bébé malade | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 02 Sep 2021 12:16:52 +0000 fr-FR hourly 1 Les coliques, fourre-tout ou réalité ? https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/ https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/#respond Thu, 01 Oct 2020 11:07:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2090 Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous … Continuer la lecture de Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

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Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

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ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/ https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/#respond Tue, 21 Apr 2020 09:51:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2037 Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques. Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes . C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » . De nombreuses études … Continuer la lecture de ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ?

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Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques.

Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes .

C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » .

De nombreuses études ont montré les effets positifs de l’allaitement.

Une méta-analyse (1) de 2012 les regroupe, nous nous sommes appuyés ( entre autres) sur cette publication.

Le lait humain fournit des éléments nutritionnels et protecteurs du fait de sa composition unique en facteurs nutritionnels et immunobiologiques. Il contient des facteurs bioactifs qui permettent d’apporter à l’enfant une quantité importante ( on ne sait pas tout encore) d’effets bénéfiques pour sa santé.

Que contient le lait humain ? (2)

– De l’eau à 88%

-Des protéines petites et liposolubles ce qui expliquent que le lait maternel soit plus digeste. Les acides aminés sont en adéquation avec les besoins du nouveau-né pour son développement cérébral.

– Des lipides qui fournissent 50% des calories du lait maternel. Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés qui sont des constituants majeurs des membranes des cellules neuronales. La teneur en lipides varie avec l’alimentation de la mère.

– Des carbohydrates comme le lactose qui fournit 40% des calories du lait maternel et des oligosaccharides qui vont faciliter la croissance des bifidobactéries.

-Des minéraux ( fer, zinc, calcium, phosphore,…) en quantité adaptée pour les possibilités d’élimination du rein.

– Des vitamines qui dépendent des apports alimentaires et du statut de la mère en vitamines.

– Des prébiotiques comme les oligosaccharides qui stimulent la croissance et l’activité des «  bonnes bactéries » ce qui a des effets positifs sur la santé de l’enfant.

– Des probiotiques comme les bifidobactéries et les lactobacilles : ce sont les « bonnes bactéries » qui assurent une protection contre les germes pathogènes.

– Des anti-infectieux comme les immunoglobulines, la lactoferrine, les acides gras libres jouent un rôle vital en aidant le système immunitaire du nouveau- né, ils aident notamment actuellement à protéger votre bébé contre le coronavirus.

Une attention toute particulière pour les Ig A sécrétoires (immunoglobulines A) qui empêchent les bactéries ou virus de s’attacher aux membranes des cellules des muqueuses. Elles neutralisent les toxines microbiennes et augmentent l’excrétion des virus. Ces IgA sont fabriqués et stockés dans le sein maternel.

– Des anti-inflammatoires  comme les anti-oxydants, enzymes, inhibiteurs de protéase, facteurs de croissance, cytokines qui vont parer au processus inflammatoire lors d’une pathologie pour protéger le nourrisson de lésions tissulaires aggravées ( comme c’est le cas par exemple dans l’entérocolite ulcero-nécrosante ).

Les études montrent que les enfants allaités présentent une morbidité et une mortalité moindres que les enfants recevant un autre type de lait.

Les effets se prolongent même au delà de la petite enfance puisque le lait maternel diminue les risques d’obésité, de maladie intestinale inflammatoire, de cancer et d’autres manifestations de dysfonction auto -immune dans l’adolescence.(1)

Le lait maternel a des propriétés uniques et inimitables et constitue donc l’aliment de référence pour le nouveau-né.

L’allaitement a des effets protecteurs également chez la mère pour plusieurs pathologies que nous verrons bientôt ensemble avec la publication d ‘une nouvelle affiche . 🙂

Références :

1. Breastfeeding and the use of Human Milk : https://pediatrics.aappublications.org/content/129/3/e827

2.Le lait maternel : composition nutritionnelle et propriétés fonctionnelles. M.Tackoen . Centre néonatal CHU Saint Pierre

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Mon bébé, la leucémie, notre allaitement https://www.leblogallaitement.com/mon-bebe-la-leucemie-notre-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/mon-bebe-la-leucemie-notre-allaitement/#comments Tue, 28 Jan 2020 16:31:31 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2011 Propos recueillis par Leslie Lucien Émilie est la maman de Wael, petit garçon joyeux et plein de vie de 5 ans, elle habite avec lui à Paris où elle travaille en tant qu’ingénieur dans un bureau d’études. Enceinte de mon fils, j’ai toujours souhaité vivre une naissance naturelle, je désirai accoucher sans péridurale, être actrice … Continuer la lecture de Mon bébé, la leucémie, notre allaitement

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Propos recueillis par Leslie Lucien

Émilie est la maman de Wael, petit garçon joyeux et plein de vie de 5 ans, elle habite avec lui à Paris où elle travaille en tant qu’ingénieur dans un bureau d’études.

Enceinte de mon fils, j’ai toujours souhaité vivre une naissance naturelle, je désirai accoucher sans péridurale, être actrice de sa naissance, et sentir autant que lui son passage vers la vie extra-utérine. J’avais envie de lui donner le meilleur et l’allaiter était une évidence pour moi. Après sa naissance, j’ai rapidement eu beaucoup de lait, un peu trop même! j’ai alors contacté une consultante en lactation qui m’a beaucoup soutenue et guidée dans ce démarrage d’allaitement.

Le 25 février 2014, mon fils allait avoir 4 mois, j’étais sur le point de reprendre le travail et lui sur le point d’intégrer la crèche, mais ce jour là, notre vie a basculé.

Nous venions de passer 3 jours aux urgences pédiatriques. Wael respirait difficilement depuis plusieurs jours, il était très affaibli.

Le diagnostic est tombé, il souffrait d’une leucémie aigüe lymphoblastique, un cancer du sang…

Il a été hospitalisé immédiatement, dans ce que l’on appelle à l’hôpital « le secteur protégé » : une chambre « stérile », comme une bulle de plastique, dans laquelle il allait passer ses journées. Les visites étaient réduites au strict minimum. nous, son papa et moi, devions entrer dans la chambre en étant complètement « propres » ; Après avoir ôté nos vêtements, nous devions porter un pyjama, et par-dessus une blouse couvrant tout notre corps, une charlotte sur la tête et un masque sur notre visage.

Je me rappelle encore le choc : Je ne pouvais plus embrasser mon bébé, le sentir en peau à peau contre moi, poser mes lèvres sur ses petites joues potelées.

Entre lui et moi, il y avait toujours ce masque, ces vêtements stériles, cette odeur de gel hydroalcoolique… C’était terrible !

Je savais que nous démarrions alors un long combat.

Le contact physique avec mon bébé me manquait tant, j’avais besoin de conserver notre allaitement. J’avais besoin de maintenir ce lien de douceur, de tendresse charnelle, c’était devenu vital !

Au départ, les soignants, surtout les infirmières ont valorisé l’allaitement. Les premiers jours (avant la pose du cathéter central), les infirmières devaient piquer Wael souvent pour lui administrer les doses de médicaments, elles me disaient alors « gardez-le au sein pour qu’il tète, c’est un anti-douleur naturel », C’était l’analgésie non médicamenteuse parfaite et le personnel soignant en était bien conscient !

Malheureusement, cela n’a pas duré. En effet, le protocole de chimiothérapie plongeant Wael dans un état d’immunodépression totale, les médecins m’ont rapidement fait comprendre qu’il aurait été plus simple de ne pas l’allaiter.

Ce qui semblait les inquiéter c’était ce contact physique régulier en peau à peau mère/bébé, alors que l’environnement de Wael était sensé être complètement aseptisé, sans aucun contact avec d’éventuels bactéries ou virus.

J’ai insisté, je me souviens de nos échanges houleux, d’une réelle bataille pour conserver notre allaitement. Les médecins ont finalement accepté que j’allaite, mais à condition que je nettoie mes seins de manière drastique à chaque tétée ! J’ai même dû suivre un « cours » au service de néonatalogie, où une puéricultrice m’a « appris » à nettoyer mes seins. C’était assez surréaliste !

Ils acceptaient l’effet anti-douleur de l’allaitement, sa valeur nutritive, aussi bien sûr, tellement importante pour des enfants qui ont tendance à vomir régulièrement et à avoir une altération du goût et de l’appétit en raison de la chimiothérapie. Mais l’inconnu les faisait douter de la balance bénéfice / risque de continuer à mettre mon bébé au sein aussi souvent.

Il est vrai que les leucémies comme celle de Wael se retrouvent habituellement plutôt chez des enfants de 2 ans à 2 ans et demi, qui ne sont souvent dans notre société plus allaités depuis longtemps, donc les soignants ont peu d’expérience de soin auprès d’enfants encore allaités. J’imagine que cela ne les encourageait pas à soutenir l’allaitement.

Je me sentais assez seule et incomprise face aux soignants, ceux qui semblaient savoir mieux que moi. Mais j’avais profondément envie de continuer d’allaiter mon bébé, mon instinct de mère était plus fort.

Assez rapidement, les médecins ont émis des doutes… ils s’inquiétaient de savoir quelles quantités de lait Wael absorbait, difficile en effet pour le corps médical de ne pas tout maîtriser. Je me suis alors encore une fois battue pour continuer l’allaitement, les médecins ont accepté mais à condition (encore une condition !) que Wael soit pesé avant et après chaque tétée ! J’ai accepté bien sûr… ils ont installé alors dans notre bulle une petite balance à bébé, et à chaque tétée j’étais obligée de peser mon fils, me laver les seins (du centre vers l’extérieur, avec de l’eau stérile, et du savon pour la toilette intime….), donner le sein, repeser mon bébé, noter tout cela sur un gant de toilette jetable (le papier étant interdit dans la bulle pour des raisons d’hygiène) et le transmettre aux infirmières… bref, pas très naturel tout ça, mais peu m’importait à partir du moment où je pouvais allaiter mon bébé !

Très rapidement, les médecins ont jugé que Wael ne mangeait pas assez compte-tenu de tous les traitements lourds qu’on lui administrait, ils ont donc voulu compléter l’allaitement. J’ai accepté ce complément, mais de nouveau dû me battre pour que le lait, administré à mon bébé par sonde naso-gastrique, ne soit pas donné toutes les 3 heures. Mon bébé n’avait plus jamais faim et se mettait à ne plus téter le sein, une aberration : on complétait l’allaitement car insuffisant soit disant mais ce complément anéantissait l’allaitement !

Pour moi cette période a été assez terrible. Certes, Wael prenait des chimiothérapies très puissantes mais nécessaires, mais c’était impossible pour moi de renoncer à lui donner une alimentation saine, renoncer à notre allaitement.

Je n’étais pas vraiment aidée par le corps médical : je me souviens d’une tétée ou une infirmière est entrée sans me demander mon avis, venant prendre la tension de mon fils, prenant sa jambe alors qu’il était au sein en train de téter paisiblement, me disant « mais non ça ne va pas le déranger ! ». Bien sûr que ça l’a dérangé et il s’est arrêté de téter. J’en aurais pleuré de rage…

Ma consultante en lactation, m’a heureusement accompagnée au téléphone à plusieurs reprises, notamment pour une grève de la tétée qui a duré quelques jours et j’ai été soutenue par ma famille.

Vers ses 6 mois, Wael a commencé à être diversifié, les compléments de lait ont laissé place à des petites bouillies de céréales puis des purées.

Je continuais de l’allaiter. L’allaitement me permettait d’avoir la sensation d’avoir une maternité « normale » à l’hôpital. Je faisais tout ce que je pouvais pour que cette petite chambre bulle de 4m² en surpression soit comme notre maison. J’ai installé une petite chaîne hifi, avec de la musique, nous avons mis des tapis d’éveil pour stimuler sa motricité, une petite chaise haute pour l’alimenter…

Certaines infirmières me disaient, « c’est vraiment chouette votre petit cocon ».

C’est fou, en écrivant cela aujourd’hui, je prends conscience, que la maladie de mon fils, m’a offert la possibilité d’être ensemble 24H sur 24, alors que sans la maladie il aurait démarré la crèche, et j’aurais peut-être eu plus de mal encore à maintenir notre allaitement…

La chimiothérapie a été efficace et nous avons continué notre petit bonhomme de chemin ainsi jusqu’à la sortie de l’hôpital 7 mois plus tard et j’allaitais encore fièrement mon fils.

Je l’ai allaité 14 mois au final, ça s’est arrêté d’un commun accord entre nous deux, en douceur au cours de l’hiver 2014.

Aujourd’hui, je me sens très heureuse et fière d’avoir poursuivi l’allaitement de mon fils durant toute cette période d’hospitalisation.

Je sens, je sais, que mon lait l’a aidé à mieux supporter la douleur des traitements, lui a donné du bonheur à lui et à moi dans ces moments si difficiles.

Je me sens fière d’avoir tenu bon face au corps médical réticent quand cela a été nécessaire. J’ai pu paraître têtue parfois, mais je sentais le plus souvent ce qui était le plus juste pour mon bébé.

J’ai bien sûr conscience du travail incroyable des soignants et du fait que les traitements de chimiothérapie ont soigné mon fils. Mais, j’aurais parfois voulu ressentir davantage d’empathie du corps médical ; que les soignants comprennent ce que l’on vit dans cette bulle, 7 mois durant, sans pouvoir sortir, sans pouvoir embrasser notre bébé, voyant notre enfant souffrir. J’aurais voulu qu’on me dise « oui votre allaitement a de l’importance, oui vous avez raison de vouloir garder ce lien lacté avec votre bébé qui souffre », plutôt que de me sentir en dehors des règles de l’hôpital,

Aujourd’hui il est en voie de guérison, après 7 mois d’hospitalisation et 2 années au total de protocole, il est en rémission complète.

L’image forte qui me reste  en écrivant ces mots : c’est la sensation profonde que lui donner mon lait dans ces moments où il luttait contre la maladie, c’était pour moi comme lui donner mon énergie vitale, comme si je puisais toute la bonne sève en moi pour qu’il la reçoive. J’aurais tout donné pour lui, j’aurais pu m’oublier complètement pour qu’il vive. Lui donner mon lait c’était comme une transfusion du meilleur de ce que j’avais en moi pour lui, pour le sauver. Et ça a marché… merci la vie !

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