peau à peau | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 15 May 2024 12:34:25 +0000 fr-FR hourly 1 Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter? https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/ https://www.leblogallaitement.com/rejet-du-sein-durant-les-premieres-semaines-de-vie-quelles-solutions-apporter/#respond Mon, 22 Apr 2019 08:09:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1936 [Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance … Continuer la lecture de Rejet du sein durant les premières semaines de vie : quelles solutions apporter?

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[Auteure] : Mme Myriam Panard, consultante en lactation IBCLC

Le fait qu’un bébé né à terme et en bonne santé ne prenne pas le sein durant ses premiers jours de vie est une des raisons principales de sevrage précoce au même titre que les tétées douloureuses ou une perte de poids excessive qui fait perdre confiance à la maman. On entend souvent dire « Mon bébé était trop paresseux, il ne voulait pas téter, il préférait le biberon ! » ou bien «  Ne vous acharnez pas madame à vouloir allaiter votre bébé, vous voyez bien qu’il ne sait pas téter ! » Cette situation semble très déstabilisante pour les mamans qui sont souvent désemparées et culpabilisent de ne pas pouvoir allaiter leur bébé. Ce phénomène de plus en plus fréquent mérite que l’on s’interroge sur les conditions déclenchant un tel comportement du bébé et sur les solutions à apporter pour un retour à l’allaitement maternel.

Tout d’abord, revoyons notre vocabulaire : comme un bébé humain est programmé génétiquement pour téter, pourquoi ne pas dire simplement : « Ce bébé ne tète pas encore, voyons ce qui se passe ! » plutôt que de parler d’inaptitude « Ce bébé ne sait pas téter ! » ou de refus « Ce bébé ne veut pas téter ! » ?

Très fréquemment, il est vrai, certaines conditions d’ordre anatomique ou d’ordre fonctionnel peuvent entraver la prise du sein.

On peut mentionner notamment la présence d’un frein de langue trop serré et peu élastique qui empêche souvent le bébé de s’accrocher au sein et d’ y rester. Les dernières positions adoptées par le bébé in-utéro ainsi que le déroulement de sa naissance (long travail ou au contraire extrêmement rapide, ventouse, forceps…) peuvent aussi avoir un impact sur ses compétences immédiates à prendre le sein. Le bébé peut en effet présenter un torticolis, des mâchoires particulièrement serrées ou être très douloureux suite à un accouchement difficile. Toutes ces conditions, fort heureusement sont remédiables, peut-être pas en un clin d’œil mais la maman a besoin de le savoir et il est très important de la soutenir (positions adaptées à la situation, maintien de la lactation, visite chez un ostéopathe qualifié, consultation si besoin chez un ORL) et en la rassurant pour qu’elle n’abandonne pas.

La plupart du temps, certaines pratiques hospitalières sont responsables du stress du bébé au moment des tétées. En effet, à l’encontre d’un déroulement naturel guidé par les signes d’éveil et de sommeil du bébé et d’une réponse adaptée de la maman, les tétées sont parfois conditionnées par des contraintes de temps et des diktats non fondés. On s’empresse dès la naissance, alors que les parents et le bébé ont à peine fait connaissance, à procéder à la fameuse première mise au sein sans se préoccuper de la réceptivité du bébé. Ce premier « forcing » peut laisser des traces. De même, si la maman est séparée de son enfant pour des raisons médicales, un premier biberon donné peut être redoutable car il rompt la continuité biologique… De plus, une fois en chambre, les incursions fréquentes du personnel de jour comme de nuit pour réveiller le bébé sans ménagement et le faire téter nuisent à son bien-être et contribuent à augmenter son stress et par la même occasion celui de sa maman.

Pour couronner le tout, voici en quelques images le scénario cauchemar souvent vécu en maternité : la maman est dans une position d’allaitement inconfortable, le bébé s’agite, ses petites mains et ses pieds bougent dans tous les sens, il crie de plus en plus fort, s’arcboute, se détourne du sein et c’est à ce moment qu’une main étrangère s’évertue à lui appuyer sur la tête et le plaquer contre le corps de sa maman pour le faire prendre le sein comprimé par l’autre main étrangère… Ce genre de situation, hélas très courante, annihile la maman et rend l’expérience extrêmement négative pour le nouveau-né. Celui-ci n’est que dans le ressenti et donc par la suite à l’approche du sein il ne pourra que le rejeter… Il s’agira alors de le ré-apprivoiser en douceur mais cela peut prendre quelque temps ! Là encore le soutien accordé à la maman est crucial, il faudra notamment lui expliquer l’importance de tirer son lait pour mettre en place sa lactation, condition sine qua none pour un retour au sein lorsque l’enfant sera prêt.

Comment alors faire prendre le sein à un bébé qui s’en éloigne?

La première chose à bannir est d’insister, de faire monter la pression du bébé et celle de la maman par la même occasion, car les deux sont extrêmement connectés. Si l’un est calme, l’autre le sera et si l’un est tendu, l’autre le sera aussi. De ce fait, si les moments de stress se sont enchainés, il est préférable de faire une pause en arrêtant complètement toute nouvelle tentative : quelques jours voire une semaine maximum. Pendant ce temps, la maman tirera son lait pour bien entretenir sa lactation et nourrira son bébé idéalement au doigt via un dispositif d’aide à la lactation (DAL) composé d’une sonde de nutrition plongée dans un flacon contenant du lait.

Pour que la maman et son bébé se reconnectent et adoptent des comportements instinctifs, il sera important de privilégier les contacts corporels dans un environnement confortable et paisible qui sera plus propice à effacer les tensions communes. Les contacts en peau à peau répétés ont notamment des effets magiques dans de nombreux cas, grâce à la sécrétion d’ocytocine (l’hormone de l’amour, du bien-être, du lien) qu’ils déclenchent chez la maman et son bébé. De très belles vidéos montrent des bébés prenant pour la première fois le sein au cours d’un bain partagé avec leur maman.

Pourquoi ne pas proposer à la maman de s’installer le plus souvent possible dans un endroit où tout son dos (de la nuque au sacrum) sera appuyé sur un plan plus ou moins incliné et confortable et de prendre son bébé qu’elle placera sur elle en position ventrale ? Créer en quelque sorte un petit « nid » pour elle et son enfant ! Elle n’aura ainsi pas besoin de soutenir son bébé, son corps s’en chargera sans effort et le bébé avec ses pieds en appui sera aussi plus libre d’exercer ses réflexes qui lui permettront de téter. C’est Suzanne Colson, sage-femme anglaise internationalement reconnue pour ses travaux sur les réflexes archaïques du nouveau-né et les instincts maternels qui a démontré l’efficacité de cette nouvelle approche de l’allaitement maternel. Elle l’a appelée « Biological Nurturing® » (allaitement « zen » en français ou « BN »), c’est une approche qui se base sur les principes de la continuité de la gestation et met en avant le confort de la maman.

De plus, il est bien connu que non seulement le stress mais aussi la faim interfère dans tout processus d’apprentissage. D’où l’idée de suggérer à la maman de nourrir d’abord son bébé au DAL puis de le garder sur elle pour une petite sieste tous deux légèrement vêtus ou en peau à peau, selon son envie du moment. A son réveil, encore en état de somnolence et toujours en BN, le bébé sera alors plus enclin à prendre le sein ou en tout cas à le sentir, le lécher, ce qui est déjà très positif compte-tenu des rejets précédents.

En conclusion, l’allaitement est avant tout une relation, qui peut être fragilisée par les conditions d’accouchement et certaines interventions extérieures. Le stress, ennemi numéro 1 est à réduire au maximum et à remplacer progressivement par du calme et de la douceur afin de créer un environnement favorable. Passé les premières semaines, lorsque les liens entre la maman et son bébé se sont resserrés, qu’ils se connaissent mieux, il est fréquent qu’un bébé n’ayant pratiquement jamais pris le sein auparavant s’y mette vraiment et pour de bon. Cela arrive souvent entre la 4ème et la 8ème semaine, d’où l’importance de soutenir les mamans, pour qu’elles gardent toujours espoir et qu’elles aient confiance en leur bébé. Comme le dit un proverbe allemand « La patience est une médecine de la vie ».

Références :

Introduction au Biological Nurturing, Suzanne Colson

DVD de Christina Smilie : Baby-led breastfeeding, the mother-baby dance

Impact of birthing practices on Breastfeeding, Mary Kroeger

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L’allaitement long, pourquoi, comment ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-long-pourquoi-comment/#comments Wed, 09 May 2018 09:26:10 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1757 Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement. Mais à partir de quand peut-on se considérer … Continuer la lecture de L’allaitement long, pourquoi, comment ?

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Depuis presque 20 ans, j’offre aux mères du soutien, de l’information autour de l’allaitement maternel. Bien sûr, un allaitement qui se passe au mieux donne à la mère de la confiance en elle (et son bébé) et augmente de façon palpable son envie de continuer cet allaitement.

Mais à partir de quand peut-on se considérer « en allaitement long » ? Après la reprise du travail ? A 3 mois ? A 6 mois ? A 1 an ? Plus tard ? Jusqu’au sevrage naturel ?

Chaque mère aura sa propre réponse …. en fonction de ce qu’elle est prête à donner à son bébé et à vivre avec lui. Avant la naissance d’un enfant, une mère a quelquefois des idées sur la durée de son allaitement ; peut-être en fonction de sa reprise de travail. Mais elle pourra être surprise par le changement d’avis qui peut éventuellement s’opérer chez elle. J’entends d’ailleurs souvent les mères expliquer : « Je voulais allaiter jusqu’à 3 ou 6 mois, mais à ce terme, je n’arrivais pas à me résoudre au sevrage, c’était impossible d’envisager d’arrêter ce lien, cette relation avec mon bébé ».

Des recommandations concernant la durée optimale d’allaitement ont été édictées par l’OMS (et reprises par les pays) qui invitent à allaiter exclusivement au moins 6 mois puis jusqu’à au moins 2 ans en association avec une alimentation diversifiée. C’est un repère basé sur la bonne santé des enfants du monde entier. Le manque d’information pour les mères est déjà criant au moment de la naissance ; mais, après quelques semaines, il est difficile de trouver des réponses aux questions liées à l’allaitement qui dure. En outre, si des erreurs ou préjugés sont véhiculés, alors il peut être rapide de perdre pied et donc sa confiance en soi.

Qu’on se le dise, tout au cours de l’allaitement et jusqu’à la dernière tétée, le lait maternel garde toutes ses propriétés immunitaires et nutritives ! A tout âge de l’enfant, le lait de maman sera toujours le meilleur aliment pour lui, le mieux adapté à ses besoins particuliers et à sa croissance.

En premier lieu, l’allaitement génère de fait une proximité importante entre la mère et l’enfant dont les deux ont besoin. Nous sommes des mammifères, de la famille des grands singes et nos petits ont besoin d’être en contact étroit et permanent avec l’adulte pour survivre, se protéger des microbes, virus et autres bactéries, se rassurer, mâturer leur cerveau et enfin se nourrir. Cette grande proximité aide l’enfant à créer et développer sa sécurité affective de base. Bercé, réchauffé, porté, il continue sa croissance au meilleur endroit qui soit : sur sa mère (et son père aussi). Et ces besoins perdurent longtemps ! Et, ô joie ! L’enfant va trouver tout cela dans le lait maternel jusqu’au sevrage.

Aujourd’hui, même si les bienfaits du lait maternel ne sont plus à démontrer à maints égards, il est un bienfait à souligner, expliquer, mettre en avant : celui de la relation mère/enfant. On entend souvent s’exclamer des gens surpris de constater un allaitement qui dure, devant quoi, il est parfois difficile pour la mère de répondre. Elle cherche alors souvent à se justifier, à légitimer cet allaitement.

Non seulement, la mère ne devrait pas avoir à se justifier mais elle pourrait même être accueillie en héroïne ! C’est elle, entre autres par son allaitement, qui construit son nourrisson, son bébé, son bambin puis son enfant. C’est elle qui le rassure, à chaque besoin exprimé, par ses douces attentions, sa tendre disponibilité, son réconfort aimant, jour et nuit, inlassablement. C’est elle qui offre (ou au moins prête !) son corps, ses seins à son enfant comme un îlot réconfortant où téter aide à dormir, console et apaise. C’est elle qui permettra à son bébé, stressé par une séparation par exemple, de retrouver un niveau de cortisol (hormone du stress) qui ne nuira pas au développement de son cerveau.

Bien sûr, la mère peut être supplée dans ce rôle auprès de l‘enfant mais l’allaitement et son contexte hormonal va lui permettre, à elle aussi, un endormissement plus facile, un apaisement psychologique et une assurance grandissante.

Alors, la mère ne trouvera aucune raison d’arrêter l’allaitement … Cette relation simple, apaisante se consolide avec le temps. Plus la mère répond aux besoins de son bébé, plus celui-ci prend confiance en lui-même : son besoin est reconnu, il a su l’exprimer et le voit assouvi. Il saura donc qu’il peut compter sur sa mère, ses parents, pour quoi que ce soit.

Cette construction, cette « sédimentation » va durer des années (entre 5 et 10 ans). Alors pourquoi ne pas continuer l’allaitement ?

Chaque mère, si tant est qu’elle puisse être informée, accompagnée, soutenue, légitimée dans son choix, prendra sa décision en conscience et fera ce qu’elle veut, ce qu’elle considère le mieux adapté pour elle et son bébé.

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaiter un enfant adopté https://www.leblogallaitement.com/allaiter-un-enfant-adopte/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-un-enfant-adopte/#comments Thu, 15 Feb 2018 12:26:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1695 Les mamans qui adoptent un bébé expriment parfois le désir de l’allaiter. Démarrer un allaitement en dehors d’une grossesse, on l’imagine, n’est pas une entreprise aisée. Le projet n’est d’ailleurs pas couronné de succès à tous les coups. Pourtant, certaines réussissent et nous avons étudié les publications scientifiques relatives à ce sujet afin d’en tirer … Continuer la lecture de Allaiter un enfant adopté

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Les mamans qui adoptent un bébé expriment parfois le désir de l’allaiter. Démarrer un allaitement en dehors d’une grossesse, on l’imagine, n’est pas une entreprise aisée. Le projet n’est d’ailleurs pas couronné de succès à tous les coups. Pourtant, certaines réussissent et nous avons étudié les publications scientifiques relatives à ce sujet afin d’en tirer les grandes lignes et de donner quelques clés aux femmes qui envisageraient de s’investir dans cette belle aventure.

Pourquoi allaiter un bébé adopté ?

Parmi les motivations qui poussent les mères à allaiter un enfant qu’elles vont adopter, on retrouve bien sûr la volonté de le « nourrir » avec un lait dont les effets bénéfiques ne sont plus à démontrer. Il ressort également très souvent des études que les mamans souhaitent développer une solide interaction avec le bébé qu’elles n’ont pu porter : l’allaitement procure un contact physique soutenu avec l’enfant et il contribue aussi à développer le lien d’attachement mère-enfant.

 

Que nous dit la littérature scientifique ?

 

Peu de travaux ont été publiés sur ce sujet mais il semble que l’allaitement exclusif soit plus difficile à atteindre : produire du lait en quantité significative est par contre très souvent possible et c’est déjà une belle réussite pour les mamans. Deux publications assez récentes parues dans « Journal of Human Lactation » font référence à deux cas concrets qu’il est intéressant de présenter.

Une étude américaine [1] expose l’expérience d’une femme de 33 ans qui a déjà mené une grossesse (mais pas à terme), et qui décide, à la suite de problèmes de stérilité, d’adopter un enfant. Ce sont des jumeaux nouveau-nés qu’elle va alors adopter. Plusieurs mois avant la naissance des jumeaux et après de nombreuses discussions avec des consultantes en lactation, la future mère exprime son désir d’allaiter et de tout mettre en œuvre pour y parvenir. On lui propose alors un programme qui comprend la prise de dompéridone accompagnée d’un traitement hormonal (pendant dix semaines) et la stimulation au tire-lait électrique (double recueil) toutes les trois heures (sur une durée de 20 minutes) dès l’arrêt du traitement hormonal. Elle produit du lait au bout de deux semaines. A la naissance des jumeaux à 34 semaines d’aménorrhée (poids de 1,96 et 1,85 kg), elle parvient à les allaiter alors qu’ils sont accueillis dans une unité de néonatalogie. La prise du sein par les bébés est immédiatement efficace mais en raison de leur faible poids de naissance, on décide de les complémenter. A l’âge de deux mois, les jumeaux sont allaités exclusivement par leur mère adoptive.

 

L’étude [2] d’une équipe espagnole date de 2017 et présente le cas d’une jeune femme de 37 ans qui devient stérile à la suite d’une fausse-couche survenue à 22 SA. Elle décide alors d’adopter un enfant et de l’allaiter. Six mois avant l’arrivée du bébé, elle démarre un protocole de stimulation en prenant de la dompéridone pendant un mois (sans traitement hormonal préalable), en utilisant un tire-lait à double recueil en combinaison avec une expression manuelle du lait (durée 45 minutes). La fréquence de la stimulation est intense : toutes les deux heures excepté la nuit où la future maman s’accorde une pause de six heures.
Trois semaines après le début de la stimulation, elle exprime ses premières gouttes de lait et la quantité obtenue augmente très rapidement.

Le résultat est à la hauteur de ses efforts puisqu’elle réussit à allaiter de façon exclusive pendant six mois et elle associe des aliments solides au lait maternel au sein jusqu’aux deux ans de son enfant.
 

Discussion et principales conclusions

Ces deux cas concrets publiés dans la littérature sont très encourageants pour les mamans qui souhaitent allaiter un enfant adopté. Les auteurs soulignent qu’il est plus facile d’induire la lactation en dehors d’une grossesse lorsque la maman a déjà allaité au préalable ou lorsqu’elle a déjà été enceinte.

Les auteurs indiquent également qu’il n’y a pas de protocole spécifique mais parmi les facteurs facilitant la réussite d’une lactation induite, les plus importants sont : la forte motivation, le soutien de la famille, du conjoint et des professionnels de santé dans l’entourage de la futur maman et également la qualité et la fréquence de la stimulation.
En ce qui concerne la prise de substances galactogènes (médicaments ou plantes), le consensus scientifique n’est pas établi sur leur réelle efficacité pour induire la lactation.

Les conseils doivent donc se centrer autour des techniques de tirage du lait, et sur la valorisation des efforts de la mère. Quelle que soit la production obtenue, c’est une belle réussite dont profiteront les deux protagonistes.

La recherche scientifique dans ce domaine mérite d’être poursuivie afin d’accumuler plus de résultats et d’accroître les connaissances des mécanismes mis en jeu lors de la lactation induite. Des conseils encore plus ciblés et efficaces permettraient alors de mieux aider les mamans.

 

Références :

[1] Szucs K. et al., « Induced Lactation and Exclusive Breast Milk Feeding of Adopted Premature Twins », Journal of Human Lactation, Vol. 26(3), 2010

[2] B. Flores-Anton et al., « An Adoptive Mother Who Became a Human Milk Donor », Journal of Human Lactation, Vol. 33(2), 2017

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.

A la naissance de son premier enfant, elle découvre l’allaitement avec bonheur mais se heurte aussi à quelques difficultés. Et voilà un nouveau sujet passionnant à fouiller !  Depuis, elle a eu deux autres enfants, allaités longuement, et n’a de cesse de lire et fouiller la littérature scientifique, synthétiser et diffuser l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel. Elle anime le blog “Allaitement, bonheur et raison “

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Science, maternage et bienveillance https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/ https://www.leblogallaitement.com/science-maternage-et-bienveillance/#respond Thu, 16 Nov 2017 18:57:36 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1649  Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité. Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains. En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à … Continuer la lecture de Science, maternage et bienveillance

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 Depuis quelques années, j’accompagne les mamans en les écoutant et en mettant en avant le besoin de proximité pour favoriser l’allaitement souhaité.

Découvrir et comprendre le fonctionnement des seins oriente sur d’autres façons de fonctionner chez les humains.

En effet, écouter, accompagner et soutenir les mères dans leur choix d’allaiter leur enfant,  les encourage à continuer cet allaitement, leur donner les informations qui vont les aider à se sentir légitimes. Ces mères ont donc envie de faire durer cette relation. Elles sont très vite confrontées à leur besoin de soutien à nouveau parce que leur enfant grandit et des questions éducatives apparaissent alors.

En ce qui concerne l’éducation de cet enfant : elles n’ont qu’une envie, celle de « bientraiter » l’enfant à qui elles ont donné le « meilleur » et rencontrent la fameuse violence éducative ordinaire. Avec l’allaitement, les parents découvrent une certaine bienveillance envers leur enfant. Ils répondent de façon instinctive à ce petit d’homme qui n’a qu’un seul but dans sa toute nouvelle vie : survivre. L’enfant sait de quoi il a besoin, il l’exprime avec vigueur à ses parents qui y répondent  le plus souvent de façon instinctive, si tant est qu’ils ne se sentent pas trop jugés et culpabilisés par l’extérieur. Les parents prennent conscience du fait que leur enfant ne les manipule aucunement quand il fait part de ses besoins impérieux. Les parents se questionnent alors sur la réponse à donner : Faut-il laisser pleurer un bébé qui appelle ? Faut-il endurcir un enfant qui fait une colère ?

L’étude du cerveau réagissant à des stimuli extérieurs montre que son fonctionnement est optimal dès lors que l’environnement familial proche fait preuve d’empathie et de soutien envers l’enfant en détresse.

Pourquoi un enfant pleure-t-il ?

L’homme est une espèce dont le premier besoin est le contact permanent. Dès sa naissance, l’enfant subit des émotions* plus ou moins fortes qui vont déclencher chez lui des réactions plus ou moins entendues par ses parents. Cet enfant va exprimer, comme il peut et avec les moyens dont il dispose, son mal être ou un besoin à assouvir. Un enfant a un instinct de survie viscéral et dès que son bien-être est touché, il va le manifester.  En proie à certaines émotions (peur, tristesse, colère, dégoût…), il sera incapable, à cause de l’immaturité de son cerveau, de réguler seul ces émotions, en plus d’être submergé par l’émotion elle-même.

Ce qui a été promu pendant des décennies dans le cadre du maternage proximal (proximité du bébé, du bambin et de l’enfant avec une image parentale rassurante) est donc aujourd’hui avéré et démontré par les observations cliniques faites sur le fonctionnement du cerveau. Les neurosciences viennent supporter l’idée instinctive que se font les mamans du besoin de bienveillance de leur enfant.

Les petits d’hommes ont besoin du contact pour survivre et s’épanouir. Quand ils sont soumis à des émotions fortes, ils ont besoin d’être rassurés, pris dans les bras, bercés, allaités, pour faire baisser les taux d’hormones du stress qui font dysfonctionner leur système neuronal et cérébral.

Une maman lambda ne reste guère plus de quelques secondes impassible aux pleurs de son petit. Elle s’inquiète immédiatement de cet appel et va réconforter son bébé en le prenant dans ses bras, en le berçant, en le rassurant de sa chaleur et de son contact. Devant les réactions de son petit, elle peut lui proposer le sein et être rassurée par son apaisement. Se mettent alors en route des processus physiologiques involontaires mais déterminants au regard du besoin de bienveillance du tout petit. Le climat hormonal induit par cette situation rassérène mère et enfant. Le cerveau du petit d’homme stressé sera également apaisé par les hormones du lait maternel, notamment la prolactine, les endorphines, l’ocytocine ou la sérotonine. Mais, le lait maternel impacte également le système nerveux en développement, notamment, par ses acides gras très particuliers, qui favorisent la myélinisation c’est-à-dire la formation des gaines de myéline qui enveloppent les neurones.  La myéline est un tissu graisseux qui isole les fibres nerveuses les unes des autres (véhiculant une information électrique) et augmente la vitesse de transmission de ces informations.

Plus un bébé, bambin ou enfant recevra de câlins, de douceurs physiques, de bienveillance de la part de ses parents, même, voire surtout, dans les moments difficiles et plus son cerveau se développera et fonctionnera de façon optimale à des périodes cruciales et déterminantes de maturation.

C’est exactement ce qu’offre l’allaitement :

  • la composition du lait maternel
  • la proximité physique par le contact peau à peau (ou habillé)
  • la sensation pour l’enfant de se sentir contenu, enveloppé
  • l’accès libre et rassurant au corps de la mère jusqu’à ce que l’enfant soit suffisamment « rempli » de réconfort et réussisse à gérer tout seul ses émotions et ses réactions dans son quotidien et à travers ses relations aux autres.

 

*Emotion : Réaction affective de grande intensité habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.

[Bibliographie] :

  • Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse, éd. Robert Laffont
  • Margot Sunderland : Un enfant heureux, éd. Pearson education France
  • Dossiers de l’Allaitement n°52, La Leche League France

 

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/ https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/#comments Thu, 13 Apr 2017 20:13:37 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1547 Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la … Continuer la lecture de Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse

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Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

Vous êtes en salle de naissance, allongée inclinée en arrière, votre enfant naît. Le personnel vous le présente, le sèche, et le dépose sur votre poitrine. Tandis que le personnel vous surveille, vous liez connaissance avec votre enfant. Vous le caressez, vous souriez, vous riez, vous pleurez peut-être. Parfois, il a fallu donner un soin à votre bébé, et voici qu’il est contre vous. Vous êtes assez confortable si l’on fait abstraction des tensions physiques du travail et de l’accouchement. Vos mains caressent votre enfant, elles le contiennent, il repose totalement sur vous. Après une période de repos normale et physiologique, votre bébé entame le crawl (ramper en anglais). Vous remarquez qu’il « grimpe » le long de votre corps, à l’aide de ses bras, de ses jambes. Il tape de la plante des pieds contre votre cuisse, et se hisse de peut-être deux centimètres vers votre poitrine. Ou encore, il glisse le long de votre corps, le menton en appui contre votre peau, le nez vers le haut ; il renifle vos seins et cette odeur le guide. Votre enfant vous fait la démonstration d’une véritable tête chercheuse. Et si votre voix le dirige, c’est le parfum de vos seins qui fait office de guide suprême. Notons qu’il est recommandé d’éviter de se « récurer » le torse avant l’accouchement. C’est aussi pourquoi l’on recommande de plus en plus de sécher l’enfant à l’exception de ses mains et avant-bras. Laissez les bras et mains de votre bébé tranquilles. Avez-vous remarqué que si votre enfant place sa main à un endroit, et que vous la retirez « par exemple parce que cette main vous bouche la vue » alors votre enfant s’agite, stresse, voire pleure ? C’est tout simplement parce que votre enfant a besoin de ses mains et de ses bras pour entamer la séquence naturelle de sa tétée.

Puis votre bébé avance une main, pétrit votre sein. Il balaye votre poitrine avec ses joues, et c’est étonnant car de votre point de vue, on dirait qu’il dit « non ! ». En réalité, il recherche le sein. Votre bébé semble en repos, quand soudain il se propulse sur le sein qu’il a choisi. Le mouvement, d’une grande amplitude, peut sembler violent. Il fait le pivert, lève la tête haut, puis la laisse retomber sur votre sein, relève la tête, la relaisse tomber, se redresse, plante le menton dans le sein, et son menton faisant office de chargeur du BTP, « ham ! » le saisit en bouche, d’un coup, alors que ne vous y attendiez pas.

A moins que votre enfant n’ait un défaut anatomique, ou bien un blocage au niveau des structures orales ou de ce qui les alimente, cette prise en bouche est profonde. Ses mâchoires forment un grand angle (>120°). Ses lèvres sont ourlées souplement et solidement sur l’aréole. Il prend une grande partie d’aréole en bouche, davantage en bas qu’en haut. Son menton est enfoncé dans le sein, et son nez est légèrement décollé.

Cet ensemble de séquences a demandé plus d’une heure. En effet, les enfants prennent le sein environ 50 mn après leur naissance, en supposant qu’ils n’aient pas été séparés de leur mère, qu’ils aient été posés sur le torse maternel et séchés. Certains enfants auront besoin d’une vingtaine de minutes de plus.

Instant magique, suspendu dans le temps. Voilà un moment merveilleux que la plupart des jeunes mères peuvent avoir la chance de vivre, pour peu qu’on laisse le bébé dérouler son enchaînement naturel sans le brusquer ni l’en détourner.

Parfois, cette première tétée n’a pas pu avoir lieu, pour diverses raisons. J’encourage alors les mamans à réaliser un véritable peau à peau : pas de soutien-gorge, pas de vêtement sur le devant du torse, enfant en couche et éventuellement avec un bonnet, une couverture ou un linge adapté sur le dos de l’enfant, et se donner du temps ! Lorsqu’on démarre un allaitement, maman et enfant ont des compétences, mais ils sont novices. Ils peuvent tâtonner, et c’est normal.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus).
En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel.

 

 

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L’importance du peau à peau https://www.leblogallaitement.com/limportance-du-peau-a-peau/ https://www.leblogallaitement.com/limportance-du-peau-a-peau/#comments Thu, 07 Jan 2016 13:51:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1243 À la naissance, s’il va bien, votre bébé sera délicatement séché avec un lange chaud, coiffé d’un bonnet et placé nu en couche contre vous. On appelle cela le contact peau à peau. Vous serez alors tous deux couverts d’un tissu chaud. Ce moment privilégié, loin d’être anecdotique, est un véritable soin à la naissance. … Continuer la lecture de L’importance du peau à peau

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À la naissance, s’il va bien, votre bébé sera délicatement séché avec un lange chaud, coiffé d’un bonnet et placé nu en couche contre vous. On appelle cela le contact peau à peau. Vous serez alors tous deux couverts d’un tissu chaud. Ce moment privilégié, loin d’être anecdotique, est un véritable soin à la naissance. Découvrons-en les bienfaits.

Si votre bébé avait la capacité de parler, voici ce qu’il aimerait vous en dire :

– Maman, quand je suis en peau à peau avec toi :

  • Je suis plus détendu et je pleure moins. Depuis 9 mois que je suis en permanence et à 100% en contact avec toi, j’apprécie ce moment qui adoucit le changement soudain, alors je me remets plus vite de ma naissance.

  • Je suis maintenu bien au chaud.

  • Mon métabolisme est mieux régulé (oxygénation, glycémie)

  • Je ressens moins ce qui a éventuellement pu m’endolorir pendant l’accouchement.

  • Je me trouve placé exactement au bon endroit et dans la bonne posture pour chercher et trouver ton sein que je vais probablement téter dans les 2 heures qui suivent ma naissance. Je suis là où je m’attends à être à mon arrivée : tout contre toi, proche des battements de ton cœur, de ta voix, que je connais si bien. Nos regards pourront se croiser facilement. Et, dans cette danse, guidé par l’odeur de ton sein qui ressemble à celle du liquide amniotique dans lequel je baignais, je pourrai recevoir les précieuses défenses dont j’ai besoin en me délectant de ce lait si spécial, jaune comme l’or : le colostrum.

Et ce n’est pas tout ! Pour toi aussi maman c’est un moment formidable :

  • Tu as plus chaud aussi.

  • Tu sécrètes plus d’ocytocine, cette hormone qui va contracter ton utérus l’aidant à reprendre sa forme initiale, qui va m’aider à obtenir le colostrum quand je téterai, te détendre aussi.

  • Tu as plus confiance en toi et tu peux prendre le temps de me découvrir, toute disponible à moi. Cela renforce notre lien.

  • Ton mamelon sera plus facile à attraper.

Nous serons installés en sécurité :

  • Ma tête tournée sur le côté, mon nez bien dégagé.

  • Je serai placé sur la surface ferme de ton buste, ton dos restant quelque peu incliné.

  • La sage-femme expliquera à mon papa comment l’aider à veiller régulièrement à la coloration de ma peau et à maintenir mon nez bien dégagé.

Et dans la chambre nous pourrons poursuivre le peau contre peau si nous le souhaitons. Cela facilitera les tétées et mon endormissement.

Le sais-tu ?

  • Si je suis né(e) par césarienne, la plupart des équipes en France me placeront en peau à peau sur mon papa. Et quand tu seras suffisamment réveillée et disponible, je viendrai sur toi.

  • Le Dr Nils Bergman1 a montré que les nouveau-nés qui sont restés plus de 50 mn en peau à peau ininterrompu à la naissance sont 8 fois plus susceptibles de prendre le sein spontanément ensuite que ceux qui n’en ont pas bénéficié.

  • Ce soin est de plus en plus mis en place dans les services de néonatologie car il favorise mon développement et notre lien.

En somme, le peau à peau est un de ces outils pratiques, accessibles à la majorité d’entre nous, en tout temps disponible et une sacrée aide pour un bon démarrage de l’allaitement. Profitons-en !

Bibliographie

  • 1 Moore ER, Anderson GC, Bergman N. Early skin-to-skin contact for mothers and their healthy newborn infants. Cochrane Database of Systematic Reviews 2007, Issue 2.

  • Le regard du naissant, Dr Marc Pilliot, pédiatre (Les Cahiers de maternologie, 2005).

  • Accueil du nouveau-né en salle de naissance, Dr Gisèle Gremmo Feger (Les Dossiers de l’allaitement, n°51).

  • American academy of pediatrics. Caring for your baby and young child: birth to age 5, Bantam Books. 2004. 752 pages.

[Auteure] : Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, 
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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