement, ne pas fumer, ne pas boire d’alcool, éviter le stress, faire un peu d’exercice, se relaxer… Elle va également s’informer sur l’accouchement afin de se préparer mentalement et physiquement à accueillir son nouveau-né dans les meilleures conditions possibles. Son choix en toute connaissance de cause va se porter sur le lieu de naissance (hôpital public, clinique privée, domicile, maison de naissance..), et sur le mode d’accouchement (naturel, dans l’eau, assisté avec péridurale, césarienne programmée) adaptés à sa situation et à ses préférences.

Alors pourquoi ne pas aussi se préparer à nourrir son enfant lorsque le placenta ne sera plus là pour s’en charger ?

Bien souvent, les mères ont envie d’« essayer » l’allaitement maternel, elles pensent que cela arrivera tout naturellement et que par conséquent il ne sert à rien d’anticiper. De plus, elles sont persuadées que si par hasard cela ne « marche » pas pour elles, le fait de recourir au biberon et au substitut de lait maternel n’est pas si grave que cela. En fait, la plupart d’entre elles n’en mesurent pas vraiment les conséquences.

Alors, est-ce que cela se passe aussi naturellement qu’elles le croient ?

Il est vrai qu’un bébé né à terme et en bonne santé peut trouver le mamelon juste après sa naissance si on le place en peau-à-peau sur l’abdomen de sa maman et qu’on prend le temps de lui laisser faire le reste ; il y réussira d’autant mieux s’il est venu au monde sans intervention médicale, c’est à dire sans péridurale, assistance instrumentale ou césarienne et que sa mère et lui ne seront pas perturbés par le personnel soignant.

Les humains ne sont-ils donc pas d’abord des mammifères ?

Si, bien sûr, mais ce sont surtout des êtres pensants et parlants caractérisés par leur histoire personnelle et par leur culture d’origine qui présente de multiples facettes. L’allaitement humain est donc à la fois simple et complexe.

Ainsi, pourrait-on faire un parallèle entre l’allaitement maternel et la parole.

Je m’explique…

Bien que le petit de l’Homme ait la faculté naturelle de parler, il ne pourra apprendre sa langue maternelle que s’il est élevé dans un milieu linguistique donné où il pourra imiter, répéter, interagir, notamment avec sa mère ou toute autre personne prenant soin de lui.

L’allaitement, en ce sens, est aussi un apprentissage : même si les femmes sont biologiquement programmées pour allaiter, ce n’est que grâce au contact répété avec des mères allaitantes que les schémas visuels, les gestes s’intérioriseront et deviendront « naturels ».

L’allaitement est également un moyen de communiquer ancestral entre la mère et son enfant car, comme il serait simpliste de réduire une langue à un ensemble de mots et de règles, l’allaitement ne se limite pas à un moyen de nourrir son enfant, c’est en réalité un lien unique, évolutif, irremplaçable, riche en émotions, un dialogue continu.

Or, cet art d’allaiter transmis de génération en génération s’est perdu dans nos sociétés occidentales.

Les petites filles à qui on offre un poupon et un biberon, inclus dans le paquet (!) vont automatiquement reproduire les gestes qui leur sont familiers et joueront à lui donner le biberon. Lorsqu’elles deviendront adolescentes, les médias influenceront l’image qu’elles ont de leurs corps de petites femmes et très vite elles associeront leurs seins uniquement à leur attribut sexuel de séduction et non à leur fonction nourricière.

Les jeunes mères actuelles n’ont souvent elles-mêmes pas été allaitées ou très peu, non pas parce que leurs mères ne le souhaitaient pas mais parce que ces dernières étaient déjà conditionnées et soumises aux pratiques de l’époque basées essentiellement sur des idées reçues, des opinions et non des faits scientifiques prouvés d’autant plus que l’industrie agro-alimentaire (notamment l’alimentation infantile) était en plein essor.

Le taux d’allaitement en France [1] est actuellement un des plus bas d’Europe bien que nous observions un réel engouement des nouvelles mères à vouloir allaiter. Elles sont en effet mieux éduquées et connaissent en partie les raisons pour lesquelles l’allaitement maternel est important pour la santé de leur bébé et la leur. Hélas, elles sont encore soumises à la désinformation propagée subtilement par les fabricants de préparation pour nourrissons. Ceux-ci sont parvenus à persuader le public que leurs produits sont des substituts parfaits du lait maternel alors qu’il s’agit en réalité de soupes chimiques à base de lait de vache transformé sans aucun élément vivant et très éloignées de la composition du lait humain dont le caractère unique à chaque couple mère-enfant fait toute la différence.

Ce « fast-food » pour bébés se vend malgré tout très bien à en voir les profits financiers des gros groupes industriels. C’est là tout l’art de la publicité et d’un marketing intelligent : le conditionnement par l’image et les slogans convaincants.

Lors des cours de préparation à la parentalité, on ne veut en revanche pas aborder le sujet et parler ouvertement des risques de ne pas nourrir son bébé au lait maternel auquel il a droit en tant que petit être humain. On ne parle pas des risques accrus d’infection chez le nourrisson (otites, diarrhées, gastro-entérites aiguës, infections pulmonaires et urinaires..). On ne dit pas qu’un seul biberon précoce de lait artificiel peut compromettre à tout jamais la flore intestinale de l’enfant et avoir des conséquences sur sa santé à long terme. Le prétexte évoqué : il ne faudrait surtout pas culpabiliser les futures mères qui auraient choisi de ne pas allaiter ! Il ne s’agit pas de les ostraciser, mais de les faire réfléchir, de les informer et de leur faire prendre conscience du conditionnement dont elles sont victimes afin qu’elles puissent prendre une décision éclairée en matière de nutrition de leur bébé.

Alors comment les futures mères peuvent-elles se préparer au mieux pour réussir leur allaitement ?

Outre les cours de préparation qui devraient leur donner des outils pratiques afin de les rendre autonomes durant leur séjour à la maternité (où elles seront confrontées à un personnel souvent non formé), elles devraient multiplier les contacts avec des mères allaitantes. Elles s’imprégneraient ainsi des gestes propres au maternage : portage, change, habillage, tétées… Elles se familiariseraient aussi avec le langage des bébés afin de percevoir les signes avant-coureurs de la faim, de la fatigue, de l’inconfort… Un puits de connaissances pratiques dont elles sauraient tirer profit lorsqu’elles deviendraient mères à leur tour.

Et si une difficulté apparaissait dans la mise en place de leur allaitement, elles n’attendraient pas pour demander de l’aide auprès de personnes compétentes comme les consultantes en lactation[2].

[1] http://www.invs.sante.fr/beh/2014/27/2014_27_2.html

[2]http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Plan_daction_allaitement_Pr_D_Turck.pdf

Auteure  de cet article : Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

Biographie : Enseignante de formation initiale et trilingue, Myriam Panard, mère de deux enfants allaités avec bonheur, est devenue consultante en lactation IBCLC en 2009 à Londres. Installée depuis 2013 dans les Yvelines, elle propose des consultations pré et post-natales à domicile (Paris et banlieue Ouest) ou en cabinet (Boulogne) et anime des ateliers pour futurs et nouveaux parents autour de l’allaitement maternel.

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The post Je suis infirmière et j’allaite first appeared on Les belles histoires de l'allaitement.]]> Pas facile de tout gérer : un bébé, l’ allaitement, la reprise du travail, une formation diplômante et les temps de transports !

Voici le quotidien de Charlotte (°) qui vit à 100 à l’heure !

«  J’ai repris le travail quand Elliott avait un mois. Je n’avais pas le choix, je devais aller en cours : je suis infirmière en psychiatrie à 70% de mon temps mais en même temps, je suis étudiante en ostéopathie.

En plus, j’habite loin et j’ai environ une heure de trajet par jour dans les transports. Je suis donc séparée d’Elliott pendant douze à treize heures selon les jours.

Dès mon retour de la maternité, j’ai commencé à tirer pour pouvoir stocker. C’était toute une organisation de mettre au sein et tirer le plus souvent possible, heureusement que le papa était là dans les moments de doute pour me soutenir. J’exprimais mon lait au début toutes les heures.

Ma formation se déroulait sur une semaine par mois. Ces jours-là, je mettais Elliott au sein matin et soir, ainsi que la nuit et je tirais deux à trois fois par jour : pendant les cours ou lors des trajets en bus. J’avais un petit sac réfrigérant et mon tire-lait Calypso qui ne me quittait pas.

Au début, dans le bus, les gens me regardaient avec curiosité ou perplexité mais je n’ai jamais eu de remarques déplaisantes et même l’une ou l’autre fois, j’ai eu un compliment. J’en ressortais encore plus motivée.

Par contre, quand j’ai repris mon travail d’infirmière, j’ai eu plus de difficultés pour trouver le temps de tirer mon lait. Suivant les jours, la charge de travail était si importante que je n’avais même pas le temps de déjeuner. Mes seins étaient tendus et douloureux. Je me dépêchais, alors, de tirer mon lait dès la fin de poste lors des transmissions quand les collègues arrivaient et je m’organisais un deuxième tirage dans le bus peu de temps après.

Parfois, avec certaines collègues, et même si la charge de travail était correcte, elles se faisaient un malin plaisir de m’empêcher de tirer : « Tu devrais arrêter maintenant, ton bébé a 3 mois, le mien n’a jamais été malade alors que je ne l’ai pas allaité… ». Je n’avais pas envie de rentrer dans le débat, je m’éclipsais et allais exprimer mon lait dans les toilettes….

Avec d’autres collègues, c’était totalement le contraire. Elles me poussaient à effectuer plusieurs tirages par poste pour garder une bonne production et elles se chargeaient de gérer le service pendant dix à vingt minutes. Vraiment adorables…

Pendant ce temps, Elliott était avec son papa. Il gérait les quantités de lait maternel, le faisait patienter pour qu’il puisse téter dès mon retour. C’était très difficile pour lui aussi d’entendre Elliott pleurer, d’essayer de le calmer sachant que j’allais passer la porte d’une minute à l’autre et « dégainer » l’arme ultime : le sein. On se tenait au courant par téléphone. Et au final, c’était très efficace!

Aujourd’hui, Elliott a sept mois, il pèse presque 9kg. Je commence à être fatiguée de tirer mais j’ai la joie de voir que ma production est lancée maintenant. Elliott commence à manger autre chose que mon lait, donc je peux diminuer le nombre de tirages.

Pendant tout ce temps, j’ai trouvé cette organisation très contraignante mais quel plaisir en rentrant de pouvoir mettre son enfant au sein ! J’aurai pu accepter bien d’autres contraintes encore pour pouvoir partager ce moment le plus longtemps possible . »

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Je suis prof et j’allaite! https://www.leblogallaitement.com/je-suis-prof-et-jallaite/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-prof-et-jallaite/#comments Thu, 28 May 2015 20:46:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1122 Pour inaugurer la série, voici le témoignage d’une jeune femme professeur de mathématiques en collège. Au cours des années passées à accompagner les mères, j’ai croisé de très nombreuses enseignantes qui n’envisageaient même pas de poursuivre l’allaitement à la reprise des cours. Elles jugeaient cela tout simplement impossible. Je souhaite que le texte ci-dessous puisse … Continuer la lecture de Je suis prof et j’allaite!

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Pour inaugurer la série, voici le témoignage d’une jeune femme professeur de mathématiques en collège. Au cours des années passées à accompagner les mères, j’ai croisé de très nombreuses enseignantes qui n’envisageaient même pas de poursuivre l’allaitement à la reprise des cours. Elles jugeaient cela tout simplement impossible. Je souhaite que le texte ci-dessous puisse aider les nouvelles mamans enseignantes à réfléchir à la question avant de poser un “non” ferme et définitif.

“J’ai repris le travail à la rentrée de septembre, Nathan avait bientôt trois mois. les débuts de l’allaitement avaient été tellement difficles pour moi que, maintenant que cela marchait bien, je ne voulais vraiment pas arrêter. Je n’étais pas très soutenue par la famille dans mon projet, à part par mon mari, heureusement. Alors, j’ai cessé d’en parler autour de moi, parce que cela me fatiguait d’avoir toujours à me justifier. Et du coup, j’ai décidé de ne pas en parler à mes collègues, hormis les plus proches. Et cela a considérablement simplifié les choses pour moi. Peut être que si j’ai un deuxième enfant, je choisirai de tirer mon lait ouvertement, mais pour le premier, je ne m’en sentais pas la force!


J’ai choisi de poursuivre l’allaitement exclusif, et donc de tirer mon lait trois fois dans la journée. Mon bébé était gardé par une assistante maternelle qui n’a pas émis d’objection au fait de donner mon lait. C’était la première fois pour elle, et nous avons appris ensemble. J’ai eu de la chance, parce qu’elle y a mis beaucoup de bonne volonté. Je me souviens d’un jour où j’étais rentrée toute fatiguée. Elle m’a préparé un “petit goûter” pour me redonner de la vigueur, cela m’a beaucoup touchée qu’elle se préoccupe de me nourrir pour qu’à mon tour, je puisse nourrir mon enfant.

Concrètement, je tirais mon lait à chacune des récréations de 10 heures et de 15 heures. J’avais donc dix minutes montre en main pour tirer entre 150 et 180 mL. La seule façon d’y arriver, c’était que le matériel soit déjà en place. J’ai la chance d’être très amie avec une enseignante en Physique Chimie, et elle m’a arrangé une petite place dans son laboratoire, à l’écart des produits chimiques bien sûr! Un endroit petit mais propre où je mettais en place mon tire-lait électrique en arrivant le matin. Le laboratoire était parfois loin de la salle où je donnais le cours, alors cela m’arrivait de trottiner dans les couloirs, et cela a fait rire plus d’une fois les élèves, mais je n’ai pas eu de remarques particulières.


Dès que la récréation de 10 heures sonnait, je lâchais rapidement mes élèves (de ce côté-là, je n’ai jamais rencontré de difficulté!). Je m’organisais pour que tout soit bien terminé avant la sonnerie. Je me dépêchais d’aller au laboratoire et là, je plaçais sur mes seins les deux téterelles déjà en place, je mettais un casque sur mes oreilles avec de la musique, je me créais ma bulle et je tirais pendant neuf minutes chrono. De quoi stresser au début, mais en fait, le lait venait très rapidement, parce que j’étais conditionnée. Je savais que quand je marchais dans le couloir pour aller au labo, c’est que j’allais tirer mon lait. Cela s’est mis en place assez vite, et j’en ai été très surprise, je ne l’avais pas imaginé. Cela a été une bonne surprise. Le lait jaillissait littéralement dès que je plaçais les téterelles! Au bout des neuf minutes, je fermais les deux biberons et je les plaçais dans une glacière. Je rinçais les téterelles et je les mettais à sécher à l’air libre. Et hop, je repartais vers mes élèves!

Le midi, c’était souvent plus détendu, j’avais le plus souvent au moins une heure de pause. En général, je mangeais ma petite gamelle ou un sandwich, puis j’allais tirer mon lait en prenant plus de temps pour bien vider mes seins. Je mettais ensuite tout en place pour le tirage de 15 heures. A la fin de la journée, j’avais les trois repas du lendemain pour mon fils. Bien sûr, en fonction de la fatigue ou du stress, ce n’était pas aussi simple. Je me souviens d’une fois où un élève m’avait tellement énervée, que je n’ai pas pu tirer une goutte. Alors j’avais pris plus de temps à la pause de midi, et j’avais réussi à rattraper le coup. Ce qui me rassurait aussi, c’est que j’avais quelques biberons d’avance au congélateur pour pallier à des situations de ce genre. Mais ma règle absolue c’était de n’y toucher qu’en cas de problème, et non par “paresse”.

J’ai aussi eu des gros coups de stress comme par exemple l’oubli d’une pièce du tire-lait. Je me suis sentie très seule et aussi très nulle, j’ai pleuré un coup, et puis j’ai essayé d’exprimer manuellement. Je n’ai pas recueilli beaucoup de lait, mais au moins j’ai évité l’engorgement!

Il m’est bien sûr arrivé très souvent d’avoir de grosses montées de lait, alors je serrais les bras très fort sous les seins (les élèves devaient me trouver très sévère ou très coincée!), et cela marchait à peu près. J’avais de toute façon uniquement des TShirts noirs ou bleus foncés pendant cette période. Et évidemment un change dans mon sac!

J’ai réussi à tenir le coup jusqu’à Noël, grâce à mon mari qui me remontait toujours le moral quand cela n’allait pas, et grâce à la tétée de retrouvailles. En janvier, j’ai commencé à supprimer les tire-lait des récrés, parce que Nathan avait passé six mois et commençait à manger d’autres aliments. J’allais parfois me soulager les seins lorsque le besoin s’en faisait sentir. Le rythme est devenu vraiment plus cool, presque facile. Et en avril, j’ai totalement cessé de tirer mon lait au collège. Aujourd’hui Nathan tète encore au moins trois fois par jour. Je suis comblée, et, vraiment, je ne regrette rien de tous les efforts fournis. Je remercie les quelques personnes qui étaient dans le secret de mon projet, et sans lesquelles je ne serais pas allée jusqu’au bout. Et je remercie mon fils de m’avoir donné cette incroyable énergie d’amour.”

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