démarrage allaitement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 10 Aug 2021 13:32:07 +0000 fr-FR hourly 1 ÉCOUTER CETTE PETITE VOIX INTÉRIEURE https://www.leblogallaitement.com/ecouter-cette-petite-voix-interieure/ https://www.leblogallaitement.com/ecouter-cette-petite-voix-interieure/#respond Tue, 10 Aug 2021 13:32:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2207 Les bonheurs et les difficultés rencontrées pendant la maternité et l’allaitement, la découverte du soutien de mère à mère au sein d’une association de mère à mère ont donné envie à Cécile, maman de trois enfants de se former et d’aider à son tour les futurs parents et les jeunes parents. Aujourd’hui, elle nous parle … Continuer la lecture de ÉCOUTER CETTE PETITE VOIX INTÉRIEURE

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Les bonheurs et les difficultés rencontrées pendant la maternité et l’allaitement, la découverte du soutien de mère à mère au sein d’une association de mère à mère ont donné envie à Cécile, maman de trois enfants de se former et d’aider à son tour les futurs parents et les jeunes parents. Aujourd’hui, elle nous parle de sa vision de l’allaitement.

Mes trois enfants ont respectivement 13, 5 et 3 ans aujourd’hui. J’ai découvert l’allaitement avec mon second enfant. Lors de ma première grossesse, je n’étais pas sûre d’avoir envie d’allaiter, je souhaitais lui donner la tétée d’accueil et puis ensuite, voir si j’allais continuer ou non, si cela me plairait. Mais un accouchement long et compliqué, un bébé endormi, une tétée d’accueil ratée… et un accompagnement insuffisant ont mis fin à ce premier allaitement avant même qu’il n’ait débuté. Ce fût pour moi un échec.

Pendant toutes ses longues années à essayer d’avoir un second enfant, mon souhait d’allaiter devenait de plus en plus important. Quand je suis tombée enceinte, il était évident que j’allaiterais ce bébé… mais j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait…

Dix jours avant mon accouchement, mon mari a fait un infarctus. A partir de ce moment-là, je me suis mise dans ma bulle, mon objectif était de maintenir le cap, de protéger au mieux mon fils ainé et ce bébé qui allait arriver parmi nous. Il était impensable pour moi d’accoucher sans mon mari. Cette épreuve a renforcé mon désir d’allaiter malgré les paroles décourageantes de mon entourage : « Avec ce qui t’arrive, es-tu sûre de vouloir et de pouvoir allaiter ? », « Tu vas avoir beaucoup de choses à gérer toute seule, ce serait plus simple de donner le biberon », « Tu es épuisée, l’allaitement va t’épuiser encore plus », « Tu sais, moi je n’ai jamais eu assez de lait, alors toi, dans ta situation… ».

Mon mari a eu la possibilité d’assister à l’accouchement mais il n’avait pas la force de m’aider à gérer ce bébé. L’accouchement s’est bien passé, bébé a trouvé le chemin du sein très rapidement, quel bonheur de pouvoir vivre la tétée d’accueil !! Ma montée de lait est arrivée au bout de trois jours, mais mon bébé me blessait les mamelons, les crevasses sont vite apparues, les tétées étaient difficiles, mon fils ne prenait pas très bien le sein, les tétées n’étaient pas sereines, il pleurait beaucoup. Le personnel soignant était présent à chaque mise au sein, me prenant le sein et tenant la tête de mon bébé jusqu’à ce qu’il le prenne. J’étais gênée de cette intrusion dans mon intimité et je me sentais tellement incompétente lors des mises au sein. Mon bébé avait tendance à s’étouffer, à régurgiter des glaires par la bouche et par le nez. Mon bébé tétait de moins en moins, était endormi. Je me sentais démunie, incapable de nourrir ce bébé… J’étais épuisée, pleurais beaucoup.

A la maternité, très vite le personnel soignant m’a dit qu’au vu des conditions, je devais me reposer, qu’il fallait que je laisse mon bébé les nuits en nurserie, ils ne m’ont pas laissé le choix. J’ai commencé à tirer mon lait, même si aucune goutte de lait ne sortait, mes seins étaient très tendus et douloureux au point de ne plus pouvoir les toucher… Et j’entendais mon bébé hurler de l’autre bout du couloir, j’ai demandé à ce qu’il dorme auprès de moi, le personnel me disait que tout allait bien, que je devais me reposer… que je verrais mon bébé le lendemain matin. Le matin, mon bébé était épuisé d’avoir tant pleuré… Je me suis sentie impuissante, incapable de m’occuper de ce bébé que j’avais tant désiré… Et pourtant, au fond de moi, il était impossible de renoncer à cet allaitement.

J’ai contacté la sage-femme avec qui j’avais suivi les cours de préparation à l’accouchement. Elle a entendu ma détresse et m’a mis en contact avec une personne bénévole dans une association de soutien à l’allaitement. Cette écoute, les conseils bienveillants donnés par cette femme m’ont fait un bien fou, m’ont redonné le courage de continuer cette belle aventure avec mon bébé.

Au bout de 5 jours, nous sommes rentrés à la maison, avec une ordonnance pour une boite de lait « pour le cas où » et quelques biberons de lait tout prêts. Nous avons pris rendez-vous vers un ostéopathe qui a travaillé sur les cervicales et le ventre de mon bébé. Cela a fait son effet puisque les tétées étaient plus faciles, mon bébé tétait mieux et mes crevasses se sont résorbées. Ma lactation s’est mise en place. Mon bébé prenait du poids et semblait plus serein et moi-aussi. J’ai repris confiance en moi et au fait que j’étais capable d’apporter à mon bébé tout ce dont il avait besoin.

Allaiter mon bébé m’a appris à écouter ma petite voix intérieure, à suivre mon instinct et m’a permis de tisser un lien unique avec mon enfant. Lien d’autant plus important pour moi que les conditions de sa naissance ont été difficiles. Même si au départ, je me disais « quand mon bébé sera diversifié…quand il marchera… j’arrêterais de l’allaiter »… Je n’ai jamais trouvé de bonnes raisons d’arrêter. Je savais au fond de moi que j’allaiterais jusqu’à ce que mon bébé ou moi-même ne le souhaite plus. Et cette belle histoire a duré jusqu’au jour ou naturellement il n’a plus demandé à téter.

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L’allaitement m’a donné confiance en moi https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-ma-donne-confiance-en-moi/#respond Thu, 18 Mar 2021 17:33:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2152 Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je … Continuer la lecture de L’allaitement m’a donné confiance en moi

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Juliette est la maman de Tim 6 ans et 4 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités à un moment donné. Elle s’est approprié des notions de maternage proximal : co-dodo, écoute des pleurs de ses enfants pour les accueillir lorsque c’est possible. Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

Elle nous relate son premier allaitement.

En décembre 2014, j’ai accouché de mon premier enfant, Tim. Jusque-là, j’avais toujours imaginé que je donnerai le biberon comme on me l’avait toujours conseillé, pour une question de liberté de la femme !

Devenir maman m’a permis de me relier à mon corps, à mes aspirations profondes.

Quel genre de maman voulais-je devenir, moi ?

C’est en me posant cette question que l’allaitement s’est naturellement présenté à moi. J’ai offert le sein à mon nouveau-né et il l’a pris jusqu’à ses 2 ans et demi.

Dans notre couple, cela n’a pas posé de problème : mon compagnon était heureux de cette relation qui s’est instaurée entre mon fils et moi. En revanche, j’ai constaté que mon allaitement faisait parler beaucoup mon entourage : j’ai entendu les craintes de ma mère, que j’étais esclave de mon enfant, que je n’avais pas de liberté, que je montrais mes seins à tout le monde, que je prenais la place du père…

Je ne pouvais pas sortir sans que quiconque me fasse une remarque sur l’allaitement !

Qu’importe ! j’ai réussi à m’écouter, et tout s’est installé progressivement. Aucune honte à donner mon sein en public, à tirer mon lait, à demander au papa de donner un biberon de mon lait stocké quand j’étais épuisée ou que je sentais qu’il voulait participer…

J’ai pu ainsi établir une relation très proche et instinctive avec mon enfant. C’était magique !

J’ai découvert mon corps : la montée de lait, sentir le lait passer à travers mon téton, entendre le bruit de la succion et voir mon enfant me regarder droit dans les yeux, sentir tout cet amour passer entre nous. Une relation très animale. J’ai aimé me connecter à cet instinct féminin primal. Connaître mon corps, me reconnecter à mon cycle féminin : avoir plus ou moins de lait selon l’avancée de cycle menstruel, mieux connaître mes seins, prendre soin de ma peau… découvrir le fonctionnement de mon enfant, comprendre ses pleurs, les différencier, y apporter une réponse adaptée… m’a donné confiance en moi !

Évidemment, j’ai rencontré des doutes : dès la maternité, alors que mon enfant tétait presque tout le temps et pleurait beaucoup. Je me demandais que faire. C’est alors que les sages-femmes de garde de la maternité, mal formées à ce sujet, m’ont immédiatement proposé un biberon et une tétine. J’ai accepté par non connaissance.

Heureusement, la sage-femme qui m’a suivie pendant ma grossesse et jusqu’à mon accouchement m’a rendu visite le lendemain et m’a tout expliqué. Dès lors, j’ai pu être à l’écoute de mon enfant, patienter et attendre la fameuse montée de lait ! Quelle expérience !

Par la suite, de nombreux doutes m’ont encore assailli : mon enfant régurgitait beaucoup.

Heureusement une personne de mon entourage m’a conseillé une merveilleuse consultante en lactation IBCLC. Je n’avais jamais entendu parler de cette profession. J’ai décidé de l’appeler et elle m’a proposé une téléconsultation par Skype pour répondre à mon urgence. A cette époque, j’avais acheté des bouts de sein en silicone car j’avais mal. J’ai allaité mon bébé devant elle par écran interposé et elle a su immédiatement me conseiller. Elle m’a guidée pour changer de position et enlever cet outil qui faisait barrière entre mon sein et la bouche de mon enfant. J’ai eu confiance et c’était reparti ! Ça a continué pendant 2 ans et demi… ! Avec joie et amour !

Lorsque mon fils a grandi, je n’avais aucune envie d’arrêter cet allaitement si heureux. Je recevais encore et toujours des commentaires : « Ton fils est trop grand. Il ne va jamais te lâcher. Tu vas en faire un homosexuel (!). Tu n’es pas libre… ». A la PMI, on m’a même conseillé de voir une psy ! Malgré ces remarques, j’ai continué. Je me souviens avoir cependant rencontré une puéricultrice qui m’a dit une phrase très juste : « Si ça vous fait plaisir à tous les deux, alors écoutez-vous ! ». J’ai suivi son conseil à la lettre.

J’ai identifié quelles tétées étaient nécessaires et celles qui ne me faisaient pas plaisir voire me faisaient mal. J’ai été à l’écoute de mes sensations physiques : j’ai appris à dire stop, à réguler les demandes trop fréquentes. J’ai pu parler à mon fils et ainsi diminuer au fur et à mesure, conservant ainsi la tétée des retrouvailles le soir, pour s’endormir et celle du réveil… Puis, avec la diversification alimentaire, tout s’est mis en place progressivement.

Et 22 mois plus tard, sa petite sœur, Apoline est née. Mon fils a continué à téter pendant ma grossesse et quelques temps plus tard aussi malgré les commentaires réprobateurs de mon entourage effrayé. Mes enfants ont ainsi été co-allaités et ma fille n’a manqué de rien. Depuis, ils sont très proches. J’ai pu ainsi, arrêter tranquillement l’allaitement de mon fils pour laisser la place à ma fille uniquement. Aujourd’hui, j’ai sevré mes deux enfants. Tout s’est bien déroulé, avec amour et bienveillance.

Je suis fière de moi, de cette aventure et heureuse de m’être écoutée ! ça m’a donné beaucoup de force ! Mes amies viennent même vers moi pour me demander conseil lorsqu’elles décident d’allaiter à leur tour…

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Allaiter comme une évidence https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-comme-une-evidence/#comments Thu, 19 Nov 2020 13:08:30 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2115 Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois. Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma … Continuer la lecture de Allaiter comme une évidence

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Dorota, est polonaise. Elle vit en France depuis 1996. Elle a travaillé dans le milieu de cinéma comme décoratrice/ensemblière et elle a choisi de s’occuper à plein temps de son fils Theo qui a 22 mois.

Dorota : la question d’allaiter mon enfant ou pas ne s’est jamais posée. Tout comme les femmes de ma culture, ma mère m’a allaité, ainsi que mon frère. Je viens de Pologne où l’allaitement est ancré dans notre tradition. Ainsi, c’était pour moi naturel, logique, biologique, une évidence : mes seins sont faits pour ça.

Je compris, en discutant avec une amie, que tout le monde ne l’entend pas comme ça. Elle m’avouait avoir arrêté d’allaiter après quelques essais, tant sa fille, qu’elle surnommait son piranha, lui faisait mal en tétant. Je m’imaginais alors que ce cas de figure devait être exceptionnel. Avec le temps, j’ai croisé de nombreuses femmes qui n’avaient pas allaité pour d’autres raisons : « parce que ça déforme les seins », « parce c’est ennuyeux », parce qu’elles ne voulaient pas devenir « une vache laitière 

Curieusement, les informations négatives que j’ai accumulé avec le temps ne m’ont jamais fait douter. Quand Theo est né, l’infirmière me l’a mis au sein. Et, en le voyant s’accrocher si confiant, j’ai su que je n’avais pas à avoir peur. Nous allions naturellement nous découvrir, et apprendre au fur et à mesure. J’en ai les larmes aux yeux quand je repense à cette fusion, ce moment magique et unique au monde, cet instant que j’aimerais tant revivre une fois encore.

Les points de suture de ma césarienne me gênaient et m’empêchaient de me lever pour prendre mon bébé quand il avait besoin de moi. L’infirmière m’a alors montré comment allaiter allongée. Durant les trois premiers jours du séjour à la maternité, je n’ai pas pu fermer l’œil. Et quand est arrivée la montée de lait, mon bébé réclamant à corps et à cri, des crevasses sont apparues qui saignaient. J’étais extenuée par le manque de sommeil, fragile, vulnérable. C’est alors que la sage-femme m’a pressée de mettre des bouts de seins en silicone afin de soulager et soigner mes tétons. Je ne voulais pas les mettre ; je trouvais que ça créait une barrière entre mon fils et moi. Mais elle a tellement insisté que j’ai finalement cédé. Cela ne semblait pas déranger Theo qui s’accrochait au sein aussi facilement qu’avant. Rassurée, j’ai continué à les utiliser.

Et c’est là que la sage-femme a, selon moi, commis une erreur impardonnable. Je lui en veux encore énormément. Je croyais qu’elle était expérimentée et je suivais son conseil sans écouter mon instinct. Elle ne m’a pas expliqué comment ni combien de temps les utiliser. Mon bébé s’est alors habitué au silicone au point de refuser de prendre le sein sans cet accessoire. J’ignorais les conséquences plus sérieuses que cela pouvait entraîner. Au cours de ses premiers mois de vie, Theo a ainsi été un bébé en demande quasi constante du sein. Il était constamment collé à moi. Ma mère, qui était venue m’aider pendant les premières semaines après l’accouchement, ne comprenait pas. Dans son souvenir, un nourrisson peut dormir 2 ou 3 heures entre chaque tétée alors que Theo ne dormait que quelques minutes avant de se réveiller en pleurant et de réclamer le sein à nouveau. Finalement j’ai abandonné l’idée de le poser pour la sieste. Je le portais constamment en écharpe de portage, je dormais avec lui la nuit ; si on peut appeler ça « dormir » !

Vers 5 mois, les tétées sont devenues difficiles. Il devenait rouge et se tortillait dans tous les sens. Il pleurait beaucoup, longtemps et très fort. Je pensais qu’il a commençait à avoir les fameuses coliques. Je me souviens d’une fois où il a pleuré 5 heures non stop avec 2 petites pauses d’épuisement. C’était très dur pour moi de le voir comme ça tant psychologiquement que physiquement. J’essayais tout ce que je pouvais pour l’apaiser. En désespoir de cause, j’appelais mon mari, l’implorant de rentrer plus tôt du travail. Je commençais à craquer. Nous avons bercé notre bébé encore davantage notre bébé et les « coliques » se sont un peu apaisées au bout d’un temps.

A l’âge de 6 mois j’ai pris rendez-vous avec une consultante en lactation IBCLC pour faire un point sur ce que j’avais mis en place et demander conseil pour que mon allaitement dure le plus longtemps possible. Et là, je suis tombée des nues. Après avoir examiné Theo, elle m’a annoncé qu’il ne prenait pas assez de poids, qu’il ne suivait pas bien sa courbe de croissance et que le problème venait vraisemblablement des bouts de seins en silicone. Ils ne permettaient pas une bonne stimulation de la lactation et ma production avait été considérablement affectée.

Tout est devenu clair pour moi. Theo avait simplement tout le temps faim. Il ne buvait pas assez de lait, c’est pour ça qu’il était constamment en demande. Etait-ce également possible qu’il n’ait jamais eu de coliques, mais que tous ses pleurs venaient de la faim ? J’ai très mal pris cette nouvelle, je me suis sentie coupable et j’étais très inquiète pour sa santé.

Elle m’a suggéré un programme pour stimuler ma lactation. C’était très intense, il fallait faire plusieurs cycles de pompage dans la journée avec un tire-lait. En tout, ça me prenait 3h, ce qui est très difficile lorsqu’il faut s’occuper d’un enfant simultanément. Theo a commencé en même temps la diversification alimentaire. Je l’ai revu au mois de Juin et j’ai passé tout l’été à « pomper ». J’ai décidé d‘annuler deux voyages pour m’y tenir. Finalement au bout de 2 mois, Theo as commencé à bien prendre du poids et de mon côté, je produisais plus du lait.

Cet épisode m’a longtemps traumatisé. Même si la consultante en lactation me disait que je pouvais cesser le pompage, je n’arrivais pas à arrêter. J’ai continué à le faire plusieurs mois. Ça me rassurait de voir la quantité de lait dans la bouteille tous les jours et puisque je continuais à utiliser les bouts de seins en silicone, j’avais peur de revenir en arrière.

L’étape suivante était d’abandonner enfin les bouts de seins. J’ai essayé plein de fois, mais Theo refusait de s’accrocher au sein « nu ». Cela me rendait triste. J’avais l’impression de ne pas vivre pleinement mon allaitement. Et accessoirement, l’organisation avec les bouts de seins me pesait beaucoup, il fallait constamment les avoir à portée de main, toujours propres, les chercher partout dans le lit la nuit, les mettre en place rapidement etc. J’appréhendais le moment où Theo serait assez grand pour se déplacer seul vers moi, soulever ma chemise et ne pas pouvoir » se servir » par lui-même. C’était pour moi une cause perdue. Encore une fois, elle m’a aidé. Elle était confiante. Elle m’a conseillé d’arrêter de me mettre la pression, que ça viendrait un jour mais dans la détente, en jouant peut-être. Et effectivement, c’est comme ça que ça s’est passé, naturellement. Un jour, alors que Theo était en train de téter, le bout de sein en silicone est tombé. Mon fils avait les yeux fermés et il ne l’a pas vu, il a tiré comme avant. Surpris, il a ouvert les yeux et a repris de plus belle. Il avait alors 13 mois. Il était suffisamment grand pour pouvoir mettre lui-même le bout de sein sur le téton et du coup il a testé les 2 versions, avec et sans. Rapidement, il a préféré la version « sans ». Les premières tétées ont cependant été un peu douloureuses. J’ai bien senti combien le silicone freinait le drainage. Autant c’était très délicat avant, désormais la succion était extrêmement forte. Quelle différence ! Finalement je me suis rapidement habituée, et, au bout de quelques semaines, les douleurs ont disparu.

Pour conclure, je crois profondément que la possibilité d’allaiter est un privilège extraordinaire, une expérience fusionnelle avec son enfant, une expérience de vie que personne ne peut comprendre à votre place. Chaque mère la vivra à sa manière, et nous ne devrions jamais laisser qui que ce soit nous dicter comment nous comporter avec nos enfants. Tout vient naturellement avec amour, confiance et patience. Malgré tous ces moments compliqués, je me sens extrêmement heureuse et épanouie de vivre pleinement mon rôle de mère et d’avoir tissé cette réelle connexion avec mon fils, qui sans l’allaitement, aurait pu être différente.

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Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/reussir-son-allaitement-apres-une-cesarienne-cest-possible/#respond Thu, 05 Dec 2019 11:40:44 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2000 Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille. Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand … Continuer la lecture de Réussir son allaitement après une césarienne, c’est possible !

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Voici le témoignage de Hope N., maman d’une petite fille.

Quand je suis tombée enceinte, j’étais sûre que je voulais accoucher à la maison de façon naturelle et que je voulais allaiter mon enfant. Je suis l’ainée de quatre enfants et j’ai pu être présente à l’accouchement à domicile de ma plus jeune sœur quand j’avais huit ans – une expérience qui m’a beaucoup marquée. J’avais tout préparé dans ce sens mais comme dit le dicton juif « l’Homme planifie, Dieu rit ». Suite à une pré-éclampsie*, j’ai accouché par césarienne en urgence à 38 semaines et même si je savais que j’avais tout fait pour préserver la santé de mon bébé et de moi-même, je me sentais profondément en échec. Pendant toute la grossesse, on m’avait dit « Fait confiance à ton corps. Ton corps saura quoi faire. » Mais mon corps n’avait pas assuré. Sans la médecine moderne, je n’aurais probablement pas survécu à l’accouchement !

Du coup, je ne faisais plus confiance à mon corps pour faire du lait pour mon enfant non plus. J’étais convaincue de ne pas être capable et le discours d’autres personnes ne m’a pas beaucoup aidé. Plusieurs infirmières à l’hôpital m’ont dit qu’à cause de la césarienne, le lait ne viendrait pas tout de suite, qu’il faudrait certainement compléter avec de la formule**. De l’autre côté, je lisais que plus je complétais avec la formule, moins je produirais. Puis on me disait que le stress réduisait la production aussi et j’étais dans une des situations le plus stressantes de toute ma vie ! Le pédiatre de l’hôpital m’a fortement déconseillé l’allaitement « le sein est traitre, madame, on ne peut pas mesurer combien boit l’enfant ! » Et pour couronner le tout, l’allaitement me faisait mal. J’avais des crevasses et c’était « pas normal ». C’était sûr. Je n’allais pas y arriver.

L’obstétricien qui a fait la césarienne est venu vérifier la cicatrice et m’a trouvé en larmes. Quand je lui ai dit que j’avais peur de ne pas pouvoir allaiter car le lait ne viendrait pas, il m’a gentiment pris la main et il m’a dit « ne le prenez pas mal, mais vous n’êtes pas si exceptionnelle ! Le lait viendra, comme pour tout le monde. » Ma sage-femme m’a rassuré aussi. Elle a donné des instructions aux infirmières pour qu’elles n’insistent pas pour donner des biberons et nous avons mis en place un plan car ma petite perdait du poids et il fallait la nourrir.

J’ai fait beaucoup de peau à peau. Je ne pouvais pas encore me déplacer à cause de l’opération, mais je pouvais avoir mon bébé dans mes bras et je la gardais le plus possible contre moi. La sage-femme m’a montré comment exprimer mon lait avec mes mains et m’a aidé à louer un tire-lait aussi. Après chaque tétée, je tirais ce qui restait et je le donnais à ma fille avec une pipette, puis si elle mangeait tout je lui proposais un peu de lait industriel (toujours à la pipette) pour rassurer les infirmières sur son poids. Après une journée comme ça, ma fille a bien pris du poids et a refusé la formule car elle était bien rassasiée.

Deux semaines après, j’ai vu une consultante en lactation qui m’a beaucoup aidé à avoir confiance et m’a conseillé de voir une ostéopathe car ma fille avait la mâchoire serrée quand elle tétait. Effectivement, cela a soulagé la douleur. En vrai, je n’avais pas du tout de problème de production de lait mais j’ai mis du temps à y croire ! Je n’avais pas particulièrement prévu d’allaiter longtemps mais c’était de plus en plus agréable ; et puis j’étais moins angoissée et cela ne faisait plus mal. J’ai trouvé le réseau de La Leche League et j’allais à des réunions avec d’autres mamans qui allaitaient et qui donnaient toujours de bons conseils, du soutien et de l’empathie. Mon bébé était toute ronde et heureuse – et je me sentais bien aussi ! Nous avons pas mal voyagé quand ma fille était bébé, allant même jusqu’en Australie quand elle avait 6 mois, et avec l’allaitement, c’était tellement simple. Je me souviendrai toujours du regard horrifié de l’agent de sécurité à l’aéroport quand il m’a dit « Allez-y sortez tous les biberons, les compotes, etc. » et je lui ai dit, « Non, j’ai rien », « Rien ?? » « Enfin j’ai tout ce qu’il faut ici », en désignant mes seins. Le pauvre a eu du mal à s’en remettre.

Notre aventure d’allaitement s’est terminée quand ma fille a eu 2,5 ans. 8 mois plus tard, je produis toujours quelques gouttes de lait. Pas trop mal pour un corps qui ne savait pas comment faire !

* La pré-éclampsie est une maladie caractérisée par l’association d’une hypertension artérielle accompagnée d’une apparition exagérée de protéines dans les urines et d’oedèmes.

** NDLR : ce qu’Hope nomme « formule » correspond à ce que l’on entend par les substituts du lait maternel, « formula » en anglais, autrement dit les laits de préparation pour nourrissons.

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Montée de lait et engorgement : un couplet inévitable ? https://www.leblogallaitement.com/montee-de-lait-et-engorgement-un-couplet-inevitable/ https://www.leblogallaitement.com/montee-de-lait-et-engorgement-un-couplet-inevitable/#comments Tue, 26 Jul 2016 14:51:40 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1406 Votre bébé est né. Il a commencé à téter le colostrum et puis, aux alentours du deuxième au troisième jour survient ce que l’on appelle communément la « montée de lait ». C’est alors que les mères évoquent un certain nombre d’expériences variées. Voici un aperçu de ce qu’elles décrivent la plupart du temps : « La montée de … Continuer la lecture de Montée de lait et engorgement : un couplet inévitable ?

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Votre bébé est né. Il a commencé à téter le colostrum et puis, aux alentours du deuxième au troisième jour survient ce que l’on appelle communément la « montée de lait ». C’est alors que les mères évoquent un certain nombre d’expériences variées. Voici un aperçu de ce qu’elles décrivent la plupart du temps : « La montée de lait ? Je ne m’en suis même pas aperçue ! », « Quelle horreur j’ai passé deux jours avec des seins tendus à bloc et je souffrais le martyre ! », « J’étais fière de mes seins, bien ronds et chauds, ça me rassurait : j’avais tout le lait nécessaire pour mon bébé ! »

Après la naissance de votre bébé et l’expulsion du placenta, les taux sanguins de progestérone et d’oestrogène chutent et libèrent l’action de la prolactine. Cela induit dans les 48h environ qui suivent la naissance une augmentation très nette du volume de lait produit[1] et aussi une congestion vasculaire au niveau des seins. C’est ce que l’on appelle couramment « la montée laiteuse». Cette congestion est normale.  Vos veines sont plus visibles, le sein est chaud, plus rond et tendu, plus « lourd », mais il n’est pas douloureux. Le lait coule facilement et votre bébé tète sans difficulté (s’il n’en avait pas auparavant).

Si vos seins sont vraiment gonflés, durs et douloureux, nous sommes alors en présence d’un engorgement dû à une accumulation excessive de lait dans la glande mammaire. Alors le lait peut avoir du mal à s’écouler et l’aréole est tellement tendue que votre bébé peut avoir des difficultés à prendre le sein et aura tendance à provoquer des crevasses.

Les tétées efficaces et fréquentes avec une prise du sein optimale, proposées aux signes d’éveil, sans limitation de leur nombre ou de leur durée dès la naissance sont la meilleure prévention de l’engorgement. Si vous êtes séparée de votre bébé ou bien qu’il a du mal à téter, il vous est alors recommandé d’exprimer votre lait fréquemment.

Si l’engorgement est installé, ne restez pas ainsi en attendant que cela passe. Le seul traitement efficace est de permettre l’écoulement du lait qui s’est accumulé dans la glande mammaire. Voici deux techniques pour en venir à bout.

Si l’aréole est tendue, avant de faire téter ou d’exprimer votre lait, appliquez de la chaleur et pratiquez l’assouplissement par contre-pression. Cette technique consiste à poser la pulpe de deux doigts de chaque main autour du mamelon sur l’aréole en exerçant une pression douce vers votre thorax puis répéter l’opération en tournant circulairement avec vos doigts autour du mamelon. Cela va faire diminuer l’oedème, assouplira l’aréole très ponctuellement et parfois même déclenchera un écoulement de lait.  Ainsi, votre bébé pourra prendre le sein plus facilement.

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Ou alors, utilisez l’effet ventouse d’un verre empli d’eau chaude plaqué sur le sein.

Certaines mères ont recours à une coupelle recueil-lait. Cette utilisation devrait rester ponctuelle.

Il est bon d’avoir à l’esprit que faire téter bébé ou utiliser un tire-lait sur une aréole tendue risque de vous exposer à des blessures du mamelon et/ou de l’aréole.

Il est donc préférable de proposer des tétées fréquentes ou de tirer votre lait, en adaptant si besoin la position du bébé pour faciliter l’écoulement (louve, ballon de rugby).

Entre les tétées l’application d’une poche de gel ou de compresses froides apaisera l’oedème et la douleur. A l’inverse, certaines mamans apprécient l’application de chaleur. Vous pouvez aussi demander aux professionnels qui vous accompagnent de vous prescrire un antalgique adapté si besoin.

Entre les tétées de votre bébé : si l’engorgement revient, il est important d’extraire votre lait de façon à retrouver un sein souple. Contrairement aux idées reçues, si elle est pratiquée uniquement pour retrouver du confort et de la souplesse sans aller au-delà, cette technique d’expression ne sur-stimulera pas votre production.

 Pour finir, il est bon de savoir que l’engorgement peut aussi survenir plus tard au cours de l’allaitement. Les facteurs de risque les plus fréquents sont alors des tétées espacées soudainement ou « sautées », un sevrage en cours avec suppression de tétées, le port de vêtements ou d’un soutien-gorge trop serrés. La conduite à tenir est la même : faire couler le lait pour assouplir le sein et retrouver le confort. Veiller à maintenir la souplesse des seins est une mesure importante pour éviter la complication d’un engorgement persistant que l’on appelle la mastite.

[1] 25 à 50 ml/24h le jour de la naissance – 200ml le troisième jour, 400ml le quatrième, 600ml le cinquième jour lors d’un démarrage optimal de l’allaitement

[Bibliographie] :

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, 
le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

 

 

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