organisation | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 04 Apr 2024 13:45:18 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/reprendre-le-travail-sans-suspendre-lallaitement/#comments Thu, 20 Aug 2020 14:06:49 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2078 Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter … Continuer la lecture de Reprendre le travail sans suspendre l’allaitement

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Ma reprise de travail approche, mon bref congé parental de 2 mois à l’issue de mon congé maternité vient de se terminer. Notre situation financière et le développement de ma carrière professionnelle m’obligent à reprendre très vite mon poste à 100 %. J’ai la chance de pouvoir prendre quelques jours de vacances pour me projeter et décider de la suite de mon allaitement.

Mon bébé a bientôt six mois ; j’ai déjà réussi à faire face à de nombreux obstacles. La reprise du travail représente pour moi une véritable source de stress : je suis envahie par de nombreuses questions et en même temps profondément motivée et convaincue que je ne dois pas abandonner l’allaitement. 

Mais comment continuer ? Est-ce que ce sera vraiment possible ?

La reprise du travail marque un changement et elle coïncide chez nous avec la diversification alimentaire. Je me sens angoissée, envahie par de nombreuses questions : la reprise du travail est-il synonyme de sevrage ? Serais-je capable de faire face à une éventuelle baisse de lactation puisque je n’allaiterai plus à demande ? Comment faire face concrètement aux douleurs et aux premiers jours sans mon bébé ? Sera-t-il réellement possible en termes de temps et d’organisation de tirer mon lait sur mon lieu de travail ? Est-ce que je vais trouver un endroit au travail où je pourrai tirer tranquillement mon lait, le stocker et le transporter ? L’assistante maternelle que je vais embaucher sera-t-elle pro-allaitement et surtout d’accord pour donner mon lait ?

Des questions légitimes ou irrationnelles ?

C’est peut-être normal de se poser autant de questions, mais je sais au fond de moi que celles-ci sont renforcées et multipliées par le fait que lors de mes 6 premiers mois d’allaitement, j’ai été très peu soutenue par ma famille qui se montrait plutôt effacée et sans avis, et encore moins par ma belle-famille et par mon compagnon. J’ai découvert que dans ma belle-famille l’allaitement n’était pas pratiqué par les 2 dernières générations. Avec du recul, je comprends mieux pourquoi j’étais souvent perçue comme une “originale”, « une hippie qui s’obstinait à allaiter son enfant même quand ça ne marchait pas”. Ce rejet familial a été dur à supporter et est à l’origine de nombreuses souffrances inutiles que je n’ai pas su m’épargner. Je n’arrivais vraiment pas à comprendre pour quelle raison on soutenait si peu mon projet alors que ma motivation première consistait simplement à donner le meilleur de moi-même à notre bébé.

Dépasser les préjugés, la peur et aller de l’avant

Soutenue ou pas par mes proches, j’ai fini par me dire que je n’avais pas de temps à perdre en argumentation, que de nouvelles problématiques s’imposaient à moi et que j’avais des véritables défis à relever. Comment faire face à mes peurs et aux difficultés que j’anticipais avec la reprise du travail ?

Je ne voyais qu’une solution : me tourner vers une professionnelle – une consultante en lactation, car je sentais que l’expertise et une approche personnalisée ne pourraient que m’apporter du positif et me permettrait d’y voir plus clair.

Un bilan de mon allaitement très positif et encourageant

Le premier entretien avec cette professionnelle a été très riche pour moi. Ma consultante en lactation a su reprendre avec moi mon histoire de maman : la grossesse, l’accouchement et mes débuts difficiles dans mon histoire d’allaitement. Cela m’a permis de voir que malgré toutes les difficultés rencontrées, il y avait beaucoup de positif. Elle a su me conforter dans mon rôle de maman compétente et dans mes efforts titanesques pour aller de l’avant. J’avais l’impression que plus notre échange avançait, plus les nombreux conseils personnalisés sur comment faire concrètement au quotidien me parlaient : quel tire-lait louer en s’attardant sur des éléments purement techniques liés au mode emploi de l’appareil et comment procéder sur le lieu de travail.  Elle a su m’accompagner dans mes peurs en lien avec la baisse de lactation en me donnant de nombreuses informations sur la physiologie et des stratégies de stimulation pour maintenir la lactation, sans oublier la nutrition et les soins par les plantes. 

Un suivi individuel rassurant

Je me souviens avoir fait appel à elle quelques semaines plus tard non seulement pour lui faire un retour mais aussi pour rectifier certains points qui ne s’étaient pas passés comme prévu.

Malgré mes efforts, j’avais dû abandonner l’idée de tirer mon lait sur mon lieu de travail. L’environnement était en effet peu propice au calme (lieu stressant et hostile à l’allaitement). De plus, bien que le tire-lait que j’avais loué était léger et facile à transporter, il n’était pas du tout adapté pour moi. Je me trouvais beaucoup moins à l’aise qu’avec le modèle double pompage que j’avais utilisé auparavant. Je peinais à extraire mon lait de manière efficace et cela m’a très vite coûté un épisode d’engorgement avec des douleurs pendant 48h. Grâce à l’aide de ma consultante en lactation, j’ai pu faire face à l’épisode d’engorgement et trouver un nouvel équilibre.

La diversification nous a aidé à lâcher prise

Mon enfant tétait quelques minutes le matin au réveil et le soir après mon retour du travail, la nuit et le week-end à volonté. Une règle s’est spontanément mise en place : quand maman travaille, c’est nourriture solide et quand elle est de retour, c’est le sein à volonté.

Se faire aider par une personne compétente, une clé

Je remercierai toute ma vie mon amie qui m’a dirigée vers cette merveilleuse professionnelle (consultante en lactation certifiée IBCLC) dont j’ignorais le métier. Je suis si heureuse d’avoir fait appel à elle, car elle m’a beaucoup apporté : j’ai trouvé une oreille attentive, bienveillante et compétente. Grâce à son aide j’ai réussi à prolonger cette aventure magique et découvrir les joies de l’allaitement long. Qui l’aurait cru ? Que rêver de plus ?

Aujourd’hui, je l’affirme : je suis si fière de moi, fière d’avoir su demander de l’aide au bon moment et à la bonne personne ! Et si j’ai quelque chose à transmettre à travers mon témoignage, c’est l’idée de ne pas abandonner sous prétexte de la reprise du travail, surtout si votre cœur de maman souhaite continuer à allaiter bébé. Faire appel à une consultante en lactation ou à un autre professionnel certifié vous permettra non seulement de vous informer, mais aussi de sortir de la solitude et d’affronter la suite de l’allaitement en étant soutenue et accompagnée.

Témoignage spontanée de Vicky

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Je suis bilingue en allaitement https://www.leblogallaitement.com/je-suis-bilingue-en-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-bilingue-en-allaitement/#comments Wed, 17 Jun 2020 09:34:34 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2064 Voici le témoignage de Claire, maman de deux enfants. J’ai 7 ans, je viens d’emménager en Allemagne avec ma famille, et je passe un test de niveau de langue. Je dois préciser si j’ai identifié tel ou tel mot d’allemand dans l’enregistrement que je viens d’écouter. Aucune idée. Ce que j’ai entendu était une longue … Continuer la lecture de Je suis bilingue en allaitement

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Voici le témoignage de Claire, maman de deux enfants.

J’ai 7 ans, je viens d’emménager en Allemagne avec ma famille, et je passe un test de niveau de langue. Je dois préciser si j’ai identifié tel ou tel mot d’allemand dans l’enregistrement que je viens d’écouter. Aucune idée. Ce que j’ai entendu était une longue suite de sons indifférenciés et incompréhensibles.

25 ans plus tard, même sensation d’impuissance : mon quotidien est à nouveau bousculé par l’apprentissage d’une langue étrangère, ou devrais-je dire d’une langue maternelle : je choisis d’allaiter mon enfant.

Plonger dans la mère, perdre mes repères : immersion totale

Quand ma première fille est née, j’ai vécu une immersion totale dans un pays étranger. Tout était nouveau, tout à découvrir. Le quotidien a volé en éclats. Je n’avais plus aucune notion de l’heure, et j’ai la sensation d’avoir vécu une seule et grande tétée ininterrompue pendant des semaines. Je passais ma journée à allaiter, et ma maison vivotait. Le ménage n’était pas fait, j’arrivais à peine à prendre une douche, mes repas n’avaient ni queue ni tête, les lessives s’accumulaient, et mon mari restait sans voix devant cette soudaine désorganisation massive. Je ne suis pas sortie de chez moi pendant au moins 10 jours. Mon canapé était devenu mon QG. Dans mes bras, mon bébé. A côté de moi une tablette de chocolat noir, des fruits secs et une bouteille d’eau. Je vivais au rythme de ma fille, je somnolais en même temps qu’elle, je me levais pour aller changer sa couche et c’était à peu près tout.

J’entrais dans la phase d’apprentissage de cette nouvelle langue. Une véritable obsession tant je m’y suis plongée corps et âme.

Le quotidien se dessine : je balbutie mes premiers mots

Au fil des jours et des mois, les journées ont retrouvé un semblant de rythme et je suis sortie du tunnel. A force de pratiquer cette nouvelle langue, je jonglais de mieux en mieux avec les mots de l’allaitement, qui a fini par trouver sa place avec souplesse dans mon quotidien. J’ai appris à allaiter mon bébé en porte-bébé et j’ai pu tenter des nouveautés, pas après pas. J’ai cuisiné en allaitant, écrit mon journal intime d’une seule main avec mon bébé dans l’autre, allaité en marchant, lu des livres en donnant le sein. Parfois j’arrêtais tout pour prendre un moment conscient d’allaitement avec ma fille, à d’autres moments j’écoutais un podcast en même temps que je la faisais téter. D’autres fois encore je m’endormais avec mon bébé au sein et nous partions pour une sieste commune réparatrice.

L’allaitement fait partie de moi : je suis bilingue

De plus en plus à l’aise, je sortais de chez moi sans hésitation : j’avais acquis toutes les ressources pour improviser, au cas où une tétée s’imposerait. Du coup, j’ai osé allaiter – plus ou moins discrètement en fonction des lieux – dans le bus, le train, le métro, dans les parcs, dans les files d’attentes, et même dans une boulangerie pour apaiser une crise de pleurs de mon bébé.

Un jour je me suis rendu compte que j’étais devenue bilingue. Bilingue allaitement. Avec mon petit accent singulier : mes préférences de positions, mes moments favoris de la journée, mes petites habitudes et celles de ma fille… L’allaitement s’était totalement fondu dans mon quotidien et s’était même invité dans des situations exceptionnelles. Par exemple, j’ai allaité mon nouveau-né de quelques semaines alors que je veillais ma fille aînée hospitalisée d’urgence. J’ai aussi allaité en randonnant, en partant faire du camping sauvage ou dans un tuk-tuk pendant un voyage à l’étranger.

Bref, au fil du temps l’allaitement n’était plus un sujet, il faisait partie de ma trousse à outils de mère.

Quand ma deuxième fille est née, même si j’avais été bilingue quelques mois auparavant avec mon aînée, j’ai dû m’adapter aux subtilités de ce bébé là. Je devais aussi apprendre une nouvelle langue vivante : celle d’être mère de deux enfants. D’ailleurs, je me revois donner le sein à mon nouveau-né sur le canapé, tout en lisant un livre à ma fille aînée confortablement lovée contre moi. J’allais devenir polyglotte.

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Une maman nous raconte son allaitement en vacances https://www.leblogallaitement.com/une-maman-nous-raconte-son-allaitement-en-vacances/ https://www.leblogallaitement.com/une-maman-nous-raconte-son-allaitement-en-vacances/#respond Thu, 16 Aug 2018 08:44:26 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1807 Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce … Continuer la lecture de Une maman nous raconte son allaitement en vacances

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Mon compagnon et moi sommes partis en vacances à la montagne avec notre Petit Loup de 14 mois, allaité. Ces vacances ont été très joyeuses et l’allaitement, ainsi que la DME ( Diversification Menée par l’Enfant ), ont largement contribué à faciliter notre organisation : pas de poussette (vu la destination, portage “obligé” – quelle douce obligation !), pas de biberon, pas de petits pots, pas d’horaires fixes: une tétée pour s’habituer au nouvel environnement, des tétées pour attendre les repas, d’autres pour soigner les petits bobos de la vie en plein air. Nous nous sommes mis aux rythmes les uns des autres, oubliant les contraintes de la vie active. Après une année marathon, nous avons enfin pu dormir (cododo et allaitement ou comment ne pas se réveiller de la nuit et faire des nuits de 10 h à 12 h pendant 15 jours !).

J’étais tellement heureuse de venir pour la première fois en famille dans ce lieu qui m’a vue grandir ! Ce fut l’occasion de le présenter aux gens que nous connaissions sur place. Parmi ces personnes, il y a Sylvie*, je l’ai toujours vue dans son alpage. Chaque été, elle monte en altitude avec sa famille (mais ses enfants sont partis depuis longtemps), un troupeau de vaches, un troupeau de chèvres et son chien. Elle vit là-haut, au rythme de ses bêtes dont elle vend les fromages aux promeneurs.

Alors que je lui présentais Petit Loup, la conversation s’est engagée autour du lait : non, je n’allais malheureusement pas lui prendre de fromage au lait de vache cette année, Petit Loup étant intolérant. Elle a insisté : je pouvais bien en prendre un pour mon compagnon et moi-même, pas besoin de d’en donner à notre fiston. Poussée dans mes retranchements, je lui ai révélé la poursuite de mon allaitement.

Apprenant ça, Sylvie m’a toisée d’un œil connaisseur et surpris à la fois, puis elle m’a lancé : “eh bah, t’es une bonne laitière toi !!” Je suis restée un moment sans réagir, ne sachant trop que penser. C’est alors seulement qu’elle m’a expliqué avec une pointe de nostalgie que, pour elle, ses allaitements avaient tourné court assez rapidement faute de lait (et de bons conseils ?). C’était donc un compliment, légèrement teinté d’envie ! Le plus étrange des compliments que j’aie reçu jusqu’ici… et finalement, à mes yeux, l’un des plus beaux : une sorte de reconnaissance, sans jugement, de cet allaitement qui se poursuit dans la durée, bien au-delà de ce qu’elle a connu avec ses propres enfants !

Un dernier instant de vacances pour Petit Loup avant la reprise du travail

Mon Petit Loup a 14 mois. Il a tellement grandit pendant l’été ! Lorsqu’il est arrivé sur notre lieu de vacances, il marchait à quatre pattes et il est reparti sur ses deux jambes. Il a poussé d’un seul coup et a découvert tant de choses… C’est devenu un vrai petit garçon, tout le monde me le dit. Et moi, face à ce bébé devenu “grand”, je sens un léger malaise me gagner à l’idée de le faire téter en public. J’essaie de plus en plus de différer ses demandes.

Mais voilà, c’était un lundi, de retour à la vie citadine. Nous avions encore des montagnes plein la tête, mais il fallait déjà commencer la période d’adaptation chez la nouvelle assistante maternelle. La journée avait été chargée en émotions : premiers moments de garde, première promenade avec Petit Loup à pieds dans la rue… Son sommeil ne venait pas, trop d’agitation. J’en ai profité pour sortir encore une fois : il me fallait aller signer un document, une erreur administrative, c’était urgent. J’étais stressée, pressée : il y avait ça et puis les courses : qu’allait-on manger le soir ? et puis le bain, pas pris la veille. Et ses petites griffes acérées à couper pour qu’il ne griffe pas son petit copain de garde. Mais Petit Loup traînait la patte : trop fatigué, il n’avait plus envie de marcher. Je l’ai pris dans mes bras, mais alors que je m’attendais à ce qu’il s’effondre sur mon épaule, il s’est précipité pour réclamer une tétée ! Une de ces demandes impérieuses qui n’attendent certainement pas le retour à la maison. J’ai regardé autour de moi, je ne voyais que la rue, des trottoirs, des voitures : où s’installer ? Un instant, j’ai été prise de panique.

Et c’est là que j’ai (re)découvert ce tout petit square : un bac à sable entouré de quelques bancs, le tout isolé du reste de la ville par de grands bosquets fleuris. Aucune hésitation, c’était notre endroit ! Je me suis assise avec lui, et tant pis pour le reste. J’ai prévenu mon compagnon qu’on ne tiendrait pas le programme, qu’il prenne le relais. J’ai ralenti, pris le temps de respirer, de profiter du moment. Petit Loup a tété goulûment, ça a duré quelques minutes de douceur, blotti contre moi. C’était l’heure de sortie de bureau, l’heure où tout le monde se presse. Je sentais la ville s’activer là, partout autour de nous, mais pour moi plus rien ne comptait : je savourais la caresse du soleil sur ma peau, la brise légère qui faisait danser les cheveux de Petit Loup, les jolies fleurs qui nous entouraient et que je remarque à peine d’habitude. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée en vacances, devant le chalet, face aux montagnes. Je l’ai regardé s’endormir, si paisible… En mon for intérieur, je l’ai remercié de m’offrir ce moment-là isolé de l’agitation ambiante, celle des autres et la mienne. Ce dernier instant de vacances avant la vraie reprise…

*prénom modifié par souci d’anonymat

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allaiter en vacances https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-vacances-2/#comments Thu, 05 Jul 2018 13:52:17 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1791 Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille. En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, … Continuer la lecture de allaiter en vacances

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Allaiter en voyage simplifie l’organisation. Il permet au bébé de s’adapter en douceur au changement, pour le plus grand bénéfice de tous les membres de la famille.

En vacances, les horaires, les rythmes et les habitudes sont plus souples. Simple et pratique, l’allaitement maternel évite les soucis. Quand le repas familial se prend plus tard, il permet de faire patienter le bébé au restaurant ou le ressource si votre enfant doit sauter une sieste. Tout est à portée de main !

Vous allaitez et êtes sur le point de partir en vacances ?

Nous serions heureux de partager votre expérience et de lire vos témoignages en compagnie de votre nourrisson ou de votre bambin.

Et n’oubliez pas en période de grosse chaleur, il ne faut pas hésiter à faire téter votre bébé fréquemment en lui proposant le sein avant même qu’il ne le réclame, surtout si c’est un nourrisson. S’il se réveille de façon un peu plus inhabituelle la nuit, prenez en compte le changement d’habitude, la soif due à la chaleur, voire même un petit creux : les tétées de courtes durées la journée évitent à votre bébé de surcharger son estomac. En été, nous aussi nous préférons les petits repas légers !

Bonnes vacances !! 🙂

 

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Récit de Magalie* sur son tire-allaitement https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/recit-de-magalie-sur-son-tire-allaitement/#comments Fri, 15 Jun 2018 20:35:52 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1774 Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement. Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman ! Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien … Continuer la lecture de Récit de Magalie* sur son tire-allaitement

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Il y a un peu plus de deux ans je vous racontais l’histoire de Magalie* et Marie*. Il y a quelques semaines,  elle a souhaité nous  raconter son long tire-allaitement.

Le 5 mai 2015 me voilà enfin maman !

Marie est sur moi, je lui fais passer un contrôle technique : 10 doigts, 10 orteils, c’est bien une fille d’ailleurs je signale que ses reins fonctionnent très bien car elle me fait pipi dessus ! 🙂

Marie demande à téter, elle cherche, je la mets au sein et nous voilà lancées dans cette fabuleuse aventure qu’est l’allaitement.

Je remonte en chambre tard et mets Marie dans son berceau. Alors que je réussis à l’endormir, elle se réveille à nouveau… Elle passera finalement sa nuit sur moi à dormir et à téter….

Le lendemain matin, visite de la puéricultrice et de la sage-femme.

Marie a perdu 80 g mais c’est normal. On ne m’inquiète pas. Marie devrait être complémentée car suite à mon diabète, elle fait des hypoglycémies….. Le premier complément sera pris sans problème. Les autres, elle les refusera. Elle sait déjà ce qui est bon. Elle dort beaucoup aussi et je ne m’inquiète pas plus que ça. Elle a besoin d’atterrir de cet accouchement qui aura été rapide (4 heures). Je continue de lui donner le sein dès qu’elle demande, sans restriction. Cette nuit-là, elle a aussi dormi sur moi et a beaucoup tété.

Deuxième jour de vie de Marie.

Tout bascule et on m’inquiète. Elle a perdu 200 g. Ça ne va pas ! Il faut faire quelque chose…. Je continue quand même à allaiter et refuse les compléments. Avec mon mari, on prend la décision de la réveiller toutes les deux heures pour que je lui donne le sein. On tente même de faire des pesées avant/après tétées mais la prise de lait est minime. Je demande à ce qu’on vérifie la position mais tout semble correct. Je signale aussi que j’ai la montée de lait. On me dit que non c’est pas possible et pourtant cet or blanc coule déjà ! J’ai pu faire la différence entre le colostrum et le lait !

Troisième jour de vie de Marie.

On me menace ! « Madame, soit vous réagissez soit demain vous ne sortirez pas et on mettra Marie en néonatalogie pour l’alimenter correctement ».

Elle n’avait perdu que 10 g…. Ce jour là, j’ai pleuré, pleuré toutes les larmes de mon corps ! Que faire ? C’était un jour férié, j’allais pas déranger ma sage femme libérale…. J’aurais dû…. La mort dans l’âme, je dis à la puéricultrice, non aux compléments mais j’accepte le tire lait….. Et me voilà lancée….. Premier tirage, j’ai mal mais je récolte 50 ml. Je pleure toujours autant. Mon mari arrive, me dit que c’est pas grave et avec un immense sourire, nourrit sa fille pour la première fois. Je dois dire qu’elle les apprécie ses biberons et qu’elle boit très bien. Le soir même, je veux tirer du lait mais rien ne vient… Je demande alors un biberon de complément, on sait jamais…. Marie le boira mais avec dégoût, elle préfère mon lait.

Quatrième jour de vie de Marie.

La pesée tant attendu! + 80 g enfin !!!

C’est bon, on sort et je continue de tirer du coup. Marie boit bien et se fortifie. Comme c’est le weekend, branlebas de combat pour trouver un tire lait et j’ai réussi à trouver une ancienne machine… Une horreur et tellement bruyante !

Je continue à tirer.

Lundi, passage de ma si précieuse sagefemme. Marie a bien pris du poids voilà une bonne nouvelle. Elle me propose de la remettre au sein et de faire le point mercredi mais je l’avoue, je n’ai pas osé…. Peur qu’elle reperde, peur de mal faire pourtant on a fait une tétée avec ma sagefemme et elle tête bien. On l’entend déglutir.

Sur les bons conseils de ma sagefemme, je tire toutes les deux heures et une fois la nuit. Je mets donc en place ma journée avec tirages à 8/10/12/14/16/18/20/22/24 et un tirage entre 3 et 4h. Je stimule bien.

En tirant toutes les deux heures, j’ai vite assez de lait pour Marie. Je suis contente car cela lui convient. Elle grandit et grossit bien. Elle évolue bien aussi.

Marie a maintenant trois mois et demi.

Elle est malade pour la première fois. Une rhino-pharyngite. Nous voyons le médecin le matin qui nous donne les recommandations d’usage et nous la surveillons.

Mais le soir même au lit, elle se met à convulser…. Horreur….

Elle est hospitalisée d’urgence et y restera 8 jours. Mon mari étant épileptique, il y a suspicion qu’elle le soit aussi…

La terre s’écroule sous mes pieds mais je continue à prendre soin de ce petit être et je lui fournis le meilleur pour aller mieux ! D’ailleurs, mon tire lait sera avec moi dans cette étape et à cet âge là, je tirais 1000 ml pour Marie.

Les résultats tombent…. Marie est épileptique aussi…. La terre s’effondre, je pleure toutes les larmes de mon corps. Cette même semaine, mon père meurt….

Et mon allaitement ?

Marie demande énormément de peau à peau. Je la laisse faire et répond à ses demandes. Elle est calme malgré mon agitation. Mon tire allaitement continue et n’est pas touché par tous les événements mais je pense que Marie y est pour beaucoup.

Quelques mois plus tard malgré un traitement, Marie convulse pendant une heure.

Coup de massue, de stress…. 4 jours de réanimation pour ma petite chérie. 4 jours où je ne dors pas…. Mon tire lait est dans sa chambre et je tire toutes les deux heures Marie demande du peau à peau ++++. Je ne peux pas la laisser dans son lit, elle ne veut que moi et sans tee shirt. Je me retrouve donc avec un bébé fiévreux sur moi torse nue quasi tout le temps….. Sa façon à elle de faire perdurer mon allaitement, je pense ! Et du coup, je passe de 1000 ml à 1500 ml. C’est simple les infirmières ne savent plus où stocker mon lait avec tous mes pots….

Il y aura d’autres hospitalisations, d’autres décès, d’autres coup de stress….. Et mon tire-allaitement aura tenu jusque là janvier 2018. A Noël, Marie ne voulait plus de mon lait. Elle va vers le lait de vache plus facilement. Et elle me redira une fois que mon lait n’est pas bon et en jettera dans l’évier aussi. Puis, nous avons eu la grippe, ma lactation a baissé et je suis allée plusieurs soirs au lit sans tirer. La décision a été prise, j’arrête !

Durant ce tire allaitement, j’ai fait la douloureuse expérience d’un engorgement et d’une mastite !! Oh , la mastite ! J’ai cru mourir je dois le dire…. Mais autant de temps à tire allaiter, ce n’est pas rien !

J’ai arrêté en douceur, un tirage de moins chaque semaine. Je n’ai pas eu de problème. Ce tire allaitement aura duré 33 mois et magnifiques mois où j’aurais donné le meilleur à Marie ! Elle a pu faire le plein d’anticorps ….

Bref, tout ça pour dire que malgré un tire lait, tout est possible. Il suffit de le vouloir et de se donner à fond pour y arriver !

Ce que je retiendrais de ces 33 mois de tire allaitement ? Tout cet or blanc qui a coulé de mes seins, qui a nourri mon enfant et qui, malgré l’absence de tirages, coule encore un peu…

 

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Choisir d’allaiter et impliquer le papa https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/ https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/#respond Thu, 29 Mar 2018 16:05:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1735 Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant. Choisir, comme … Continuer la lecture de Choisir d’allaiter et impliquer le papa

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Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant.

Choisir, comme le définit la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor[1], c’est d’abord accepter de reconnaître son désir et s’y engager comme on avance sur une route sans savoir ce qu’il y aura au-delà. Certains de nos choix, on le sait, sont dictés par tradition, fidélité familiale ou nationale à des ancêtres que nous n’avons parfois même pas connus mais auxquels nous nous identifions inconsciemment. D’autres sont des réactions à des expériences personnelles ou familiales. Et les deux partenaires dans le couple ont leur propre vécu vis à vis de l’allaitement. Ont-il été allaités ou pas ? Ont-il vu des enfants allaités ? Qu’est-ce qui est important pour eux en matière de santé, d’alimentation ?

« L’engagement paternel » : un concept contemporain

 

De nombreuses études, depuis 30 ans, se sont intéressées au rôle du père au sein de la famille et parlent de « l’engagement paternel », concept englobant les interactions d’un père avec son enfant, son investissement dans les soins, ce qu’il met en œuvre pour le bien-être de son enfant. Les études mettent en évidence les effets positifs de l’implication du père dès la grossesse, autour de la naissance et dans l’éducation. Les répercussions sont en effet visibles sur le développement cognitif, affectif ou encore sensori-moteur de l’enfant de même que sur sa santé physique. Cet engagement paternel a par ailleurs un effet bénéfique sur la santé maternelle, physique et mentale. Ces pères engagés ont d’eux-mêmes une meilleure image, une meilleure santé physique et mentale ; il semble également qu’ils aient une vie professionnelle plus réussie (au sens de l’épanouissement). On a démontré que le soutien des pères est primordial dans la mise en place et la poursuite de l’allaitement.[2]

 

Trouver sa place, facile ou pas ?

Seulement voilà, certains pères craignent de ne pas trouver leur place auprès de leur enfant à partir du moment où leur compagne allaite. Voilà une appréhension, le plus souvent évoquée par les femmes, qui revient souvent au cours des consultations prénatales. Il semblerait que l’inquiétude que le père se sente rejeté ou mis de côté en soit à l’origine, particulièrement si l’allaitement est exclusif.

Et pourtant les partenaires n’ont jamais été aussi impliqués qu’aujourd’hui ! Les futurs pères, depuis maintenant de nombreuses années, sont invités à participer au déroulement des consultations prénatales, à la préparation à l’accouchement ; ils sont accueillis dans les salles de naissance. « Les pères contemporains peuvent s’approcher de l’univers de la naissance là où ils étaient autrefois interdits d’accès. La femme enceinte n’est plus tant tabou. Le nouveau-né est sujet d’intérêt, d’attentions et de soins de la part des hommes, même s’ils ne sentent pas encore tous concernés » (C. Castelain-Meunier/1997)

Et lorsque l’enfant parait… la question de laisser le père prendre sa place est légitime. Pour autant, comme le dit très justement la sage-femme Régine Prieur « exclusivité du lait maternel ne veut pas dire exclusivité de la relation ». De plus, « le bébé et la mère peuvent être très nomades, donc dans le lien social, le bébé avec elle ou dans les bras du père ou d’autres. »[3]

Il est possible que cette question masque d’autres préoccupations, tant est forte la pression sociétale de perfection, de réussite qui entoure l’arrivée d’un bébé. Il est donc important d’en parler et l’un de vos interlocuteurs de choix est alors la sage-femme.

 

Les moments les plus propices pour l’échange sont la préparation à la naissance – bien souvent en petits groupes – l’entretien prénatal qui est proposé à chaque couple et qui, parce qu’il est personnalisé et individuel, favorise l’émergence de questions plus intimes que l’on ne pourrait pas toujours poser en accueil collectif.

On sait que les débuts de l’allaitement sont souvent difficiles. Si le père a eu l’opportunité de participer à une consultation avec la sage-femme, qu’il a pu évoquer ses inquiétudes, il aura sans doute compris quel rôle lui sera dévolu dans l’allaitement, celui d’un soutien efficace. Il aura senti combien sa compagne a besoin de lui dans cette nouvelle étape. Il aura quelques réflexes pour prendre les devants en cas de difficulté. S’il sent sa compagne inquiète, il peut sans doute contacter une personne ressource, l’accompagner la mère à la PMI pour la pesée, noter les questions à poser pour ne pas les oublier.

Voici quelques détails qui peuvent réellement faire la différence. Il y a fort à parier qu’il trouvera ainsi son rôle noble et valorisant. Ainsi, ses éventuelles inquiétudes quant à la place qu’il peut prendre auprès de son enfant seront balayées.

 

[1] Le choix de la sublimation, Sophie de Mijolla-Mellor, 2009, Éditeur : Presses Universitaires de France

[2]«  Coopérer …même avec le père du bébé » F.de Montigny et C.Gervais/Spirale/2016/2(n°78) Ed ERES

[3] « Mes réponses aux questions d’hommes, réels ou imaginaires, curieux de l’allaitement et de la parentalité » R.Prieur/Spirale/2015/1(n°73) Ed ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Aujourd’hui en PMI, elle est également l’auteure d’ouvrages pour jeunes enfants

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Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

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Le portage et moi : une belle histoire d’amour https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/ https://www.leblogallaitement.com/le-portage-et-moi-une-belle-histoire-damour/#respond Mon, 05 Feb 2018 20:40:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1691 J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années. Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe … Continuer la lecture de Le portage et moi : une belle histoire d’amour

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J’ai effectué dernièrement  une journée de formation continue sur le portage. Elle m’a donné envie de vous faire un clin d’œil et de partager avec vous mon expérience personnelle du portage en écharpe. Pour cela, il faut remonter à une dizaine d’années.

Maman de deux enfants déjà et sage-femme, j’avais vaguement entendu parler de l’écharpe de portage mais sans plus. Convaincue depuis toujours de la nécessité de la proximité avec mon bébé (merci maman 🙂 ), je cherchais un moyen pour porter mon futur bébé sans risquer de me « casser le dos ». C’est en surfant sur un forum de la Leche League que l’écharpe m’est devenue plus familière et que j’ai pu en découvrir les avantages.

Je me fais donc offrir une écharpe de portage et j’ai reçu un modèle long de 5,20m. D’emblée, ce long morceau tissu m’a impressionné. L’écharpe est bien entendu livrée avec une notice d’explications, mais j’avoue n’avoir pas trouvé évident de manipuler tout ce tissu. Je me suis entraînée et j’ai commencé par un nouage simple : le « double croisé ». J’apprendrai par la suite que ce type de nouage n’est pas approprié pour les touts petits.

Et me voilà en balade avec mes trois enfants et un bébé bien maintenu (bien que pas toujours dans les règles de l’art). Rapidement on me lance des regards désapprobateurs, il faut dire que j’avais de surcroît l’audace d’allaiter en public : la totale. J’étais la cible de mises en garde à la volée : « Mais vous allez l’étouffer ! Attention, elle va tomber ! » Bref !

Mon plaisir de porter associé à mon envie perpétuelle de transmettre les pratiques que j’estime suffisamment bonnes m’ont poussé à acquérir des bases plus solides dans la manière de porter les bébés. On ne se refait pas. Quand je découvre une astuce qui me plaît, j’ai envie de la faire découvrir aux patientes de mon cabinet de sage-femme. Je trouve une formation quand ma fille a 4 mois. C’est bien pratique, je lie l’utile à l’agréable. Et ma fille se montre parfaitement disposée à m’aider à progresser. Et à partir de ce moment- là, l’écharpe et le sling deviennent mes meilleurs amis.

J’apprends à porter convenablement devant, mais aussi sur la hanche et sur le dos. J’ai véritablement adoré le portage sur le dos. Pourquoi me direz-vous ?

– bébé a besoin de faire une sieste : hop sur le dos

– j’ai besoin d’avoir mes mains libres pour les courses : hop sur le dos

– en randonnée à 3 ou 4 ans : vive l’écharpe au fond du sac et hop mini sieste sur le dos

Mais comme pour l’allaitement, bébé grandit et ne veut plus être porté ou alors juste quand il est malade pour un gros câlin. Là aussi elle se sèvre en douceur, un peu trop vite pour moi cependant (elle a quand même 4 ans).

Notre dernier moment de portage fut l’été de six ans, on m’avait prêté pour la démonstration un porte-bébé physiologique (c’était le début de ce type de porte-bébé ). Lors d’une sortie à Disneyland, je l’ai mis au fond du sac en me disant qu’il pourrait toujours servir en cas de fatigue. Un des avantages des porte-bébés physiologiques est de pouvoir porter jusqu’à 20-25kg suivant les marques et il a servi.

Ma conclusion sur le portage tient en peu de mots : il permet de combler les besoins de bébé tout en continuant de vivre normalement ! Petit bonus que j’ai vraiment apprécié : on peut allaiter partout avec son sling ou son écharpe sans se dévoiler.

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Le jour du foirage total en matière d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/le-jour-du-foirage-total-en-matiere-dallaitement/#comments Thu, 04 Jan 2018 08:11:47 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1674 Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement. L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait … Continuer la lecture de Le jour du foirage total en matière d’allaitement

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Cette semaine, je vous publie le témoignage spontané de Léa face aux difficultés de l’allaitement.

L’allaitement … Avant d’être enceinte je n’avais jamais eu trop d’avis sur la question, je ne m’y intéressais pas vraiment en fait (comme pour beaucoup de choses) … J’ai toujours dit que ce n’était pas un truc qui me faisait ultra rêver mais que c’était quand même indéniablement ce qu’il y avait de meilleur pour un petit bébé … Ça ne me questionnait pas plus que ça … Et puis j’ai changé de point de vu ou plutôt j’ai évolué …

Au début de ma grossesse je n’y pensais pas trop puis, plus ma grossesse avançait plus l’allaitement me faisait envie, j’ai toujours dit que, je cite: « j’essayerais, si ça marche tant mieux si c’est trop galère tant pis » … (discours hyper courant avant de devenir maman …) … Mais ce n’est pas si simple que ça … En tout cas ça ne l’a pas été pour moi …

Ma petite fée née, aussitôt sortie elle se met au sein naturellement et la « tétée d’accueil » a été un bonheur immense, continuer à nourrir mon enfant, je me sentais pleinement dans mon rôle et à ma place, j’étais heureuse de ma décision, je me sentais bien, sereine et en pleine possession de ce choix, je me disais surtout que pour moi c’était une suite logique de ma grossesse, cette grossesse que j’ai tant aimé, c’était le prolongement le plus juste et ça avait l’air de fonctionner à merveille … J’allais pourtant faire face a une immense déception …

Apres les premières heures idylliques, les 39 heures de travail se font sentir plus que jamais et viennent les heures de grande fatigue, malgré elles il faut continuer de stimuler pour la montée de lait, gérer son bébé qui pleure, les tétées qui s’enchainent à une vitesse folle … Tout le monde me dit que mon bébé a une position parfaite, qu’il tête divinement bien … Tout le monde y va de son conseil et me félicite, j’ai même le droit de rentrer à la maison … Pourtant je suis épuisée, je craque, je commence à avoir mal, je sens que ça me tire, que mes alliés s’assèchent, et que malgré toute la lanoline et autre miel médical et cataplasmes de lait maternel du monde, ils finissent par craquer eux aussi … Ce qui petit à petit se fissurait en moi finissait par se fissurer sur moi … Malgré tout mon courage, ma volonté et ma détermination, j’ai stoppé la mise au sein, cette douleur lancinante et sournoise qui me faisait hurler de mal à chaque fois je ne pouvais plus la supporter car elle était insupportable, insoutenable. Se mêlait a elle le gout de la défaite et le sentiment d’échec, la peur de donner l’impression à ma fille de la rejeter, je pleurais de tout …

La poitrine engorgée, on part louer cette machine infernale, celle qui je ne le savais pas encore allait me suivre pendant 7 mois, elle sera mon troisième bras, mon sein artificiel, cet engin a été mon sauveur, il a aussi été mon cauchemar …

Première utilisation laborieuse et douloureuse … Au départ j’avais pris la décision de tout arrêter et d’utiliser ce système uniquement  pour tarir les montées de lait et la production, mais en voyant tout ce lait, je n’ai pas pu, j’ai continué, je voulais que ma fille boive mon lait, celui que je pensais être le meilleur pour elle … Pour se faire je tirais plusieurs fois dans la journée, ça allait de 4 à 8 fois par jour en période de pic de croissance, mes journées étaient rythmées par les tirages, donner les biberons, endormir ma fille, la changer, tirer, donner les biberons, endormir ma fille, la changer … J’ai eu très peu de temps pour moi pendant de longs mois, mais je m’y faisais, c’était devenu ma façon de vivre, ma routine, mais j’enviais ces mamans qui sortaient ne serait-ce que 30 minutes pendant que moi je devais tirer mon lait, ces mamans qui faisaient une sieste pendant que moi je tirais mon lait, la famille qui prenait l’apéro pendant que moi je tirais mon lait, ceux qui profitaient de dormir le matin pendant que moi je tirais mon lait … Ca a été difficile … Je n’ai jamais réessayé de remettre ma fille au sein car la douleur n’a jamais vraiment disparue, j’avais peur de trop souffrir à nouveau, physiquement j’étais vulnérable, je me sentais honteuse, psychologiquement j’étais triste et vidée …

Quand ton bébé est au biberon, tout le monde se sent alors la permission de le lui donner, j’étais devenue susceptible avec ça, je ne supportais pas voir quelqu’un nourrir ma fille autre que mon mari ou moi, tout simplement car ça aurait dû être MON moment, ça devait être MA partie, on me volait des moments que je m’étais projetés avec elle, intimes, complices …

On m’a souvent dit que ce n’était pas grave, que l’important c’était qu’elle ait le meilleur: mon lait … C’est vrai, mais pourtant ça me déchirait …

Et puis il y a toujours ces discours culpabilisants, ça viendrait de la position (pourtant parfaite au départ), ça viendrait de ma peau, ou celles qui te disent qu’elles elles ont continué malgré la douleur … Que c’est dommage !!! Ca ça te crève le cœur … Ça te fait encore plus mal … Parce qu’elles n’ont aucune idée de la douleur qu’a été la tienne … De la tristesse immense qui t’a envahi quand tu as décidé a contre cœur d’arrêter le massacre, que tu te culpabilises déjà assez toi-même, tous les jours, chaque heure et chaque minutes … Pourquoi tout le monde y arrive et toi t’as pas réussi ?! Tu te sens incomprise, seule …

Comme pour beaucoup de choses concernant la maternité tant que tu ne l’a pas vécu tu ne peux pas savoir, tu peux imaginer, mais tu ne peux pas mesurer … Cette claque, cette baffe que tu te prends en pleine gueule, celle dont tu as du mal à guérir …

Je n’ai pas été de celles pour qui l’allaitement s’est mis en place tout de suite avec facilité et sans douleurs … Je suis de celles qui ont souffert, qui ont pleuré de douleur, d’épuisement, de tristesse, de regret, mes larmes étaient celles d’un cœur qui saignait d’une deuxième séparation forcée avec mon petit bébé … Ces larmes me propulsaient violemment dans ma nouvelle réalité, celle que je pense ne pas avoir assez anticipé … Moi qui avait tant aimé ma grossesse, on avait coupé le cordon physique, et voilà qu’on me coupait un deuxième fil invisible, un fil dont j’avais encore besoin … Je crois qu’on m’avait prévenu que ce ne serait pas si facile … je pense … En fait je n’en suis plus si certaine … Je n’ai peut-être pas écouté, je ne voulais peut être pas entendre …

Aujourd’hui je suis si fière de mon parcours, fière de ce que j’ai accompli, émue de ce que j’ai fait. J’ai réussi à allaiter mon bébé exclusivement pendant 5 mois, le sixième mois a été le mois de relais pour une transition en douceur. J’ai eu si peur, peur de ne pas réussir à créer de lien avec elle face à l’échec de la mise au sein et pourtant il est bien là, en fait il ne s’est jamais brisé, il ne nous a jamais fait faux bond …

A mon mari, cet homme merveilleux; Qu’aurais-je fais sans toi? Merci. Et à mon amie Laura ce petit bout de femme qui m’a tant aidé, merci aussi!

[Auteure] : Léa , voici son blog pour lui donner un petit coup de pouce 🙂

https://mamanfeeblog.wordpress.com

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L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/ https://www.leblogallaitement.com/lalimentation-un-chemin-de-croix-pour-victoria/#respond Tue, 19 Dec 2017 15:36:40 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1668 Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait. Dans la chambre du service de Médecine … Continuer la lecture de L’alimentation, un chemin de croix pour Victoria

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Myriam Dutilleul, mère d’Élisa, Marion et de Victoria,  a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League.   Elle évoque pour nous l’arrivée de sa fille Victoria, très grande prématurée et son combat pour la nourrir avec son lait.

Dans la chambre du service de Médecine Néonatale, l’infirmière vérifie avec moi les protocoles des cocktails médicamenteux pour le retour à la maison. Notre pharmacien a pu s’entretenir avec l’infirmière qui lui a confirmé que je connaissais le mode d’administration de la caféine. Sans le scope, nous ne pouvons pas vérifier son rythme cardiaque, il faut être sûre que la caféine soit bien prise pour éviter les bradycardies, les ralentissements impressionnants de l’activité cardiaque. Tout est prêt, notre chère Nénette de 4 mois et une semaine, les médicaments, les petites couches, les vêtements, les toutes petites semelles orthopédiques et le minuscule bracelet de naissance que j’ai pu conserver de son séjour en réanimation.

Samedi 25 mai 2013 à 16h : nous sortons de la maternité, Victoria et moi. Depuis le 18 janvier, nous étions séparés de Denis et de nos deux autres filles à cent kilomètres de distance. C’est une grande joie de fêter la bienvenue à Victoria dans notre maison et d’être enfin tous réunis. En même temps, je fais taire la tentation des angoisses de l’absence de scope, de l’absence des professionnels de santé que sont les infirmières et pédiatres constamment présents dans la maternité. Je me convaincs de faire confiance en la providence et en mes compétences de mère. Victoria m’apprendra encore et toujours, elle est ma troisième fille et pourtant je redémarre à zéro avec ma casquette de Maman. A chaque enfant c’est pareil, j’ai à chaque fois l’impression de ne plus rien me rappeler des enfants plus grands pour mieux me réajuster aux besoins et aux attentes du bébé présent.

Cela fait une dizaine de jours que notre miss Minichou est rentrée chez nous. Nous profitons de notre vie à 5. Chacun et chacune doit retrouver sa place. Les journées sont bien occupées, je vis en pyjama, avec un bébé dans les bras quasiment tout le temps. Une amie m’a offert un super cadeau, un cours de portage à domicile et une écharpe de 40 cm de large, (utilisée habituellement pour les démonstrations avec poupon) impeccable pour le gabarit de Viky. Denis court partout, gère la logistique et l’organisation familiale depuis 9 mois et la nuit me relaie pour les sacro-saints rots, il est un formidable Papa.

En soirée, il y a toujours un moment où cet enfant ne veut plus rien d’autre que vadrouiller portée dans la maison. Il faut croire qu’elle s’approprie son nouvel environnement, elle a les yeux tellement grands ouverts, qu’on voie le blanc de ses yeux sous ses paupières. Elle ne rate pas une miette de ce qu’elle voit. Je savoure ces rares instants de plénitude, parce que les coliques la font beaucoup souffrir, très probablement en raison de l’absorption du fer trois fois par jour. Notre voisine compatit, ses pleurs sont vigoureux. On masse, on masse ce petit bidon dont on a appris que la musculature abdominale est immature aussi. Mademoiselle Victoria nous a clairement montré qu’elle ne supporte plus la tétine. Elle repousse avec sa langue tout ce qui est objet dans la bouche ou alors elle nous montre ce qu’elle sait faire de son réflexe nauséeux. On a très bien compris.

Elle n’accepte plus dans la bouche que le sein, l’assimilation de la caféine dès le matin est très compliquée. L’enjeu est important et mon appréhension se fait sentir, c’est un soulagement dans toute la maison quand le médicament est bien pris. J’ai stoppé tous les autres médicaments, pour ne garder que celui-là. Les tétées à volonté et la faible prise de poids montrent un réflexe de succion qui n’est pas optimal. Encore une immaturité semble-t-il. Le seul moyen est de me mettre en hyperlactation, de tirer mon lait en même temps et en plus des tétées pour faciliter le réflexe d’éjection du lait. C’est un sport de tenir d’une main cet enfant qui se trémousse et d’actionner le tire-lait tout en gardant fixée la téterelle de l’autre côté. « Se détendre et tout ira bien » est mon credo. Je détecte le moment de l’ouverture de la petite bouche et je la mets au même sein qu’à la tétée précédente pour qu’elle profite du lait de « fin de tétée » (dans une tétée, il n’y pas de début ou de fin, le lait gras arrive en fin de vidange alvéolaire, c’est-à-dire quand le sein a été « vidangé » plusieurs fois de suite de façon très rapprochée) , le plus riche en graisses. C’est toujours le lait de « fin de tétée », le plus crémeux, qui sert à fabriquer le reblochon chez les spécimens bovins de Savoie !

Je passe la plupart de mon temps au lit avec ma fille sur moi ou à mes côtés, il me tarde de profiter du printemps et de l’été avec Viky. Nous nous autorisons de manière journalière un bain de soleil sur la terrasse lorsque la température est chaude. J’apprécie sur le transat les longs appels téléphoniques avec les copines ou les membres de ma famille dont j’apprécie leur soutien.

En soirée, avec la fatigue, l’agitation des filles, mon manque de patience, le lait arrive moins vite. J’ai bien tenté le DAL, le Dispositif d’Aide à la Lactation pour amener le lait par une sonde dans la bouche quand elle tète, mais même la plus petite sonde lui est insupportable. En outre, sa force d’aspiration est très faible, elle peine à en boire le contenu. Alors, je choisis la patience, je prends ce temps qui semble très long pour le transfert de chaque goutte de lait et ce temps si court, très court que je m’octroie uniquement pour moi. Le peau-à-peau nous aide à réparer cette longue période de séparation, ces longs mois de couveuse où le toucher était rare, je sens que ce contact prolongé est nécessaire pour faciliter la connaissance de l’une et de l’autre.

J’appelle des consultantes en lactation, elles cherchent, lisent et proposent différentes astuces qui pourraient convenir à notre Mistinguette.

Le 5 juin, je suis allée consulter LA pédiatre référente en allaitement dans notre région. Elle nous connait bien et a toujours les mots qui nous rassurent, parce que je suis toujours inquiète quant à la prise de poids de Victoria, j’ai peur qu’elle n’ait pas suffisamment de lait. La rencontre avec un pédiatre de la maternité m’avait déstabilisée, il assurait de manière déterminée qu’un rythme de tétée était nécessaire. Victoria pèse 3,5 Kg, le poids d’un enfant à terme, avec ses soucis de succion-déglutition, je crains que les doses de lait ingérées soient nettement inférieures à ses besoins. En lui proposant plus souvent, elle est moins fatiguée, et boit à la demande. J’utilise la méthode de la compression mammaire quand je sens la miss déglutir moins fréquemment, l’écoulement du lait continue par lui-même, et Victoria peut avaler encore quelques gorgées, c’est toujours ça de pris.

J’ai entendu un jour un prédicateur : « dans toute situation difficile, il y a toujours une lueur d’espoir quelque part, un médicament qui apaise, une parole encourageante, ou une bienveillance. » Mon étincelle, c’est la visite ce matin de la kiné, souvent présente au moment du fond d’œil, l’examen que les bébés ne supportent pas. Victoria en rentrant, a les yeux explosés, rougis par l’examen précédent, mais suit et attrape les objets présentés par la kiné. La motricité se met en place, c’est super, on ne se verra peut-être pas le mois prochain parce qu’il n’y en aura probablement pas besoin. Je m’accroche à chaque bonne nouvelle et je la garde précieusement au fond de moi pour les moments délicats.

Je pèse Victoria à ses 5 mois ½, incroyable, 300g en 10 jours. Poids actuel : 3,9 Kg, elle a bien grossi ! Elle a pris 30g par jour, le minimum étant de 17g par jour, je suis complètement rassurée, j’ai la quantité de lait dont elle a besoin pour sa croissance. Je me sépare de la balance louée depuis sa naissance. Mon moral est au beau fixe.

Le 6 juillet, à mon réveil, je n’ai qu’une idée en tête, partir vers cette grande fête de famille à quelques heures de route. Le temps est radieux, les rayons du soleil me chauffent et me réchauffent ! A notre arrivée, nous sommes accueillis comme des rois, les invités nous ont attendus pour la grande photo familiale ! Je converse avec un cousin parti à Hong-Kong que je n’ai pas vu depuis 10 ans. Il est l’heureux Papa de grands garçons de 9 ans, nés prématurément, maintenant plein de santé et dynamiques. Quelle joie !

 

« Si chacun s’enferme chez soi parce qu’il craint la pluie, alors les saisons passent de façon monotone, chacun reste à l’abri des plus beaux états d’âmes de la nature qui, dans l’âme humaine, s’appellent les passions. »

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon.

Crédit photo : Myriam Dutilleul

 

 

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Allaiter en public, trucs et astuces https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-en-public-trucs-et-astuces/#comments Thu, 02 Nov 2017 11:23:37 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1641 Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles. Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion … Continuer la lecture de Allaiter en public, trucs et astuces

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Pour certaines mères, allaiter face au regard des autres représente un défi qui requiert parfois quelques astuces. Nous avons eu envie d’aborder ces petits trucs qui pourraient vous être utiles.


Par exemple, pourquoi ne pas démarrer en comité restreint, entourée de personnes bienveillantes ? Une astuce consiste en effet à faire un tour du côté d’une réunion de mères qui vous expliqueront quel usage elles font de l’écharpe de portage, ou du

tee-shirt d’allaitement. C’est en commençant de la sorte que vous gagnerez en aisance et que vous vous sentirez plus détendue à l’idée de vous confronter à un comité plus large et que vous vous rendrez seule dans un parc municipal ou que vous prendrez le train avec votre bébé allaité.

Lorsque le sentiment de gêne l’emporte, on peut faire preuve de créativité. En effet, sans se priver de sortir de chez soi, on peut opter pour une cape d’allaitement, ou un tablier d’allaitement. Ces équipements se trouvent facilement sur internet. D’aucuns rétorquent qu’ils attirent fort le regard des autres plutôt que de préserver la pudeur de la mère.
Allaiter hors de chez soi ne signifie pas que l’on doive dévoiler sa poitrine ou l’exposer aux regards indiscrets. Certaines mamans préfèreront porter un vêtement d’allaitement qui offre un double-empiècement avec une fente intégrée. Ainsi, en plaçant leur enfant devant leur sein, sa tête cachera cette ouverture. D’autres mamans choisiront de soulever leur tee-shirt, tout aussi discrètement. Les châles et foulards tout comme les écharpes de portage sont également des accessoires vestimentaires qui se révèlent des aides bien utiles.

Gardons à l’esprit que la société française est empreinte d’une culture du biberon. Les icônes qui identifient les espaces de change du bébé en témoignent puisqu’ils sont souvent indiqués par un symbole de biberon ou de tétine.

Cette culture du biberon s’accompagne d’une idée érotique des seins qui est très forte notamment en France. Allaiter en public peut ainsi être difficile pour la mère. Voir une femme allaiter peut générer un regard désapprobateur et une agression verbale parfois virulente.

Rappelons que l’allaitement en public n’est absolument pas interdit en France ! Et que la première étape pour que les mamans soient à l’aise, passe par re-normaliser l’allaitement au sein !

Laissons libre court à des suggestions saugrenues … ou pas !

Doit-on opter pour des cabines d’allaitement comme celles installées récemment dans une ville américaine ?  Créer d’autres types de lieux pour allaiter en public ? Avec le risque de stigmatiser et enfermer la mère allaitante ?

Créer des centres commerciaux amis des bébés ? Ardennes Allaitement a créé les Chemins du Lait auprès de divers lieux de vente et autres entités, et les commerçants sollicités ont tous été d’accord.

Normaliser l’allaitement au sein, plus généralement, grâce à des événements à l’image de la Grande Tétée, grâce à plus d’émissions spécialisées.

Certains pays ont été créatifs : une sénatrice Australienne, allaitant son enfant en pleine séance de Parlement ! Autre initiative de protection de l’allaitement en public : des panneaux en carton représentant des femmes qui allaitent dans l’Ontario ! La congressiste américaine Maloney devient l’avocate des mères et des mères allaitantes.

J’aimerais conclure sur tous ces selfies de « people » qui se multiplient depuis quelques mois, Christian Serratos, Amanda Seyfried, Pink et tant d’autres. Leurs photos génèrent toute une gamme de sentiments parmi ceux qui les regardent. Ces jeunes femmes postent leurs breastfies pour normaliser leur situation, pour normaliser l’allaitement maternel, pour partager leurs joies de mères. N’y cherchez pas de mauvaise intention, quand leur notoriété pourrait justement faire pencher la balance vers une normalisation de l’allaitement!

 

L’on comprend facilement les réticences d’une mère à offrir le sein en public quand une grande proportion des mères de son entourage sort plus facilement un biberon de lait infantile. Et vous, quelles astuces aimeriez-vous partager avec d’autres mères sur l’allaitement en public ?

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : consultante en lactation IBCLC, formatrice

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Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible ! https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/ https://www.leblogallaitement.com/histoire-de-bouts-de-sein-et-allaitement-long-si-si-cest-possible/#comments Tue, 21 Mar 2017 15:18:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1532 C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins … Continuer la lecture de Histoire de «bouts de sein» et allaitement long… si si: c’est possible !

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C’est l’histoire de Cathy* et de Manon*… Après une grossesse et un accouchement difficiles, Cathy est heureuse d’accueillir sa fille Manon. Les premières 24 heures, le nouveau-né dort puis, lors de la deuxième nuit, ne fait que pleurer, ne tète pas. La fameuse « nuit de la java », pense Cathy qui est épuisée et a les seins très durs. A 3 heures du matin, le personnel de la maternité prend alors en charge le bébé. Cathy s’endort d’épuisement. Le lendemain, Manon dort à nouveau à poings fermés. La maman met son bébé en peau à peau et Manon essaie alors de téter mais n’arrive pas à saisir le mamelon. Les soignantes conseillent alors à Cathy d’utiliser un « bout de sein » en silicone. Au 4ème jour, Manon a une courbe de poids descendante mais le pédiatre autorise tout de même la sortie de l’hôpital demandant de revenir 2 jours plus tard pour que le bébé soit pesé.

A domicile, Cathy a loué un tire-lait, mais c’est un modèle qui a plus de 30 ans et elle n’extrait que quelques gouttes de lait. Manon tète avec le « bout de sein » mais, au bout de 2 jours, elle n’a presque pas pris de poids. Cathy décide alors de consulter une spécialiste de l’allaitement. Celle-ci lui explique qu’il faut faire une relactation. Elle lui prescrit un tire-lait adapté et lui donne les conseils nécessaires. Au début, Cathy tire très peu de lait (5ml à chaque sein). Puis, de plus en plus. Elle complète Manon avec ce lait tiré à l’aide d’un DAL c’est un dispositif d’aide à la lactation. Le nourrisson reprend du poids doucement. La consultante en lactation tente à plusieurs reprises, avec la maman, de faire téter Manon sans « bout de sein ». Mais c’est impossible. Le bébé semble s’être habitué à téter de cette manière.

Cathy est extrêmement fatiguée. La relactation n’est pas facile et cela lui prend beaucoup de temps. Pourtant elle tient bon pour son bébé, elle veut réussir son allaitement coûte que coûte. Elle a un projet d’allaitement long, 6 mois en exclusif et au moins jusqu’à 2 ans. Elle s’est renseignée durant sa grossesse et suit les conseils donnés par l’OMS. Elle télécharge également les courbes de poids des bébés allaités sur le site de l’OMS. Son épisiotomie la fait souffrir, elle mange debout, en allaitant, dort très peu car elle suit les rythmes de son bébé qui tète souvent et fait des micros siestes (jour et nuit).

« Comment vais-je tenir ? », se demande-t-elle. Heureusement, son mari a trouvé sa place et s’occupe de toutes les tâches ménagères ainsi que des courses et des repas, malgré son travail posté. Il fait du peau à peau pour que sa femme puisse un peu se reposer et tirer son lait. Cathy a un cercle d’amies et une mère qui la réconfortent. Une puéricultrice de la PMI vient régulièrement soutenir la petite famille qui rencontre également la consultante en lactation tous les 2 jours au début. Les consultations peuvent s’espacer quand Manon reprend du poids.

Tout se met petit à petit en place. A 6 mois, Manon commence à avoir une alimentation diversifiée. C’est une petite très éveillée qui aime être en portage, tout contre sa maman. Cathy a lâché prise et n’essaie plus d’enlever le « bout de sein » étant donné que Manon prend bien du poids.

Le temps passe… l’objectif de la mère est atteint : la fillette a 2 ans et est toujours allaitée.

 

Le temps passe encore, Manon à 3 ans. Elle tète matin et soir, dans sa chambre, au calme.

Puis elle a 4 ans, elle continue à téter toujours avec les « bouts de sein » à l’abri des personnes qui interrogent sa maman : « tu l’allaites encore ? ». Manon a bien compris qu’il ne fallait pas demander à téter quand il y a des gens, que c’est mieux dans son lit quand elle se réveille ou le soir pour s’endormir.

 

C’est quand elle a 5 ans que sa mère (suite à la prise nécessaire d’un médicament contre-indiqué avec l’allaitement et ayant fait la part des choses) doit la sevrer. Cathy l’endort alors durant quelques temps dans ses bras pour que cela se fasse en douceur et pour garder ce contact.

Cathy est fière de son allaitement, fière d’avoir tenu bon. Elle est certaine d’avoir donné le meilleur à son enfant, « sûre que cela valait le coup », dit-elle.

Manon a neuf ans aujourd’hui et Cathy se souvient :

« Ma fille n’a pas eu de gastroentérite, pas d’otite, ni de bronchiolite. Il y a un lien fort entre nous, une grande complicité. Parfois, elle voudrait encore téter car elle en garde un souvenir apaisant ».

Manon a toujours été sous surveillance médicale pour éviter une prise de poids faible, conséquence de l’utilisation ” des bouts de seins”.

*pour préserver l’anonymat, les prénoms ont été modifiés

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

 

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Jamais sans mon tire-lait ! https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/ https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/#respond Tue, 31 Jan 2017 14:03:10 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1506 Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids … Continuer la lecture de Jamais sans mon tire-lait !

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Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids de 690g et une grande fragilité pulmonaire, ce qui impose beaucoup de soins pour un tout petit être en réanimation.

Qu’à cela ne tienne, je commence dès son premier jour de vie à tirer mon lait. J’extrais péniblement quelques gouttes de ce liquide jaune or aussi précieux que le métal. 4 heures plus tard, vite vite, je recommence et au bout de 10 minutes de tire-lait, seuls quelques millilitres stagnent au fond des biberons. Je me raisonne, je dois tirer plus souvent. Mais je ne tire que 4 heures plus tard encore, impossible de faire autrement. La séparation fait que Victoria dort à l’autre bout de la maternité régionale, les multiples soins d’hygiène des mains, du tire-lait, le questionnaire avant chaque tirage et l’attente des agents hospitaliers pour récupérer mon lait pour le lactarium m’imposent un rythme pour les tirages.

Je décide de me battre, rien ni personne ne m’empêchera de donner mon lait à ma fille. Ni la séparation avec Victoria, ni le stress de la savoir en réanimation avec de grosses difficultés de santé,  ni les protocoles de soin, d’hygiène, ni le manque de proximité ne m’interdiront de me donner et de donner tout ce que je peux lui apporter, à savoir mon lait, sa nourriture, les anticorps et tous les agents essentiels du lait maternel.

Pendant 3 longues semaines, j’ai porté des gants pour caresser et toucher ma fille, alors le défi était lancé, tirer régulièrement et aussi souvent que possible ces quelques gouttes de ce breuvage qui deviendront après la longue attente des premiers jours des centilitres et des décilitres pour un seul tirage.

Au bout de 2 semaines de tirages, je tirais 360 ml le matin. J’ai pris toutes les astuces que j’ai trouvées : bien dormir, bien manger et ne pas oublier de se faire plaisir (varier les chocolats, mmmmh), boire régulièrement des tisanes de fenouil, fenugrec et carvi (on s’échangeait les herbes avec les autres mamans, hi hi hi!), se prendre du bon temps dans la salle de tirage avec les copines-mamans de prémas,  fou-rires, sourires et petite musique d’ambiance nécessaires et indispensables !

Et puis quand le moral descend, et que la production de lait chute à vue d’œil, et que je ne peux toujours pas prendre ma princesse dans mes bras, je n’ai pas hésité, j’ai appelé les amies consultantes en lactation. Je me suis remise à tirer mon lait la nuit (très important!), dormir dès que possible, utiliser le tire-lait double-pompage, me frotter le dos à la manière de « Baloo » dans le Livre de la Jungle dès le début du tirage pour stimuler le système neuro-sensoriel (si si, ça marche).

Au bout de 3 semaines, enfin, j’ai pu enlever les gants et effleurer pour mieux sentir sa peau toute douce. Victoria a 4 semaines, enfin je savoure ¼ d’heure de peau-à-peau, du bonheur et rien que du bonheur.

A 33 semaines, Victoria fait le « pivert », elle a envie de téter visiblement, mais c’est encore trop juste, elle a de trop grands besoins en oxygène. Le tire-lait, c’est pratique, mais si je pouvais donner en vrai, ça me ferait très plaisir ! Chaque jour est un jour d’attente et de patience. La prématurité impose son lot de préparation, d’expectative et d’espérance.

A 34 semaines 1/2, ça y est : tétée ! La grande nouvelle cette semaine, c’est que Victoria a tété, vraiment tété, en direct, elle a bu quelques millilitres. Elle porte toujours les lunettes d’assistance respiratoire, mais la succion-déglutition se met en place, c’est très positif pour les enfants alimentés par sonde. Une merveilleuse aventure qui commence entre nous, « sa première expérience d’échange amical avec le monde» (“Enfance et Société”, 1982), mais aussi la fin des soins exclusivement hostiles et le début d’une acceptation de la tendresse et de la douceur par l’allaitement au sein. Victoria a choisi de se nourrir des bienfaits du lait maternel, nous avons lâché prise dans ce moment de grâce et d’apaisement des corps.

Cependant, une ombre vient pointer dans ces instants de réconciliation avec le monde, Victoria bradycarde, lorsque le lait arrive, son rythme cardiaque ralentit, elle devient toute molle et j’ai à chaque fois l’impression de la perdre. Je dois la stimuler et très rapidement je prends le réflexe de réveiller son pied ou une petite menotte. Je me fais violence pour me ressaisir et me calmer pour profiter de nos tétées.

Les tirages sont plus longs maintenant, le service manque de capsules, pièces indispensables pour les tire-lait double-pompage, je mets 20 minutes à recueillir la précieuse nourriture de ma fille, comme si j’utilisais un tire-lait simple pompage. Je profite d’une conversation avec un infirmier sympathique lorsque le pédiatre est juste derrière la couveuse. Bien décidée à ne pas me laisser prendre de précieuses minutes de mon temps que je partage dans deux maisons à 100 kilomètres de distance, je fais part de ma déception. Quelques temps plus tard, je pourrai à nouveau disposer de deux capsules.

Aux 2 mois ½ de ma fille, j’ai encore 12 litres de mon lait en réserve, en biberonnerie, on manque de place pour stocker mon lait. Tant pis, ce n’est pas mon problème. Victoria reçoit 36 mL 8 fois par jour, il y a du gâchis parce que ce sont des seringues de 40 mL. Alors je pompe, je pompe, comme les shadoks…

A 2 kg tout rond, Victoria quitte la réanimation et entre dans le service médecine néonatale. Quelle joie ! Je peux enfin nous projeter vers une sortie de l’hôpital. Je me réjouis de croiser des bébés portés, bercés par leur parent ou un professionnel de santé.

Depuis quelques jours, Victoria ne veut plus téter. Elle ferme la bouche. Je l’encourage et l’incite comme je peux mais en vain. Pour moi, c’est terrible. Ce n’est tout simplement pas possible, je vais solliciter la consultante en lactation, parce que je ne comprends pas. J’ai l’impression de sentir sa gencive inférieure quand je donne le petit doigt, elle a très peu de force d’aspiration. Avec les lunettes et l’oxygène, c’est compliqué.

Je pense que la tétine ne m’aide pas. Certaines soignantes sont sensibilisées au problème, mais pas toutes. Dès que Victoria a un soin un peu douloureux depuis quelques semaines, certaines soignantes lui mettent la tétine qu’elle tète. Mais le réflexe de succion peut être modifié, j’étudie la question. De plus, elle se fatigue très vite. J’arrive à négocier avec le personnel soignant la tétée plutôt que la tétine et également un bain un jour sur deux. Je préfère économiser ses calories pour les moments de tétée.

Victoria a 3 mois. 3 mois déjà que nous sommes à la maternité régionale de Nancy dans cette lutte pour la Vie. Victoria sature des systèmes de sonde qui la nourrissent, trop de soins, elle est à la limite de l’hospitalisme*. Elle fuit le regard des soignants. Après discussion avec mon mari, je retourne voir les pédiatres, nous cherchons une autre méthode pour que Victoria puisse se nourrir suffisamment par n’importe quel moyen pourvu qu’elle n’ait plus cette sonde. La balance nous joue des tours : la pesée avant et après la tétée ne donne pas des résultats fiables. Alors je fais agir mon instinct de mère, je la mets au sein dès que je sens le besoin. Pas de pesée, je n’avertis personne, je m’écoute, c’est un grand pas parce que j’ai longtemps été parasitée par les protocoles.

Heureusement, certaines équipes sont pleines d’humanité et leur bienveillance m’entoure de réconfort. Une consultante en lactation vient nous voir sur place, elle me confirme que Victoria sait téter, elle est juste limitée dans ses capacités respiratoires. En grandissant, elle va boire de mieux en mieux. Ouf !

A 4 mois et une semaine, elle s’est complètement sevrée de l’oxygène artificiel.

Victoria est enfin arrivée à la maison, chez nous. Nous avons envoyé les faire-part de naissance à tous nos proches.

Pour Viky, c’est tétées et portage à volonté désormais.

*NDLR : état dépressif qui se manifeste chez certains enfants séparés précocement de leur mère

[Auteure] : Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement

 

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La place du père dans la consultation d’allaitement https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/la-place-du-pere-dans-la-consultation-dallaitement/#respond Thu, 19 Jan 2017 17:37:15 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1501 Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter. Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, … Continuer la lecture de La place du père dans la consultation d’allaitement

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Je suis heureuse que les (futurs) papas viennent en consultation avec leur compagne, du coup je les implique d’emblée dans le projet d’allaitement. Mes explications, mes suggestions, mes « Attention, drapeaux rouges » leur sont destinés tout autant qu’à celle qui va allaiter.

Ces futurs papas sont alors les veilleurs d’une éventuelle démotivation, de mamelons déformés (attention, risque de crevasse), de seins trop pleins. Ils vont aider leurs compagnes aussi bien par leur rappel des conseils que par leurs gestes.

Lors de soucis, ils peuvent soulager la mère en lui massant les seins, en les préparant avant la tétée ou le recueil au tire-lait. Une fois, j’ai admiré un papa qui avait pris ma suite alors que j’allais prendre une série de notes. Il reproduisait un massage de déblocage de canal bouché tout en tenant une téterelle de tire-lait, tandis que la maman allaitait de l’autre côté ; et de me demander si ses gestes étaient corrects.

Le papa qui vient en consultation, peut aussi librement exprimer son stress, son inquiétude. J’ai le souvenir récent d’un papa me demandant : « pouvez-vous nous dire si vous pouvez faire quelque chose, entre ces douleurs et le manque de lait ? ».  Ce papa put alors être rassuré, le projet d’allaitement tout autant que la santé de son enfant, peuvent et doivent être respectés, et c’est cette consultation, qui a permis d’identifier ce qui n’allait pas, et comment y remédier au mieux, ensemble, quitte à faire des ajustements par téléphone dans les jours qui suivent.

Le père est également important lorsque nous, consultantes en lactation, sommes amenées à suggérer des massages oraux spécifiques pour les bébés –massage des lèvres, des gencives etc. Ces massages sont à réaliser plusieurs fois par jour, idéalement avant chaque tétée. Je les charge de ces massages, car non seulement ils sont impliqués dans un soin à leur enfant, mais aussi ils permettent à la mère de se détendre ou de jouer avec les aînés…

C’est pourquoi les (futurs) papas sont cordialement invités lors des consultations. Ils sont les bienvenus aussi lors des réunions organisées par les associations.

Pour finir, une petite note. Les mères d’aujourd’hui qui vivent en couple peuvent avoir une partenaire du même sexe. Il va de soi que tout ce que nous avons écrit en citant le papa peut s’adapter librement à une partenaire.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team » https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-ensemble-dans-la-breastfeeding-team/#respond Wed, 11 Jan 2017 11:05:38 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1493 Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement : ensemble dans la « breastfeeding team »

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Lorsqu’une maman ou future maman me sollicite, j’invite son partenaire à se joindre à elle, et je suis heureuse de compter un certain nombre d’entre eux en consultation, dont certains prennent sur leur temps de « RTT ». Tout le monde sait que si le papa est « pour » l’allaitement, et qu’il « soutient » sa compagne, ça marchera mieux, plus longtemps, et que les difficultés ont plus de chances d’être dépassées. Mais ça va beaucoup plus loin ! Avant de vous décrire pourquoi et comment l’on peut et devrait inclure le papa dans la « breastfeeding team* », permettez-moi de vous raconter quelques petites anecdotes.

Une maman vient avec des seins pleins de lait. Elle souffre de plusieurs canaux bouchés. Je vais consacrer une large partie de la consultation à masser ses seins, à l’aider à extraire son lait, en veillant à apporter de l’attention au bébé tout en vérifiant le tire-lait. La présence du papa fut là particulièrement utile, car la prise en bouche fut compliquée à améliorer et demanda du temps. En parallèle, les massages pour les canaux bouchés durent se poursuivre plusieurs jours. Le papa put ainsi continuer et reproduire à la maison les gestes appris en consultation.

Un autre papa m’a appelé une fois, parce que sa femme souffrait d’un énorme pic de fièvre, et n’était pas en état de parler au téléphone. Il prenait la relève, tout simplement. Il s’avéra qu’elle déclarait une mastite.

Le futur papa est souvent en faveur de l’allaitement, même si la décision finale revient généralement à la mère. Pourtant assez rapidement, il peut se sentir totalement démuni. Les papas éprouvent eux aussi physiologiquement du stress, de la douleur psychique. L’arrivée d’un nouveau-né est stressante, dans le sens où un nouveau membre entre dans la famille. Il y a une période d’adaptation.

Les seins de sa compagne ne sont plus ces atours que lui seul peut admirer dans leur intimité. La sexualité du couple peut en pâtir parce qu’ils n’ont pas encore trouvé les ajustements nécessaires lors de l’arrivée du bébé, qu’il soit allaité ou pas.

Il se peut aussi parfois que l’allaitement soit douloureux et le père se sent inefficace, insignifiant. Il a l’impression qu’il n’a pas de contrôle, aussi bien devant sa compagne qui souffre (crevasses, manque de lait, etc.), que devant ce bébé qui hurle de faim.

Personne ne devrait l’ignorer ! Mais le papa a un système qui limite ses risques d’extrême désarroi et de « perte des pédales » si on le compare à une maman désemparée, peu confiante, qui est tellement stressée et endolorie qu’elle en oublie tous les bons conseils reçus, et que le peu de confiance en elle-même partent en poussière. Le papa est alors précieux, il prend l’enfant qui hurle dans ses bras et parvient à le calmer, il prend parfois le téléphone et appelle une ressource en allaitement, ou encore il console sa compagne, et là, se rappelle les bons repères d’installation.

Un grand nombre de personnes (et parfois le père lui-même) le réduisent à celui qui pourrait donner un biberon, comme si l’allaitement maternel empêchait une relation étroite entre père et enfant, et que seul un biberon (de l’occasionnel au fréquent) était sa seule relation possible.

Mais ils peuvent faire du peau à peau avec l’enfant nouveau-né, ce n’est pas seulement réservé à la mère, et encore plus lorsque cette dernière se trouve séparée pour des soins. Nous rions alors lorsque je les mets en garde qu’à peu près tous les papas se sont fait attraper leur mamelon en bouche, mais souvent l’enfant les recrache car le lait ne coule pas de ceux-là. Ajoutons que le peau à peau n’est pas réservé aux premières heures. En outre, qui a dit qu’un papa, à défaut d’une maman, ne peut pas faire de grosses plages de peau à peau même lorsque l’enfant a passé un mois d’âge ?

Le père peut également aider la mère à se positionner pour allaiter, amener une bouteille d’eau, une collation… Et quand tout le monde est bien installé, prendre une photo, et faire un gros câlin à sa famille.:)

Il peut aussi porter son enfant dans une écharpe,  à la maison comme pour une balade familiale. Il peut donner le bain, changer les couches. Bien sûr, il peut participer ou prendre en charge tout ou partie des travaux ménagers. Il peut s’occuper  du nouveau-né après une tétée, et laisser à la maman la possibilité de sortir se promener avec les aînés ! Car eux aussi ne doivent pas être oubliés. Le papa impliqué très tôt dans les soins de son enfant, dans le portage, le massage, le peau à peau, dans l’aide intrinsèque de la « breastfeeding team »* est un papa-compagnon dont l’existence est visible, tant aux yeux de la société, qu’aux siens. Il ne se sent plus dépassé, ni démuni, ni mis à l’écart. Il est, devient, reste, un soutien important .

* NDLR : L’équipe de l’allaitement

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Le tire- lait et Magalie https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/ https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/#comments Thu, 26 Nov 2015 14:02:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1216 Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie. Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte. Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle … Continuer la lecture de Le tire- lait et Magalie

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Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie.

Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte.

Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle a ressenti quand elle a su qu’elle attendait une petite fille.

Son souhait le plus cher était de la mettre au monde le plus naturellement possible et de l’allaiter.

Elle a dû batailler pour retarder le déclenchement pour raisons médicales et ainsi laisser toutes les chances à son bébé de démarrer sa nouvelle vie plus sereinement.

Elle a accouché un beau jour du mois de mai, sans péridurale presque comme elle l’avait souhaité.

Marie semble bien téter au début même si elle s’endort vite. Marie est fatiguée, c’est normal elle a quand même subi deux jours de contractions déclenchées avant sa naissance. Elle perd rapidement beaucoup de poids. L’équipe de la maternité lui propose alors un tire-lait mais la culpabilise par rapport à sa capacité à allaiter : «  vous n’avez pas assez de lait ! Ca ne fonctionnera pas»

Je la vois à sa sortie de la maternité, Marie a six jours. Magalie tire péniblement toutes les trois à quatre heures de petites quantités entre trente et quarante millilitres. Je regarde Marie téter, elle tète bien mais s’endort très vite, nous sommes donc obligés de la compléter avec du lait de préparation pour nourrissons pour l’instant….

Dans un premier temps, je lui conseille un tire-lait plus adapté avec des téterelles à sa taille, et de tirer plus souvent nuit et jour.

Je lui suggère également de comprimer le sein pour augmenter le débit quand Marie tète, ce qui augmentera ses apports et l’aidera à rester éveillée plus longtemps.

Au bout de quelques jours, le travail paye, elle arrive à tirer 80 ml par biberon. Le cododo  et le portage en peau à peau l’aident beaucoup, notamment à se reposer.

Vu la prise de poids et l’éveil de Marie, j’encourage Magalie à lui proposer plus souvent le sein pour doucement repasser à l’allaitement en direct et oublier le tire-lait.

En les revoyant quelques jours après, Magalie m’avoue qu’elle n’a pas osé le faire. En effet, de voir ces quantités la rassurent tant, qu’elle préfère tirer toutes les deux heures plutôt que mettre Marie au sein ainsi « elle est sûre qu’elle mange assez ». Elle aimerait continuer aussi à la mettre au sein mais plus épisodiquement.

Pour pouvoir maintenir une production suffisante, je lui suggère de continuer à tirer très souvent jour et nuit.

Aujourd’hui, Marie a six mois, elle commence la diversification. Magalie continue d’exprimer son lait dont la production a encore augmenté. Certains jours, elle tire jusqu’à 1700 ml sur 24 heures. Elle continue de tirer toutes les deux à trois heures jour et nuit. Elle souhaite diminuer son nombre de tirages une fois que Marie sera bien diversifiée pour être sure d’avoir toujours assez de lait même si son congélateur déborde de sachets de lait . 🙂

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Le label IHAB, connaissez-vous ? https://www.leblogallaitement.com/le-label-ihab-connaissez-vous/ https://www.leblogallaitement.com/le-label-ihab-connaissez-vous/#respond Tue, 10 Nov 2015 12:56:24 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1209 Le label IHAB a été attribué pour la première fois en France voilà maintenant 15 ans. Créer un label, c’est d’abord appuyer une volonté de s’inscrire dans une démarche qualité, créer un référentiel de valeurs. C’est vrai pour un certain nombre de produits de la vie courante et c’est le cas aussi pour les maternités. … Continuer la lecture de Le label IHAB, connaissez-vous ?

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Le label IHAB a été attribué pour la première fois en France voilà maintenant 15 ans. Créer un label, c’est d’abord appuyer une volonté de s’inscrire dans une démarche qualité, créer un référentiel de valeurs. C’est vrai pour un certain nombre de produits de la vie courante et c’est le cas aussi pour les maternités. Étonnant penseront certains, rassurant estimeront d’autres.

La rédaction du blog allaitement a voulu savoir si vous en aviez entendu parler. Lorsque l’on évoque IHAB, les réactions spontanées fusent :
Delphine: « Mais qu’est-ce que c’est ? »
Anaelle: « C’est l’Initiative Hôpital Ami des Bébés ! »
Delphine: « Mais alors les autres sont « ennemis » des bébés ? »

D’autres réactions :
Virginie: « Je vais m’inscrire à la maternité cette semaine, elle est « Amie des Bébés » ! Tu sais ce que c’est ? »
Audrey: « Waouh ! Tu as de la chance, ma sœur y a accouché et elle a adoré : tout y est fait pour que tu réussisses ton allaitement ! »
Virginie: « Ah ?! Mais moi je ne suis pas sûre de vouloir allaiter. Est-ce qu’ils vont accepter que je m’y inscrive ? J’ai lu dans la presse qu’on insistait trop pour que les mères allaitent dans ces maternités, ça me fait peur, c’est vrai ? »

Le Dr Muriel Defrenne, formatrice en allaitement et consultante en lactation IBCLC fait toute la lumière sur ce référentiel. Encore trop peu connu en France, le label IHAB suscite toutes ces questions légitimes alors que vous vous préparez à accueillir votre bébé.

Le déclin de l’allaitement maternel dans les pays industrialisés dans les années 70 et sa baisse dangereuse dans les pays du Tiers-Monde ont amené l’OMS et l’UNICEF International à proposer aux maternités des repères pour faciliter le succès de l’allaitement maternel : le programme « Ami des Bébés » est né en 1992.

Que veut dire « Ami des bébés » ? Ce concept traduit de l’anglais « Baby Friendly » devrait porter toutes les nuances de sens de « friendly » à savoir amical, accueillant, liant, qui facilite la vie de l’usager. Autrement dit une maternité IHAB respecte l’environnement du bébé, de sa famille et facilite les liens qui s’instaurent à la naissance.

Ainsi, concrètement vous y trouverez encouragement et accompagnement à l’allaitement maternel grâce à des pratiques récentes validées donnant la priorité aux rythmes et aux besoins de l’enfant et de sa famille. Ceci s’adresse à tous les bébés sans exception : en facilitant leur transition vers le monde extra-utérin, en encourageant sans l’imposer la proximité mère-enfant. Les compétences de tous les parents sont également valorisées. Un accent est mis sur le soutien à leur autonomie et à leurs choix. Bien entendu, une attention particulière est accordée à faciliter la mise en place de l’allaitement maternel lorsqu’il est souhaité avec une implication de tous les professionnels : grâce à la qualité d’échange avec les parents, l’esprit d’équipe qu’il instaure et la participation à des formations actualisées fréquemment.

Trois principes résument ainsi l’état d’esprit de l’IHAB. Des informations complètes et récentes sur les besoins des nouveau-nés et sur l’allaitement sont apportées aux parents. Ceux-ci bénéficient d’un accompagnement individualisé autour des compétences et du comportement de leur bébé. Sans oublier le plus qui leur donnera confiance en eux, à savoir d’être entouré par une équipe garantissant la sécurité médicale.

En juin 2015, 24 maternités sont labellisées en France.Elles réalisent environ 36200 accouchements par an soit 5% des naissances. Vous trouverez leur répartition ici.

[Auteure] : Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
 le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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Les secrets du tire-lait révélés #2 https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-2/ https://www.leblogallaitement.com/les-secrets-du-tire-lait-reveles-2/#comments Tue, 27 Oct 2015 13:24:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1205 Dans notre dernier article, nous avons passé en revue les informations à avoir à l’esprit quand on veut choisir le tire-lait adapté à nos besoins. Au-delà du matériel, ce sont des astuces physiologiques qui vont aider les mamans à avoir plus de lait. Voici les conseils de Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC. Abaisser le … Continuer la lecture de Les secrets du tire-lait révélés #2

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Dans notre dernier article, nous avons passé en revue les informations à avoir à l’esprit quand on veut choisir le tire-lait adapté à nos besoins. Au-delà du matériel, ce sont des astuces physiologiques qui vont aider les mamans à avoir plus de lait. Voici les conseils de Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC.

Abaisser le niveau de stress

C’est intéressant car le stress et/ou la douleur diminuent le réflexe d’éjection et donc le volume de lait disponible. Dans stress, comprenez : « stress » au sens commun, mais aussi tension, fatigue physique ou nerveuse, énervement, anxiété, gêne (présence d’autres personnes), perte de confiance, sentiment de dévalorisation etc.

Il faut donc déstresser :

Pour la maman non diabétique, un petit gâteau et du chocolat… Sinon une tisane ou toute boisson chaude – en évitant la caféine;

Écouter une musique relaxante, que l’on apprécie et qui nous délasse – mais même si cela vous plaît, écouter le «métal» et le «hard-rock» !

S’appuyer sur une photo, une vidéo de votre enfant ou son pyjama.

Pour les adeptes de la relaxation , quelques minutes d’exercices.

De manière plus globale et plus durable, l’acupuncture peut aider les mères qui sont dans une situation stressante et difficile. Je conseille souvent cette thérapie aux mamans dont je sens bien qu’elles sont dans un état de stress tel que quelques minutes de relaxation ne seront pas suffisantes.

Enfin, je me rappelle une maman qui m’avait contactée, désespérée: «je suis une mauvaise mère». Elle tirait vraiment de faibles quantités; un jour elle s’était installée devant la télé qui diffusait un film avec son tire-lait en se disant qu’elle n’aurait pas grand-chose comme d’habitude; c’est le bruit « bizarre » du tire-lait qui attira soudain son attention : les récipients étaient presque pleins! Cette maman culpabilisait énormément d’avoir eu autant de lait, en ne pensant pas à ses enfants! En regardant un film comique! Mais de fait, même si cette méthode n’est pas prouvée par des études, je la suggère quand même désormais en m’appuyant sur cette maman qui m’avait appelée désemparée.

Le réflexe d’éjection est représentatif de ce qui sera prélevé

Plus on a de réflexes d’éjection, plus il y a de transfert de lait.

Outre abaisser le niveau de stress, et avoir supprimé toute source de douleur éventuelle, voici quelques conseils tout aussi physiologiques pour augmenter le réflexe d’éjection.

Se masser les seins permet de « chauffer » les seins, comme un coureur masse ses mollets avant d’entamer sa course.

Masser avec de la chaleur agit encore plus.

Utiliser une petite bouillotte chaude (soit un pack chaud/froid, soit une bouillotte maison comme une chaussette remplie de riz) pour masser vos seins.

Vous pouvez également glisser la bouillotte dans le soutien-gorge durant quelques minutes, et pendant ce temps-là, passer les téterelles (à la taille bien choisie) à l’eau chaude .

Attention: pour des raisons d’hygiène, on préférera utiliser un fait-tout ou grande casserole remplie d’eau froide, mise à chauffer; car l’eau tirée chaude du robinet entraîne un décollement des saletés accrochées aux canalisations et cela pourrait souiller le matériel et contaminer le lait maternel.

Le fait de « chauffer » les seins augmente la réponse de l’ocytocine et donc l’éjection;

Le fait d’utiliser des téterelles chaudes améliore l’efficacité du transfert de lait.

Combiner ces deux techniques va permettre d’avoir un meilleur transfert de lait et peut contribuer à contrebalancer les effets négatifs sur l’éjection, d’un stress ou d’une douleur non gérés.

ATTENTION CEPENDANT: lorsque vous êtes en phase d’engorgement ou encore de congestion mammaire, vos seins sont gonflés non seulement de lait, de vascularisation accrue, mais aussi d’eau infiltrée, de tissu inflammé voire oedématié. Dans ces situations-là, la chaleur risque très fortement d’exacerber la douleur, et on préférera du froid sur le sein (pas sur le mamelon) pour diminuer l’inflammation et améliorer l’écoulement. De même, on aura intérêt à extraire un peu de lait, en alternance avec les massages, pour rendre le sein plus souple afin que vous puissiez tirer plus facilement.

Vous pouvez aussi stimuler en douceur le mamelon avant l’expression, en le massant avec des doigts propres et des ongles coupés ras, sans écraser ou presser sur le mamelon ni l’aréole, car les canaux lactifères peuvent s’effondrer très facilement et cela empêcherait un bon écoulement de lait .

Masser-compresser pendant le pompage se révèle utile quant au volume de lait transféré.

Lorsque le lait ne coule pas, masser le sein ; lorsque le lait coule, comprimer le sein, relâcher, comprimer, relâcher etc.

Deux méthodes existent, l’une préconisée par le Dr Jack Newman, consiste à comprimer durant au moins 30 secondes avant de relâcher, faire une courte pause avant de re-comprimer; l’autre consiste à comprimer en rythme comme si l’enfant était en train de téter.

Lorsque l’enfant est au sein, la maman peut trouver qu’elle recueille plus de lait lorsqu’elle pompe durant une tétée sur l’autre sein.

Une bonne fréquence des vidanges du sein (bébé et/ou tire-lait) contribue au bon démarrage et à la bonne maintenance de la production de lait, tout comme pour augmenter la production de lait. Augmenter le nombre de tirages sur 24heures, à combiner avec les éléments mentionnés dans cet article, est donc une méthode pour avoir plus de lait.

A noter que les séances de tirage longues n’apportent absolument rien.

Le conseil va à des séances plutôt courtes, entre 10 et 15 minutes (en double pompage); ce qui permet d’ajouter éventuellement des tirages supplémentaires. Enfin, régler l’aspiration au maximum ne fait pas avoir plus de lait. L’aspiration doit toujours être confortable pour avoir du lait.

Bouquet de pompages ou cluster pumping

Exprimer pendant dix minutes; faire une pause; exprimer dix minutes; faire une pause, le tout trois ou quatre fois. Telle est la méthode du cluster pumping, à réaliser une fois par 24heures (Cannon 2007), voire deux fois par 24h ; ainsi le sein reçoit l’information qu’il y a un tout petit à nourrir, donc des besoins très élevés en lait maternel.

Un autre type de cluster pumping consiste à exprimer toutes les 45-120 minutes durant plusieurs périodes de la journée. Compter une dizaine de minutes de pompage ou bien jusqu’à la fin du flot + deux minutes.

Avoir plus de lait, c’est aussi tirer tout de suite après les tétées (quand l’enfant va au sein); ainsi le sein sera vidé du lait issu de la succion du bébé, et du lait exprimé. Donc il synthétisera un volume supérieur de lait, pour la prochaine tétée. Et de tétée suivie d’expression en tétée suivie d’expression, la production remontera.

Exprimer le matin dès le petit déjeuner est un moment préférentiel pour avoir beaucoup de lait, car il y reste beaucoup de lait post-nuitée; exprimer le matin de manière générale est un moment préférentiel. L’après-midi, le taux d’hormones est plus bas, donc on a « moins de lait » ; ce qui est logique, puisque c’est une plage horaire où les enfants réclament très souvent. Il faut bien que la Nature fractionne leurs apports !

Nous aider des hormones

Introduire une séance d’expression durant la nuit entre 1h et 5h du matin permet d’augmenter la production de lait, en s’appuyant sur la prolactine dont le taux de base est plus élevé sur cette tranche horaire.

Les mamans pourront apprécier un peau à peau (si possible un véritable peau à peau, enfant portant uniquement une couche et un bonnet éventuellement) durant plusieurs minutes avant l’expression .

Conclusion

Toutes les méthodes décrites ci-dessus sont purement physiologiques, voire hormonales, ou relèvent de l’anatomie. Et elles marchent! Elles marchent sans pour autant avoir recours en plus, à des remèdes dits galactogènes.

Bien sûr, ces méthodes peuvent être couplées à un galactagogue (substance qui favorise la sécrétion lactée) si vous en ressentez le besoin.

Face aux mamans, je propose chacune de ces méthodes et nous discutons de ce qu’elles pensent pouvoir mettre en place, puis elles me rappellent, et nous réévaluons la situation ensemble. A votre tour, choisissez les propositions qui vous parlent, optez pour des combinaisons de proposition, adaptez-les en fonction du moment et de la situation dans laquelle vous vous trouvez lorsque vous tirez votre lait….

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