ocytocine | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:46:27 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement/#respond Fri, 23 Jun 2023 10:05:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2313 Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées” Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis … Continuer la lecture de DEPRESSION DU post-partum ET ALLAITEMENT

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Aujourd’hui nous laissons la parole ou plutôt la plume à Marina Boudey, conseillère en allaitement et co auteur du livre pour enfants : “Histoire de tétées”

Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervé, etc… Est-ce que je fais bien continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait ? 

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP (dépression du post-partum) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

Quantité de lait ? 

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant, les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

en conclusion, oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella TorrisiDans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Boutaud

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Un petit verre a noel ? oui c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/un-petit-verre-a-noel-oui-cest-possible/#comments Thu, 22 Dec 2022 17:08:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2292 Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel.  L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ? Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles.  Pour information, 1 bière classique ( ½) ou … Continuer la lecture de Un petit verre a noel ? oui c’est possible !

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Marina Boudey, conseillère en allaitement, fondatrice de Lact’essence, co-autrice du livre Histoires de tétées, chroniqueuse radio autour de l’allaitement maternel. 

L’allaitement et l’alcool sont-ils compatibles, et si oui dans quelles mesures ?

Cet article traitera les dernières données scientifiques sur le sujet pour apporter des réponses factuelles. 

Pour information, 1 bière classique ( ½) ou un verre de vin est égal à 10g d’alcool. Ici, c’est cette quantité d’alcool que je nommerai “verre standard” dans l’ensemble des études citées.

  • Le taux d’alcool qui passe dans le lait maternel 

Pour une consommation légère, le taux d’éthanol présent dans le lait maternel sera égal à celui qui passe dans le sang. Par contre, pour une consommation modérée à élevée, son taux sera un peu plus élevé dans le lait maternel que dans le sang. 

La consommation d’alcool occasionnelle et très modérée est à ce jour considérée comme à faible risque pour le bébé, sans attente de temps pour allaiter le bébé.

Pourtant les recommandations de l’American Academy of Breastfeeding sont de limiter l’allaitement dans les 2h suivant le dernier verre car les effets de l’alcool à long terme sur le bébé ne sont pas connus.  

On ne peut pas savoir si une consommation légère et occasionnelle peut avoir une incidence sur le développement du bébé.

Cependant on peut extrapoler qu’une consommation modérée à excessive, peut avoir un impact sur le bébé au vu du temps plus long d’élimination de l’alcool par le bébé.

  • Durée d’élimination de l’alcool dans le lait maternel 

L’alcool met environ 30 à 60 minutes pour atteindre son point culminant et diminue progressivement dans le lait maternel tout comme il diminue dans le sang. 

  • Impact sur l’ocytocine et la prolactine 

Une consommation de 3 à 12 verres standard peut considérablement réduire le réflexe d’éjection et réduire la quantité de lait disponible pour le bébé.L’éthanol, principal composant des boissons alcoolisées, bloque la délivrance d’ocytocine, qui permet l’éjection du lait. 

Il agit aussi sur la prolactine, hormone responsable de la synthèse du lait maternel. 

Il faut donc veiller, lors de la consommation d’alcool, à bien vidanger le sein afin d’éviter un risque d’engorgement.

La métabolisation de l’alcool chez la femme allaitante 

Il est possible de diminuer la concentration d’alcool en tirant son lait (ou donner une tétée) 1h avant de boire. Il est conseillé de manger en même temps que l’alcool est ingéré.

  • Saveur du lait maternel 

Deux études ont montré que les bébés avaient tendance à téter plus fréquemment les premières minutes suivant l’exposition à l’alcool mais ils prélevaient 20% de lait en moins. 

  • Schéma veille-sommeil 

La consommation d’alcool peut, peut-être, interférer dans le sommeil du bébé avec des temps de sommeil plus court, et nuire potentiellement à long terme sur son développement, si la consommation d’alcool est régulière. 

  • Risques pour le bébé 

La consommation d’alcool modérée à excessive et/ou régulière peut potentiellement être associée à des difficultés de développement chez le bébé.

L’éthanol est évacué plus lentement chez le bébé que chez l’adulte. 

Et peut avoir un impact négatif sur l’état général du bébé et sur son développement cognitif et comportemental de façon significative, et des retards évidents des indices de croissance globaux.

  • Conclusion : est-il possible de boire de l’alcool durant l’allaitement ?

La consommation occasionnelle et légère d’alcool peut être envisagée. Au vu des données actuelles,  il vous appartient de l’allaiter sans attendre un laps de temps, ou de préférer allaiter en même temps que le verre est bu, puis de redonner le sein 2h à 3h plus tard au minimum.

La lait maternel sera toujours supérieur et adapté à votre bébé avec une consommation de 1 ou 2 verres standard.

La consommation d’alcool régulière et/ ou modérée à excessive peut avoir des effets indésirables sur la lactation et potentiellement sur le développement bébé. Donc si une consommation excessive d’alcool est envisagée il peut être nécessaire de prévoir du lait. 

  • Bon à savoir :
  • Si vous prévoyez une soirée alcoolisée, pensez à contacter une personne qui restera sobre pour s’occuper de bébé durant la soirée mais aussi à votre retour. L’alcool réduit le niveau de vigilance.
  • Si vous pratiquez habituellement le cododo et que vous avez consommé de l’alcool, ne dormez pas avec votre enfant afin d’éviter les risques d’écrasement ou d’étouffement du bébé.
  • Si vous pensez qu’il est nécessaire de discuter de votre consommation d’alcool, il est toujours possible de prendre de simples renseignements ici :

https://www.alcool-info-service.fr/

Sources :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/bcpt.12149

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4987236/

https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/88/4/737/57171/Maternal-Diet-Alters-the-Sensory-Qualities-of

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16713502/

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1747-0080.2006.00056.x

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2831123/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2720548/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2588480/#__ffn_sectitle

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Allaitement, ocytocine et accouchement https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-ocytocine-et-accouchement/#comments Thu, 14 Nov 2019 13:44:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1997 [Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®. Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de … Continuer la lecture de Allaitement, ocytocine et accouchement

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[Auteure] : Marie-Laure Lannette, accompagnante périnatale et auxiliaire de puériculture, Marie-Laure propose divers ateliers et services pour accompagner les parents dans la parentalité, et favoriser le lien parent-bébé, dont notamment l’approche Biological Nurturing®.

Lors de ma formation d’auxiliaire de puériculture j’ai fait un stage en maternité. Je me souviens que lors de l’évaluation de fin de stage, on m’avait reproché de ne pas avoir fait assez de “mise au sein“: cette technique qui consiste à plaquer la tête du bébé sur la poitrine de sa mère, voire à saisir le sein de celle-ci pour l’enfourner dans la bouche du bébé. Cette technique m’a toujours mise extrêmement mal à l’aise.

Beaucoup de femmes me relatent que lors du séjour à la maternité elles ont entendu des discours contradictoires concernant leur allaitement, qui souvent les ont déstabilisées. Parfois même, elles ont subi des reproches de certaines professionnelles car elles suivaient le conseil d’une autre et pas le leur. Cela pouvait prendre la forme de moqueries, voire elles se faisaient disputer comme si elles étaient une enfant, comme si elles étaient incapables de savoir elles-mêmes ce qui était bon pour leur bébé. Bien souvent, ces mères se sont senties jugées, voire culpabilisées. La plupart du temps, ces discours contradictoires sur l’allaitement ou ces mises au sein musclées viennent de la part de personnes pensant bien faire. Mais qu’inculque t-on à ces mères dès leurs premières heures en tant que mère ? Qu’elles ne sont pas aptes à savoir ce qui est bon ou non pour leur enfant ?

Ce que je relate ici n’est pas une généralité et fort heureusement j’entends aussi souvent de beaux témoignages sur des soignants merveilleux.

Le Dr Michel Odent explique que pour qu’un accouchement se déroule au mieux, le praticien doit intervenir le moins possible car il risque de solliciter le cerveau non reptilien de la mère et d’empêcher la bonne sécrétion de l’ocytocine. Ce médecin explique que l’activité du néocortex (l’intellect) peut inhiber d’autres fonctions. Par exemple il est difficile pour certaines personnes d’uriner si elles pensent que quelqu’un peut les entendre. Le néocortex doit donc être au repos pour que la femme puisse accoucher facilement.

Une femme qui accouche a besoin d’être protégée contre tout ce qui peut solliciter son néocortex :

  • le langage, les questions
  • une lumière trop forte
  • une température non adaptée
  • toute situation qui stimule l’attention
  • être ou se sentir observée

Il est en de même pour la délivrance du placenta et pour la mise en place de l’allaitement.

La sage-femme Diane Bolduc-Boutin définit l’ocytocine comme “l’hormone qui déclenche l’accouchement, qui stimule les contractions et pousse progressivement le bébé et le placenta hors de l’utérus. Associée à la prolactine, elle favorise le réflexe d’éjection du lait ; un combo en faveur du sentiment d’amour qui favorisera le comportement maternel et l’attachement au bébé (…) C’est la sœur de l’œstrogène et l’amie de la dopamine, génératrice de bien-être. Par contre elle est très timide et se cache volontiers lorsqu’elle a peur.” On l’appelle hormone de l’amour.

On peut se demander si ce qui est valable pour l’accouchement ne le serait-il pas aussi pour l’allaitement ?

Diriger la maman, lui expliquer comment elle doit faire, voire lui imposer ce qu’elle doit faire, lui demander de faire appel à son mental et non à son instinct, inhibe la production d’ocytocine. Bien souvent cela entraîne une difficulté dans la mise en place de l’allaitement et un sentiment d’échec pour la mère, qui peut contribuer à une diminution de sa confiance en soi et de sa capacité parentale. La mère a besoin de se sentir en sécurité, entourée d’une présence protectrice, et non d’un coach qui dirigerait ce qu’elle doit ou ne doit pas faire.

Être observé pendant qu’on fait quelque chose nous empêche bien souvent de la faire correctement. Combien d’entre nous se débrouillent très bien pour faire les créneaux quand nous sommes seuls mais doivent manœuvrer au moins 4 fois si on nous observe?

Lorsqu’un individu est observé, ou qu’il se sent observé, il perd bien souvent confiance en ses propres capacités et ressources. Il est donc primordial que la personne qui accompagne les débuts de l’allaitement soit la plus discrète, bienveillante et non jugeante possible.

Selon la sage-femme Suzanne Colson, docteur en lactation, les mères ont des instincts et le rôle des professionnels est de donner l’environnement favorable à l’expression de ses instincts au lieu de chercher à enseigner. Comme pour l’accouchement, en agissant sur l’environnement on aide la mère à trouver ses propres compétences. En dictant à la mère ce qu’il faut faire, on étouffe bien souvent son instinct et son savoir, ne lui laissant pas l’occasion de chercher et de découvrir par elle-même. En laissant les mères faire, elles positionnent mieux leur bébé, la tétée est plus efficace et non douloureuse, et bien souvent l’allaitement se poursuit plus longtemps.

Cette notion d’instinct est bien souvent controversée. A ce propos Michel Odent écrit : “Non seulement le bébé sait trouver le sein, mais la mère encore imprégnée des hormones qui lui ont permis d’accoucher, encore dans un état de conscience particulier qui tend à la couper du reste du monde, sait tenir son bébé, sait instinctivement coordonner son comportement avec celui de son nouveau-né. À tel point que j’ai vu des femmes qui n’avaient pas l’intention d’allaiter donner le sein une demi-heure après la naissance“.

Il poursuit : “Je ne puis m’empêcher de penser à de telles scènes lorsque des intellectuels prétendent que les êtres humains n’ont pas d’instinct. Ceux là n’ont jamais vu une mère et son nouveau né dans une atmosphère de parfaite intimité, de complète spontanéité. […] L’expression « mettre le bébé au sein», parfois utilisée à propos de la première tétée traduit une méconnaissance des potentialités instinctives dont l’être humain dispose en de telles circonstances. Dans mon expérience de la naissance à la maison, la tétée dans l’heure qui suit la naissance est la règle presque absolue. Mais personne ne « met le bébé au sein». La mère et le bébé coordonnent leurs actions. Il suffit de ne pas les gêner.”

Pour conclure, je citerai donc une dernière fois Michel Odent qui écrit dans “le bébé est un mammifère”: “Ne faudrait-il pas, tout simplement, trouver une nouvelle façon de faire?” 

Références:
« Et Dieu créa la femme … Mais …. » de Diane Bolduc-Boutin
« Introduction au Biological Nurturing » de Suzanne Colson
« Le bébé est un mammifère » de Michel Odent
Colson S. Biological suckling facilitates exclusive breastfeeding from birth : a pilot study of twelve vulnerable infants. 2000 ; London, UK : London South Bank University MSc Dissertation.
Colson S, DeRooy L, Hawdon J. Biological Nurturing increases duration of breastfeeding for a vulnerable cohort. MIDIRS Midwifery Digest 2003 ; 13(1) : 92-7.

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Ocytocine, l’hormone géniale https://www.leblogallaitement.com/ocytocine-lhormone-geniale/ https://www.leblogallaitement.com/ocytocine-lhormone-geniale/#respond Tue, 15 Jan 2019 13:54:55 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1890 L’ocytocine est une hormone actuellement placée sous les feux de la rampe. Qualifiée d’hormone de l’affection, du bonheur, de l’attachement, de l’amour, du lien social, de l’empathie, on prête à l’ocytocine une influence sur la fidélité, chez les campagnols des prairies ! On estime que l’ocytocine est apparue il y a quelques 700 millions d’années. … Continuer la lecture de Ocytocine, l’hormone géniale

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L’ocytocine est une hormone actuellement placée sous les feux de la rampe. Qualifiée d’hormone de l’affection, du bonheur, de l’attachement, de l’amour, du lien social, de l’empathie, on prête à l’ocytocine une influence sur la fidélité, chez les campagnols des prairies !

On estime que l’ocytocine est apparue il y a quelques 700 millions d’années. C’est une hormone dont la synthèse est endogène : elle prend naissance à l’intérieur du corps. Elle existe sous la même forme chez tous les mammifères. On connaît son rôle dans le déclenchement du travail d’une femme qui accouche, on sait aussi qu’elle permet l’éjection du lait des seins. Des recherches récentes ont montré son effet relaxant, sédatif notamment lorsqu’elle est libérée au moment des rapports sexuels. Elle est impliquée dans les comportements d’attachement, de soin aussi, particulièrement lors de l’allaitement, et plus généralement quand des personnes célèbrent un évènement, dansent ou chantent ensemble, par exemple.

Son nom « ocytocine » lui a été donné en 1906 par Sir Henry Dale en référence à ses propriétés alors connues sur le déclenchement des contractions des muscles lisses de l’utérus.

En grec ancien « ocytocine » signifie en effet « naissance rapide ». Chez l’être humain elle a un double rôle d’hormone et de neurotransmetteur : on la qualifie donc de « neuro-hormone ». Elle est principalement synthétisée par l’hypothalamus et par l’hypophyse.

La sécrétion d’ocytocine augmente tout au long de la grossesse. Elle stimule la contraction utérine, contraction qui est involontaire, intermittente, totale (intéressant tout l’utérus) et douloureuse à partir d’un certain seuil d’intensité (avec les prostaglandines, autres hormones endogènes, qui ont un rôle fondamental dans le déclenchement du travail dont l’origine est par ailleurs multifactorielle). Elle aura ensuite un rôle au moment de la délivrance physiologique lorsque, après un temps de latence, elle déclenche à nouveau les contractions permettant la délivrance (expulsion du placenta) et limitant ensuite l’hémorragie.

On a recours à une ocytocine de synthèse dans certains modes de déclenchements artificiels du travail. Il arrive fréquemment aussi qu’elle soit perfusée en cours de travail pour améliorer la dynamique utérine.

Au moment de l’allaitement, la succion du mamelon et les stimulations sensorielles avec le nouveau-né créent une excitation neuro-hormonale qui déclenche la libération de l’ocytocine, libération rythmée, discontinue. L’ocytocine permet l’éjection du lait en agissant sur les récepteurs de la plus petite unité cellulaire du sein : l’acinus (du latin «acinus : grain de raisin»).

En bonne messagère, elle travaille conjointement avec ses consoeurs que sont la prolactine, les oestrogènes et la progestérone, dont les taux se régulent de manière subtile pour que la lactation s’installe de façon harmonieuse. Plus largement, il semble que l’ocytocine module les réponses au stress qui accompagnent souvent l’expérience de la naissance et du post-partum et de l’allaitement et confère un plus grand apaisement. Cette diminution du stress contribue à une meilleure confiance en soi maternelle.

Pourquoi l’appelle-t-on aussi « hormone de l’attachement » ?

L’attachement est décrit comme un lien affectif, durable, dont la spécificité serait l’expérience de la sécurité et de réconfort éprouvée en présence de l’autre. Selon le chercheur et psychologue Blaise Pierrehumbert, l’ocytocine « sécrétée lors de contacts proches semble en retour favoriser la relation. Il s’agit donc d’un système en boucle »[1]

Au moment de la naissance, il semble qu’elle facilite l’émergence du lien mère-enfant. Les mouvements du nouveau-né vers le sein maternel, la succion du mamelon, les sentiments maternels chaleureux à l’égard de son enfant, le toucher, l’échange de regards etc. sont autant de signaux déclencheurs de la libération de l’ocytocine. Ses effets de détente renforcent la « préoccupation maternelle » que B. Pierrehumbert décrit ainsi : «  comme une fonction adaptative essentielle, permettant à l’enfant de recevoir les soins adéquats. Et il ne fait pas de doute que cette « préoccupation » soit déclenchée par des facteurs provenant à la fois de la mère (hormones) et du bébé (appels) ; les « déclencheurs » impliqueraient du reste autant l’un que l’autre des partenaires »[2].

Les pères sont eux aussi concernés par l’action de l’ocytocine même s’ils n’ont pas reçu en les hormones à l’œuvre dans la parturition de la même manière. Le taux paternel d’ocytocine est associé aux contacts entre le père et son enfant, et ce taux augmente en réponse aux soins donnés.

Pour conclure, l’ocytocine est impliquée dans de nombreuses fonctions humaines. Elle est le maillon d’une chaîne complexe, qui est à l’origine des fondements biologiques des soins parentaux. Elle favorise l’émergence des liens filiaux. La recherche s’intéresse aussi à l’ocytocine en thérapeutique   (notamment par exemple dans les pathologies psychiques du post-partum).

Sources et lectures :

« Le rôle de l’ocytocine dans les comportements maternels de caregiving auprès de très jeunes enfants » AL. Saive/DEVENIR/2010-4-vol 22/Ed Médecine et Hygiène

« L’ocytocine et la dépression du post-partum «  C.Cardaillac.et al/Journal de gynécologie-obstétrique 2016 ; 45(8)

« L’implication des parents en néonatologie et le processus de caregiving » N.Guédeney et al/DEVENIR/2012/1(Vol.24)Ed Médecine et Hygiène.

« Découverte de l’hormone de l’altruisme et de l’empathie » P.Gravel/Le Devoir/16/08/17

« Ocytocine et stress de la mère au cours de la lactation en post-partum » C.Boutet et al/Ann.Endocrinol.2006 ; 67,3./Masson

« Ocytocine, psychopathologie et réponses de stress »/Journées annuelles de l’AFBPN-2012/www.sciencedirect.com


[1]B. Pierrehumbert. « Amour et attachement » SPIRALE/2016-4(n° 80) Ed ERES.

[2]B. Pierrehumbert « L’amour maternel… un amour impératif »SPIRALE/2001-2(n°18) Ed.ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Elle travaille en PMI.

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