famille | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Mon, 27 Apr 2020 06:50:56 +0000 fr-FR hourly 1 « Confinement et allaitement » https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/confinement-et-allaitement/#comments Mon, 27 Apr 2020 06:50:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2043 #restezàlamaison . Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le … Continuer la lecture de « Confinement et allaitement »

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#restezàlamaison .

Chacun suit à la lettre les recommandations du gouvernement, plusieurs semaines de distanciation sociale, plusieurs semaines au ralenti afin d’être vigilant pour tous. Et l’allaitement dans tout cela, comment les femmes vivent-elles leur allaitement ? Que se passent-ils pour elles ? Nous échangeons aujourd’hui avec des mamans pour qui l’allaitement avait déjà démarré avant le début du confinement.

Isaline nous raconte son quotidien de maman de 4 enfants, de 12 ans, 10 ans, 2 ans et demi et 3 mois. Confinés en famille dans son appartement, elle nous dit se sentir avec son compagnon « en gestion de crise permanente ».

Ses ainés de 12 et 10 sont vraiment indépendants, mais son petit garçon de 2 ans et demi est très demandeur depuis la naissance de sa petite sœur il y a 3 mois, encore davantage depuis le début du confinement.

Lui qui avait été sevré durant la grossesse, redemande le sein quotidiennement depuis l’arrivée dans la famille de sa sœur. Isaline sent « qu’il est dans une phase de régression, qu’il a besoin de réassurance bien légitime, ce que je veux lui offrir bien sûr, mais ses demandes permanentes ne sont pas simples à gérer ». Pour elle, la priorité dans son allaitement reste son bébé, qui est en allaitement exclusif, « c’est elle qui a le plus besoin de mon lait bien sûr » et « avec la reprise des tétées très fréquentes pour Éthan, je sens que je suis à la limite de l’engorgement très régulièrement, ce qui contribue à ma fatigue générale ».

Dans cet immense challenge de maman, il y a aussi ses parenthèses de douceur. « Quand je m’isole avec Ninon, je prends le temps d’une tétée en m’installant dans un endroit calme de la maison, c’est un vrai moment pour moi, pour souffler. Je la regarde, elle est vraiment parfaite ».

Moment suspendu.

Certaines n’osent pas le dire, ou alors à demi-mot, car elles ont peur que cela soit mal perçu, elles ne veulent pas paraître maladroites, mais « ce confinement a un air de liberté ».

C’est ce que nous explique Céline, cadre supérieure. Pour elle, la reprise était prévue pour avril, sa petite Victoire allant avoir 4 mois. Les dernières semaines avant la reprise sont difficiles, elle « a le cœur brisé » de devoir reprendre le chemin du travail alors qu’elle commence à peine à installer son allaitement, à connaître sa fille et à tisser ce lien précieux avec elle.

« Pour moi, ce confinement est arrivé comme une aubaine, je devais reprendre, mais compte tenu de mon emploi, j’ai pu obtenir une autorisation spéciale d’absence afin de garder ma fille à la maison. Cela nous a permis avec mon compagnon d’arrêter la transition vers le biberon que nous avions difficilement amorcée. Ma fille n’en voulait pas du tout ! Donc aujourd’hui on continue de lui proposer de temps en temps le biberon, mais nous n’y mettons plus autant d’énergie, on en profite pour faire durer l’allaitement au maximum jusqu’au bout du confinement. » 

Des mamans décrivent aussi la sensation de pouvoir se « focaliser davantage sur les besoins de leur bébé ». Céline nous dit ainsi « j’offrais déjà un allaitement à la demande, mais là je sens qu’en étant tout le temps toutes les deux à la maison, c’est encore plus doux, plus tranquille qu’avant au niveau de l’allaitement, nous sommes complètement dans un même rythme, je n’ai plus de rendez-vous à honorer, de choses à organiser à l’extérieur au quotidien. »

Nathalie ajoute : « Pour moi qui élève en ce moment ma fille de 22 mois et sa petite sœur de 5 mois, ce confinement a une drôle de saveur. Dans ce confinement j’ai trouvé un village que je n’ai pas habituellement, je me suis installée chez mes parents pour ne pas être seule pendant que mon compagnon continue d’aller travailler chaque jour. Mes filles construisent ainsi un lien particulier avec leur grand-mère, chacune en profite avec douceur, je me sens soutenue. »

Dans ce confinement c’est l’absence de possibilité de consulter certains professionnels de la périnatalité qui chagrine cette jeune maman. « Marie, 5 mois, a quelques blocages qui l’empêchent de téter tout à fait correctement, je sens qu’une consultation en ostéopathie lui serait bénéfique. Ne pouvant y accéder, je prends mon mal en patience et elle aussi, je sais que cela va se débloquer après une consultation. En début d’allaitement, j’avais déjà expérimenté le même problème donc je relativise, je me sens sereine et calme pour traverser ce challenge d’allaitement. » Elle ajoute avec un sourire : « Pour moi qui n’avais pas allaité mon ainée, je sens à quel point mon allaitement m’enlève une crainte durant cette période de pandémie. Je n’ai pas peur de ne pas pouvoir trouver le bon lait pour ma fille comme j’aurais pu l’avoir pour mon ainée. Je sais que pour Marie tout est là dans mon sein ! »

C’est aussi ce que partage Julia, maman de Mattis 2 ans et demi, qui n’est plus allaité, et de Zorah, 4 mois, en allaitement exclusif.

« En allaitant, face à ce virus et cette période d’instabilité, je suis certaine de ne pas avoir de pénurie de lait pour mon bébé, c’est un énorme réconfort. J’ai la sensation, encore plus que d’habitude, de lui donner le meilleur, de la protéger, et cela me donne aussi la sensation de me sentir protégée en retour. »

Julia nous partage aussi le plaisir qu’elle a à avoir son compagnon, le père de ses enfants auprès d’elle, toute la journée. « Je me réjouis de donner une tétée à ma fille et de voir ensuite son père la prendre dans ses bras, et l’endormir ainsi en sécurité tout contre lui, il trouve sa place auprès d’elle ».

Ce confinement est pour toutes ces femmes, ces familles, un challenge humain, mais aussi un temps pour ralentir, regarder leurs bébés grandir et prendre le temps de vivre leur allaitement à mille pour cent.

Propos recueillis par Leslie Lucien , auxiliaire de puériculture et doula

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L’allaitement est-il politiquement correct ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/#comments Fri, 07 Dec 2018 18:00:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1854 Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel. La recherche … Continuer la lecture de L’allaitement est-il politiquement correct ?

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Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel.

La recherche scientifique montre et démontre que le lait maternel est l’aliment le plus adapté aux besoins des bébés. Nourrir son bébé autrement présente des risques accrus quant à la santé des bébés, des mères. Tout le monde le sait ou presque.

Alors pourquoi autant de mères qui allaitent se sentent-elles montrées du doigt ? Obligées de se justifier sur les raisons et les modalités de leur allaitement ? Pourquoi certaines d’entre elles vont jusqu’à dire qu’elles se sont senties humiliées, rejetées, accusées ou même évincées d’un lieu public ?

Nourrir son enfant au sein quand il en a besoin obligerait-il les mères à obtenir l’approbation générale avant toute chose ? Si beaucoup de mères n’attendent pas l’approbation d’autrui pour allaiter, elles ont toutefois besoin de la considération qui leur incombe : avoir un enfant, en prendre soin, faire « de son mieux », n’est-ce pas là le point commun aux mères du monde entier ? Pérenniser la race humaine s’est toujours passé de cette façon : un enfant est un être plus qu’important et le materner l’aidera à survivre et grandir dans le respect de ses besoins (contact et proximité physiques, tétées fréquentes, protection immunitaire, maturation du cerveau, réconfort).

Alors, qu’est-ce qui serait si difficile à supporter dans le fait de voir un enfant téter les seins de sa mère ? Les mères font ce qui leur semble juste pour maintenir leur bébé dans un état de santé optimal, dans un climat réconfortant et ces gestes sont à valoriser, encourager, soutenir. Tout ce qu’elles font pour leur enfant est d’une valeur inestimable. Elle se rendent disponibles pour lui, se lèvent la nuit si besoin, s’assurent dans le même temps du bien-être de leur famille. En outre, les mères se mobilisent souvent pour trouver des explications, des ressources quant à l’allaitement, par le biais de personnes compétentes, professionnelles ou associatives. Et ces recherches peuvent prendre beaucoup de temps et d‘énergie. Les mères veulent comprendre, rectifier et améliorer leur situation si elle est difficile. Elles cherchent d’abord à savoir si elles sont « responsables » des problèmes rencontrés (je pense notamment à la prise de poids insuffisante ou l’idée fausse « d’empoisonner » son bébé en ingérant aliments ou médicaments particuliers). Mais même sans vivre de difficulté précise, le simple geste d’allaiter est souvent « reproché » aux mères pour de fallacieux arguments (exhibition, égoïsme, acharnement), remarques souvent culpabilisantes, en plus.

Allaiter son enfant est un choix, le materner est une évidence pour bon nombre de mères.

Pourrait-on, dès lors, reconnaître aux mères la richesse qu’elles apportent à leur petit et, par extension, à l’humanité toute entière ?

Pourrait-on leur reconnaître un certain sens du dévouement à l’égard de ce petit ?

Pourrait-on reconnaître que ce sont les mères qui se mobilisent nuit et jour pour leur petit ?

Pourrait-on enfin accepter que les mères ont besoin de reconnaissance, d’encouragements, d’appréciation de tout ce qu’elles font au lieu d’entendre des critiques et des remises en cause perpétuelles telles que « Tu devrais le laisser pleurer », « Tu ne dois plus avoir de lait », « Tu le rends malade ! », « C’est de ta faute s’il ne grossit pas assez ou trop ! » ?

Au-delà de l’appréciation montrée aux mères, il serait aussi porteur de leur signifier toute l’admiration que leur statut de mère induit : « Ton bébé semble apprécier la douceur de tes gestes / ton regard », « Il semble réconforté par tes bras ». Ce qu’une mère fait est tout simplement magique, formidable, extrêmement courageux et très prenant !

Etre une mère est un « métier » très difficile pour la plupart d’entre nous. Comme nous apprenons toutes, plus ou moins sur le « tas », nous apprécierions d’entendre que nous nous débrouillons plutôt bien, que si notre cœur nous guide, nous trouverons le bon chemin.

Prendre soin de la race humaine, c’est aussi valoriser celle qui la nourrit dans tous les sens du terme : la Mère !

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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allaiter en vacances https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/#comments Thu, 05 Jul 2018 13:52:17 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1791 Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille. En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, … Continuer la lecture de allaiter en vacances

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Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille.

En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, il permet de faire patienter le bébé au restaurant ou le ressource si votre enfant doit sauter une sieste. Tout est à portée de main !

Vous allaitez et êtes sur le point de partir en vacances ?

Nous serions heureux de partager votre expérience et de lire vos témoignages en compagnie de votre nourrisson ou de votre bambin.

Et n’oubliez pas en période de grosse chaleur, il ne faut pas hésiter à faire téter votre bébé fréquemment en lui proposant le sein avant même qu’il ne le réclame, surtout si c’est un nourrisson. S’il se réveille de façon un peu plus inhabituelle la nuit, prenez en compte le changement d’habitude, la soif due à la chaleur, voire même un petit creux : les tétées de courtes durées la journée évitent à votre bébé de surcharger son estomac. En été, nous aussi nous préférons les petits repas légers !

Bonnes vacances !! 🙂

 

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/#respond Fri, 01 Jun 2018 12:45:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1767 Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels. Un certain nombre d’homoparents … Continuer la lecture de L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin

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Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels.

Un certain nombre d’homoparents préfèrent rester discrets et vivent dans le non-dit, voire le secret. La peur du regard des « normaux » les pousse à dissimuler leur situation familiale.  « A l’extérieur, évoque Annie, nous ne parlons pas de notre vie privée. Cela ne regarde personne. Au travail par exemple, je parle de “ mon amie ”, mais je ne précise pas que c’est une femme ». D’ailleurs, la manière dont les lesbiennes vont se faire appeler par leur enfant illustre bien le souhait de s’inscrire dans une famille. Soit elles sont appelées toutes les deux « maman » suivi du prénom, « maman Nathalie » par exemple, soit un des membres du couple, celui qui est le parent légal, est appelé maman, et la partenaire est appelée par un autre terme comme « tante » ou « marraine ». Ces appellations traduisent une volonté de consolider des rôles et des statuts.

Les raisons invoquées dans le choix du mode de procréation d’un couple homosexuel féminin et les conséquences sur les places de chacun (place du donneur, de la mère, de la conjointe) sont autant de questions qui vont amener les professionnels qui les accompagnent à les interroger sur le mode de conception de leur enfant pour évaluer le statut hormonal et le degré de fertilité de la mère gestationnelle, car cela peut avoir un impact sur sa capacité à produire suffisamment de lait.

 

En plus de ces questions de fond se pose donc la question de l’alimentation du nouveau-né. Le choix du projet d’allaitement appartient au couple. C’est une décision qu’il est bon de mûrir à deux. Dans le cas d’un couple homosexuel féminin, il n’est pas nécessaire d’être la mère biologique pour avoir du lait et a fortiori d’allaiter. Les deux mères ont la possibilité d’allaiter l’enfant : on parle dans ce cas de co-allaitement. Alors que la mère gestationnelle produira naturellement du lait, sa partenaire ne bénéficiera pas des hormones de la grossesse pour démarrer la production de lait. Elle peut toutefois choisir de nourrir le bébé avec son propre lait en suivant un protocole de stimulation : on parle dans ce cas de lactation induite. Ce processus est également possible dans le cas d’une adoption.

 

Précisons que les chances d’induire une lactation sont généralement meilleures quand le protocole a débuté six mois avant la naissance du bébé. La stimulation par des médicaments et / ou tisanes est une option qui peut être discutée avec le médecin. Le mode d’administration du lait dépendra de plusieurs facteurs parmi lesquels la qualité de succion du bébé, son âge, le mode de stimulation de la lactation. Reste que réguler et maintenir deux productions lactées peut s’avérer un sacré défi. Le soutien des partenaires est alors essentiel pour la réussite de l’allaitement ; il l’est d’ailleurs pour tous les couples quels qu’ils soient. Et cela va être un véritable travail d’équipe. Le bébé peut notamment développer une préférence pour l’une ou l’autre dès le départ et/ou au cours de l’allaitement. L’allaitement partagé peut signifier que la production de chacune baisse pour s’adapter à la fréquence choisie. Si la lactation vient à trop diminuer, des tétées plus fréquentes permettront de la relancer.

 

Toutes ces options posent de nombreuses questions : qui, quand, combien de temps ?

Si la maman gestationnelle ne veut pas allaiter, acceptera-t-elle volontiers que sa partenaire donne le sein ? Comment prendre en compte les sentiments de l’une et de l’autre quand une seule mère allaite et que l’autre se sent exclue ? Il se peut qu’elle développe un sentiment de jalousie. Les pères expriment facilement que l’allaitement leur donne le sentiment d’être à l’écart d’une relation unique. Ce peut être le cas aussi pour une mère lesbienne.

Les termes utilisés dans les publications traduisent souvent le fait que le couple est, par définition, hétérosexuel alors que notre société va dans le sens d’une acceptation du couple homosexuel et d’une reconnaissance de leur droit à la parentalité.

Ainsi, les professionnels de santé doivent veiller à ne pas blesser la sensibilité de chacun et se doivent d’utiliser un langage non sexiste. Il est bon de veiller à faire abstraction des idées reçues et éventuelles conclusions hâtives.

On l’a vu, l’allaitement n’est pas seulement réservé aux couples hétérosexuels. Quelques aménagements et un accompagnement spécialisé peuvent permettre aux couples de lesbiennes qui le souhaitent de réussir leur projet.

Références :

Counseling the nursing mother 6th edition Judith Lauwers & Anna Swisher,

https://www.asklenore.info/breastfeeding/induced_lactation/gn_potocols.shtml

Dubreuil E. Des parents de même sexe. Paris, Odile Jacob, 1998.

Leroy-Forgeot F. Les enfants du Pacs. Réalités de l’homoparentalité. Paris, L’Atelier de l’Archer, 1999

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Choisir d’allaiter et impliquer le papa https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/ https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/#respond Thu, 29 Mar 2018 16:05:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1735 Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant. Choisir, comme … Continuer la lecture de Choisir d’allaiter et impliquer le papa

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Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant.

Choisir, comme le définit la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor[1], c’est d’abord accepter de reconnaître son désir et s’y engager comme on avance sur une route sans savoir ce qu’il y aura au-delà. Certains de nos choix, on le sait, sont dictés par tradition, fidélité familiale ou nationale à des ancêtres que nous n’avons parfois même pas connus mais auxquels nous nous identifions inconsciemment. D’autres sont des réactions à des expériences personnelles ou familiales. Et les deux partenaires dans le couple ont leur propre vécu vis à vis de l’allaitement. Ont-il été allaités ou pas ? Ont-il vu des enfants allaités ? Qu’est-ce qui est important pour eux en matière de santé, d’alimentation ?

« L’engagement paternel » : un concept contemporain

 

De nombreuses études, depuis 30 ans, se sont intéressées au rôle du père au sein de la famille et parlent de « l’engagement paternel », concept englobant les interactions d’un père avec son enfant, son investissement dans les soins, ce qu’il met en œuvre pour le bien-être de son enfant. Les études mettent en évidence les effets positifs de l’implication du père dès la grossesse, autour de la naissance et dans l’éducation. Les répercussions sont en effet visibles sur le développement cognitif, affectif ou encore sensori-moteur de l’enfant de même que sur sa santé physique. Cet engagement paternel a par ailleurs un effet bénéfique sur la santé maternelle, physique et mentale. Ces pères engagés ont d’eux-mêmes une meilleure image, une meilleure santé physique et mentale ; il semble également qu’ils aient une vie professionnelle plus réussie (au sens de l’épanouissement). On a démontré que le soutien des pères est primordial dans la mise en place et la poursuite de l’allaitement.[2]

 

Trouver sa place, facile ou pas ?

Seulement voilà, certains pères craignent de ne pas trouver leur place auprès de leur enfant à partir du moment où leur compagne allaite. Voilà une appréhension, le plus souvent évoquée par les femmes, qui revient souvent au cours des consultations prénatales. Il semblerait que l’inquiétude que le père se sente rejeté ou mis de côté en soit à l’origine, particulièrement si l’allaitement est exclusif.

Et pourtant les partenaires n’ont jamais été aussi impliqués qu’aujourd’hui ! Les futurs pères, depuis maintenant de nombreuses années, sont invités à participer au déroulement des consultations prénatales, à la préparation à l’accouchement ; ils sont accueillis dans les salles de naissance. « Les pères contemporains peuvent s’approcher de l’univers de la naissance là où ils étaient autrefois interdits d’accès. La femme enceinte n’est plus tant tabou. Le nouveau-né est sujet d’intérêt, d’attentions et de soins de la part des hommes, même s’ils ne sentent pas encore tous concernés » (C. Castelain-Meunier/1997)

Et lorsque l’enfant parait… la question de laisser le père prendre sa place est légitime. Pour autant, comme le dit très justement la sage-femme Régine Prieur « exclusivité du lait maternel ne veut pas dire exclusivité de la relation ». De plus, « le bébé et la mère peuvent être très nomades, donc dans le lien social, le bébé avec elle ou dans les bras du père ou d’autres. »[3]

Il est possible que cette question masque d’autres préoccupations, tant est forte la pression sociétale de perfection, de réussite qui entoure l’arrivée d’un bébé. Il est donc important d’en parler et l’un de vos interlocuteurs de choix est alors la sage-femme.

 

Les moments les plus propices pour l’échange sont la préparation à la naissance – bien souvent en petits groupes – l’entretien prénatal qui est proposé à chaque couple et qui, parce qu’il est personnalisé et individuel, favorise l’émergence de questions plus intimes que l’on ne pourrait pas toujours poser en accueil collectif.

On sait que les débuts de l’allaitement sont souvent difficiles. Si le père a eu l’opportunité de participer à une consultation avec la sage-femme, qu’il a pu évoquer ses inquiétudes, il aura sans doute compris quel rôle lui sera dévolu dans l’allaitement, celui d’un soutien efficace. Il aura senti combien sa compagne a besoin de lui dans cette nouvelle étape. Il aura quelques réflexes pour prendre les devants en cas de difficulté. S’il sent sa compagne inquiète, il peut sans doute contacter une personne ressource, l’accompagner la mère à la PMI pour la pesée, noter les questions à poser pour ne pas les oublier.

Voici quelques détails qui peuvent réellement faire la différence. Il y a fort à parier qu’il trouvera ainsi son rôle noble et valorisant. Ainsi, ses éventuelles inquiétudes quant à la place qu’il peut prendre auprès de son enfant seront balayées.

 

[1] Le choix de la sublimation, Sophie de Mijolla-Mellor, 2009, Éditeur : Presses Universitaires de France

[2]«  Coopérer …même avec le père du bébé » F.de Montigny et C.Gervais/Spirale/2016/2(n°78) Ed ERES

[3] « Mes réponses aux questions d’hommes, réels ou imaginaires, curieux de l’allaitement et de la parentalité » R.Prieur/Spirale/2015/1(n°73) Ed ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Aujourd’hui en PMI, elle est également l’auteure d’ouvrages pour jeunes enfants

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Le jour du foirage total en matière d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/#comments Thu, 04 Jan 2018 08:11:47 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1674 Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement. L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait … Continuer la lecture de Le jour du foirage total en matière d’allaitement

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Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement.

L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait ultra rêver mais que c’était quand même indéniablement ce qu’il y avait de meilleur pour un petit bébé … Ça ne me questionnait pas plus que ça … Et puis j’ai changé de point de vu ou plutôt j’ai évolué …

Au début de ma grossesse je n’y pensais pas trop puis, plus ma grossesse avançait plus l’allaitement me faisait envie, j’ai toujours dit que, je cite: « j’essayerais, si ça marche tant mieux si c’est trop galère tant pis » … (discours hyper courant avant de devenir maman …) … Mais ce n’est pas si simple que ça … En tout cas ça ne l’a pas été pour moi …

Ma petite fée née, aussitôt sortie elle se met au sein naturellement et la « tétée d’accueil » a été un bonheur immense, continuer à nourrir mon enfant, je me sentais pleinement dans mon rôle et à ma place, j’étais heureuse de ma décision, je me sentais bien, sereine et en pleine possession de ce choix, je me disais surtout que pour moi c’était une suite logique de ma grossesse, cette grossesse que j’ai tant aimé, c’était le prolongement le plus juste et ça avait l’air de fonctionner à merveille … J’allais pourtant faire face a une immense déception …

Apres les premières heures idylliques, les 39 heures de travail se font sentir plus que jamais et viennent les heures de grande fatigue, malgré elles il faut continuer de stimuler pour la montée de lait, gérer son bébé qui pleure, les tétées qui s’enchainent à une vitesse folle … Tout le monde me dit que mon bébé a une position parfaite, qu’il tête divinement bien … Tout le monde y va de son conseil et me félicite, j’ai même le droit de rentrer à la maison … Pourtant je suis épuisée, je craque, je commence à avoir mal, je sens que ça me tire, que mes alliés s’assèchent, et que malgré toute la lanoline et autre miel médical et cataplasmes de lait maternel du monde, ils finissent par craquer eux aussi … Ce qui petit à petit se fissurait en moi finissait par se fissurer sur moi … Malgré tout mon courage, ma volonté et ma détermination, j’ai stoppé la mise au sein, cette douleur lancinante et sournoise qui me faisait hurler de mal à chaque fois je ne pouvais plus la supporter car elle était insupportable, insoutenable. Se mêlait a elle le gout de la défaite et le sentiment d’échec, la peur de donner l’impression à ma fille de la rejeter, je pleurais de tout …

La poitrine engorgée, on part louer cette machine infernale, celle qui je ne le savais pas encore allait me suivre pendant 7 mois, elle sera mon troisième bras, mon sein artificiel, cet engin a été mon sauveur, il a aussi été mon cauchemar …

Première utilisation laborieuse et douloureuse … Au départ j’avais pris la décision de tout arrêter et d’utiliser ce système uniquement  pour tarir les montées de lait et la production, mais en voyant tout ce lait, je n’ai pas pu, j’ai continué, je voulais que ma fille boive mon lait, celui que je pensais être le meilleur pour elle … Pour se faire je tirais plusieurs fois dans la journée, ça allait de 4 à 8 fois par jour en période de pic de croissance, mes journées étaient rythmées par les tirages, donner les biberons, endormir ma fille, la changer, tirer, donner les biberons, endormir ma fille, la changer … J’ai eu très peu de temps pour moi pendant de longs mois, mais je m’y faisais, c’était devenu ma façon de vivre, ma routine, mais j’enviais ces mamans qui sortaient ne serait-ce que 30 minutes pendant que moi je devais tirer mon lait, ces mamans qui faisaient une sieste pendant que moi je tirais mon lait, la famille qui prenait l’apéro pendant que moi je tirais mon lait, ceux qui profitaient de dormir le matin pendant que moi je tirais mon lait … Ca a été difficile … Je n’ai jamais réessayé de remettre ma fille au sein car la douleur n’a jamais vraiment disparue, j’avais peur de trop souffrir à nouveau, physiquement j’étais vulnérable, je me sentais honteuse, psychologiquement j’étais triste et vidée …

Quand ton bébé est au biberon, tout le monde se sent alors la permission de le lui donner, j’étais devenue susceptible avec ça, je ne supportais pas voir quelqu’un nourrir ma fille autre que mon mari ou moi, tout simplement car ça aurait dû être MON moment, ça devait être MA partie, on me volait des moments que je m’étais projetés avec elle, intimes, complices …

On m’a souvent dit que ce n’était pas grave, que l’important c’était qu’elle ait le meilleur: mon lait … C’est vrai, mais pourtant ça me déchirait …

Et puis il y a toujours ces discours culpabilisants, ça viendrait de la position (pourtant parfaite au départ), ça viendrait de ma peau, ou celles qui te disent qu’elles elles ont continué malgré la douleur … Que c’est dommage !!! Ca ça te crève le cœur … Ça te fait encore plus mal … Parce qu’elles n’ont aucune idée de la douleur qu’a été la tienne … De la tristesse immense qui t’a envahi quand tu as décidé a contre cœur d’arrêter le massacre, que tu te culpabilises déjà assez toi-même, tous les jours, chaque heure et chaque minutes … Pourquoi tout le monde y arrive et toi t’as pas réussi ?! Tu te sens incomprise, seule …

Comme pour beaucoup de choses concernant la maternité tant que tu ne l’a pas vécu tu ne peux pas savoir, tu peux imaginer, mais tu ne peux pas mesurer … Cette claque, cette baffe que tu te prends en pleine gueule, celle dont tu as du mal à guérir …

Je n’ai pas été de celles pour qui l’allaitement s’est mis en place tout de suite avec facilité et sans douleurs … Je suis de celles qui ont souffert, qui ont pleuré de douleur, d’épuisement, de tristesse, de regret, mes larmes étaient celles d’un cœur qui saignait d’une deuxième séparation forcée avec mon petit bébé … Ces larmes me propulsaient violemment dans ma nouvelle réalité, celle que je pense ne pas avoir assez anticipé … Moi qui avait tant aimé ma grossesse, on avait coupé le cordon physique, et voilà qu’on me coupait un deuxième fil invisible, un fil dont j’avais encore besoin … Je crois qu’on m’avait prévenu que ce ne serait pas si facile … je pense … En fait je n’en suis plus si certaine … Je n’ai peut-être pas écouté, je ne voulais peut être pas entendre …

Aujourd’hui je suis si fière de mon parcours, fière de ce que j’ai accompli, émue de ce que j’ai fait. J’ai réussi à allaiter mon bébé exclusivement pendant 5 mois, le sixième mois a été le mois de relais pour une transition en douceur. J’ai eu si peur, peur de ne pas réussir à créer de lien avec elle face à l’échec de la mise au sein et pourtant il est bien là, en fait il ne s’est jamais brisé, il ne nous a jamais fait faux bond …

A mon mari, cet homme merveilleux; Qu’aurais-je fais sans toi? Merci. Et à mon amie Laura ce petit bout de femme qui m’a tant aidé, merci aussi!

[Auteure] : Léa , voici son blog pour lui donner un petit coup de pouce 🙂

https://mamanfeeblog.wordpress.com

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Allaiter en public, trucs et astuces https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/#comments Thu, 02 Nov 2017 11:23:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1641 Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles. Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion … Continuer la lecture de Allaiter en public, trucs et astuces

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Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles.


Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion de mères qui vous expliqueront quel usage elles font de l’écharpe de portage, ou du

tee-shirt d’allaitement. C’est en commençant de la sorte que vous gagnerez en aisance et que vous vous sentirez plus détendue à l’idée de vous confronter à un comité plus large et que vous vous rendrez seule dans un parc municipal ou que vous prendrez le train avec votre bébé allaité.

Lorsque le sentiment de gêne l’emporte, on peut faire preuve de créativité. En effet, sans se priver de sortir de chez soi, on peut opter pour une cape d’allaitement, ou un tablier d’allaitement. Ces équipements se trouvent facilement sur internet. D’aucuns rétorquent qu’ils attirent fort le regard des autres plutôt que de préserver la pudeur de la mère.
Allaiter hors de chez soi ne signifie pas que l’on doive dévoiler sa poitrine ou l’exposer aux regards indiscrets. Certaines mamans préfèreront porter un vêtement d’allaitement qui offre un double-empiècement avec une fente intégrée. Ainsi, en plaçant leur enfant devant leur sein, sa tête cachera cette ouverture. D’autres mamans choisiront de soulever leur tee-shirt, tout aussi discrètement. Les châles et foulards tout comme les écharpes de portage sont également des accessoires vestimentaires qui se révèlent des aides bien utiles.

Gardons à l’esprit que la société française est empreinte d’une culture du biberon. Les icônes qui identifient les espaces de change du bébé en témoignent puisqu’ils sont souvent indiqués par un symbole de biberon ou de tétine.

Cette culture du biberon s’accompagne d’une idée érotique des seins qui est très forte notamment en France. Allaiter en public peut ainsi être difficile pour la mère. Voir une femme allaiter peut générer un regard désapprobateur et une agression verbale parfois virulente.

Rappelons que l’allaitement en public n’est absolument pas interdit en France ! Et que la première étape pour que les mamans soient à l’aise, passe par re-normaliser l’allaitement au sein !

Laissons libre court à des suggestions saugrenues … ou pas !

Doit-on opter pour des cabines d’allaitement comme celles installées récemment dans une ville américaine ?  Créer d’autres types de lieux pour allaiter en public ? Avec le risque de stigmatiser et enfermer la mère allaitante ?

Créer des centres commerciaux amis des bébés ? Ardennes Allaitement a créé les Chemins du Lait auprès de divers lieux de vente et autres entités, et les commerçants sollicités ont tous été d’accord.

Normaliser l’allaitement au sein, plus généralement, grâce à des événements à l’image de la Grande Tétée, grâce à plus d’émissions spécialisées.

Certains pays ont été créatifs : une sénatrice Australienne, allaitant son enfant en pleine séance de Parlement ! Autre initiative de protection de l’allaitement en public : des panneaux en carton représentant des femmes qui allaitent dans l’Ontario ! La congressiste américaine Maloney devient l’avocate des mères et des mères allaitantes.

J’aimerais conclure sur tous ces selfies de « people » qui se multiplient depuis quelques mois, Christian Serratos, Amanda Seyfried, Pink et tant d’autres. Leurs photos génèrent toute une gamme de sentiments parmi ceux qui les regardent. Ces jeunes femmes postent leurs breastfies pour normaliser leur situation, pour normaliser l’allaitement maternel, pour partager leurs joies de mères. N’y cherchez pas de mauvaise intention, quand leur notoriété pourrait justement faire pencher la balance vers une normalisation de l’allaitement!

 

L’on comprend facilement les réticences d’une mère à offrir le sein en public quand une grande proportion des mères de son entourage sort plus facilement un biberon de lait infantile. Et vous, quelles astuces aimeriez-vous partager avec d’autres mères sur l’allaitement en public ?

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : consultante en lactation IBCLC, formatrice

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Point de vue d’un papa sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/#comments Tue, 20 Jun 2017 08:41:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1571 Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que … Continuer la lecture de Point de vue d’un papa sur l’allaitement

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Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que certains couples explosent en plein vol. Si vous voulez mon avis, on pourrait comparer l’arrivée d’un enfant à un tremblement de terre. Mais on arrive à reconstruire les fondations petit à petit.

Nous en avions parlé, c’était clair pour nous, ma femme allaiterait. Ce que nous ignorions alors, c’est que tout naturel que soit l’allaitement, ça pouvait ressembler à un parcours du combattant au début. Je me sentais impuissant quand ma compagne me demandait si elle positionnait bien Nine au sein. Elle souffrait de crevasses et les pommades que j’allais lui acheter en urgence à la pharmacie ne suffisaient pas. Alors, j’ai parcouru internet à la recherche de solutions. Je suis fier de lui avoir trouvé la méthode pour faire des pansements de lait maternel. Elle dit que ça a sauvé son allaitement. Puisque je ne pouvais pas donner le sein, je me suis arrangé pour être efficace dans les domaines où je pouvais agir.

Le déroulement d’une journée

Comme je travaillais à la maison, je pouvais être auprès de ma femme et de ma fille. Je ne m’étais pas douté un instant que ça allait être aussi épuisant. Aider au quotidien, remplir le réfrigérateur, préparer les repas, lancer une lessive, l’étendre, plier le linge ; courir acheter les couches manquantes, limiter gentiment mais fermement les visites épuisantes ; comprendre comment porter mon bébé en écharpe, l’y installer, bercer Nine et recommencer. C’était du non stop. J’étais carrément fier de me rendre utile, d’anticiper les besoins de mes deux femmes. J’avais concocté pour Cindy un espace cosy avec son thermos de tisane, une bouteille d’eau, un mélange de fruits secs et des bananes sans oublier le nécessaire mouchoirs, gel pour les mains, chargeur de téléphone portable et tablette. Elle avait son camp de survie en somme. Et j’étais chargé de la logistique et du ravitaillement. Et puis quand j’oubliais, elle savait me rappeler à l’ordre.

Comme la plupart de mes amis n’étaient pas encore papas, ils ignoraient combien un nourrisson vous mobilise et que la dernière chose qu’on ait envie de faire les premières semaines, c’est sortir et laisser mère et fille seules à la maison ; surtout le soir quand bébé a tendance à pleurer plus souvent. Une fois que tout roulait et qu’on gérait, nous ne nous sommes pas privés de sortie, grâce au portage et à l’allaitement, notre fille était toujours avec nous, une couche de rechange dans le sac et on pouvait aller au restaurant et passer du temps avec des amis.

Etre parents

C’est drôle, ma femme et moi avions passé pas mal de temps à lire et à nous informer sur notre rôle de futurs parents. Aucun livre ne prépare à l’émotion qui nous submerge et à l’intensité que ce bébé nous procure. Notre quotidien a été sacrément chamboulé, c’est le moins que l’on puisse dire. Affirmer que ce n’est que du bonheur, pas toujours non. Certains jours, quand l’épuisement vous gagne, on se demande si on fait tout bien comme il faut, on en discute et on relativise. Si nous sommes d’accord avec nos choix alors tout va bien !

Cependant, il ne m’est jamais venu à l’esprit que donner un biberon aurait été plus facile ou bien une manière de mieux prendre ma place auprès de notre bébé. Dès son arrivée à la maison, c’est moi qui me suis chargé du bain et du massage qui suivait. C’était un moment à nous et aussi un moment pour que ma femme puisse se relaxer. Et en toute franchise, ça m’arrangeait pas mal que Cindy se charge d’allaiter. Cela me permettait de me reposer un peu aussi.

Puis comme tout le monde, nous nous sommes posés tout un tas de questions. Car entre ce qui est dit dans les livres et la réalité, on est vite perdu : pourquoi pleure-t-elle alors qu’elle est changée et qu’elle a mangé ? Peut-elle dormir avec nous ? Peut-elle s’endormir au sein sans que cela créée de mauvaises habitudes ? Pourquoi n’aime-t-elle pas être posée ? Tout le monde y va de ses conseils mais quand aucun ne semblait nous correspondre, que faire ? Nous avons cessé de nous interroger sur « la marche à suivre » quand nous nous sommes rendu compte que le mieux était de suivre notre instinct. On allait faire des erreurs c’est sûr. Et puis… tant pis ! C’est aussi de cette manière que j’ai trouvé ma place en tant que papa. Relativiser les difficultés, chercher des solutions, décrocher mon téléphone pour trouver le rendez-vous chez l’ostéopathe qui débloquera la situation.

L’allaitement a quelque chose de magique, d’indescriptible. Je n’ai jamais su comment l’expliquer mais j’ai toujours été ému en voyant Cindy allaiter notre fille. C’est un moment où elles sont comme coupées du monde extérieur et je suis le témoin privilégié de ce bel ensemble. Je sais que mon rôle est de l’encourager, quand elle trouve ça dur. Que ma femme allaite m’a demandé de me montrer plus créatif. Ça tombe bien, dans ma vie professionnelle, je travaille dans le domaine artistique. Et puis, ce qui est sûr, c’est qu’on a gardé de cette période un souvenir très fort.

[Auteur] : Jean-Georges Gouazé, papa de bébés allaités

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La place du père dans la consultation d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/#respond Thu, 19 Jan 2017 17:37:15 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1501 Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter. Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, … Continuer la lecture de La place du père dans la consultation d’allaitement

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Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter.

Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, risque de crevasse), de seins trop pleins. Ils vont aider leurs compagnes aussi bien par leur rappel des conseils que par leurs gestes.

Lors de soucis, ils peuvent soulager la mère en lui massant les seins, en les préparant avant la tétée ou le recueil au tire-lait. Une fois, j’ai admiré un papa qui avait pris ma suite alors que j’allais prendre une série de notes. Il reproduisait un massage de déblocage de canal bouché tout en tenant une téterelle de tire-lait, tandis que la maman allaitait de l’autre côté ; et de me demander si ses gestes étaient corrects.

Le papa qui vient en consultation, peut aussi librement exprimer son stress, son inquiétude. J’ai le souvenir récent d’un papa me demandant : « pouvez-vous nous dire si vous pouvez faire quelque chose, entre ces douleurs et le manque de lait ? ».  Ce papa put alors être rassuré, le projet d’allaitement tout autant que la santé de son enfant, peuvent et doivent être respectés, et c’est cette consultation, qui a permis d’identifier ce qui n’allait pas, et comment y remédier au mieux, ensemble, quitte à faire des ajustements par téléphone dans les jours qui suivent.

Le père est également important lorsque nous, consultantes en lactation, sommes amenées à suggérer des massages oraux spécifiques pour les bébés –massage des lèvres, des gencives etc. Ces massages sont à réaliser plusieurs fois par jour, idéalement avant chaque tétée. Je les charge de ces massages, car non seulement ils sont impliqués dans un soin à leur enfant, mais aussi ils permettent à la mère de se détendre ou de jouer avec les aînés…

C’est pourquoi les (futurs) papas sont cordialement invités lors des consultations. Ils sont les bienvenus aussi lors des réunions organisées par les associations.

Pour finir, une petite note. Les mères d’aujourd’hui qui vivent en couple peuvent avoir une partenaire du même sexe. Il va de soi que tout ce que nous avons écrit en citant le papa peut s’adapter librement à une partenaire.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team » https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/#respond Wed, 11 Jan 2017 11:05:38 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1493 Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team »

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Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient » sa compagne, ça marchera mieux, plus longtemps, et que les difficultés ont plus de chances d’être dépassées. Mais ça va beaucoup plus loin ! Avant de vous décrire pourquoi et comment l’on peut et devrait inclure le papa dans la « breastfeeding team* », permettez-moi de vous raconter quelques petites anecdotes.

Une maman vient avec des seins pleins de lait. Elle souffre de plusieurs canaux bouchés. Je vais consacrer une large partie de la consultation à masser ses seins, à l’aider à extraire son lait, en veillant à apporter de l’attention au bébé tout en vérifiant le tire-lait. La présence du papa fut là particulièrement utile, car la prise en bouche fut compliquée à améliorer et demanda du temps. En parallèle, les massages pour les canaux bouchés durent se poursuivre plusieurs jours. Le papa put ainsi continuer et reproduire à la maison les gestes appris en consultation.

Un autre papa m’a appelé une fois, parce que sa femme souffrait d’un énorme pic de fièvre, et n’était pas en état de parler au téléphone. Il prenait la relève, tout simplement. Il s’avéra qu’elle déclarait une mastite.

Le futur papa est souvent en faveur de l’allaitement, même si la décision finale revient généralement à la mère. Pourtant assez rapidement, il peut se sentir totalement démuni. Les papas éprouvent eux aussi physiologiquement du stress, de la douleur psychique. L’arrivée d’un nouveau-né est stressante, dans le sens où un nouveau membre entre dans la famille. Il y a une période d’adaptation.

Les seins de sa compagne ne sont plus ces atours que lui seul peut admirer dans leur intimité. La sexualité du couple peut en pâtir parce qu’ils n’ont pas encore trouvé les ajustements nécessaires lors de l’arrivée du bébé, qu’il soit allaité ou pas.

Il se peut aussi parfois que l’allaitement soit douloureux et le père se sent inefficace, insignifiant. Il a l’impression qu’il n’a pas de contrôle, aussi bien devant sa compagne qui souffre (crevasses, manque de lait, etc.), que devant ce bébé qui hurle de faim.

Personne ne devrait l’ignorer ! Mais le papa a un système qui limite ses risques d’extrême désarroi et de « perte des pédales » si on le compare à une maman désemparée, peu confiante, qui est tellement stressée et endolorie qu’elle en oublie tous les bons conseils reçus, et que le peu de confiance en elle-même partent en poussière. Le papa est alors précieux, il prend l’enfant qui hurle dans ses bras et parvient à le calmer, il prend parfois le téléphone et appelle une ressource en allaitement, ou encore il console sa compagne, et là, se rappelle les bons repères d’installation.

Un grand nombre de personnes (et parfois le père lui-même) le réduisent à celui qui pourrait donner un biberon, comme si l’allaitement maternel empêchait une relation étroite entre père et enfant, et que seul un biberon (de l’occasionnel au fréquent) était sa seule relation possible.

Mais ils peuvent faire du peau à peau avec l’enfant nouveau-né, ce n’est pas seulement réservé à la mère, et encore plus lorsque cette dernière se trouve séparée pour des soins. Nous rions alors lorsque je les mets en garde qu’à peu près tous les papas se sont fait attraper leur mamelon en bouche, mais souvent l’enfant les recrache car le lait ne coule pas de ceux-là. Ajoutons que le peau à peau n’est pas réservé aux premières heures. En outre, qui a dit qu’un papa, à défaut d’une maman, ne peut pas faire de grosses plages de peau à peau même lorsque l’enfant a passé un mois d’âge ?

Le père peut également aider la mère à se positionner pour allaiter, amener une bouteille d’eau, une collation… Et quand tout le monde est bien installé, prendre une photo, et faire un gros câlin à sa famille.:)

Il peut aussi porter son enfant dans une écharpe,  à la maison comme pour une balade familiale. Il peut donner le bain, changer les couches. Bien sûr, il peut participer ou prendre en charge tout ou partie des travaux ménagers. Il peut s’occuper  du nouveau-né après une tétée, et laisser à la maman la possibilité de sortir se promener avec les aînés ! Car eux aussi ne doivent pas être oubliés. Le papa impliqué très tôt dans les soins de son enfant, dans le portage, le massage, le peau à peau, dans l’aide intrinsèque de la « breastfeeding team »* est un papa-compagnon dont l’existence est visible, tant aux yeux de la société, qu’aux siens. Il ne se sent plus dépassé, ni démuni, ni mis à l’écart. Il est, devient, reste, un soutien important .

* NDLR : L’équipe de l’allaitement

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Débuts imprévus https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/ https://www.leblogallaitement.com/debuts-imprevus/#respond Mon, 02 Jan 2017 09:41:18 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1486 Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂 Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire … Continuer la lecture de Débuts imprévus

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Toute l’équipe de Grandir Nature se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2017 avec  plein de tétées et  du lait maternel qui coule à flot !!! 🙂

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai choisi de publier le témoignage de Myriam, maman d’une grande prématurée qui va nous parler de son histoire en plusieurs parties. Voici un témoignage plein de courage.

Cinq mois de grossesse, notre petite merveille naît. Victoria mesure 33 cm et pèse 690g. Naissance inattendue pour un bébé d’une fragilité extrême. Le service de réanimation, ou « réa » devient son nouveau cocon, notre seconde maison. Un monde qui a son propre espace temps, peuplé d’êtres humains lumineux, les plus petits qui soient.

Avec cette naissance prématurée démarre l’attente. On ne le mesure pas encore bien mais c’est extraordinairement dur. Petit à petit, les minutes se muent en jours puis en mois. On s’accroche au peu que l’on puisse apporte, à commencer peut-être par mon lait.

Y a pas de mots pour décrire ce que je ressens alors. La Vie de ma fille tient à un fil. Ma tentation est si grande de me décourager. Pourtant, la solution est là, continuer d’y croire, et avoir pour seul et unique objectif de garder confiance parce l’on ne maîtrise rien. On peut contrôler ce qui vient de soi, planter l’espérance dans un terreau fertile, chaleureux et bienveillant, cultiver son jardin intérieur pour espérer récolter les plus beaux fruits qui soient. Il y a des ingrédients nécessaires et que l’on retrouve chez tous les rayonnants sortis de ces épreuves : l’amour, la joie et l’espoir toujours en ligne de mire. Ça n’enlève pas la souffrance, ni les larmes mais l’enracinement est trop important pour que la tige poursuive son chemin pour s’élever.

Le quotidien, c’est juste se remémorer très régulièrement du seul ou des quelques petits moments positifs. Il y en a toujours un même dans la pire de la pire des journées. S’accrocher à ces sourires en fait partie, à ces rires entendus au loin. Sentir cette brise légère caresser notre visage quand on est dehors. Garder en mémoire les messages d’un proche ou d’un ami qui nous veut du bien, qui envoie des wagons de courage et une locomotive de force, ou juste qui prie pour nous dans cette situation à laquelle on ne comprend rien. Romain Gary disait à juste titre : “Vous ne pouvez pas attendre de la vie d’avoir un sens. Vous devez lui en donner un ». Et c’est bien ce sur quoi nous nous sommes concentrés. C’est ce qui m’a aidé à trouver mille et une ressources en moi pour recueillir le précieux liquide. Mon or, son médicament, ce lait qui préserve ce lien incomparable entre ma merveilleuse fille que j’aime tant et qui lutte pour s’accrocher à la vie.

Puis chaque jour, avancer, sonner à l’interphone, attendre patiemment que la porte s’ouvre et se referme, poser un pied puis l’autre jusqu’au casier, déposer mon manteau, dérouler mon écharpe, chaque geste avec une temporalité propre, celle de la réa. Puis me diriger vers les lavabos, et méticuleusement, accomplir les rites de désinfection, porter l’habit de circonstance, le masque et repartir vers les berceaux. Mettre tous mes sens en éveil, en étroite connexion avec le présent, vivre, sans perdre un instant.

Sur chaque mur un peu sombre que je rencontre, je dessine un petit ange à la craie. Pour donner de la douceur au monde.” Jean-Charles de Castelbajac

Au moment de dire bonjour, je recherche les yeux de la personne qui est là juste pour me donner toute la force dont j’ai besoin pour continuer mon chemin. Il y a une osmose, une harmonie qui se crée entre le personnel soignant et les parents qui ne nécessitent pas d’explications ; les regards se suffisent à eux-mêmes.

Mon seul but alors : être présente et disponible pour Victoria, en réa, me tenir près de la couveuse pour la soutenir dans ce qu’elle vit, les bons moments et les bonnes nouvelles comme dans les difficultés et les jours plus compliqués.

Myriam en contact avec Victoria - couveuse

Je me souviens d’une après-midi particulièrement éprouvante. J’avais le moral en dents de scie. Je passais d’un état rassuré à inquiet en deux minutes. C’est alors que j’ai envoyé un texto à Suzanne, la responsable de l’aumônerie. Elle seule a le droit d’effectuer des visites à l’improviste dans le service. Elle était disponible et a mis peu de temps pour nous rejoindre. Sa seule présence me rassure et son écoute est inestimable. Je la revois avec son sourire jusqu’aux oreilles, ses yeux qui pétillent d’allégresse. Je lui ai expliqué la situation, elle voyait bien que j’avais le moral dans les chaussettes, épuisée par ces sonneries, le scope ( appareil pour surveiller le rythme cardiaque de bébé ) et ce service que je voulais fuir. Je ne sais même plus ce qu’elle a répondu, parce que c’était davantage sa prestance que ses mots qui m’ont touchée. La puéricultrice a scotché sur la porte une note « ne pas déranger ». En ces instants éprouvants, nous nous sommes mises à prier, juste ce qu’il faut pour me consoler et me réconforter. Suzanne connaît les mots pour dire, pour prier comme il se doit lorsque l’on est incapable de restructurer sa pensée, l’affect marqué à vif.

Quand je repense à cette période fragile de notre aventure, je me souviens aussi que le dialogue avec nos proches n’était pas facile non plus. C’est difficile de décrire ces instants, mes émotions de mère. L’impression que toutes nos souffrances sont banalisées. Et pourtant, c’est tellement vrai, se sentir impuissant devant l’inacceptable, la souffrance d’un enfant et de sa mère, ça touche tout le monde en plein cœur.

Alors quand – après des semaines – vient enfin le moment où je peux porter ma Victoria dans mes bras en peau à peau, le silence s’installe, l’amour circule enfin avec une intensité que rien ne peut atténuer. Comme si l’énergie était tellement contenue, qu’enfin libérée, la fleur s’épanouit et s’ouvre au grand jour, pour notre plus grand bonheur.

Cramponnez-vous, tant que la vie palpite…
 Ne lâchez rien, c’est le seul moyen d’aller plus haut!” (Pierre Lunel)

Et quand la sortie se fait tellement désirer, je rencontre Rachel au self, une pédiatre qui s’installe à ma table pour manger ! Au moment-même où le doute s’installe, je me sens lasse, figée au bord du chemin. Elle est alors un témoin formidable et je reprends ma route le cœur plus léger. Ce sont des discussions que je n’oublierai pas. Ce jour-là, elle m’a complètement redonné espoir quant à notre sortie.

C’est aussi grâce à Rachel, que bravant le règlement, Victoria a rencontré ses sœurs à l’hôpital, et le cœur tout brûlant nous avons savouré cette joie de nous retrouver à 5 au même endroit et au même moment. Chaque jour passé aux côtés de Victoria me fait dire la Vie est très précieuse, n’en loupe pas un instant.

J’ai décidé de profiter de tous ces bonheurs à fond, à 100 %, comme les tétées d’intense proximité. Je dois ces tétées en partie à Shasha, surnom donné à Shadock, mon tire-lait qui ne m’a pas quitté pendant bien 2 ans. Donner mon lait à ma fille, j’ai décidé d’en faire mon défi quotidien. Les études scientifiques récentes prouvent qu’un nourrisson a moins de soucis de santé quand il est nourri de lait maternel. Alors Victoria serait allaitée longtemps, c’est une évidence. Le lactarium a stocké jusqu’à quinze litres de mon lait, pour être sûre qu’elle n’en manque jamais.

Et puis après deux mois d’une attente stressante, j’entends la pédiatre déclarer pour la première fois que « Victoria a une évolution favorable ».  Au bout de 4 mois 1/2 d’hospitalisation en réanimation et en médecine néonatale, Victoria est rentrée à la maison, la veille de la fête des mères. Nous sommes enfin réunis : la séparation forcée d’avec une partie de ma famille me pesait considérablement.

D’aucuns reconnaissent qu’on ne quitte pas la réa indemne. Ce microcosme vous transforme complètement et si intensément qu’après on ne peut plus voir la vie de la même façon. Victoria a maintenant 3 ans1/2, elle est en petite section, aime beaucoup l’école et son maître. Elle s’émerveille de tout, a une détermination qui n’a d’égale que sa soif de vivre.

 [Auteure] :  Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement.

Merci à Myriam pour cette article et ces photos.

 

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L’allaitement : un acte naturel qui s’apprend https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-un-acte-naturel-qui-sapprend/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-un-acte-naturel-qui-sapprend/#comments Tue, 18 Oct 2016 12:47:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1450 Allaiter est-il un processus naturel spontané ou un comportement acquis par notre culture, notre environnement proche ? Il est toujours primordial de mieux connaître les facteurs impliqués dans le démarrage et la poursuite de l’allaitement maternel quand on veut  aider un maximum de mamans. Même si l’allaitement est ancré en nous puisque toutes les femmes sont … Continuer la lecture de L’allaitement : un acte naturel qui s’apprend

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Allaiter est-il un processus naturel spontané ou un comportement acquis par notre culture, notre environnement proche ? Il est toujours primordial de mieux connaître les facteurs impliqués dans le démarrage et la poursuite de l’allaitement maternel quand on veut  aider un maximum de mamans.

Même si l’allaitement est ancré en nous puisque toutes les femmes sont capables d’allaiter- leur corps étant préparé pour cette fonction depuis leur naissance – la pratique de l’allaitement, elle, semble bel et bien être un comportement à acquérir. Pourquoi ? Et comment est-on parvenu à une telle conclusion ?

Les études consacrées à ce sujet, partent du constat que même si l’allaitement a prouvé ses avantages et ses bienfaits sur l’enfant et la mère, il est loin de faire l’unanimité, notamment dans la poursuite au-delà des premières semaines. Le sujet déchaîne d’ailleurs encore les esprits et de nombreuses discussions passionnées ont cours entre les mamans qui prônent l’allaitement et celles qui n’ont pas pu ou voulu allaiter.  Quel rôle joue l’environnement de la mère notamment les conseils dont elle pourra ou non bénéficier ?

L’espèce humaine, cas particulier de la famille des mammifères ?

Wells [1] propose un très bel article sur la base d’une revue bibliographique assez poussée ; il évoque les aspects biologiques, socioculturels de l’allaitement.  En particulier, il replace l’Homme dans la famille des mammifères et montre la variabilité du comportement entre les différentes espèces.

Ainsi sur l’échelle du « degré de maturité du nouveau-né », notre espèce se trouve entre les mammifères nidicoles (type marsupiaux – avec poche ventrale) et le mammifère ongulé plutôt mature à la naissance (porcs, ruminants).

Dans le cas des nidicoles, le bébé en contact très rapproché avec sa mère, tète naturellement malgré sa faible maturité. De l’autre côté de l’échelle, bébé est très mature, ce qui ne l’empêche pas de téter sa mère sans l’aide de celle-ci.

Chez nous les primates, c’est un peu différent. Le petit est incapable de se tenir debout, de se nourrir seul et a besoin d’être guidé par sa mère ; or elle aussi doit être aidée.

Wells évoque un certain nombre d’observations de primates élevés en captivité. A leur primiparité, les femelles n’allaitent pas, pratique qu’elles ne semblent pas connaître. Or, en groupe, à l’état sauvage, l’allaitement démarre ce qui suggère qu’un apprentissage de femelles « adolescentes » s’opère, leur permettant d’acquérir une expérience maternelle avant même leur premier bébé.

Le nourrissage des chimpanzés (notre proche parent) est également, d’après de nombreuses observations, en général un phénomène acquis au sein du groupe (le mécanisme exact de l’apprentissage n’est pas encore bien connu) [2]

Toujours sur la base des résultats de nombreuses recherches, l’auteur montre que l’allaitement humain est conforme aux modèles observés chez les primates : il s’agit bien d’un processus biologique inné (les mères qui allaitent ressentent des sensations et gestes spontanés) mais la mise en place et la poursuite s’adaptent aux conditions environnementales dans lequel le couple mère-enfant évolue. Elle nécessite des conseils d’autres mamans ou de celles qui ont l’expérience et la connaissance.

Maher [3] évoque également cette notion d’expérience partagée. Pour lui, la pratique répandue du biberon au 20e siècle aux Etats-Unis a considérablement réduit l’expérience collective de l’allaitement dont la population contemporaine ne peut pas bénéficier.

Influence des décisions prénatales

Savoir que les bons gestes, la bonne écoute des besoins de son bébé s’acquièrent avec l’expérience est essentiel, notamment pour les primipares. Une étude néerlandaise [4] datant de 2005 sur les réflexions prénatales de 89 mères a en effet révélé que les jeunes mamans pensaient que l’allaitement était un acte entièrement naturel et inné et qu’en conséquence, elles ne ressentaient pas le besoin de s’y préparer avant la naissance. Sans expérience extérieure, ni information préalable, l’allaitement même choisi, est plus difficile.

En dehors des primipares, l’étude montre également que la décision d’allaiter prise bien avant la naissance, était fortement corrélée avec le comportement effectivement mis en place. D’autres études (2005 et 2011) sur un plus grand nombre de femmes font écho à ce résultat [5] [6] .

L’apport d’une « formation prénatale » soit dans une maternité ou dans le cadre de rencontres et d’échanges avec d’autres mères allaitantes contribue à anticiper les questions qui ne manqueront pas de se poser, de couper court aux croyances erronées fréquemment rencontrées et qui conduisent généralement à un échec de l’allaitement. Cela permet également de renforcer le sentiment de confiance en soi qui manque aux jeunes mamans.

Conclusion

L’allaitement est naturel dans la mesure où c’est un processus qui est prévu par notre corps. Mais l’ensemble des études parcourues montre que si on veut le mener à bien, une expérience est à acquérir pour le démarrage et la poursuite (échanges entre mères, programmes de préparation pendant la grossesse) et ce d’autant plus si le choix de la mère ne s’inscrit pas dans la norme culturelle dans laquelle elle évolue.

Références :

[1] J. Wells, « The Role of Cultural Factors in Human Breasfeeding: Adaptive Behaviour or Biopower? », Human Ecology Special, 2006

[2] H. Plotkin, « The imagined World made meal : Towards a Natural Science of Culture. Perguin Press, London, 2002

[3] V. Maher, « Breast-feeding in cross-cultural perspective : Paradoxes and Proposals”, The Anthropology of Breast-feeding :  Natural Law or Social Construct”, 1992

[4] B. Gijsbers, “Factors Associated with the Initiation of Breastfeeding in Asthmatic Families : The Attitude-Social Influence Self-Efficacy Model”, Breastfeeding Medicine, 2006

[5] V. Swanson, “ Initiation and continuation of breastfeeding : theory of planned behavior”, Journal of Advanced Nursing, 2005

[6] K. Beermann, « The Effectiveness of Prenatal Education on Breasfeeding Initiation and Continuation Rates », http://www.instituteofmidwifery.org, 2011

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général. A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel.

 

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La nécessité d’allaiter selon Lucie https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/ https://www.leblogallaitement.com/la-necessite-dallaiter-selon-lucie/#comments Wed, 24 Aug 2016 13:12:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1422 Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants. Mon allaitement long Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. … Continuer la lecture de La nécessité d’allaiter selon Lucie

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Nous avons reçu récemment le témoignage spontané de Lucie* sur ses allaitements, je vous laisse le découvrir. Voici donc la belle histoire de Lucie et de ses enfants.

Mon allaitement long

Tout commence lorsque j’apprends que je suis la seule à ne pas avoir été allaité sur les trois enfants que ma mère a eues. Je suis la seule à subir de nombreuses allergies et d’autres problèmes de santé… Je dois avoir sept ans et C’EST DECIDE, JE VEUX ALLAITER MES ENFANTS pour leur éviter d’avoir toutes mes allergies et mes problèmes de santé…

Nous sommes en juillet 2010 et le moment est arrivé, j’apprends ma première grossesse et c’est quelques mois plus tard que j’accouche prématurément par césarienne, d’un bébé ayant un faible poids dû à un retard de croissance. Tout va très vite mais je ne peux pas allaiter mon bébé. Il pourrait trop se fatiguer  car il est prématuré et affaibli par sa venue au monde ( ce qui n’est pas tout à fait juste, je l’ai appris par la suite mais ceci est une autre histoire).

Je ne me pose donc aucune question et je tire mon lait toutes les heures environ …

Je me sens comme une « vache laitière » mais les quantités tirées me rassurent, je vais pouvoir allaiter longtemps d’après le personnel de la maternité.

Après quelques jours, les ennuis commencent : suite à une poussée de fièvre et sous les mauvais conseils d’une professionnelle, je suis contrainte d’arrêter l’allaitement. On suspecte une mastite (inflammation du sein ) et on me met sous perfusion d’antibiotiques. Heureusement, le lendemain matin une puéricultrice plus informée sur le sujet, me recommande de reprendre au plus vite les tirages.

Puis je sors enfin de l’hôpital. Les mois passent …

Je suis à trois mois d’allaitement et je ressens ce manque que peuvent ressentir d’autres mamans quand leur bébé se met à téter de plus en plus pendant les périodes de pointe ( je ne savais pas encore ce que c’était ). Roméo* revient toutes les heures et hurle après les tétées, je décide d’utiliser mon tire-lait à nouveau et de ne plus mettre mon bébé au sein pour voir ce que je tire (son faible poids ne m’a pas permis d’être zen et de me faire confiance sur la prise au sein). Je ne tire que 10 ml toutes les heures et je décide donc de relancer ma lactation car mon stock diminue de plus en plus et le lactarium est passé prendre mes derniers vingt litres la veille ( je pensais que je n’en aurais plus besoin ).

Dès que Roméo a fini de téter, je tire mon lait et le papa le complète avec le lait tiré. La nuit je me lève toutes les heures pour stimuler cinq à  dix minutes. Ma belle-mère s’en mêle avec ses phrases anti allaitement « c’est la fin, l’allaitement ne dure jamais ! »

 La fatigue, la prématurité, mon long séjour à la maternité, de devenir maman…tout cela était un stress important et me voilà à acheter une boîte de lait, je ne sais pas encore à ce moment que je peux trouver du soutien auprès d’une consultante ou d’une sage-femme…ET POUR MOI C’EST LA FIN!

Je sais que je peux encore y remédier mais COMMENT ? Je n’ai plus de force ! Je quitte l’appartement pour ne pas voir mon bébé prendre ce biberon de lait artificiel, je suis déprimée et j’ai beaucoup de mal à m’en remettre. Je n’ai pas pu avoir ce lien privilégié auquel je m’attendais et auquel je m’étais préparée. Il me faudra un autre enfant pour « réparer les dégâts », du moins c’est ce que je pense…

NINA*

Nous sommes en 2014 quand Nina arrive parmi nous, elle ne présente pas de soucis en particulier si ce n’est un faible poids également. Suite à l’échec du déclenchement programmé, une césarienne est effectuée et nous sommes séparées le temps de mon réveil. Le papa l’accompagne en chambre et explique aux sages-femmes qu’elle ne doit pas recevoir de lait artificiel car je veux l’allaiter. Malheureusement elle a faim et sera alimentée par biberon avec du lait artificiel quand même…( là aussi j’ai appris qu’ on aurait pu me proposer de faire différemment..)

Lorsque je reviens en chambre, c’est bien sûr la première chose que j’ai fait, L’ALLAITER ! Tout ne se passe pas comme je l’espèrais, elle n’arrive pas à prendre le sein correctement. Elle « tétouille », ne déglutit pas, et dort toute la journée mais pleure toute la nuit. Une puéricultrice m’aide à extraire le colostrum sur une petite cuillère pour qu’elle ne perde pas trop de poids.

Les journées et les nuits s’enchaînent et je me vois confronter à la montée de lait difficile car Nina s’endort et je n’arrive pas à trouver la bonne position, celle où je n’ai  pas mal. Le personnel médical ne s’en inquiète pas… Je serre les dents et me dit qu’à la maison ça ira mieux ! En attendant je subis les visites répétées et les conseils déplacés…

Je rentre enfin et là aussi rien ne se passe comme je l’avais imaginé, Nina pleure toujours autant et réclame sans cesse le sein, je ne sais même plus différencier la tétée efficace de la « tétouille », elle s’endort sans cesse rapidement. Je connais à présent Grandir Nature et j’appelle donc la consultante en lactation et nous faisons le point. Je dois « refaire » mon accouchement, la césarienne et la séparation ont « laissé des traces » sur mon enfant, elle a besoin d’être rassurée et le peau à peau et les bains communs vont nous rapprocher et recréer ce cocon qu’elle avait au creux de moi ! Je porte Nina en écharpe pour la calmer lors des moments de « crises » et je « cododote » (en toute sécurité) avec elle ! Nina se réveille la nuit toutes les heures mais je décide de lâcher prise et Nina tète à présent sans que je m’en rende compte, cela ne me réveille plus ! Elle finira par espacer les tétées.

J’appréhende chaque période de pointe.  Vers les deux mois et demi de Nina, je sens déjà qu’elle réclame de plus en plus. Pas de panique : je dors plus, mange équilibré, bois de la tisane d’allaitement et surtout, j’ai le numéro d’une consultante en lactation. Je suis parée pour passer ce cap !

Je ne voulais pas craquer, j’avais cet objectif en tête. C’était une démarche « réparatrice ». Tout devait bien se passer et tout s’est bien passé. J’ai mis du temps à mettre en place cet allaitement, je dois continuer pour mon enfant et moi-même. C’est bien plus qu’un choix c’est une nécessité pour moi !

Nous voilà donc à six mois d’allaitement exclusif et j’introduis l’alimentation solide par la méthode DME**, Nina se débrouille comme une chef.

Mais le calme est de courte durée. Elle revient téter de plus en plus souvent . J’ai repris le travail depuis  un mois, j’ai eu mon retour de couches (qui réduit la quantité de lait que je tire) …

J’ai peur, peur de la fin, de la fatigue qui va s’accumuler, peur de ne pas être à la hauteur, mais je sais que c’est le dernier cap, après tout ira bien ! Cela aura duré deux semaines et Nina retrouvera un rythme.

Nina a deux ans et tète, non pas encore mais TOUJOURS ! Ce que pense les autres je ne m’en soucie plus. Des phrases rigolotes (et moins) j’en entends toujours. J’allaite partout, à la montagne pour rassurer, à la mer pour rafraîchir, à la maison après un bobo, dans la voiture pour calmer, bref mon sein est toujours là prêt à réconforter ou hydrater et qu’il serve de réfrigérateur, de doudou, de mouchoir, de  « chewing gum »,  qu’il soit admiré ou critiqué, moi je sais une chose…J’AI GAGNE !

*les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat

**DME : diversification menée par l’enfant.

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Tout est permis ou presque …. https://www.leblogallaitement.com/tout-est-permis-ou-presque/ https://www.leblogallaitement.com/tout-est-permis-ou-presque/#respond Wed, 23 Dec 2015 11:27:20 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1230 Dans quelques jours c’est  le réveillon de Noël! Vous vous demandez peut-être si vous pouvez tout manger et peut-être même boire un peu d’alcool. Voici quelques conseils pour vous aider. Il n’y a qu’une phrase à dire : faites vous plaisir !! ! Contrairement à la grossesse où vous devez faire attention et éviter certains aliments, pendant l’allaitement … Continuer la lecture de Tout est permis ou presque ….

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Dans quelques jours c’est  le réveillon de Noël! Vous vous demandez peut-être si vous pouvez tout manger et peut-être même boire un peu d’alcool. Voici quelques conseils pour vous aider.

Il n’y a qu’une phrase à dire : faites vous plaisir !! !

Contrairement à la grossesse où vous devez faire attention et éviter certains aliments, pendant l’allaitement aucun aliment n’est interdit. Mais ce n’est pas une raison pour faire des excès ! 🙂

Goûtez de tout en quantité raisonnable, ça éveillera le goût de votre petit. Car comme vous le savez sans doute votre lait a la saveur de ce que vous mangez.

Et l’alcool me direz vous ?

L’alcool passe dans le lait, il est donc déconseillé de boire mais suivant certaines conditions, vous pouvez vous laisser tenter :

  • Buvez votre verre juste après la tétée, chaque verre mettra minimum 2h30 à être éliminé.

  • Vous pouvez éventuellement tirer votre lait en prévision de ces soirées.

Ce moment de convivialité peut aussi être le théâtre de remarques plus ou moins positives sur votre allaitement…

Armez-vous de courage et demandez à votre conjoint de vous aider si besoin. Gardez en tête que c’est souvent par méconnaissance de l’allaitement. Donc si vous sentez votre entourage ouvert n’hésitez pas à les informer, dans le cas contraire, éludez la question en transformant votre réponse en boutade, par exemple.

Enfin, continuez de mettre votre bébé régulièrement au sein pour éviter tout désagrément dans la suite de votre allaitement.

Passez de joyeuses fêtes !!!

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Une petite réflexion sur le Devenir Parent …. https://www.leblogallaitement.com/une-petite-reflexion-sur-le-devenir-parent-episode-1/ https://www.leblogallaitement.com/une-petite-reflexion-sur-le-devenir-parent-episode-1/#comments Thu, 20 Aug 2015 12:58:15 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1172 Dans mon travail de consultante en lactation IBCLC, je rencontre des parents qui ont des visions stéréotypées de ce que va être la vie avec leur bébé ou bien qui n’ont pas forcément réfléchi aux changements de vie que ce petit être allait leur amener. Ils se sentent plus ou moins perdus en fonction des … Continuer la lecture de Une petite réflexion sur le Devenir Parent ….

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Dans mon travail de consultante en lactation IBCLC, je rencontre des parents qui ont des visions stéréotypées de ce que va être la vie avec leur bébé ou bien qui n’ont pas forcément réfléchi aux changements de vie que ce petit être allait leur amener. Ils se sentent plus ou moins perdus en fonction des conseils ou de la préparation qu’ils ont reçus. Quand on a passé plusieurs années seul ou en couple, que l’on était plutôt libre de ses faits et gestes, de ses envies, la responsabilité d’un petit être n’est pas toujours facile à appréhender.

Bien sûr tous ces parents savent bien qu’un enfant n’est pas autonome à sa naissance (et longtemps après non plus d’ailleurs). Cela dit, un grand nombre de revues ou d’émissions de télévision nous conditionne, sans compter notre propre famille, nos amis.

J’ai coutume de rappeler qu’un petit être humain est très immature à la naissance1 . Selon les anthropologues, la croissance du cerveau trouve son origine notamment dans l’acquisition de la bipédie. C’est le bassin qui a dû s’adapter pour assurer la marche verticale des hommes. Ce faisant, il est devenu plus étroit. La bipédie a rendu possible l’activité des bras, des mains en simultané avec les pieds et cela a augmenté la taille du cerveau. On peut donc dire, que par rapport aux autres mammifères, les bébés humains naissent très prématurément. Pour avoir le même niveau de “finition” qu’un bébé chimpanzé, le bébé humain devrait avoir une gestation de 18 mois. Mais à 18 mois, un bébé ne pourrait plus passer par le bassin maternel à cause de son cerveau qui serait alors trop grand déjà…

Pour résumer, à la naissance, votre bébé manifeste un besoin bien plus impérieux d’être contre vous et avec vous qu’un petit singe (qui lui-même a encore de nombreux mois d’avance)…

Donc première chose à prévoir, de bons bras et/ou un bon outil de portage physiologique (proprement utilisé). Pour ce dernier, je conseille toujours aux parents d’essayer avant d’acheter, de repérer leur besoin et leur envie, et de prendre un cours de portage…

Poursuivons ; votre bébé naît immature. Il n’est donc pas capable de rationaliser. Par exemple, comprenez qu’il n’a pas la capacité de se calmer seul. Imaginez que vous êtes à deux mètres de lui, qu’il est éveillé mais qu’il ne vous voit pas, ne vous sent pas. Il se croit seul et par conséquent, il pleure.

Sans rentrer dans les détails, sachez que ceci provient de son cerveau archaïque2 qui lui dit «attention danger, je suis seul ». Ainsi, oui, il va s’arrêter quand vous l’aurez dans vos bras. Et non, ce qu’il exprime n’est pas de la comédie. Et il n’est pas non plus en train de vous manipuler. Les dernières études en neurosciences valident et défendent les soins de maternage3. Plus on aura aidé les bébés et les jeunes enfants à « gérer » leurs émotions, plus ils parviendront à les maîtriser avec le temps. Il faut du temps et beaucoup de patience et de répétition avec les jeunes enfants. Ces soins permettent aux connexions cérébrales de se multiplier, se consolider et aussi au bébé d’intégrer un sentiment intérieur de sécurité.

Tout ça pour vous dire que vous aurez beau acheter tout le matériel de puériculture disponible, la seule chose dont votre enfant aura besoin c’est de vous, de votre odeur, de vos paroles empathiques (« tu te sens triste », « tu te sens mal » etc.) pour se sentir bien et s’apaiser.

Pas facile tout ça, n’est-ce pas ? Rappelez-vous que cela ne dure pas et que c’est un passage obligé, nécessaire dans votre métier de parent et que cela vous aidera à savourer davantage d’être à ses côtés.

1http://www.fondation-lamap.org/fr/page/18709/le-developpement-du-cerveau-apres-la-naissance

2http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-Hors-serie-sur-la-JIA-2005-Le-portage-kangourou.html

3https://naitreetgrandirautrement.wordpress.com/2015/06/03/les-neurosciences-a-lappui-du-maternage/

Suggestions de lectures pour en savoir plus

– Pour une enfance heureuse, du Dr Catherine Gueguen

– Au cœur des émotions de l’enfant, d’Isabelle Filliozat

– Porter mon bébé : Comprendre, choisir et réussir le portage en écharpe de Céline Guerrand-Frénais et Cécile Cortet

– Shantala : Un art traditionnel, le massage des enfants de Frédérick Leboyer

– Le massage des bébés de Vimala Mcclure

[Auteure] : Clémence Gricourt, consultante en lactation IBCLC, instructrice en massage bébé AFMB/IAIM, monitrice en portage AFPB et animatrice d’ateliers de communication parent-enfant

[Biographie] :

Issue d’une famille de quatre filles, Clémence Gricourt a baigné dans le maternage dès sa plus tendre enfance. Aujourd’hui mère de trois enfants, elle voue sa carrière à transmettre les valeurs qui l’animent. Consultante en Lactation IBCLC, formée au CREFAM à Paris, elle a ajouté à ce cursus déjà très riche un panel de compétences complémentaires : instructrice en massage bébé IAIM et AFMB, conseillère en portage AFPB, animatrice d’ateliers “Faber et Mazlish” qui permettent la pratique d’une écoute et communication bienveillante avec les touts petits mais aussi les plus grands, ados et adultes. Enfin, elle est praticienne Rebozo. Clémence est également co-fondatrice de l’association Amiénoise “la boite à outils de la famille” qui propose des ateliers et des rencontres sur le thème de la parentalité.

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Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez! https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/ https://www.leblogallaitement.com/le-co-allaitement-si-vous-en-avez-envie-foncez/#comments Tue, 28 Apr 2015 13:37:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1111 Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin. L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent? La mise en route demande … Continuer la lecture de Le co-allaitement, si vous en avez envie, foncez!

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Vous souvenez-vous que nous avions laissé Tatiana juste avant son accouchement? Elle partait à la maternité en donnant une dernière tétée à Gabin.

L’accouchement s’est bien passé, elle est très vite rentrée chez elle, avec cette idée qui trottait dans sa tête : comment allait se passer l’allaitement à présent?

La mise en route demande toujours des ajustements

Tatiana revient à la maison quelques heures après son accouchement. Nolan a déjà tété plusieurs fois à la maternité, et tout semble correct.

Gabin est étonné de ce petit frère accroché au sein de sa maman mais il n’est pas jaloux et le laisse faire sans souci. Le premier jour, il ne demande pas à téter.

Comme après tous les accouchements, Nolan prend du colostrum au début. La «  montée de lait » s’opère très rapidement et en moins de 48heures, Tatiana a déjà les seins gorgés de lait.

Nolan est vite repu, s’endort rapidement. Tatiana commence à avoir des douleurs dues à la congestion. Elle appelle alors Gabin pour qu’il tète et la soulage. C’est un grand, il sait téter, il pourra l’aider.

Hélas, Gabin refuse, il préfère jouer. Le sein ne l’attire plus! Tatiana se demande si c’est la fin de son allaitement de son aîné.

Alors pour soulager ses seins, elle est obligée de prendre son tire-lait.

Le grand frère vient à l’aide!

Nolan continue de téter mais il est submergé par le flot de lait. Il fait de moins en moins d’efforts, le lait coule tout seul….Il dort beaucoup, et en ce troisième jour, il n’a pas encore repris de poids malgré les tétées répétées. Tatiana est toujours à la limite de l’engorgement.

Ce soir-là, Gabin a envie d’un gros câlin avec sa maman. Sans réfléchir, Tatiana sort son sein et Gabin tète spontanément. Lui aussi est submergé de lait, et il n’en avait plus l’habitude! Il lâche le sein, regarde sa mère et finalement lui dit : «  Mmm, trop bon le lait de Maman » puis il se remet à téter. Tatiana le laisse faire, heureuse d’avoir les seins bien vidés. Puis elle s’inquiéte pour Nolan : aura -t-il assez de lait ?

Les tétées à deux

Je la rassure. Son corps sait qu’elle allaite deux enfants : la montée de lait a été précoce, on les voit bien déglutir tous les deux. Nolan a juste besoin de s’adapter au flux et peut-être quelques tensions au niveau de sa mâchoire l’empêchent-elles de fermer correctement sa bouche. C’est d’ailleurs ce que retrouve l’ostéopathe après l’avoir examiné. Après ses petits ajustements, effectivement, Nolan commence à reprendre du poids et est plus efficace.

Pendant ce temps, Gabin continue de téter de temps en temps, surtout pour s’endormir à l’heure de la sieste ou du coucher.

C’est seulement au bout d’une semaine que Tatiana fait une première tétée en tandem. Elle se sent bien mais elle trouve ça étonnant. Elle est ravie, son vœu est exaucé : elle co-allaite.

Aujourd’hui, Nolan a onze mois, le co-allaitement se poursuit. Tout le monde y trouve son compte.

Les garçons tètent rarement ensemble mais chacun a sa ration de câlins et de lait, y compris la grande sœur qui préfère uniquement les câlins!

Co-allaiter, ce n’est pas plus compliqué qu’allaiter un seul enfant. Il faut simplement être attentif à ce que le plus petit soit prioritaire, et être vigilante sur sa prise de poids. Pour le reste, votre corps sait faire! Comme nous l’avons vu ci-dessus, le co-allaitement permet de passer les moments difficiles comme les engorgements, et également de montrer à l’aîné, de la manière la plus naturelle qui soit, que sa maman est toujours là pour lui…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Une belle histoire de détermination face à la reprise anticipée du travail https://www.leblogallaitement.com/une-belle-histoire-de-determination-face-a-la-reprise-anticipee-du-travail/ https://www.leblogallaitement.com/une-belle-histoire-de-determination-face-a-la-reprise-anticipee-du-travail/#comments Thu, 23 Oct 2014 07:53:08 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=982 J’aimerais vous parler aujourd’hui de Julie (°), une jeune maman allaitante qui a du partir en formation alors que son bébé n’avait que 6 semaines. S’y prendre à l’avance Très vite après son accouchement, Julie m’appelle pour savoir comment gérer cette reprise du travail précoce. Après quelques conseils, elle commence à tirer son lait pour … Continuer la lecture de Une belle histoire de détermination face à la reprise anticipée du travail

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J’aimerais vous parler aujourd’hui de Julie (°), une jeune maman allaitante qui a du partir en formation alors que son bébé n’avait que 6 semaines.

S’y prendre à l’avance

Très vite après son accouchement, Julie m’appelle pour savoir comment gérer cette reprise du travail précoce. Après quelques conseils, elle commence à tirer son lait pour se constituer un petit stock de lait maternel tout en continuant à allaiter.

Les premiers jours sont difficiles, Esteban (°) tète beaucoup et Julie a peu de temps pour tirer son lait. Les jours défilent et l’angoisse de Julie grandit : aura-t-elle assez de lait pour la totalité de son absence soit 2 fois 5 jours ?

Si tout est bien préparé…

Vers le premier mois d’Esteban, Julie commence à bien préparer et conseiller sa maman et son mari qui garderont le bébé en son absence : biberon à la demande en petites quantités comme au sein, porter Esteban le plus souvent possible, …..

Ouf , ça y est, le congélateur commence à se remplir de lait maternel !

Julie part la veille de sa formation. Une dernière tétée et elle monte dans le train qui la séparera de son enfant pendant 5 jours…

Heureusement, Esteban est avec son papa. La soirée et la nuit se passent très bien.

cela roule!

Le premier jour de la formation, la maman de Julie m’appelle. En effet, j’avais dit à Julie de laisser mes coordonnées à sa maman en cas de doute. Esteban pleure beaucoup, il demande plus à boire que prévu, elle a peur d’utiliser trop vite le stock. Elle ne sait plus que faire.

Je la rassure : il lui suffit de câliner, porter, expliquer … peu à peu Esteban se calme.

Le soir, je reçois des nouvelles de Julie, pour elle tout se passe bien . Elle peut tirer plusieurs fois dans la journée de belles quantités de son lait et la gérante de l’hôtel, très compréhensive, accepte gentiment de conserver son lait dans leur congélateur.

Arrive vendredi soir et un petit SMS de Julie : « Il me reste sept bouteilles d’environ 300 ml à la maison plus tout le lait que j’ai tiré cette semaine, tout s ‘est bien passé. Merci pour tout . »

Pour ma part, je suis soulagée, il faut bien le dire, mais très vite je me pose une autre question : Esteban va-t-il reprendre le sein après 5 jours ?

Happy end

Je décide de rappeler Julie après son deuxième stage pour avoir des nouvelles.

J’apprends avec joie que passé les premières minutes de surprise, puis les retrouvailles, Esteban a recommencé à téter comme s’il n’y avait eu aucune séparation.

Un grand bravo à cette famille qui a su préserver l’allaitement. Chacun a bien joué son rôle : Julie a bien préparé, elle s’est donné les moyens, elle a eu foi dans ses capacités, et elle a su bien s’entourer. Le papa a répondu présent à cette demande de sa femme, et il y a mis beaucoup d’énergie et d’amour. Le bébé a su s’adapter à cette situation en faisant confiance. Et la maman de Julie a accepté une mission pas facile qu’elle a remplie avec succès!

Une belle histoire, à partager et à imiter…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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