crevasses | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Sun, 25 Mar 2018 14:37:39 +0000 fr-FR hourly 1 Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

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La position en ballon de rugby https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/#respond Tue, 26 Sep 2017 08:43:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1620 Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire. Qu’en est-il ? Tout est dans la … Continuer la lecture de La position en ballon de rugby

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Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire.

Qu’en est-il ?

Tout est dans la nature, a-t-on coutume de dire ! Il est vrai que pour certaines d’entre vous cette position va beaucoup faciliter votre installation et votre capacité à voir comment votre bébé prend le sein. Ceci est particulièrement vrai pour celles qui ont les seins volumineux et souples. Celles d’entre vous qui ont une poitrine menue, qui plus est si elle est très ferme, risquent au contraire d’éprouver de la difficulté à positionner ainsi leur bébé. Avoir une bonne visibilité lors de la prise du sein peut être essentiel les premiers jours et c’est pour cela que cette position est souvent celle qui vous est proposée. Au risque de me répéter : cela fonctionne en effet très bien pour les mamans parmi vous ayant une poitrine assez forte tandis que la position de la madone ou de la madone inversée risquent de vous mettre en difficulté.

L’intérêt de bien voir ce qui se passe est lié au besoin de guider bébé vers une « bonne » prise de sein. Rappelons les principales caractéristiques :  le menton est « dans » le sein et le nez est dégagé, les lèvres du bébé bien retroussées vers l’extérieur, avec une grande, très grande ouverture de la bouche. Tout cela est crucial. Le « ballon de rugby » permet tout cela et malheureusement permet aussi de faire l’erreur de pousser votre bébé dans le sein avec le nez en premier ! Vous retrouvez alors l’écueil de la madone si bébé est coincé dans le creux du coude, mais ici votre soutien risque d’être très ferme et il n’aura vraiment aucune chance de repositionner la tête de manière plus confortable.

 

Pourquoi cela arrive-t-il et comment faire pour l’éviter ?

Installer son bébé en « ballon de rugby » c’est coucher son bébé à côté de soi, allongé plutôt sur le dos avec les pieds en direction du dossier du fauteuil sur lequel vous êtes assise. C’est votre avant-bras que vous utiliserez pour soutenir le bébé, supporter son poids et l’amener au sein et votre main, celle du bras qui soutient, va venir donner au bébé le soutien au niveau de la nuque, votre main est alors tournée avec la paume vers le haut. Votre seconde main servira à maintenir le sein et l’orienter à souhait. Ainsi vous amènerez bébé vers le sein, et comme pour les autres positions vous caresserez sa lèvre supérieure ou la zone entre cette lèvre et le nez avec votre mamelon : lorsque votre bébé est prêt et qu’il ouvre la bouche bien grand vous pouvez l’amener au sein en prenant soin de diriger le mouvement avec le bras et pour que son menton rencontre le sein en premier. Si vous approchez bébé en le soutenant trop à l’arrière du crâne sa tête se fléchit vers le buste, il en sera de même si le mouvement d’approche est effectué par commande de la main plus que de votre avant-bras : c’est le seul piège à éviter pour cette position.

 

À noter : selon l’âge, la morphologie et la façon de se mouvoir de votre bébé, ainsi que votre propre morphologie,  vous allez naturellement décliner cette position en de nombreuses variantes : pour certaines bébé paraîtra allongé, pour d’autres semi-incliné, et jusqu’à une variante faisant penser quasiment à la position assise : si vous êtes à l’aise et bébé aussi voilà déjà deux indicateurs positifs, si votre bébé couvre une plus grande portion de la partie inférieure de l’aréole que de la partie supérieure alors ce doit être bien parti, bravo !

 

Si vous éprouvez des difficultés :

  • à « caser » les jambes de votre bébé : c’est probablement parce qu’il vous faut penser à caler vos lombaires avec un coussin qui ménagera alors une distance supérieure entre votre sein et le dossier du fauteuil ; le dos complètement collé au dossier vous aurez en effet du mal à trouver la place pour son corps et cela vous donnera l’impression de devoir soulever les fesses de votre bébé donc de le placer un peu « tête en bas »
  • à amener bébé à hauteur du sein : c’est peut-être parce que votre avant-bras et les fesses de votre bébé devraient être soutenus par un coussin plus haut, vous manquez probablement de calage ou parce que cette position n’est pas adaptée à votre morphologie de poitrine.

Bons essais à vous ! Bonnes tétées !

 

Confort maternel           ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆

Tétée facile en public ★☆☆☆☆

Tétée facile à l’extérieur ★☆☆☆☆

 

Situations spécifiques :

Jumeaux ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé  « somnolent » ★ ★ ★ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur une

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod

 

 

 

 

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Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/#comments Wed, 24 May 2017 09:39:42 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1559 La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite. Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ? Je me … Continuer la lecture de Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ?

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La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite.
Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ?
Je me rappelle de voisines âgées de 80 ans, heureuses de me parler de leur allaitement et qui évoquaient leurs “gerçures”. Ce problème n’est donc pas si récent en France ! Et il continue ! Soyons clairs, la douleur en allaitement voire, la douleur « tout court » n’est pas normale.

Un signal émis par votre corps

La douleur est un symptôme. Elle vous signale qu’il y a un problème. De la même manière que vous ressentez une douleur fulgurante en posant votre main sur une plaque de cuisson brûlante, la douleur aux mamelons suggère que ce qui se passe n’est pas normal. Bien entendu, la maman ne retirera pas son bébé du sein aussi spontanément, et pourtant, combien sont tentées de le faire ? Et on les comprend.

Un cadre pour vous aider à distinguer la normale de l’anormale

Une sensibilité plus ou moins vive durant les 20 à 30 premières secondes de la tétée, au cours des tous premiers jours, est acceptable si et seulement si le mamelon ressort de la bouche de bébé aussi intact qu’il l’était avant la toute première tétée, c’est à dire sans changement de couleur, de forme, que son aspect n’est ni pincé, ni replié, ni aplati, et sans lésion d’aucune sorte.

Les causes de cette sensibilité sont connues : nous sommes alors en plein pic de prolactine, qui sensibilise nos seins et nos mamelons, la vascularité est accrue. Il faut des seins qui répondent très vite aux stimulations de l’enfant, et qui reçoivent très vite hormones, nutriments et autres  composants du lait. Les fibres collagènes sont étirées, la kératine peut manquer encore un peu, et les muscles du mamelon se font étirer. On parle même d’une espèce d’élongation musculaire.

Le fait qu’en début de tétée, il n’y ait pas un grand volume de colostrum/lait participe aussi à cette sensibilité ; et le soulagement apparaît très vite avec notamment le flot de lait.

Ce cadre vous permet de comprendre que :

  • Si l’on a mal au-delà des 30 premières secondes de la tétée ou bien entre les tétées,
  • Si le mamelon a changé de couleur (ex. : il a blanchi, soit toute la face du mamelon, soit une ligne diagonale au bout du mamelon),
  • Si le mamelon est pincé, aplati, qu’il prend la forme d’un tube de rouge à lèvre neuf,
  • Si le mamelon comporte une lésion, une fissure, une ampoule (même petite), une sorte de « suçon »

ce n’est pas normal, même si on n’a pas mal !

L’aspect de votre mamelon est le signe visuel avant la crevasse

La cause courante des crevasses est une mauvaise prise du sein en bouche. Au lieu d’attraper une grosse bouchée de mamelon et d’aréole, le bébé prend le sein de façon « superficielle ». L’angle que forment ses deux mâchoires est plutôt petit (inférieur à 120°) et surtout, ses lèvres sont refermées sur le mamelon, alors qu’elles devraient être apposées souplement (et ourlées vers l’extérieur) loin sur l’aréole, surtout la lèvre inférieure.

Le mamelon ressort de la bouche aplati, pincé, parfois légèrement, parfois plus fortement.  L’on va constater également qu’il y a une petite bande blanche en travers de la face du mamelon.

La couche superficielle de la peau du mamelon se déchire. La crevasse est là. De tétées en tétées, la dégradation continue, la fissure s’agrandit en profondeur, en longueur et en largeur.

Quelques pistes

Certaines crevasses apparaissent plus précocement, et il y a un risque qu’outre la mauvaise prise en bouche, il y ait un problème au niveau des structures orales de l’enfant, comme un problème de freins (de langue, de lèvre). Vous pouvez profiter de votre séjour en maternité pour solliciter l’avis du pédiatre ou de l’ORL à ce propos.

Il arrive également qu’un blocage empêche votre enfant d’ouvrir pleinement la bouche, de basculer la tête en arrière, d’utiliser librement tous les muscles au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres. Là, c’est peut-être un ostéopathe qui pourra vous aider.

Certains enfants encore serrent très fort, et pincent le mamelon parce qu’ils ne sont pas suffisamment maintenus contre leur mère et qu’ils ont peur de tomber. Un soin sera alors apporté à la position du bébé au sein.

Un soin souvent oublié

Toute plaie, y compris une plaie au mamelon, mérite, dès son apparition, un nettoyage soigneux à l’eau chaude savonneuse puis un traitement qui va l’aider à cicatriser. Un peu d’eau courante ou de sérum physiologique puis un onguent adapté, ou du lait maternel, voire un pansement Hydrogel spécifique (s’il n’y a pas d’infection) pourront aider à cicatriser et surtout, à maintenir en bon état d’hydratation.

Gardons à l’esprit que se « tartiner » de crème sans douleur ni lésion est inutile, de même qu’appliquer une grande quantité de crème sans rien changer dans la prise du sein en bouche, ni rechercher les causes, ne fait que ralentir les dégradations.

Enfin, certains protocoles prévoient qu’on utilise une crème médicamenteuse antibiotique et antifongique lorsque la plaie peine à se refermer. Un avis médical est alors nécessaire. Il s’agit de prévenir une infection, de protéger le mamelon et le sein. Il convient là encore de rechercher soigneusement la cause des lésions afin de résoudre le problème, et de limiter les risques d’infection ou de développer une pathologie mammaire.

Conclusion

Ce qui importe, c’est de toujours réagir au plus tôt quand une lésion quelle qu’elle soit, et/ou une douleur se présentent. Mon meilleur conseil est de ne jamais trop tarder à résoudre le problème. Je ne vous ai cité dans ce billet que quelques-unes de causes courantes de survenue de lésions des mamelons. La check-list est bien plus importante. Si vous souffrez, je vous encourage à solliciter une consultation avec une véritable professionnelle de l’allaitement, qui observera une tétée, et aussi vos seins, votre enfant, et qui, par ses connaissances, saura identifier ce qui ne va pas, et vous aidera à aborder la suite de votre allaitement en toute harmonie !

 

[Références] : Cox ; Dodd ; Ingle (gold08) ; McClellan ; Potter ; Prime ; Walker ; Wilson-Clay & Hoover ; Woolridge; Ziemer;

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/ https://www.leblogallaitement.com/sos-maman-en-grande-difficulte-recherche-conseils-avises/#comments Thu, 06 Oct 2016 13:52:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1446 Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils. En parallèle, un nombre important de conseillères se … Continuer la lecture de SOS : maman en grande difficulté recherche conseils avisés

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Combien de mamans se sentent mortifiées de ne pas réussir à suivre les conseils des personnes ressource en allaitement ? Si la personne aidante vient aux nouvelles quelques jours après leur entrevue, beaucoup de mamans lui avouent honteusement ne pas « avoir pu » suivre leurs conseils.

En parallèle, un nombre important de conseillères se demandent, s’attristent et s’offusquent même de constater que leurs recommandations n’ont pas été suivies. D’autant que parfois, ne pas parvenir à initier un changement dans une situation donnée  peut se révéler très problématique, et déclencher une pathologie mammaire, ou induire un stade plus avancé de la pathologie qui nécessitera une prise en charge médicale plus intrusive.

Des mots que j’adresse aujourd’hui aux personnes ressources et soignants et aux mamans et familles pour que des mères reprennent confiance en elles et puissent dépasser le cap, et pour que les soignants et bénévoles soient avertis et adaptent leur soutien.

Un constat premier est celui que la future maman dans son 3ème trimestre et la jeune accouchée dans les premières semaines postpartum sont naturellement dans un état pro‐inflammatoire (1). De récentes recherches en psycho‐neuro‐immunologie nous apprennent que tout stresseur psychologique et / ou physique peut déclencher une réponse inflammatoire de laquelle découlera un état dépressif.

La psycho-neuro-immunologie (PNI) est une science en plein essor. Des études ont constaté que l’inflammation était l’un des facteurs impliqués dans la pathogenèse de la dépression. Au départ, les chercheurs ont considéré que l’inflammation n’était que l’un des facteurs de risque parmi de nombreux autres. Toutefois, les recherches les plus récentes suggèrent un nouveau paradigme : le stress physique et psychosocial augmente le niveau d’inflammation. L’inflammation ne serait donc plus un simple facteur de risque, mais LE facteur de risque sous-jacent à tous les autres. Le niveau d’inflammation est significativement plus élevé pendant le dernier trimestre de la grossesse, ce qui rend la femme particulièrement vulnérable. En outre, l’adaptation au rôle de mère (manque de sommeil, douleur, etc.) augmente le stress, qui, à son tour, accroît l’inflammation. Ce nouveau paradigme permet de répondre à une question importante : pourquoi les facteurs de stress physiques ou psycho-sociaux augmentent-ils le risque de dépression ?

L’allaitement, on le sait,  joue un rôle majeur dans l’état émotionnel de la mère. Des études ont montré qu’il avait un impact calmant, qu’il abaissait le taux sanguin des hormones de stress, et la réactivité maternelle au stress. Il est donc particulièrement important de le protéger. (2)

Prenons l’exemple d’une maman souffrant de crevasses. La crevasse est une lésion, accompagnée d’un état de stress et d’une sensibilité allant de légère et supportable à une douleur à la limite du tolérable. Cette crevasse, porte d’entrée aux microbes, fait qu’une réaction du système immunitaire se déclenche sur un corps prédisposé à l’inflammation. Au système immunitaire activé, ajoutons les facteurs stressants que sont la douleur, l’angoisse de la tétée présente et de la prochaine, et poursuivons avec les effets chimiques et hormonaux qui découlent de tout ce processus…

Vous avez deviné : une mère qui souffre de crevasse(s) se retrouve dans un état dépressif temporaire, qui n’a rien à voir avec la dépression post-partum ni le baby‐blues, et cet état disparaîtra dès que la crevasse sera traitée.

Ainsi, nous, soignants ou accompagnants bénévoles sommes aux côtés de la maman en détresse, la conseillons en connaissance de cause. Nous l’abreuvons d’instructions qu’elle ne peut mémoriser totalement et efficacement. La maman se trouve très vite face à un mur insurmontable : « Tout ça à changer ? Je ne pourrai pas ». En effet, le propre d’un état dépressif est que tout devient un obstacle toujours trop important pour être dépassé. La crevasse empirera l’inflammation, de même que l’état dépressif entraînant la mère dans un cercle vicieux qui peut mener au sevrage pur et simple. Avec le sevrage, la cicatrice guérit puisque le mamelon n’est désormais plus abîmé, et avec la guérison de la crevasse, l’état dépressif lié à l‘inflammation disparaît ; la maman se trouve enfin libérée, plus de douleur et enfin « bien dans sa tête ».

Une des solutions efficace consiste à rechercher et trouver avec l’aide d’une personne compétente la cause du « rabotage »  du mamelon qui va permettre que la crevasse guérisse, que l’allaitement soit maintenu, que la douleur disparaisse, et de fait en supprimant tous ces facteurs stressants, que cet état dépressif temporaire s’efface.

Si l’on considère maintenant le cas d’une mastite, la maman se trouve directement en état inflammatoire (et non forcément en état infectieux). La mastite peut être accompagnée de crevasses. L’état inflammatoire de la mastite génère le même processus au niveau changement d’humeur que l’inflammation liée à la crevasse. Il faut vider le sein atteint le plus profondément, le plus souvent possible, alternant massages, tétées, extraction manuelle/pompage, et ne pas attendre que ce sein se re‐remplisse pour le vider à nouveau. Ne pas oublier que l’autre sein doit être vidé également pour ne pas tomber malade à son tour.

Toutes ces informations et conditions peuvent submerger la maman. Elle bataille dans sa douleur existante. On l’arrose de conseils qui lui permettraient de ne pas entrer en état de pathologie. En vain. Elle ne parvient plus à se projeter dans une évolution positive ni même négative. Elle vit le moment présent intensément, et celui-là est loin d’être plaisant. La mastite inflammatoire risque de devenir infectieuse, et de déboucher sur un abcès ; les enjeux peuvent être conséquents ! Lorsque la personne ressource vient aux nouvelles, et que la maman avoue qu’elle n’a pas pu tout faire ; qu’elle s’est couchée et a dormi 8 heures d’affilées alors que son sein malade était encore plein, la ressource frémit en son for intérieur : « mais pourquoi n’a‐t‐elle pas suivi mes conseils ? ». Alors que c’est encore d’empathie et de compréhension que la mère a besoin.

Sachez chères mamans que nous vous comprenons et nous devons accepter ensemble cet état. C’est ainsi que nous trouverons le juste moyen pour la voie rapide de guérison.

J’ai bon espoir qu’une maman qui comprend que son état pseudo-dépressif est causé par la crevasse ou la mastite. Ce n’est pas tant lié à son allaitement. C’est alors une maman qui s’accordera une chance supplémentaire d’aller plus loin, de franchir les obstacles, de dépasser son état de dépression temporaire. Et ce travail sur elle‐même sera d’autant plus facilité que la personne ressource, soignante ou bénévole l’entend dans son état.

Pour conclure, cet état dépressif temporaire, lié à une crevasse ou une mastite disparaît dès que la cause de la crevasse est éliminée ou que la mastite a guéri ; il ne doit pas être confondu avec un état de dépression post-partum, de baby‐blues ou de psychose puerpérale.

(1) Recherche Psycho‐neuro‐immunologie ; dépression inflammation et allaitement : Amir, 1996 Kendal‐Tackett, 2007

(2)     Article sur la dépression du post-partum, paru dans les Dossiers de l’Allaitement n°74 (Janvier – Février – Mars 2008)

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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La mastite https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/ https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/#respond Mon, 05 Sep 2016 19:48:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1430 Mais qu’est-ce que c’est ? Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre … Continuer la lecture de La mastite

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Mais qu’est-ce que c’est ?

Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre peau peut aussi être rouge et chaude en regard de cette zone ?

Vous vous inquiétez pour vous-même au vu de ces symptômes mais aussi pour votre bébé et vous vous questionnez sur la possibilité de poursuivre l’allaitement en pareilles conditions ; bien sûr il est aussi possible que tout cela vous décourage d’allaiter, surtout si ces signes font suite à des débuts déjà difficiles ou à toute autre situation qui vous pèse.

Il est alors fort probable que vous souffriez d’une mastite : une inflammation du sein qui est le plus souvent une conséquence :

  • d’un engorgement non pris en compte : par exemple votre bébé a sauté une tétée par rapport à ses habitudes et votre sein a été très tendu, d’autant plus si cela est survenu à plusieurs reprises,
  • d’un canal obstrué
  • d’une infection bactérienne (ce qui est couramment observé si vous avez ou avez eu une crevasse, par exemple).

Les situations suivantes, vous vous y reconnaitrez peut-être, sont associées à une augmentation du risque de survenue d’une mastite au cours de l’allaitement (1) :

  • prise récente d’un traitement antibiotique
  • prise récente d’un traitement antifongique
  • utilisation d’un tire-lait (surtout lors d’utilisation prolongée en cas de séparation maman-bébé)
  • présence de lésions type crevasse sur le mamelon

Alors que faire ? (2-3)

L’écueil courant en pareille situation est de stopper l’allaitement du côté de ce sein alors que l’élément incontournable  de la prise en charge de la mastite est un drainage efficace et fréquent du lait : éviter absolument la stagnation du lait dans le sein. Autrement dit faire téter bébé fréquemment sur ce sein (en veillant à ne pas négliger l’autre sein !) et s’il n’est pas assez efficace ou demandeur exprimer le lait de façon à ne pas demeurer avec une tension du sein.

C’est un traitement simple mais il doit être mis en place rapidement dès l’apparition des symptômes.

Insistons sur ce point : il est préférable de privilégier les tétées au sein par le bébé plutôt que d’exprimer le lait pour des raisons d’efficacité du drainage, mais savoir passer le relais à une technique d’expression est important si votre bébé ne parvient pas à bien drainer ce sein ou s’il ne peut téter.

Dans l’immense majorité des cas, votre bébé peut continuer à recevoir le lait de ce sein. Il est recommandé d’appliquer de la chaleur la plus grande partie du temps sur la zone douloureuse (à l’aide d’une poche de gel chaud/froid ou en dépannage d’un sachet de compote à sucer que vous remplissez d’eau chaude) ; en dehors de cela après une tétée appliquer la poche froide 10 à 15 mn peut aider à diminuer l’œdème.

Si votre douleur est forte vous pouvez utiliser un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène) pour une courte durée.

Veillez à ce que vos sous-vêtements et vêtements ne compriment pas votre sein.

Enfin, le repos est aussi une partie importante du traitement : pas facile avec un bébé ! C’est le moment de solliciter l’entourage pour vous aider afin que vous puissiez vous consacrer aux tétées et  vous reposer sans courir dans tous les sens pour des courses, le ménage pendant quelques jours.

Comment évolue la mastite ?

En mettant ces éléments en place, vos symptômes devraient évoluer favorablement en vingt quatre heures : c’est-à-dire qu’une amélioration doit être établie ; si tel est le cas, en poursuivant les mêmes mesures vos symptômes doivent encore s’améliorer dans les 24 h suivantes : persévérer avec cette vigilance pendant quelques jours vous permettra alors de retrouver une situation normale. En revanche si la situation ne s’améliore pas dans les premières 24 h, ou bien si elle empire : il est important de poursuive le drainage efficace en s’orientant sur une consultation médicale afin d’évaluer précisément votre situation, une antibiothérapie sera probablement nécessaire. De même, une mastite prise en charge tardivement (plus de 24 à 48h après l’apparition des symptômes) nécessitera souvent une antibiothérapie.

Ajoutons que si vous ressentez d’emblée ces symptômes sur les deux seins en même temps ou de façon soudaine et sans cause apparente parmi celles décrites, il est important de mettre en place un traitement médical.

 ( 1) Mediano et al Case control study of risk factors for infectious mastitis in Spanish breastfeeding women, BMC pregnancy and childbirth 2014 14:195

(2) Guide pratique en allaitement pour les médecins – JC Mercier, Cécile Fortin, MJ Santerre – Direction régionale de santé publique de la capitale – nationale Québec

(3) Breastfeeding answers made simple, Nancy Mohrbacher , Hale Publishing 2010

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

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Crevasses https://www.leblogallaitement.com/crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/crevasses/#respond Tue, 12 Jul 2016 12:39:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1395 Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier. Les crevasses sont de petites plaies sur … Continuer la lecture de Crevasses

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Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier.

Les crevasses sont de petites plaies sur le mamelon provoquant une douleur maximale en début de tétée, absente ou légère entre les tétées et augmentée par la friction (le frottement d’un vêtement par exemple). Elles surviennent principalement à la suite d’une prise du sein inadéquate et traumatique :

  • Le plus souvent en raison d’une position au sein trop approximative (ouverture de bouche trop faible, tête du bébé fléchie, bébé trop éloigné du sein.).

  • Consécutivement à un engorgement des seins jusqu’à l’aréole.

    engorgement et crevasses muriel mermilliod

  • Lors de variations anatomiques des mamelons rendant plus difficile la prise du sein.

  • Comme conséquence d’un réflexe d’éjection fort.

  • En raison de l’inélasticité d’un frein de langue, frein de lèvre supérieure (ce qui nécessitera parfois une intervention pour résoudre le problème), ou d’un palais creux…

Mais elles peuvent aussi apparaître :

  • Suite à l’utilisation inadéquate d’un tire-lait, d’un tire-lait de piètre qualité ou d’une téterelle de taille inadaptée.

  • Dans le cas d’un retrait du sein sans briser la succion.

  • Lorsque le nouveau-né a tendance à serrer les mâchoires en début de tétée ou en s’endormant sur le sein en fin de tétée.

Pour guérir rapidement la crevasse, l’accent doit être mis sur une prise du sein adéquate car cela permet immédiatement une nette diminution de la douleur, la rendant supportable d’emblée et surtout pour favoriser sa guérison spontanée et rapide.

En plus de cela, pour soulager la douleur vous pouvez :

  • Appliquer des compresses chaudes et humides juste avant la prise du sein

  • Prendre un antalgique compatible avec l’allaitement (ibuprofène en courte durée par exemple, en parler avec votre sage-femme ou médecin)

  • Varier les positions du bébé au sein

  • Déclencher le réflexe d’éjection avant la mise au sein (manuellement ou au tire-lait)

  • Commencer la tétée par le sein le moins douloureux

Et pour faciliter la cicatrisation vous pouvez :

1er choix : exprimer quelques gouttes de lait après la tétée et l’appliquer sur le mamelon et l’aréole puis laisser sécher à l’air

2ème choix : appliquer de la lanoline modifiée USP ultra-purifiée. En veillant à une hygiène des mains correcte, étaler l’équivalent d’un grain de riz de pommade en utilisant un doigt différent pour chaque sein

3ème choix : appliquer des « pansements au lait maternel » (compresse stérile imbibée de lait maternel et maintenue par un film alimentaire) : changer toutes les 3 heures au moins . 

Attention il est important de le faire sous la surveillance d’un professionnel de santé car il y a un risque d’inclusion de germes si l’application de cette compresse est mal réalisée

4ème choix : mettre des compresses hydrogel rinçables .

Attention sous surveillance d’un professionnel de santé aussi (même risque que pour le pansement de lait maternel)

Enfin, encore quelques points utiles pour vous aider :

Mieux vaut éviter les coussinets d’allaitement. Ils favorisent un risque de macération menant à l’infection.

Vous pouvez vous protéger du frottement et laisser vos mamelons à l’air en portant ponctuellement des coupelles protège-mamelons.

Et si vous ne parvenez pas rapidement à obtenir une prise du sein adéquate vous pouvez, en étant accompagnée, envisager :

  • l’utilisation ponctuelle d’un écran en silicone lorsque la douleur n’est pas suffisamment soulagée par les mesures précédentes

  • de diminuer ou cesser les mises au sein du côté affecté pendant le temps nécessaire (jusque 24 à 48h) et maintenir la production lactée en utilisant l’expression du lait manuelle ou avec un tire-lait adapté selon votre choix.


Bon à savoir :

Trouver une solution à des crevasses est indispensable parce qu’elles peuvent causer des douleurs importantes, mais c’est aussi une prévention de l’infection de cette crevasse par un germe. Et enfin, c’est prévenir le risque qu’a votre bébé de prendre trop peu de lait car quand il pince le mamelon il en reçoit moins facilement que lorsqu’il le prend bien loin en bouche.

[Crédit photos ] Muriel Mermilliod-Defrenne

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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Allaiter n’est pas souffrir! https://www.leblogallaitement.com/allaiter-nest-pas-souffrir/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-nest-pas-souffrir/#comments Wed, 03 Dec 2014 14:51:01 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1022 J’ai accompagné une maman qui allaitait son bébé depuis un an, et souhaitait arrêter l’allaitement pour pouvoir partir une semaine en formation. Alors que je lui donnais des conseils pour sevrer en douceur, elle me dit : « Au fait, combien de temps les crevasses vont mettre pour cicatriser? » – Ah? Vous avez des crevasses? » – … Continuer la lecture de Allaiter n’est pas souffrir!

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J’ai accompagné une maman qui allaitait son bébé depuis un an, et souhaitait arrêter l’allaitement pour pouvoir partir une semaine en formation. Alors que je lui donnais des conseils pour sevrer en douceur, elle me dit :

« Au fait, combien de temps les crevasses vont mettre pour cicatriser? »

– Ah? Vous avez des crevasses? »

– Oh oui, depuis longtemps!

– Longtemps, c’est à dire?

– Depuis la naissance, quoi!

– Vous avez des crevasses depuis un an??

– Oui, pourquoi?

– Et vous avez mal?

– Ah oui, j’ai mal!

Elle m’a précisé les zones abîmées, et il ne faisait aucun doute que le bébé avait pris dès le début de mauvaises habitudes de succion qui n’avaient jamais été rectifiées. Cette femme souffrait à chaque tétée depuis un an. Mais comme son entourage lui avait dit, dès avant la naissance, que l’allaitement était douloureux par nature, elle serrait les dents en attendant que ça passe. Elle voulait le meilleur pour son bébé, et tant pis pour la douleur.

Un tel don de soi force l’admiration. Mais avant tout, quel gâchis!

Cela aurait du se passer autrement

-si cette maman avait eu une information anté-natale correcte,

-si elle avait été suivie dans les premiers jours de l’allaitement,

-si elle avait eu un médecin capable d’écouter et solutionner le problème,

-si elle avait eu dans son entourage une autre maman allaitante pour comparer leurs vécus,

alors elle aurait pu vivre cet allaitement avec tellement plus de bonheur!

Cela fait douloureusement écho à l’article que j’écrivais la semaine dernière au sujet de la culpabilité ressentie des mères née de l’absence d’aide adéquate dans la société.

Car, NON, l’allaitement ne doit pas être douloureux. S’il est douloureux, c’est qu’il y a un problème. Et s’il y a un problème, c’est qu’il doit bien y avoir une solution. La douleur, où que ce soit dans le corps d’ailleurs, est là pour signaler un dysfonctionnement. C’est un signal d’alerte. C’est une chance!

Que faire quand on a des crevasses?

Lorsqu’on a une crevasse, la première chose à faire, ce n’est pas de se tartiner tout un tas de crèmes sur les seins. C’est de comprendre quelle est son origine, avec l’aide d’un professionnel de l’allaitement. Ensuite, on peut agir, et les choses rentrent dans l’ordre, souvent rapidement.

Pour mémoire, les crevasses viennent principalement :

  1. d’une mauvaise position de la mère : après l’accouchement on se fatigue vite, et les bras ont tendance à s’abaisser au cours de la tétée, entraînant le bébé, qui du coup tire sur le mamelon. Dans ce cas, il faut varier les positions et utiliser un ou des coussins.

  2. d’une prise en bouche inadaptée du mamelon : la bouche du bébé n’est pas assez ouverte, ou mal placée. Il faut alors veiller à une ouverture correcte et si besoin se faire aider. Parfois, le bébé a un frein de langue qui le gêne.

  3. des compléments donnés au biberon : ils perturbent la prise du sein. Il faut donc trouver une solution alternative pour alimenter le bébé si les compléments sont nécessaires.

Les crevasses sont là pour dire à la mère : “Attention danger! Ton bébé ne prend pas bien le sein. Il risque de ne pas avoir assez de nourriture”. C’est donc un message vital qui est envoyé. Pas une fatalité…

La douleur en allaitement n’est pas normale, coupons la route à cette idée reçue qui empêche certaines femmes de commencer un allaitement, et rend d’autres femmes inutilement héroïques.

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