confort digestif bébé | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 01 Oct 2020 11:07:56 +0000 fr-FR hourly 1 Les coliques, fourre-tout ou réalité ? https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/ https://www.leblogallaitement.com/les-coliques-fourre-tout-ou-realite/#respond Thu, 01 Oct 2020 11:07:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2090 Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous … Continuer la lecture de Les coliques, fourre-tout ou réalité ?

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Billet écrit par Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

Un jour un médecin m’a affirmé que pour lui : « Les coliques sont un sac fourre-tout où l’on met tout ce qu’on ne comprend pas ». D’une certaine manière, il n’avait pas complètement tort. Heureusement, nous disposons de plusieurs pistes qui pourraient expliquer les causes des pleurs intenses que l’on appelle communément coliques du nourrisson. Car il n’y a rien de pire que d’être face à une famille désemparée, où la mère pense à tort que son lait n’est pas bon et fait souffrir son enfant. Dans une telle période de vulnérabilité, il en faut peu pour que la mère se retrouve aspirée dans une spirale infernale pouvant déboucher sur un sevrage.

Que sont les coliques au juste ?

Les coliques sont des pleurs inexpliqués, inconsolables. On constate souvent que l’enfant serre les poings, relève ses jambes. Si le pic d’apparition des coliques est situé entre 5 et 8 semaines, elles peuvent démarrer plus tôt et durer jusqu’à 4 à 6 mois (Lucassen et al 2001). On ignore pourquoi certains enfants sont touchés et d’autres non.

Une difficulté à digérer certaines protéines consommées par maman ?

L’immaturité du tractus gastro-intestinal peut jouer un rôle. Bien que non validée par de nombreux soignants, l’une des premières causes probables des coliques serait une réaction à la protéine de lait de vache (PLV) consommée par la mère du bébé allaité. Malgré le manque de preuves médicales, de nombreux épisodes de coliques s’atténuent, voire disparaissent lorsque la mère suit un régime d’éviction strict de tous les produits laitiers d’origine bovine. Je pense notamment à une maman en larmes qui m’appelait un soir. Je la questionnais pour tenter de comprendre l’origine des pleurs de son bébé. C’est alors que j’évoquais l’hypothèse selon laquelle sa consommation de PLV pourrait avoir un effet sur son bébé. Je lui suggérais alors d’arrêter les PLV durant un mois. Et ça a fonctionné. En quelques jours à peine, les symptômes de coliques avaient largement diminué. Au-delà d’explorer les pistes précédentes : supprimer les principaux allergènes (pas uniquement de lait de vache) pourrait fonctionner.

Un allaitement à adapter ?

Des mères remarquent aussi que leur bébé présente des selles vertes et explosives. Certains auteurs expliquent ce phénomène par un déséquilibre entre un lait riche en lactose et la lactase (enzyme digestive) disponible pour bien le digérer. Ceci entraînerait un déséquilibre au niveau de l’intestin, un transit rapide, et des selles liquides, malodorantes et vertes. Ce type de transit génère des douleurs abdominales. Des mères tentent alors de donner plusieurs fois le même sein en retirant le trop plein du sein opposé et en veillant à ce qu’il ne s’engorge pas ; cela semble améliorer le confort de leur bébé.

Le tabagisme aggraverait les coliques

Parmi les autres causes, citons le tabagisme. Le tabagisme passif joue lui aussi un rôle délétère. L’augmentation excessive de la motilité gastrique et intestinale toucherait aussi bien le fumeur que le bébé allaité exposé. Les fumeurs adultes pourront en témoigner. En cause, un taux très élevé de motiline déjà passablement désagréable chez l’adulte. Imaginez alors son impact sur le système gastrique et intestinal immature du bébé ! Les mères allaitantes fumeuses devraient être soutenues pour essayer de diminuer leur consommation de cigarettes. Précisons que toute cigarette devrait être fumée à l’extérieur et pas seulement devant une fenêtre. On pourrait croire que pour protéger le bébé, il suffirait alors que la mère sèvre son enfant. L’allaitement continue de mieux protéger l’enfant de tous les risques associés au tabagisme passif notamment s’il y a été exposé pendant la grossesse. A noter que les substituts nicotiniques pendant la grossesse peuvent également générer des coliques.

Deux autres causes sont à elles seules des cercles vicieux : l’anxiété et la dépression.

Lorsque l’enfant naît, et que la mise en route de l’allaitement est laborieuse, il s’en faut peu pour que la mère commence à souffrir de lésions, entraînant des douleurs, du stress, et un climat pseudo dépressif. Si l’on ne prend pas rapidement en charge la cause de l’anxiété, la souffrance morale ressentie face à un enfant qui pleure génère à son tour un maelström de sentiments négatifs lesquels pourraient aggraver les coliques. Là encore, un système de soutien et d’accompagnement sont nécessaires.

Quels remèdes peut-on proposer ?

Allaiter exclusivement pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux, aussi bien du fait des hormones contenues dans le lait maternel que des différences dans les pH et la composition de la flore intestinale chez l’enfant.

Porter l’enfant en écharpe diminue les pleurs, leur intensité, et leur durée. Le toucher en lui-même apaise ; le massage de l’enfant peut donc trouver sa place ici.

Un avis médical peut être nécessaire

Une administration orale de Lactobacillus reuteri pourrait améliorer les coliques (Sung et al., 2013).

Des extraits à base de camomille allemande/matricaire Matricaria recutita, de fenouil Foeniculum vulgare, et de mélisse Melissa officina pourront être utiles car ils sont connus pour diminuer la durée des pleurs. (Savino, Cresi, Castagno, Silvestro, & Oggero, 2005).

Une visite chez un ostéopathe pourra s’avérer intéressante également.

En outre, l’acupuncture aussi bien pour l’enfant que pour la mère pourrait être bénéfique.

Et si rien ne « marche », une évaluation médicale complète devrait être faite.

En conclusion

Aucun parent n’est véritablement armé pour supporter les pleurs de son enfant. L’entourage a souvent vite fait de recommander le sevrage, pensant que le problème vient du lait maternel.  Or, sevrer ne résoudra pas forcément le problème ; il est même possible qu’il l’aggrave. Identifier la cause des coliques est un exercice délicat et souvent voué à l’échec. Aucune piste ne devrait être exclue car si la PLV est souvent en cause, elle n’est pas nécessairement la seule à incriminer. Certaines stratégies sont faciles à mettre en œuvre. Si les coliques sont inévitables parfois, il est possible de les apaiser.

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Que manger et boire lorsque vous allaitez votre enfant ? https://www.leblogallaitement.com/que-manger-et-boire-lorsque-vous-allaitez-votre-enfant-2/ https://www.leblogallaitement.com/que-manger-et-boire-lorsque-vous-allaitez-votre-enfant-2/#comments Mon, 08 Jul 2019 11:35:50 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1969 Vous allaitez votre enfant et vous vous demandez ce que vous pouvez manger et boire. Eh bien, la réponse pourrait être très simple : de tout en quantité raisonnable ! En effet, contrairement à la grossesse durant laquelle vous devez vous montrer prudente vis à vis de certains aliments (viande crue, crustacés, produits laitiers au lait cru, … Continuer la lecture de Que manger et boire lorsque vous allaitez votre enfant ?

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Vous allaitez votre enfant et vous vous demandez ce que vous pouvez manger et boire. Eh bien, la réponse pourrait être très simple : de tout en quantité raisonnable ! En effet, contrairement à la grossesse durant laquelle vous devez vous montrer prudente vis à vis de certains aliments (viande crue, crustacés, produits laitiers au lait cru, sushi, charcuteries artisanales, viandes et poissons fumés) pour éviter de contracter la toxoplasmose ou la listériose, l’allaitement n’est pas restrictif. L’alcool banni durant la grossesse peut même être consommé, en très faible quantité certes et sous certaines conditions, une fois que l’allaitement est bien établi. Toutefois, pour rester en forme et avoir l’énergie nécessaire pour vous occuper de votre bébé, il est recommandé d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Voyons en détail l’intérêt pour vous et votre bébé de veiller au contenu de votre assiette !

Pour votre santé

Il est important que vos besoins énergétiques soient bien couverts. Pour produire les quantités de lait nécessaires à votre bébé, vous allez dépenser environ 500 calories quotidiennement ; cela ne veut pas dire que vous devrez consommer 500 calories de plus par jour. Tout dépend en effet de votre prise de poids durant votre grossesse, de vos kilos superflus d’avant la conception de votre enfant et aussi de votre métabolisme. En fait, les apports énergétiques supplémentaires pour établir une lactation se situeraient entre 70 et 380 Kcals par jour en fonction du statut de la femme allaitante (forme physique, poids, antécédents médicaux). Si vous allaitez des jumeaux, vous dépenserez encore plus de calories car vous devrez produire le double de lait ! L’allaitement est en général un très bon moyen de perdre du poids si on s’alimente sainement.

Il faut savoir que votre lait sera toujours de très grande qualité nutritionnelle pour votre bébé même si vous ne vous nourrissez pas bien. Votre corps priorise les besoins de votre bébé au détriment des vôtres, c’est ainsi que de nombreuses femmes se retrouvent carencées car la lactation oblige leur organisme à puiser dans ses réserves. Elles se plaignent alors de fatigue, de manque d’énergie, d’où l’importance d’avoir une alimentation variée, équilibrée, naturelle plutôt qu’industrielle, riche en micronutriments (fer, zinc, calcium, magnésium, vitamines A, B, C, E..) avec un bon apport en diverses huiles de cuisine de préférence biologiques (colza, tournesol, olive, sésame, noix..). Si toutefois il n’est pas possible pour vous d’avoir une alimentation adéquate, des compléments alimentaires sous forme de gélules peuvent s’avérer très utiles (complexe de vitamines et minéraux, oméga 3) et si vous êtes végétalienne, la vitamine B12 devra vous être prescrite car on ne la trouve que dans les aliments d’origine animale.

Pour renforcer votre système immunitaire qui peut être confronté à des attaques de germes virulents contractés souvent durant votre séjour à la maternité, votre alimentation joue un rôle déterminant. En effet, 80% de votre immunité provient de vos intestins avec les milliards de micro-organismes qui le peuplent et qui constituent en grande partie votre microbiote (l’ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes qui constituent notre flore intestinale.) Ce microbiote il faut l’entretenir, le nourrir avec principalement des aliments d’origine végétale : fruits, légumes frais (crus, cuits, en jus, en smoothie), céréales complètes (quinoa, riz, sarrasin, avoine, millet, orge), légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots en grain), oléagineux (amandes, noix, pistaches, noisettes, pignons de pin, graines de tournesol, de lin, de sésame, de courge), aliments lacto-fermentés comme la choucroute ou le kéfir. Le pollen frais constitue également un formidable rééquilibrant de votre flore intestinale.

Pour la croissance et le confort digestif de votre bébé

La composition de votre lait reflète en partie ce que vous mangez, notamment sa teneur en vitamines A, B, E et en acides gras. Ces derniers qui apportent le plus de calories à votre lait varient en fonction de l’âge de votre bébé, du degré de remplissage et de vidange du sein et aussi de votre alimentation. Il est donc important que vous ayez de bons apports en huiles végétales vierges de qualité utilisées principalement crues et que vous consommiez régulièrement ( deux fois par semaine par ex) des petits poissons gras riches en oméga 3 (sardines, maquereaux, anchois en conserve, congelés ou frais). Un des grands avantages du lait maternel est de développer les papilles gustatives de votre bébé puisqu’en fonction de votre alimentation votre lait prend des saveurs différentes avec la plupart du temps des notes sucrées dominantes.

On parle souvent des « coliques » du bébé de moins de trois mois souvent liées à l’immaturité de son système digestif, à l’absorption d’air lors des tétées et aussi à sa plus ou moins grande sensibilité à certains aliments consommés par sa mère. Il n’y a en fait pas d’aliment interdit lorsqu’on allaite mais si vous remarquez certains comportements inhabituels chez votre bébé comme des régurgitations plus importantes, des éruptions cutanées, une plus grande irritation, des ballonnements, des flatulences, essayez de noter ce que vous mangez afin de découvrir ce qui peut le déranger. On estime qu’en général, il faut environ 6 heures pour que les agents responsables passent dans votre lait. Il est fréquent que les nourrissons réagissent aux protéines de lait de vache présentes dans le lait maternel et leur éviction totale leur procure souvent un soulagement. Il faut compter selon les bébés une dizaine de jours pour noter les effets positifs quelquefois l’effet sera visible au bout de trois semaines.

Votre lait, contrairement à ce qu’on a longtemps cru savoir, n’est pas stérile. Il contient une grande quantité de bactéries et c’est une bonne nouvelle car cela contribue à protéger votre bébé des infections et à favoriser le développement de son système immunitaire. Des études récentes ont démontré qu’il existait une voie reliant les intestins de la mère à la glande mammaire pendant la période de lactation et qu’ainsi des bactéries intestinales vivantes pouvaient coloniser le sein lactant ; d’où l’intérêt de bien entretenir et nourrir votre microbiote pour que votre bébé puisse aussi en profiter ! Évitez par exemple de consommer trop de sucre, de produits industriels et raffinés car ils affaiblissent votre microbiote, de même une trop grande consommation de produits laitiers et de viande acidifient votre organisme. N’oubliez pas de faire une cure de probiotiques (des micro-organismes vivants qui aident à la digestion et à maintenir un bon système immunitaire) si vous avez dû suivre un traitement antibiotique car vos bonnes bactéries intestinales ont besoin de renfort.

En ce qui concerne les boissons, vous avez dû vous rendre compte que la lactation donne soif, surtout les premiers temps. Il est donc recommandé de boire suffisamment pour étancher sa soif, il n’est pas nécessaire en revanche de se forcer à boire encore plus car votre lactation ne dépend pas des quantités de liquide ingéré. Elle est surtout liée à des tétées efficaces et suffisamment fréquentes. Rappelons ici l’un des grands principes de la lactation : plus le sein est vidé, plus il produit de lait. L’eau reste la boisson à privilégier. Les jus de fruits et légumes frais sont également intéressants pour leur teneur en vitamines et minéraux, les boissons végétales à base de soja, d’amande, d’avoine, de riz sont moins nocives que le lait de vache. Quant aux tisanes aux effets galactogogues (stimulant de la lactation), elles peuvent aussi être recommandées sauf si vous avez tendance à produire trop de lait. Si vous aimez le café ou le thé, vous pouvez vous autoriser à en boire une ou deux tasses par jour. Faites-vous plaisir ! Et lorsque votre lactation est bien établie et que vous pouvez plus ou moins prévoir le moment de tétées, un petit verre d’alcool occasionnel après une tétée est tout à fait acceptable puisque la teneur en alcool de votre lait sera éliminée à la tétée suivante à condition que celle-ci survienne environ 2h30 à 3h après.

En conclusion, allaiter ne devrait pas être source de frustration alimentaire. Mangez ce que vous aimez tout en vous montrant attentive aux réactions de votre bébé et si vous n’êtes pas sûre de vos choix en terme de qualité nutritionnelle et de quantités, faites-vous aider par un professionnel de santé ou un(e) spécialiste de l’allaitement et de la lactation.

Bon appétit !

Définition : Le microbiote humain, anciennement nommé flore microbienne de l’organisme humain, est l’ensemble des bactéries, champignons et autres micro-organismes présents en surface et à l’intérieur du corps humain (peau, muqueuses et surtout intestins)

Pour aller plus loin : Le charme discret de l’intestin, Giulia Enders 2015

[Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Myriam Panard exerce la profession de consultante en lactation depuis presque 10 ans dans la région parisienne .

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Vous allaitez votre enfant et vous vous demandez ce que vous pouvez manger et boire. Eh bien, la réponse pourrait être très simple : de tout en quantité raisonnable ! En effet, contrairement à la grossesse durant laquelle vous devez vous montrer prudente vis à vis de certains aliments (viande crue,crustacés, produits laitiers au lait cru, sushi, charcuteries artisanales,viandes et poissons fumés) pour éviter de contracter la toxoplasmose ou la listériose, l’allaitement n’est pas restrictif.

L’alcool banni durant la grossesse peut même être consommé, en très faible quantité certes et sous certaines conditions, une fois que l’allaitement est bien établi. Toutefois, pour rester en forme et avoir l’énergie nécessaire pour vous occuper de votre bébé, il est recommandé d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Voyons en détail l’intérêt pour vous et votre bébé de veiller au contenu de votre assiette !

Pour votre santé

Il est important que vos besoins énergétiques soient bien couverts. Pour produire les quantités de lait nécessaires à votre bébé, vous allez dépenser environ 500 calories quotidiennement ; cela ne veut pas dire que vous devrez consommer 500 calories de plus par jour. Tout dépend en effet de votre prise de poids durant votre grossesse, de vos kilos superflus d’avant la conception de votre enfant et aussi de votre métabolisme. En fait, les apports énergétiques supplémentaires pour établir une lactation se situeraient entre 70 et 380 Kcals par jour en fonction du statut de la femme allaitante (forme physique, poids,antécédents médicaux). Si vous allaitez des jumeaux, vous dépenserez encore plus de calories car vous devrez produire le double de lait ! L’allaitement est en général un très bon moyen de perdre du poids si on s’alimente sainement.

Il faut savoir que votre lait sera toujours de très grande qualité nutritionnelle pour votre bébé même si vous ne vous nourrissez pas bien. Votre corps priorise les besoins de votre bébé au détriment des vôtres, c’est ainsi que de nombreuses femmes se retrouvent carencées car la lactation oblige leur organisme à puiser dans ses réserves. Elles se plaignent alors de fatigue, de manque d’énergie, d’où l’importance d’avoir une alimentation variée, équilibrée, naturelle plutôt qu’industrielle, riche en micronutriments (fer, zinc, calcium, magnésium,vitamines A, B, C, E..) avec un bon apport en diverses huiles de cuisine de préférence biologiques (colza, tournesol, olive, sésame, noix..). Si toutefois il n’est pas possible pour vous d’avoir une alimentation adéquate, des compléments alimentaires sous forme de gélules peuvent s’avérer très utiles (complexe de vitamines et minéraux, oméga 3) et si vous êtes végétalienne, la vitamine B12 devra vous être prescrite car on ne la trouve que dans les aliments d’origine animale.

Pour renforcer votre système immunitaire qui peut être confronté à des attaques de germes virulents contractés souvent durant votre séjour à la maternité, votre alimentation joue un rôle déterminant. En effet, 80% de votre immunité provient de vos intestins avec les milliards de micro-organismes qui le peuplent et qui constituent en grande partie votre microbiote*  (l’ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes qui constituent notre flore intestinale.) Ce microbiote * , il faut l’entretenir, le nourrir avec principalement des aliments d’origine végétale : fruits, légumes frais (crus, cuits, en jus, en smoothie), céréales complètes (quinoa, riz, sarrasin, avoine, millet, orge),légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots en grain), oléagineux (amandes,noix, pistaches, noisettes, pignons de pin, graines de tournesol, de lin, de sésame, de courge), aliments lacto-fermentés comme la choucroute ou le kéfir.Le pollen frais constitue également un formidable rééquilibrant de votre flore intestinale.

Pour la croissance et le confort digestif de votre bébé

La composition de votre lait reflète en partie ce que vous mangez, notamment sa teneur en vitamines A, B, E et en acides gras. Ces derniers qui apportent le plus de calories à votre lait varient en fonction de l’âge de votre bébé, du degré de remplissage et de vidange du sein et aussi de votre alimentation. Il est donc important que vous ayez de bons apports en huiles végétales vierges de qualité utilisées principalement crues et que vous consommiez régulièrement (deux fois par semaine par ex) des petits poissons gras riches en oméga 3 (sardines, maquereaux, anchois en conserve, congelés ou frais). Un des grands avantages du lait maternel est de développer les papilles gustatives de votre bébé puisqu’en fonction de votre alimentation votre lait prend des saveurs différentes avec la plupart du temps des notes sucrées dominantes.

On parle souvent des « coliques » du bébé de moins de trois mois souvent liées à l’immaturité de son système digestif, à l’absorption d’air lors des tétées et aussi à sa plus ou moins grande sensibilité à certains aliments consommés par sa mère. Il n’y a en fait pas d’aliment interdit lorsqu’on allaite mais si vous remarquez certains comportements inhabituels chez votre bébé comme des régurgitations plus importantes, des éruptions cutanées, une plus grande irritation, des ballonnements, des flatulences, essayez de noter ce que vous mangez afin de découvrir ce qui peut le déranger. On estime qu’en général, il faut environ 6 heures pour que les agents responsables passent dans votre lait.Il est fréquent que les nourrissons réagissent aux protéines de lait de vache présentes dans le lait maternel et leur éviction totale leur procure souvent un soulagement. Il faut compter selon les bébés une dizaine de jours ( voire jusqu’à 3 semaines ) pour noter les effets positifs.

Votre lait, contrairement à ce qu’on a longtemps cru savoir, n’est pas stérile. Il contient une grande quantité de bactéries et c’est une bonne nouvelle car cela contribue à protéger votre bébé des infections et à favoriser le développement de son système immunitaire. Des études récentes ont démontré qu’il existait une voie reliant les intestins de la mère à la glande mammaire pendant la période de lactation et qu’ainsi des bactéries intestinales vivantes pouvaient coloniser le sein lactant ; d’où l’intérêt de bien entretenir et nourrir votre microbiote pour que votre bébé puisse aussi en profiter ! Évitez par exemple de consommer trop de sucre, de produits industriels et raffinés car ils affaiblissent votre microbiote, de même une trop grande consommation de produits laitiers et de viande acidifient votre organisme. N’oubliez pas de faire une cure de probiotiques (des micro-organismes vivants qui aident à la digestion et à maintenir un bon système immunitaire) si vous avez dû suivre un traitement antibiotique car vos bonnes bactéries intestinales ont besoin de renfort.

En ce qui concerne les boissons, vous avez dû vous rendre compte que la lactation donne soif, surtout les premiers temps. Il est donc recommandé de boire suffisamment pour étancher sa soif, il n’est pas nécessaire en revanche de se forcer à boire encore plus car votre lactation ne dépend pas des quantités de liquide ingéré.Elle est surtout liée à des tétées efficaces et suffisamment fréquentes.Rappelons ici l’un des grands principes de la lactation : plus le sein est vidé, plus il produit de lait. L’eau reste la boisson à privilégier. Les jus de fruits et légumes frais sont également intéressants pour leur teneur en vitamines et minéraux, les boissons végétales à base de soja, d’amande,d’avoine, de riz sont moins nocives que le lait de vache. Quant aux tisanes aux effets galactogogues (stimulant de la lactation), elles peuvent aussi être recommandées sauf si vous avez tendance à produire trop de lait. Si vous aimez le café ou le thé, vous pouvez vous autoriser à en boire une ou deux tasses par jour. Faites-vous plaisir ! Et lorsque votre lactation est bien établie et que vous pouvez plus ou moins prévoir le moment de tétées, un petit verre d’alcool occasionnel après une tétée est tout à fait acceptable puisque la teneur en alcool de votre lait sera éliminée à la tétée suivante à condition que celle-ci survienne environ 2h30 à 3h après.   

En conclusion, allaiter ne devrait pas être source de frustration alimentaire. Mangez ce que vous aimez tout en vous montrant attentive aux réactions de votre bébé et si vous n’êtes pas sûre de vos choix en terme de qualité nutritionnelle et de quantités, faites-vous aider par un professionnel de santé ou un(e)spécialiste de l’allaitement et de la lactation.

Bon appétit !

*Définition : Le microbiote humain,anciennement nommé flore microbienne de l’organisme humain, est l’ensemble des bactéries, champignons et autres micro-organismes présents en surface et à l’intérieur du corps humain (peau, muqueuses et surtout intestins)

Pour aller plus loin : Le charme discret de l’intestin, Giulia Enders 2015

[Auteure] : 

Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Myriam Panard exerce la profession de consultante en lactation à temps plein depuis presque 10 ans dans  son cabinet dans la région parisienne .

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