attachement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 25 Oct 2023 14:04:16 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

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Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

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Allaitement et attachement, un lien évident ? https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/#respond Thu, 16 Jul 2020 08:35:59 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2070 Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement. Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces … Continuer la lecture de Allaitement et attachement, un lien évident ?

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Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement.

Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces propos. Cependant, dans ma pratique professionnelle de puéricultrice IBCLC DIULHAM en maternité de niveau 3, j’ai fréquemment constaté en service de maternité, en néonatalogie tout comme en consultations à distance de la naissance, que le ressenti, le vécu, et les idées reçues, pouvaient avoir un impact négatif sur l’allaitement et, à travers lui, sur le lien mère-enfant.

En effet, dans l’esprit de beaucoup de mamans, convaincues des bienfaits de l’allaitement, être une bonne mère équivaut à savoir allaiter ! Depuis quand cette belle fonction qu’ont les mères d’allaiter est-elle si facile et évidente ? Depuis quand, l’allaitement serait-il devenu la seule source initiatrice du lien ?

Il me semble primordial que la question de l’allaitement soit abordée lors de rencontres prénatales. Cela permettrait en outre de préparer la mise en place lien mère-enfant notamment dans des situations fragiles : risque d’accouchement prématuré, naissance multiple, prise en charge chirurgicale d’un bébé à la naissance.

Ce temps d’échanges me semble nécessaire quand une mère doit se projeter mentalement dans un allaitement momentanément « différent » de l’allaitement imaginé. Apporter à ces futures mères des connaissances sur la physiologie, le matériel, les signes d’alerte, est vraiment la garantie d’une plus grande sérénité en post natal sur la gestion de leur allaitement.

L’estime de soi sera alors bien moins impactée : « J’allaite mais différemment le temps que mon bébé puisse le faire ! » ; « C’est difficile mais je sais que je serai soutenue ». La mère sera donc plus apaisée et plus ouverte quand elle sera confrontée au flot d’émotions consécutives à cette naissance qui requiert une prise en charge médicale spécifique.

Bien sûr, le suivi tout au long de l’allaitement est lui aussi un incontournable. Il ne s’agit pas uniquement de « mettre un tire-lait en route ». Il est important que la mère sache que quelqu’un sera là tant qu’elle en ressentira le besoin.

Cet accompagnement pré et post natal propre au contexte de la prématurité ou d’un enfant qui requiert un suivi médical rapproché est évidemment extensible à toutes les naissances. Les difficultés qu’une mère peut rencontrer au démarrage de son allaitement sont susceptibles de la faire arrêter même quand il était véritablement souhaité ; elles laissent alors des cicatrices non visibles et pourtant indélébiles !

Je me souviendrai longtemps de cette maman rencontrée lors de son deuxième allaitement. Tout se passait extrêmement bien en apparence : son bébé prenait bien du poids, l’allaitement n’était pas douloureux, elle avait un excellent ressenti ! Et pourtant, la main sur la poignée de porte, prête à sortir, elle s’effondre… Elle venait en consultation essentiellement pour se sentir apaisée d’une première expérience d’allaitement qui s’était soldée par un échec ! Elle exprimait clairement que cette expérience lui laissait penser qu’elle était une mauvaise mère, et que les relations avec ce premier enfant avaient été impactées et que cela perdurait. Ces blessures sur le lien mère-enfant auraient pu être atténuées et évitées !

C’est précisément cette maman qui m’a fait aller chercher au-delà de l’allaitement. Je parle du lien mère-enfant et de l’attachement qui va en découler de l’enfant à sa figure d’attachement, le plus souvent la mère. J’avais envie de comprendre quel rôle le soignant tout comme l’entourage, la société avons d’une manière générale, et bien sûr en cas d’allaitement compliqué.

C’est ainsi que j’ai pris la direction de Paris, pour y étudier et acquérir le diplôme Universitaire sur la Théorie de l’attachement ! Cet enseignement a dépassé mes attentes, pulvérisé mes questions, chamboulé ma pratique !

J’ai compris combien chacun a le pouvoir de devenir la base de sécurité d’une maman inquiète, stressée, en panique vis-à-vis de son allaitement, et que plus on est solide pour elle et plus elle se sentira apaisée. Cela lui permettra « d’y voir plus clair », de se sentir en sécurité, et par là-même de pouvoir répondre aux besoins de son bébé. C’est parce qu’une figure d’attachement va répondre correctement à ses besoins que le bébé va construire son attachement de manière secure. Cela passe par l’alimentation, les câlins, le portage, le peau à peau, et la réassurance du bébé.

Une mère qui doute d’elle-même, qui ne serait pas soutenue, qui a mal, qui stresse, qui est sous pression de son entourage et parfois d’elle-même, ne pourra pas répondre aussi bien à son enfant, trop occupée à gérer ses propres émotions.

Dans ce climat si délicat d’une naissance, il est important de soutenir les mères qui ont choisi d’allaiter avant, pendant et après la naissance de l’enfant en respectant leur projet et en étant un pilier de soutien. Ainsi, leur histoire d’allaitement sera vécue de manière positive dans l’écoute et la bienveillance. Cela n’exclura pas toujours les « petits soucis » de démarrage mais ils seront vécus tout autrement.

C’est pourquoi je nuancerai l’affirmation selon laquelle « L’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé » en y ajoutant « si et seulement si nous entourons ces mères tout au long de leur allaitement ! »

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Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/ https://www.leblogallaitement.com/regards-croises-sur-lallaitement-et-la-notion-dattachement/#respond Thu, 04 Feb 2016 10:11:05 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1253 L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur … Continuer la lecture de Regards croisés sur l’allaitement et la notion d’attachement

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a sollicité deux femmes pour connaître leur point de vue sur l’allaitement et la notion d’attachement. La première, Suzanne Gambin s’exprime sur son ressenti vis à vis de son expérience de mère. La seconde, Carole, est puéricultrice, spécialiste certifiée en allaitement maternel. Elle nous apporte sa vision appuyée sur les données de la science.

Suzanne Gambin, lectrice régulière du blog allaitement a accepté de s’exprimer et de partager sa réflexion. « Nous sommes une famille de voyageurs » dit-elle « et, pour éviter d’avoir à stériliser des biberons, j’ai décidé d’allaiter. A la naissance de mon fils », explique-t-elle, « je me suis rapidement tournée vers des associations de promotion de l’allaitement, consultante en lactation afin de trouver des réponses à nos questions car même si l’allaitement est naturel, certains savoirs, certaines techniques se transmettent et s’apprennent… 

Ma fille est née 15 mois plus tard et nous avons poursuivi à trois l’allaitement ; à quatre même si on tient compte du soutien permanent du papa… Ce que j’ai appris de sûr, c’est que le corps humain est absolument fantastique. Le quotidien de jeune parent est jalonné de grands bonheurs et d’une multitude de petits et gros tracas. Je suis convaincue aujourd’hui que les bienfaits de l’allaitement sont beaucoup plus subtils quece que l’on peut imaginer notamment en permettant de se lier l’un à l’autre plus facilement. »

S’appuyant sur différentes études et recherches, Carole Kannapel confirme cette idée : « Le besoin primordial du jeune enfant » dit-elle, consiste à « établir un lien stable et sécurisant avec une figure maternelle répondant à ses besoins. » Elle ajoute que la psychologue Michelle St-Antoine l’évoque dans un article (1) : « Bowlby propose le terme d’attachement pour désigner le lien particulier unissant l’enfant à la figure maternelle. La théorie de l’attachement considère la tendance à établir des liens affectifs étroits comme un élément essentiel à la survie de l’être humain. Selon Bowlby, l’attachement à la figure maternelle servirait de base de sécurité à l’enfant pour explorer l’environnement. Dès la petite enfance, l’enfant développerait un modèle d’attachement particulier en fonction de l’attitude de la figure maternelle à son égard. Bowlby prétend que ce lien d’attachement en devenant intériorisé, servirait par la suite de modèle à toutes les relations intimes et sociales de l’individu ».


S.B. : « Quand mes enfants étaient tout petits, ils étaient comme scotchés à moi. Je les prenais souvent dans mes bras malgré les mises en garde de mon entourage qui n’avait de cesse de répéter que j’allais les gâter en me comportant ainsi avec eux et en cédant à leurs caprices. J’ignorais alors que la notion d’attachement et de perte avait été étudiée par des scientifiques et que l’état actuel des connaissances conforte ma manière de faire. Ma petite voie intérieure me disait que je ne pouvais laisser pleurer mon bébé. Ma conscience me torturait l’esprit. Et je me demandais si je faisais réellement au mieux pour mon enfant. Lorsque je n’étais pas tiraillée par des commentaires désobligeants, je dois avouer que je savourais avoir mes bébés contre moi sereinement blottis contre mon sein. »

C.K.: « Notons que l’influence de l’allaitement sur le comportement précoce des nourrissons ainsi que ses répercussions positives sur les mères est mal connue. L’allaitement peut entraîner des interactions plus importantes entre l’enfant et sa mère. Ces mères «  rapportent de plus bas niveaux de stress et d’humeur négative, et des niveaux plus élevés d’attachement » (2). Elles ont aussi tendance à percevoir leurs enfants comme leur procurant plus de satisfaction. De plus, le contact physique précoce et régulier entre l’enfant et sa mère serait important pour le maintien d’un comportement maternant. 

S.B : Mes choix de mère ont été guidés par mon instinct. J’éprouvais un plaisir incontesté de les sentir, de les porter, de les masser, de les allaiter. Je suis heureuse aujourd’hui et soulagée d’apprendre combien mes choix étaient pertinents. L’allaitement, m’a-t-on dit, nous permettrait de tisser des liens solides avec nos enfants, et aussi de mieux supporter les périodes difficiles en libérant certaines hormones.


C. K. : « Pendant la lactation, sous l’effet de la sécrétion de l’ocytocine, les cellules myoépithéliales qui entourent les lactocytes (les cellules qui sécrètent le lait) se contractent et permettent l’éjection du lait.

L’ocytocine est surnommée hormone du bonheur, de la confiance. Des études ont mis en évidence les points suivants :

– au moment de l’installation de l’allaitement, l’ocytocine agirait non seulement sur l’état physiologique, mais également sur l’état psychologique de la mère. Elle contribuerait à créer un lien mère-enfant par des changements dans des régions spécifiques du cerveau. Des associations significatives et solides entre l’ocytocine et les aspects des relations mère-enfant existeraient.

– l’ocytocine aiderait aussi à préparer le système nerveux central à élever un enfant à long terme. Durant la grossesse et la période périnatale, les récepteurs de l’ocytocine seraient induits dans de nombreuses régions du cerveau et seraient impliqués dans le comportement maternel. Certaines données indiqueraient que l’allaitement et la stimulation du sein par l’enfant pourraient aider à maintenir ces récepteurs.

– l’ocytocine serait également impliquée dans de nombreux comportements sociaux, affectifs, physiologiques et physiopathologiques. Le système ocytocine + récepteurs à l’ocytocine semblerait jouer un rôle majeur dans le « bonheur », ou tout au moins dans la confiance. L’ocytocine favoriserait l’empathie, les liens sociaux. Elle semblerait impliquée dans divers troubles émotionnels.

– l’ocytocine aurait une action directe sur le corps de la maman en diminuant les hormones du stress.

– les mères allaitantes seraient plus susceptibles de développer un attachement sécurisant avec leur nourrisson ce qui est associé à l’augmentation de la durée de l’allaitement

L’ocytocine aurait donc un rôle dans la qualité de l’attachement mère-enfant ce qui peut soutenir le bon développement de l’enfant. » 

SB : « Je serais d’avis d’ajouter l’étude du rôle de ces hormones si nécessaires dans notre corps aux programmes scolaires ! C’est fou ce que notre corps recèle comme trésors. Si nous n’avons pas toutes l’intérêt, les dispositions, le temps pour des lectures averties, un résumé de certaines recherches scientifiques peuvent parfois se révéler salutaires et aidantes pour les jeunes parents que nous sommes. Je me souviens m’être posée une multitude de questions. Savoir que la nature a tout prévu m’aurait probablement évité un certain nombre de doutes et cela aurait conforté mes choix. »

Ces deux points de vue nous montrent combien maternage, allaitement et bienveillance sont intimement liés. L’attachement que procure cette manière d’accompagner les bébés au cours de leurs premiers mois constitue un atout au service de leur autonomie à terme. La recherche scientifique n’a de cesse de le démontrer. Des auteurs comme Bowlby ont mis en lumière combien les interactions entre les parents et leurs enfants leur procurent un socle de sécurité de façon stable. L’allaitement ajoute à cet  édifice une protection complémentaire.

Bibliographie :

[1] ST-ANTOINE M. Les troubles de l’attachement, Conseil multidisciplinaire Revue professionnelle Défi jeunesse “.
[2]
Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Allaitement maternel. 2008. i-iii

Pour aller plus loin :

« Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau» de Catherine Gueguen, éditions Laffont

[Auteures] :

Carole est puéricultrice en PMI ( Protection Maternelle et infantile ). Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel). En véritable passionnée, elle est engagée depuis de nombreuses années dans le soutien à l’allaitement maternel.

Suzanne Gambin est mère de deux enfants âgés de 4 et 5 ans. Lectrice avertie du blog allaitement, elle connaît en tant que mère allaitante les joies et difficultés « du devenir parent ». et toute la complexité des sentiments liés à cette exploration.

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