plaisir en allaitant | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 15 Jul 2021 08:18:13 +0000 fr-FR hourly 1 Je suis d’origine étrangère et j’ai souhaité allaiter en France  https://www.leblogallaitement.com/je-suis-dorigine-etrangere-et-jai-souhaite-allaiter-en-france/ https://www.leblogallaitement.com/je-suis-dorigine-etrangere-et-jai-souhaite-allaiter-en-france/#comments Wed, 21 Jul 2021 10:00:00 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2199 Rūta est une jeune maman d’origine lituanienne mariée à un français et qui vit en France depuis 5 ans. D’origine lituanienne, je suis maman d’une fille de 3 ans que j’ai souhaité allaiter en France. L’allaitement maternel exclusif, à la demande et de longue durée est tout à fait considéré comme normal dans mon pays. … Continuer la lecture de Je suis d’origine étrangère et j’ai souhaité allaiter en France 

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Rūta est une jeune maman d’origine lituanienne mariée à un français et qui vit en France depuis 5 ans.

D’origine lituanienne, je suis maman d’une fille de 3 ans que j’ai souhaité allaiter en France. L’allaitement maternel exclusif, à la demande et de longue durée est tout à fait considéré comme normal dans mon pays. Les femmes de mon entourage à savoir mes 3 soeurs, mes cousines, mes amies ont allaité leurs enfants pendant 2 ou 3 ans. Pour moi, il s’agissait de quelque chose de naturel, et je n’ai même pas envisagé d’autres possibilités. Allaiter était une évidence.

Avant la naissance de ma fille je ne me suis pas préparée particulièrement. Toutefois, j’ai lu un livre concernant l’allaitement que ma soeur m’avait donné pour libérer sa bibliothèque. Cela me permettait d’en savoir davantage sur les bienfaits de l’allaitement, mais cela n’a pas vraiment influencé mon choix.

Ma fille est née le 2 Novembre 2016 et je l’ai allaitée exclusivement pendant 2 ans. C’était une période assez longue, pas tout le temps simple, mais très belle !

La tétée était un moment très intime et agréable pour nous deux, plein d’amour et de chaleur. Ma fille s‘endormait au sein, se tranquillisait en tétant si elle ne se sentait pas bien ou avait mal. La tétée lui a apporté beaucoup de sécurité, de plaisir, et d’apaisement. Pour ma part, j’aimais ce contact avec ma fille. Même si pendant cette période j’ai parfois manqué de sommeil, je me suis sentie plus détendue, heureuse et en harmonie. Quand ma fille a eu 1 an, j’ai croisé une amie que je n’avais pas vue depuis presque deux ans. Elle m’a trouvé plus belle qu’avant ma grossesse ! On dit que l’allaitement sert à répondre au besoin affectif (de chaleur, d’amour, de sécurité) de l’enfant, mais je suis persuadée que cela contribue aussi au bien-être de maman.

Toutefois, pendant cette période, j’ai rencontré certaines difficultés. Premièrement, j’ai manqué d’accompagnement dans ce projet. En effet, le personnel médical était bienveillant et a essayé de m’aider, mais malheureusement les conseils qui m’étaient donnés n’ont pas marché. Comme beaucoup de jeunes mamans j’ai été confrontée à des problèmes de lactation en les suivant.

Ma montée du lait n’ a eu lieu que le quatrième jour après l’accouchement. A l’hôpital où j’ai accouché, le personnel m’avait conseillé de ne pas laisser ma fille plus de 10 minutes au sein, pour ne pas risquer d’abîmer mes mamelons. De plus, elle dormait beaucoup la journée. Le troisième jour, elle avait perdu plus que 10 % de son poids de naissance. Par conséquence, le personnel m’a indiqué de lui donner un biberon de lait en poudre au lieu de simplement mettre mon enfant plus souvent au sein pour favoriser la lactation. Finalement, je suis sortie de l’hôpital le cinquième jour en allaitant exclusivement, mais mes problèmes de lactation ne se sont pas arrêté là.

A trois semaines, ma fille a commencé à faire des nuits de 7 heures ce qui semblait très bien au premier abord. J’étais contente de pouvoir bien dormir la nuit. Tout le monde m’a félicité, et estimé que c’était très bien. Par contre, ma famille et mes amies se montraient étonnées, car dans mon pays, en général, les enfants de cet âge (et même la plupart de l’âge d’1 an) ne font pas leurs nuits.

Par conséquent, à l’âge de 2 mois j’ai commencé à manquer de lait et ma fille ne prenait plus assez de poids. Le pédiatre comme le personnel de PMI m’ont conseillé de ne pas la réveiller la nuit et de favoriser la relactation en tirant mon lait plusieurs fois par jour après la tétée. Mais malgré ces efforts, les résultats n’ont pas été au rendez-vous. Finalement, j’ai résolu ce problème en réveillant ma fille 2 nuits d’affilée pour qu’elle tète. Dès le lendemain j’ai remarqué avoir plus de lait et ma fille a recommencé à prendre suffisamment de poids.

Paradoxalement, dans ce projet j’étais mieux accompagnée par ma famille n’ayant pas les connaissances reconnues dans ce domaine que par les professionnels de santé consultés à cette époque. C’étaient mes soeurs qui m’ont conseillé de laisser mon enfant le plus longtemps possible au sein après l’accouchement, de ne pas donner d’autre type de lait et réveiller ma fille la nuit pour qu’elle tète. Grâce à elles, je suis arrivée à résoudre tous ces problèmes et continuer mon allaitement.

Plus tard, j’ai eu l’impression que l’allaitement de longue durée n’est pas bien vu dans la société française. Ma belle-famille française était étonnée que j’allaite aussi longtemps. Il m’est arrivé d’entendre des commentaires désobligeants de la part de femmes âgées quand j’allaitais ma fille alors âgée de 11 mois au terrain de jeux. Le fait d’allaiter un enfant de 2 ans a choqué mon médecin généraliste, ainsi qu’un dermatologue et un dentiste que j’ai consultés à l’époque. De ce fait, j’ai commencé à éviter de l’allaiter dans les endroits publics et d’en parler spontanément.

Mais à part ces petites difficultés et quelques regards pas toujours bienveillants, je trouve mon projet d’allaitement réussi. Cette expérience unique nous a apporté beaucoup d’émotions positives et a permis d’établir une relation particulière. Je sais que j’allaiterai aussi mon deuxième enfant !

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Accueillir les sensations de plaisir en allaitant https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/ https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/#comments Thu, 30 Mar 2017 15:41:45 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1539 Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je … Continuer la lecture de Accueillir les sensations de plaisir en allaitant

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Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je lui renvoie. Je constate qu’elle a déjà un petit ventre bien rond.

Ce n’est pas encore habituel de recevoir en consultation de sexologie une femme enceinte, et pourtant quel chamboulement corporel ! Il y a de quoi perdre quelques repères pour les futurs parents, non ? S’en inquiéter et demander de l’aide me parait faire preuve de bonne santé mentale.

A ce propos, je me souviens de mon professeur de sexologie qui nous conseillait d’éviter les parturientes, et imposait d’attendre 2 ans après l’accouchement pour les accepter en consultation. Je n’étais déjà pas d’accord avec lui pendant mon diplôme universitaire ; je ne lui suis toujours pas.

M. et Mme B. sont donc assis devant moi. C’est lui qui parle, elle le regarde tendrement. Elle semble heureuse d’être là.

  • Je vous ai entendue au réseau périnatalité il y a 15 jours, dans le couloir, commence-t-il. Vous avez évoqué quelque chose qui m’a intrigué. Vous avez dit : « la bouche, les seins, le clitoris ou le pénis pour l’homme, l’anus, tous ces organes sont liés dans le plaisir sexuel. Il ne faut pas avoir peur des sensations, il faut les accepter mais ne pas confondre voilà tout ! »

Je me souvins en effet de cette discussion que j’avais eue avec une sage-femme qui sentait bien que certaines de ses patientes aimeraient lui parler sexualité mais n’osent pas toujours le faire, de peur de la choquer. Les sages-femmes sont au cœur de la problématique de confusion possible entre le sexe et l’enfant, elles ont un rôle fondamental à jouer dans la déculpabilisation.

Il poursuit :

  • A notre premier enfant, Claire allaitait et c’était vraiment merveilleux, mais assez rapidement… (et là il rougit, n’ose pas continuer et c’est elle qui prend la parole)
  • cela m’a donné envie de me masturber, explique-t-elle.
  • Pas en même temps bien sûr (rajoute-t-il avec empressement). Nous avons tout de même décidé qu’il valait mieux arrêter l’allaitement car cela ne me paraissait pas normal.

J’avoue que je me demandais même si ce n’était pas malsain pour le bébé que l’allaitement provoque chez elle de telles envies.
Alors pour ce deuxième enfant, nous étions résignés à ne pas recommencer l’expérience… de peur que…

Cet aveu sincère permit d’ouvrir un dialogue. Nous avons pu parler « d’avant » la première grossesse, de leur sexualité « d’avant », de leur rythme de plaisir et des sensations physiques pour leur faire comprendre que tout est une question d’équilibre et de sens. Leur sexualité était tout à fait épanouie, heureuse et régulière. Par contre, ils avaient convenu que la masturbation n’avait pas lieu d’être. Une discussion à ce propos avait eu lieu assez tôt dans leur histoire lors d’un épisode joyeux où Claire s’était caressée pendant le rapport, ce qui avait choqué notre Prince Charmant qui voulait être seul responsable du plaisir de sa Belle…

Il avait simplement oublié que personne ne fait jouir personne.

Avant de le rencontrer, Claire avait une pratique régulière de masturbation : souvent le soir pour bien dormir, et toujours quand elle avait mal à la tête ou quand elle était trop stressée. Mais elle avait accepté d’arrêter puisque le « faire l’amour » était fréquent, heureux et amoureux !

Il n’empêche que son corps était habitué à ces sensations bien agréables qui régulent l’organisme chimiquement. Physiologiquement, les substances déversées dans le corps par l’activation des zones érogènes puis le déclenchement du réflexe orgasme, sont parfaitement saines et positives pour l’état général.

Les seins étaient partie prenante dans la sexualité « d’avant », donc réactifs en matière d’excitation érogène. Après l’accouchement les rapports avaient été perturbés et reportés du fait d’une cicatrice douloureuse d’épisiotomie, et tout naturellement la stimulation par l’allaitement avait réenclenché le circuit de la récompense… de plaisir sexuel.

Il n’était pas possible de faire l’amour comme « avant » et le corps de Claire s’est souvenu de la solution magique pour aller bien, vraisemblablement de manière inconsciente.

Si le classique « préliminaires/pénétration » est souvent une valeur sûre pour obtenir un plaisir partagé « avant » les enfants, il ne faut jamais oublier qu’une sexualité heureuse se construit à deux, toute la vie, par le dialogue, l’aveu, la tolérance, le respect et la confiance. Le rôle du sexologue est de vérifier si la communication est bonne : c’est un généraliste du sexe à qui on peut tout dire (secret professionnel) et qui traduit pour l’un ce que l’autre veut signifier… avec un sourire, première expression faciale universelle et rassurante.

Laura a deux ans, sa maman l’a allaitée 6 mois. A mon avis tout va bien car ses parents m’ont envoyé une gentille carte d’Italie où ils sont partis passer un week-end en amoureux !

[Auteure] : Dr Manon Bestaux

[Biographie] :  Manon BESTAUX, sexologue clinicienne hospitalière et libérale, est la présidente du syndicat national des sexologues cliniciens (www.snsc.fr). Chargée de cours en sexologie aux étudiantes sages-femmes, elle a mis en place des ateliers “sexualité” dans le cadre de l’ E.T.P. (éducation thérapeutique du patient) dans l’après-cancer du sein. Elle est également l’auteure du livre “le sourire et le sexe”, et du “carnet n°1 du plaisir sexuel féminin”, disponibles sur www.editionsparticulieres-sprl.com.

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