maternage | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Tue, 07 May 2019 14:51:05 +0000 fr-FR hourly 1 Maternage et transmission de mère à mère https://www.leblogallaitement.com/maternage-et-transmission-de-mere-a-mere/ https://www.leblogallaitement.com/maternage-et-transmission-de-mere-a-mere/#comments Tue, 07 May 2019 14:51:04 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1943 [Auteure] : Claire, maman de Pia et de Lou. Lorsque j’ai commencé à allaiter ma fille aînée, tout un monde nouveau s’est ouvert à moi, celui du maternage proximal. En bonne première de classe, je me suis plongée dans la littérature française et anglo-saxonne sur le sujet, j’ai cumulé les ateliers de formation à la parentalité, … Continuer la lecture de Maternage et transmission de mère à mère

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[Auteure] :
Claire, maman de Pia et de Lou.

Lorsque j’ai commencé à allaiter ma fille aînée, tout un monde nouveau s’est ouvert à moi, celui du maternage proximal. En bonne première de classe, je me suis plongée dans la littérature française et anglo-saxonne sur le sujet, j’ai cumulé les ateliers de formation à la parentalité, les réunions dans les groupes de soutien de mères allaitantes, et j’ai même rédigé une compilation de toutes ces données dans un écrit de plus de 100 pages. J’étais devenue une encyclopédie sur le sujet, je détenais LE mode d’emploi du devenir mère.

J’ai la grosse tête, je juge les autres


Je suis alors entrée dans une phase généreusement exécrable. Généreuse, parce qu’en ouvrant les yeux sur les merveilles de l’allaitement, j’avais l’élan de partager autour de moi. Exécrable, parce que je distribuais des conseils avisés à toutes les mères que je rencontrais, dans une posture très critique.

Lors d’un goûter avec une de mes amies – nous étions chacune fraîchement devenues mères – je me suis transformée en donneuse de leçons. Je l’inondais d’informations qu’elle n’avait pas demandées et auxquelles elle était visiblement hermétique. Je voulais l’aider à tout prix alors qu’elle n’avait pas besoin de soutien. Je voulais la convaincre de faire comme moi, qui avais réponse à tout. Le soir même j’ai réalisé avec beaucoup d’inconfort combien j’avais été autoritaire. Je m’étais crue bienveillante et soutenante, j’avais été très violente.

Pendant de longs mois, je me suis enfermée dans ce dysfonctionnement relationnel : la façon dont je diffusais les messages était exactement inverse à mon intention. Je voulais transmettre la délicatesse, la douceur, le respect des besoins de l’enfant, je transpirais l’agressivité, le rentre-dedans, la négation de l’autre. Je prônais la paix dans les familles, je menais un combat.

Je défendais des concepts avec arrogance au lieu de composer avec la réalité de la mère et de l’enfant auxquels je m’adressais.

Je me prends la tête, je me juge

Quand j’ai réalisé que ma transmission bringuebalante faisait fuir au lieu de rassembler, j’ai arrêté de juger les mères et je me suis jugée moi-même. J’ai eu honte de moi, honte de cette part très agressive à l’intérieur de moi qui voulait forcer l’autre à adhérer à mon point de vue. Peur de mon dragon intérieur destructeur, moi qui m’engageais dans l’éducation non-violente. Je continuais à penser que j’avais découvert un trésor, et j’étais très frustrée de mon incapacité à évoquer le sujet sereinement autour de moi.

Au quotidien, j’étais à l’écoute des besoins de mon bébé mais je niais totalement les miens. Ce que je trouvais évident intellectuellement me demandait beaucoup d’énergie à mettre en place avec ma fille. Je voulais devenir cette mère idéale, tout de suite, comme dans les livres, et ne tolérais aucun écart de ma part.

J’étais bienveillante avec mon enfant, malveillante avec moi-même.

La voie du cœur 

Et puis un jour j’ai accepté que chaque parent faisait de son mieux, avec son histoire et son bébé. Moi y compris. Rien ne remplacerait jamais mon expérience avec chacune de mes filles. J’ai dû faire le deuil de la mère parfaite et accepter ma parfaite imperfection. J’ai tout simplement vécu l’allaitement avec mes enfants, et cheminé tant bien que mal sur la voie de la parentalité consciente.

Paradoxalement, c’est en cessant de vouloir convaincre que mes messages ont été entendus. Ma sœur venait souvent déjeuner avec moi à cette époque-là. Elle me voyait allaiter à la demande, porter mon bébé, poursuivre un allaitement long, accueillir les émotions, signer avec ma fille, faire des erreurs et les réparer… Quelques années plus tard, je l’ai vue materner à son tour ses propres enfants et j’ai compris que j’avais modélisé sans m’en rendre compte ce que je tenais tant à transmettre. Ma tête avait ouvert la voie à une autre dimension, celle du cœur, et le message rayonnait enfin à l’extérieur.

Au final, à travers ces différentes expériences, j’ai compris que les mots seuls ne valaient rien. C’est vraiment l’alignement entre l’intention du cœur et les actes concrets qui constitue la plus impactante des transmissions.

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Pourquoi j’ai fait appel à une consultante en lactation ? https://www.leblogallaitement.com/pourquoi-jai-fait-appel-a-une-consultante-en-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/pourquoi-jai-fait-appel-a-une-consultante-en-lactation/#comments Tue, 05 Mar 2019 15:00:46 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1923 La première nuit suivant le retour de la maternité a été … cauchemardesque. Notre fille a littéralement passé sa nuit au sein. Dès que je tentais de la poser dans son berceau elle hurlait et mon cœur se serrait. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, mes seins étaient douloureux, gonflés, tendus, et mon … Continuer la lecture de Pourquoi j’ai fait appel à une consultante en lactation ?

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La première nuit suivant le retour de la maternité a été … cauchemardesque.

Notre fille a littéralement passé sa nuit au sein. Dès que je tentais de la poser dans son berceau elle hurlait et mon cœur se serrait. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, mes seins étaient douloureux, gonflés, tendus, et mon moral au plus bas. C’était évident : je ne savais pas être mère, je n’allais pas y arriver. En fait, j’étais en plein baby blues, mon bébé pleurait, mes seins coulaient, et mon mari était aussi démuni que moi.

Dans ma famille, l’allaitement avait cessé d’être transmis de mère en fille depuis plusieurs générations. J’avais donc besoin de l’aide précieuse de quelqu’un qui s’y connaissait en bébés allaités, pour remettre d’aplomb cette vie qui devenait un peu trop chaotique à mon goût.

J’ai appelé Carole, consultante en lactation : j’ai entendu sa voix posée, sereine, confiante et j’ai su que j’étais entre de bonnes mains. J’ai béni son premier conseil – aussi incongru qu’efficace – celui de mettre sur mes seins une feuille de chou bien fraîche. Je me suis sentie mieux, instantanément, dans mon corps et dans ma tête.

J’ai reçu lors de ce premier rendez-vous des informations sur les positions d’allaitement, le soulagement de la douleur, la technique pour extraire du lait, les premiers signaux d’éveil et de faim d’un nouveau-né, l’alimentation de la mère pendant l’allaitement, la digestion du bébé, et plein d’autres choses encore. Je buvais comme du petit lait les paroles de cette femme providentielle.

Puis, régulièrement pendant les premiers mois de mon bébé, je l’ai recontactée pour apaiser mes inquiétudes : si j’allaitais à la demande, mon bébé n’allait-il pas devenir obèse ? S’il s’endormait au sein, n’allait-il pas devenir dépendant ? Si on se lançait dans du cododo, ma fille allait-elle un jour rejoindre sa chambre ? Si je portais mon bébé en écharpe, n’allait-il pas trop s’habituer aux bras ? Et si mon bébé ne « faisait pas ses nuits » à 6 mois, était-ce normal ? J’ai aussi cherché auprès de ma consultante en lactation des informations sur la diversification, le sevrage, le soutien entre mères, le sommeil, les pleurs. Elle était devenue ma référence sur toutes les questions de maternage.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont mes états d’âme étaient accueillis. Je me suis sentie fragilisée en devenant mère, et ma consultante en lactation a su materner ce petit bébé perdu que j’étais devenue. Sa présence enveloppante me rassurait, et son accompagnement bienveillant m’a soutenue pendant de longs mois.

Lorsque j’ai accouché de notre deuxième fille, je ne découvrais plus l’allaitement, mais paradoxalement j’avais tout à réapprendre. A nouveau j’étais devenue ce nouveau-né dépendant, fragile, et je me sentais incompétente. Ma consultante attitrée nous a accompagnées avec beaucoup de douceur, et les difficultés de ma fille à téter se sont dissipées en quelques heures.

Et en bonus, j’ai trouvé une oreille attentive et empathique pour déposer mes inquiétudes liées au bouleversement de cette nouvelle naissance, et à la difficulté de recréer une place pour chacun. C’est finalement tout ce dont j’avais besoin.

En bref… J’ai fait appel à une consultante en lactation pour des réglages techniques et des informations sur l’allaitement. J’ai aussi et surtout bénéficié d’un accompagnement à la naissance : la MIENNE , en tant que mère, à deux reprises. Je remercie la Vie pour cette rencontre si marquante.

Claire, maman de Pia et de Lou.

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