bouts de sein | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 18 Mar 2021 17:33:29 +0000 fr-FR hourly 1 L’allaitement m’a donné confiance en moi https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/#respond Thu, 18 Mar 2021 17:33:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2152 Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je … Continuer la lecture de L’allaitement m’a donné confiance en moi

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Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

Elle nous relate son premier allaitement.

En décembre 2014, j’ai accouché de mon premier enfant, Tim. Jusque-là, j’avais toujours imaginé que je donnerai le biberon comme on me l’avait toujours conseillé, pour une question de liberté de la femme !

Devenir maman m’a permis de me relier à mon corps, à mes aspirations profondes.

Quel genre de maman voulais-je devenir, moi ?

C’est en me posant cette question que l’allaitement s’est naturellement présenté à moi. J’ai offert le sein à mon nouveau-né et il l’a pris jusqu’à ses 2 ans et demi.

Dans notre couple, cela n’a pas posé de problème : mon compagnon était heureux de cette relation qui s’est instaurée entre mon fils et moi. En revanche, j’ai constaté que mon allaitement faisait parler beaucoup mon entourage : j’ai entendu les craintes de ma mère, que j’étais esclave de mon enfant, que je n’avais pas de liberté, que je montrais mes seins à tout le monde, que je prenais la place du père…

Je ne pouvais pas sortir sans que quiconque me fasse une remarque sur l’allaitement !

Qu’importe ! j’ai réussi à m’écouter, et tout s’est installé progressivement. Aucune honte à donner mon sein en public, à tirer mon lait, à demander au papa de donner un biberon de mon lait stocké quand j’étais épuisée ou que je sentais qu’il voulait participer…

J’ai pu ainsi établir une relation très proche et instinctive avec mon enfant. C’était magique !

J’ai découvert mon corps : la montée de lait, sentir le lait passer à travers mon téton, entendre le bruit de la succion et voir mon enfant me regarder droit dans les yeux, sentir tout cet amour passer entre nous. Une relation très animale. J’ai aimé me connecter à cet instinct féminin primal. Connaître mon corps, me reconnecter à mon cycle féminin : avoir plus ou moins de lait selon l’avancée de cycle menstruel, mieux connaître mes seins, prendre soin de ma peau… découvrir le fonctionnement de mon enfant, comprendre ses pleurs, les différencier, y apporter une réponse adaptée… m’a donné confiance en moi !

Évidemment, j’ai rencontré des doutes : dès la maternité, alors que mon enfant tétait presque tout le temps et pleurait beaucoup. Je me demandais que faire. C’est alors que les sages-femmes de garde de la maternité, mal formées à ce sujet, m’ont immédiatement proposé un biberon et une tétine. J’ai accepté par non connaissance.

Heureusement, la sage-femme qui m’a suivie pendant ma grossesse et jusqu’à mon accouchement m’a rendu visite le lendemain et m’a tout expliqué. Dès lors, j’ai pu être à l’écoute de mon enfant, patienter et attendre la fameuse montée de lait ! Quelle expérience !

Par la suite, de nombreux doutes m’ont encore assailli : mon enfant régurgitait beaucoup.

Heureusement une personne de mon entourage m’a conseillé une merveilleuse consultante en lactation IBCLC. Je n’avais jamais entendu parler de cette profession. J’ai décidé de l’appeler et elle m’a proposé une téléconsultation par Skype pour répondre à mon urgence. A cette époque, j’avais acheté des bouts de sein en silicone car j’avais mal. J’ai allaité mon bébé devant elle par écran interposé et elle a su immédiatement me conseiller. Elle m’a guidée pour changer de position et enlever cet outil qui faisait barrière entre mon sein et la bouche de mon enfant. J’ai eu confiance et c’était reparti ! Ça a continué pendant 2 ans et demi… ! Avec joie et amour !

Lorsque mon fils a grandi, je n’avais aucune envie d’arrêter cet allaitement si heureux. Je recevais encore et toujours des commentaires : « Ton fils est trop grand. Il ne va jamais te lâcher. Tu vas en faire un homosexuel (!). Tu n’es pas libre… ». A la PMI, on m’a même conseillé de voir une psy ! Malgré ces remarques, j’ai continué. Je me souviens avoir cependant rencontré une puéricultrice qui m’a dit une phrase très juste : « Si ça vous fait plaisir à tous les deux, alors écoutez-vous ! ». J’ai suivi son conseil à la lettre.

J’ai identifié quelles tétées étaient nécessaires et celles qui ne me faisaient pas plaisir voire me faisaient mal. J’ai été à l’écoute de mes sensations physiques : j’ai appris à dire stop, à réguler les demandes trop fréquentes. J’ai pu parler à mon fils et ainsi diminuer au fur et à mesure, conservant ainsi la tétée des retrouvailles le soir, pour s’endormir et celle du réveil… Puis, avec la diversification alimentaire, tout s’est mis en place progressivement.

Et 22 mois plus tard, sa petite sœur, Apoline est née. Mon fils a continué à téter pendant ma grossesse et quelques temps plus tard aussi malgré les commentaires réprobateurs de mon entourage effrayé. Mes enfants ont ainsi été co-allaités et ma fille n’a manqué de rien. Depuis, ils sont très proches. J’ai pu ainsi, arrêter tranquillement l’allaitement de mon fils pour laisser la place à ma fille uniquement. Aujourd’hui, j’ai sevré mes deux enfants. Tout s’est bien déroulé, avec amour et bienveillance.

Je suis fière de moi, de cette aventure et heureuse de m’être écoutée ! ça m’a donné beaucoup de force ! Mes amies viennent même vers moi pour me demander conseil lorsqu’elles décident d’allaiter à leur tour…

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Allaiter comme une évidence https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/#comments Thu, 19 Nov 2020 13:08:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2115 Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois. Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma … Continuer la lecture de Allaiter comme une évidence

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Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois.

Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma culture, ma mère m’a allaité, ainsi que mon frère. Je viens de Pologne où l’allaitement est ancré dans notre tradition. Ainsi, c’était pour moi naturel, logique, biologique, une évidence : mes seins sont faits pour ça.

Je compris, en discutant avec une amie, que tout le monde ne l’entend pas comme ça. Elle m’avouait avoir arrêté d’allaiter après quelques essais, tant sa fille, qu’elle surnommait son piranha, lui faisait mal en tétant. Je m’imaginais alors que ce cas de figure devait être exceptionnel. Avec le temps, j’ai croisé de nombreuses femmes qui n’avaient pas allaité pour d’autres raisons : « parce que ça déforme les seins », « parce c’est ennuyeux », parce qu’elles ne voulaient pas devenir « une vache laitière 

Curieusement, les informations négatives que j’ai accumulé avec le temps ne m’ont jamais fait douter. Quand Theo est né, l’infirmière me l’a mis au sein. Et, en le voyant s’accrocher si confiant, j’ai su que je n’avais pas à avoir peur. Nous allions naturellement nous découvrir, et apprendre au fur et à mesure. J’en ai les larmes aux yeux quand je repense à cette fusion, ce moment magique et unique au monde, cet instant que j’aimerais tant revivre une fois encore.

Les points de suture de ma césarienne me gênaient et m’empêchaient de me lever pour prendre mon bébé quand il avait besoin de moi. L’infirmière m’a alors montré comment allaiter allongée. Durant les trois premiers jours du séjour à la maternité, je n’ai pas pu fermer l’œil. Et quand est arrivée la montée de lait, mon bébé réclamant à corps et à cri, des crevasses sont apparues qui saignaient. J’étais extenuée par le manque de sommeil, fragile, vulnérable. C’est alors que la sage-femme m’a pressée de mettre des bouts de seins en silicone afin de soulager et soigner mes tétons. Je ne voulais pas les mettre ; je trouvais que ça créait une barrière entre mon fils et moi. Mais elle a tellement insisté que j’ai finalement cédé. Cela ne semblait pas déranger Theo qui s’accrochait au sein aussi facilement qu’avant. Rassurée, j’ai continué à les utiliser.

Et c’est là que la sage-femme a, selon moi, commis une erreur impardonnable. Je lui en veux encore énormément. Je croyais qu’elle était expérimentée et je suivais son conseil sans écouter mon instinct. Elle ne m’a pas expliqué comment ni combien de temps les utiliser. Mon bébé s’est alors habitué au silicone au point de refuser de prendre le sein sans cet accessoire. J’ignorais les conséquences plus sérieuses que cela pouvait entraîner. Au cours de ses premiers mois de vie, Theo a ainsi été un bébé en demande quasi constante du sein. Il était constamment collé à moi. Ma mère, qui était venue m’aider pendant les premières semaines après l’accouchement, ne comprenait pas. Dans son souvenir, un nourrisson peut dormir 2 ou 3 heures entre chaque tétée alors que Theo ne dormait que quelques minutes avant de se réveiller en pleurant et de réclamer le sein à nouveau. Finalement j’ai abandonné l’idée de le poser pour la sieste. Je le portais constamment en écharpe de portage, je dormais avec lui la nuit ; si on peut appeler ça « dormir » !

Vers 5 mois, les tétées sont devenues difficiles. Il devenait rouge et se tortillait dans tous les sens. Il pleurait beaucoup, longtemps et très fort. Je pensais qu’il a commençait à avoir les fameuses coliques. Je me souviens d’une fois où il a pleuré 5 heures non stop avec 2 petites pauses d’épuisement. C’était très dur pour moi de le voir comme ça tant psychologiquement que physiquement. J’essayais tout ce que je pouvais pour l’apaiser. En désespoir de cause, j’appelais mon mari, l’implorant de rentrer plus tôt du travail. Je commençais à craquer. Nous avons bercé notre bébé encore davantage notre bébé et les « coliques » se sont un peu apaisées au bout d’un temps.

A l’âge de 6 mois j’ai pris rendez-vous avec une consultante en lactation IBCLC pour faire un point sur ce que j’avais mis en place et demander conseil pour que mon allaitement dure le plus longtemps possible. Et là, je suis tombée des nues. Après avoir examiné Theo, elle m’a annoncé qu’il ne prenait pas assez de poids, qu’il ne suivait pas bien sa courbe de croissance et que le problème venait vraisemblablement des bouts de seins en silicone. Ils ne permettaient pas une bonne stimulation de la lactation et ma production avait été considérablement affectée.

Tout est devenu clair pour moi. Theo avait simplement tout le temps faim. Il ne buvait pas assez de lait, c’est pour ça qu’il était constamment en demande. Etait-ce également possible qu’il n’ait jamais eu de coliques, mais que tous ses pleurs venaient de la faim ? J’ai très mal pris cette nouvelle, je me suis sentie coupable et j’étais très inquiète pour sa santé.

Elle m’a suggéré un programme pour stimuler ma lactation. C’était très intense, il fallait faire plusieurs cycles de pompage dans la journée avec un tire-lait. En tout, ça me prenait 3h, ce qui est très difficile lorsqu’il faut s’occuper d’un enfant simultanément. Theo a commencé en même temps la diversification alimentaire. Je l’ai revu au mois de Juin et j’ai passé tout l’été à « pomper ». J’ai décidé d‘annuler deux voyages pour m’y tenir. Finalement au bout de 2 mois, Theo as commencé à bien prendre du poids et de mon côté, je produisais plus du lait.

Cet épisode m’a longtemps traumatisé. Même si la consultante en lactation me disait que je pouvais cesser le pompage, je n’arrivais pas à arrêter. J’ai continué à le faire plusieurs mois. Ça me rassurait de voir la quantité de lait dans la bouteille tous les jours et puisque je continuais à utiliser les bouts de seins en silicone, j’avais peur de revenir en arrière.

L’étape suivante était d’abandonner enfin les bouts de seins. J’ai essayé plein de fois, mais Theo refusait de s’accrocher au sein « nu ». Cela me rendait triste. J’avais l’impression de ne pas vivre pleinement mon allaitement. Et accessoirement, l’organisation avec les bouts de seins me pesait beaucoup, il fallait constamment les avoir à portée de main, toujours propres, les chercher partout dans le lit la nuit, les mettre en place rapidement etc. J’appréhendais le moment où Theo serait assez grand pour se déplacer seul vers moi, soulever ma chemise et ne pas pouvoir » se servir » par lui-même. C’était pour moi une cause perdue. Encore une fois, elle m’a aidé. Elle était confiante. Elle m’a conseillé d’arrêter de me mettre la pression, que ça viendrait un jour mais dans la détente, en jouant peut-être. Et effectivement, c’est comme ça que ça s’est passé, naturellement. Un jour, alors que Theo était en train de téter, le bout de sein en silicone est tombé. Mon fils avait les yeux fermés et il ne l’a pas vu, il a tiré comme avant. Surpris, il a ouvert les yeux et a repris de plus belle. Il avait alors 13 mois. Il était suffisamment grand pour pouvoir mettre lui-même le bout de sein sur le téton et du coup il a testé les 2 versions, avec et sans. Rapidement, il a préféré la version « sans ». Les premières tétées ont cependant été un peu douloureuses. J’ai bien senti combien le silicone freinait le drainage. Autant c’était très délicat avant, désormais la succion était extrêmement forte. Quelle différence ! Finalement je me suis rapidement habituée, et, au bout de quelques semaines, les douleurs ont disparu.

Pour conclure, je crois profondément que la possibilité d’allaiter est un privilège extraordinaire, une expérience fusionnelle avec son enfant, une expérience de vie que personne ne peut comprendre à votre place. Chaque mère la vivra à sa manière, et nous ne devrions jamais laisser qui que ce soit nous dicter comment nous comporter avec nos enfants. Tout vient naturellement avec amour, confiance et patience. Malgré tous ces moments compliqués, je me sens extrêmement heureuse et épanouie de vivre pleinement mon rôle de mère et d’avoir tissé cette réelle connexion avec mon fils, qui sans l’allaitement, aurait pu être différente.

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Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ? https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/#respond Thu, 14 Feb 2019 13:49:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1919 L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique. En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre … Continuer la lecture de Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ?

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L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique.

En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre de cas observés et sont très tributaires des conseils donnés à la maman lors des premières utilisations des bouts de seins. Une étude assez récente (2017) a cherché à en savoir plus en étudiant d’un peu plus près la question. C’est primordial car il est important de connaître exactement les risques et les bénéfices de cette utilisation de façon à informer correctement les professionnels de l’allaitement et de santé afin d’aider au mieux les mamans par des conseils justes. Alors si on faisait le point ?

Cadre de l’étude

Cette étude a cherché à comprendre les motivations des mères qui ressentent le besoin d’utiliser les bouts de sein et les effets observés sur la durée de l’allaitement. Ainsi, dans le cadre de cette étude, des mères danoises d’un enfant âgé de moins de 6 mois ont été interrogées. Elles ont toutes (à 99%) accouché au sein d’un hôpital soit certifié « Amis des Bébés » pour 75% d’entre eux soit appliquant intégralement les règles de ce label.

Les mamans étaient soit primipares (restées 4 jours en hôpital) soit multipares (sorties 24h après leur accouchement). Dans tous les cas, elles ont reçu la visite d’un professionnel de santé à domicile pendant 10 jours suivant leur sortie.

L’étude a porté sur 4815 mères invitées à remplir anonymement un questionnaire afin de connaître leur statut social, leur âge, leur niveau d’études, leur expérience de l’allaitement (actuelle et passée), les éventuels problèmes rencontrés au démarrage de leur allaitement, la durée d’allaitement exclusif, l’âge gestationnel et la prise de poids du bébé, l’utilisation ou non de bouts de sein et les raisons qui ont motivé la décision.

Le profil et les motivations des mères pour l’utilisation des bouts de sein en silicone

Sur la base de cette étude, il s’avère que 71% des mamans n’ont jamais utilisé de bouts de sein. 22 % y ont eu recours uniquement en tout début d’allaitement et 7 % pendant toute la durée de leur allaitement.

Il est intéressant de noter que les mères n’ayant jamais utilisé le dispositif étaient surtout des mamans multipares qui avaient déjà allaité un premier enfant sur une durée supérieure à 17 semaines : elles bénéficiaient donc d’une certaine expérience.

Parmi celles qui se sont servies des bouts de seins, on retrouve des mamans d’enfants nés un peu avant terme, ou des enfants de plus petit poids. Sont également plus représentées dans cette catégorie, les mamans ayant eu des problèmes au démarrage de l’allaitement (douleurs aux mamelons, difficultés de prise du sein par le nourrisson).

Par rapport au ressenti des mères, les avis sont partagés et les auteurs distinguent l’utilisation de bout de sein motivée par la douleur des mères de celle liée à une mauvaise prise du sein. En cas de douleur, on constate que les mères se sentent effectivement soulagées et déclarent que sans cela, leur allaitement aurait tourné court.

En cas d’utilisation pour cause de mauvaise prise du sein (soit à cause de la mère- mamelons ombiliqués par exemple- soit à cause de l’enfant – sa succion est entravée par un frein de langue ou parce qu’il est prématuré), les avis sont plus partagés.


Discussion et principales conclusions

L’étude actuelle, en écho à quelques études antérieures, note une tendance à l’augmentation de l’utilisation des bouts de sein chez les jeunes mamans.

La principale raison de l’initiation de cette mise en place est vraiment liée à des problèmes d’allaitement.

Lorsqu’il s’agit de douleurs ressenties par les mères, les bouts de sein sont, selon les dires des mamans, une véritable aide pour passer « un cap difficile » et aident à poursuivre l’allaitement. D’ailleurs, ces cas de figure sont associés à une utilisation limitée à la période du tout début de l’allaitement.

Lorsqu’ils sont utilisés pour régler un problème de mauvaise prise de sein, ou en réponse à une difficile production lactée, ou en cas de mastite, les bouts de sein deviennent alors des dispositifs sollicités pendant toute la durée de l’allaitement et précipitent le sevrage.
Les auteurs indiquent que dans ces cas de figure, les problèmes évoqués doivent faire l’objet d’une recherche de solution différente : l’utilisation du bout de sein ne doit pas être systématique.

Les auteurs soulignent également que les plus grandes utilisatrices de bouts de sein sont les mamans les moins expérimentées ce qui suggère que la mise en place du dispositif au sein d’un établissement hospitalier ou avec un professionnel doit s’accompagner préalablement par une étape d’explications et de formation. L’utilisation du bout de sein qui s’étendrait au-delà d’une courte période au moment du démarrage reste associée à une augmentation des risques de sevrage prématuré d’un facteur 3 chez les primipares. Il s’agit d’un risque, non d’une fatalité car tout cela dépend fortement de la capacité de succion du bébé, de la capacité de la mère à produire du lait (stimulation suffisante) et de sa forte motivation pour continuer à allaiter.

Cette étude est intéressante dans la mesure où elle indique les limites de l’utilisation des bouts de seins : plutôt bénéfiques pour gérer, sur une courte durée, les douleurs de tout début d’allaitement (qu’il convient également de régler par d’autres approches, dont la position), ils deviennent plus critiquables et risquées pour les autres motivations.

Dans tous les cas, les auteurs insistent sur le besoin d’un accompagnement rapproché avec des explications bien étayées à destination des mamans motivées pour réussir leur allaitement et qui souhaitent le recours aux bouts de sein.

Référence :

Kronborg H. et al., « Why do mothers use nipple shields and how does this influence duration of exclusive breastfeeding ? », Journal of Maternal & Child Nutrition 2017 Jan;13(1)

Pour en savoir plus sur l’Initiative Hôpital Ami des Bébés : https://amis-des-bebes.fr/tout-sur-ihab.php

[Auteure] : Pascale Baugé

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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