positions d'allaitement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 07 Feb 2019 10:52:06 +0000 fr-FR hourly 1 Mon bébé souffre de dysoralité https://www.leblogallaitement.com/1725-2/ https://www.leblogallaitement.com/1725-2/#comments Thu, 22 Mar 2018 14:55:20 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1725 L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis … Continuer la lecture de Mon bébé souffre de dysoralité

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L’équipe de rédaction du blog allaitement a recueilli le témoignage de Sonia, maman d’une petite fille qui présente une dysoralité. Cette maman a mené un véritable combat pour sauver son allaitement et permettre à son bébé de vivre. Après une première grossesse heureuse, la seconde a été tout à fait différente, jalonnée de nombreux défis et de fatigue. Son bébé est né avec un retard de croissance in utero et elles ont passé une longue semaine de surveillance en néonatalogie avant de rentrer chez elles. Dès la naissance, la petite a eu des difficultés à prendre le sein. Sonia a connu de nombreuses complications liées au problème de succion de son bébé dont les origines étaient le frein de lèvre supérieure de type 2 et le frein de langue sous muqueux de type 4.

− Sonia, vous avez décidé d’allaiter, qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Pour moi l’allaitement n’est pas un choix, c’est un acte naturel. Je n’ai pas tellement réfléchi. J’ai voulu donner le meilleur et le plus naturellement adapté à mon bébé, né avec un retard de croissance in utero. C’est un deuxième bébé et le premier, je ne l’ai allaité que 10 jours, une mastite et une désinformation avaient eu raison de mon allaitement. Je souhaitais donc plus que tout allaiter notre second enfant.

Vous avez rencontré quelques difficultés, pourriez-vous nous les décrire ?

J’ai rencontré des difficultés dès la maternité. J’ai tout de suite remarqué que mon bébé avait un problème de succion. Les mises au sein étaient douloureuses et peu efficaces. J’ai souffert de crevasses très importantes. Je suis passée par le tire-allaitement durant 5 semaines en poursuivant les mises au sein quotidiennement, le soir pour calmer ses pleurs. Mon bébé avait un reflux gastro-oesophagien et toujours une mauvaise succion, même avec le biberon. Pour le confort de chacune, je suis repassée à un allaitement au sein. Tirer son lait pour le donner au biberon est la plus complexe des configurations ! Non sans difficulté, j’ai pu limiter les crevasses en adoptant une position particulière. Malgré un bébé au sein toutes les heures, la prise de poids était faible. Je ne faisais que cela de mes journées. Ce sont à ses trois mois et demi que les freins de langue et de lèvre ont été détectés et sectionnés. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs professionnels qui n’avaient rien vu. Mon bébé a alors dû réapprendre à téter. Mais c’est difficile. Grâce à une merveilleuse consultante en lactation spécialisée en troubles de l’oralité, j’ai pu mettre des mots sur les maux de mon bébé à ce moment-là. Bien sûr, j’ai traversé des moments de doutes et de fatigue importants. Parallèlement à cela, ma fille est un bébé poly-allergique et j’ai dû modifier mes habitudes alimentaires afin qu’elle soit confortable.

Cette aventure ne doit pas être de tout repos pour vous, comment se passe une journée type ?

Nous nous levons vers 7h, toilette puis bébé est à mes côtés le temps du petit déjeuner, ensuite je lui propose le sein. Je me douche, puis je joue avec elle, ou nous partons en balade. Je lui propose le sein au retour et en général à 10h30, 11h30. Nous déjeunons vers midi ensemble, puis tétée dessert /câlin. À ce moment-là s’ensuit une sieste et si je peux, je fais de même. Elle ne dort pas beaucoup en journée et tète de nouveau vers 14h30 et 15h30. Nous allons chercher sa grande soeur à l’école à 16h30 et ensuite au sein à 17h30 et entre 19h et 20h avant de dormir. La nuit, elle tète environ 3 ou 4 fois. Elle dort à côté de moi dans un lit cododo. La mise au sein est d’ailleurs plus facile la nuit. La journée elle peut refuser le sein, car inconfortable (j’ai un reflex d’éjection fort qu’elle a du mal à gérer) alors je la porte beaucoup, bras, porte-bébé, sling, on chante, je la berce. Selon le temps, nous allons nous aérer dans le jardin 5 minutes puis je lui propose de nouveau le sein. Grâce à l’attention et au temps que je lui accorde, nous y arrivons et elle pleure rarement. Le soir, après le bain je la masse, nous faisons les exercices de rééducation orthophonique (stimulation orofaciale plusieurs fois par jour) et aujourd’hui, je peux accéder à une partie de son corps pour 2 à 3 minutes environ.
Et une fois par semaine, nous parcourons ensemble les 100 km aller-retour qui nous permettent d’aller voir une orthophoniste spécialisée.

− On imagine facilement combien vous devez vous sentir dépassée certains jours, qu’est-ce qui vous fait tenir le coup ?

Il y a des jours où tout va de travers ! Bébé a besoin de beaucoup d’attention et de présence. C’est un bébé qui ne réclame pas vraiment le sein! Elle a pris l’habitude que je lui propose. Alors, mon organisation tourne autour de cela. Je ne vois pas beaucoup de monde parce qu’il faut expliquer les choses souvent et cela me fatigue. En effet, chacun y va de son petit commentaire. J’ai repris le travail et ma fille est chez une assistante maternelle. Elle y mange et dort peu… Pour tenir, je peux compter sur le soutien inconditionnel de mon conjoint, et sur ma force de vivre. Je me dis que l’avenir sera radieux car je fais tout ce qui est en mon pouvoir de mère pour mon bébé, que notre allaitement est ce qui nous fait tenir. Il est notre force…

− Vous a-t-on suggéré de donner des biberons de lait artificiel ? Avez-vous envisagé de sevrer votre fille ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de tenir ?

On m’a suggéré de donner des biberons de lait artificiel oui : entourage, médecins. Je ne voyais pas l’intérêt de cela ! A quoi bon remettre en question tous les efforts que je déploie pour améliorer la succion de ma fille si je cède à un mode d’alimentation passif avec un biberon ? on m’a expliqué que les stimulations ne sont pas les mêmes et ma fille a bien besoin de s’entraîner. Alors, on persévère. Elle tète et prend du poids même si cela reste modéré, elle se développe très bien je n’ai jamais compris ce besoin qu’avait ces personnes de m’imposer leur avis et surtout de n’avoir rien compris à ma démarche. Je n’ai jamais envisagé de sevrer ma fille, j’étais convaincue que mon lait suffisait et qu’il lui était tout à fait adapté. Le contact et la relation instaurés avec mon bébé n’ont pas de prix. C’est tellement logique. Je perçois des signes de faim ou une envie de téter, je la mets au sein. Même si ce n’était pas simple pour nous, je tenais à garder ce lien coûte que coûte, malgré la dysoralité qu’elle a développée.

− Une forme de dysoralité a été identifiée chez votre fille, comment cela se manifeste-t-il ?

Cette dysoralité se manifeste au départ par une difficulté persistante de mise au sein. Au début, je pensais que c’était lié à la douleur faisant suite aux freinectomies. Puis, je me suis rendue compte que bébé ne prenait pas le mamelon correctement en bouche. Elle ne prenait pas suffisamment “de sein” en bouche, et lorsque j’essayais de corriger cette position, cela lui déclenchait un réflexe nauséeux très important. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une consultante en lactation. Par la suite j’ai découvert que bébé n’ouvrait pas beaucoup la bouche… ne tétait pas mon doigt… et n’acceptait pas qu’on lui touche le visage ou d’autres parties de son corps d’ailleurs.

− Comment est-on arrivé à la conclusion que l’alimentation de votre fille nécessitait une attention toute particulière ?

J’ai toujours ressenti que mon bébé était très réceptif à son environnement et aux personnes. À son écoute, j’ai aussi très vite compris qu’il n’y avait pas que sa succion qui posait problème, les allergies étaient responsables de son inconfort aussi. En fait, c’est ma fille qui m’a appris à l’accompagner.

− Est-ce qu’on vous a tout de suite prise au sérieux quand vous aviez l’intuition que quelque chose n’allait pas ?

Peu de personnes m’ont écouté. Entre le manque de formation des professionnels de santé concernant l’allaitement tout court, les freins de langue et de lèvre serrés nuisant à l’allaitement et conduisant au mauvais transfert de lait…, l’entourage qui m’a culpabilisé et l’isolement, ce fut une véritable épreuve dont je vais mettre un certain temps à me relever. Heureusement que le soutien ancestral de mère à mère existe encore de nos jours et heureusement que La Leche League se met au service des mamans qui allaitent. C’est en m’informant sur leur site que j’ai gardé à l’idée que mon instinct ne se trompait pas.

− Est-ce que votre fille présente uniquement des difficultés à s’alimenter ? Est-ce que son hypersensibilité se manifeste dans d’autres domaines 

Ma fille est un bébé qui présente une hypersensibilité globale. Elle est rapidement submergée par toutes les informations sensorielles qu’elle reçoit et doit traiter en même temps. Ainsi, un étranger lui sourit et essaye de la toucher, et ce sont les pleurs assurés, depuis tout bébé ! Aujourd’hui, à 7 mois et demi, il lui faut toujours une petite période d’adaptation et surtout… que ça vienne d’elle ! Elle suit une rééducation orthophonique spécifique.

− Et comment se passe la vie de famille dans tout ça ?

Elle a un lien très fort avec sa sœur, cris et rires dès qu’elle la voit ! Un bébé qui câline avec sa tête, elle fonce tête baissée sur papa, maman ou grande sœur… En effet, la vie de famille a été bien bousculée. Non seulement par la naissance et l’accueil de ce bébé mais aussi par toutes les difficultés rencontrées successivement depuis des mois. Une maman peu accessible qui fait son maximum pour remplir son rôle de maman, de femme et de jeune mère allaitant un bébé aux besoins particuliers. Ce fut et c’est encore difficile. Papa prend le relais avec la grande pour le plus grand plaisir de tous les deux. Nous travaillons tous les deux et l’organisation à la maison se fait aussi grâce à l’aide d’une personne attentionnée que nous avons engagée deux heures par semaines.

[Auteure] : Sonia E. M.

[Biographie] : Sonia est maman de deux filles, l’aînée est âgée de 5 ans et demi, et un bébé de 7 mois et demi. Infirmière de profession, elle a prolongé son congé maternité d’un congé parental pour pouvoir s’occuper de ce bébé allaité exclusivement depuis sa naissance. Aujourd’hui, elle a repris son activité professionnelle qui l’amène à être séparée de ses enfants 14h par jour. Elle parvient néanmoins à maintenir son allaitement.

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La position en ballon de rugby https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-en-ballon-de-rugby/#respond Tue, 26 Sep 2017 08:43:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1620 Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire. Qu’en est-il ? Tout est dans la … Continuer la lecture de La position en ballon de rugby

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Notre panorama des positions d’allaitement se complète, aujourd’hui nous évoquons une position que beaucoup connaissent et utilisent comme une position permettant d’éviter les douleurs au démarrage de l’allaitement : la position en ballon de rugby. Et pourtant certaines mères la détestent ou ne parviennent pas à la faire.

Qu’en est-il ?

Tout est dans la nature, a-t-on coutume de dire ! Il est vrai que pour certaines d’entre vous cette position va beaucoup faciliter votre installation et votre capacité à voir comment votre bébé prend le sein. Ceci est particulièrement vrai pour celles qui ont les seins volumineux et souples. Celles d’entre vous qui ont une poitrine menue, qui plus est si elle est très ferme, risquent au contraire d’éprouver de la difficulté à positionner ainsi leur bébé. Avoir une bonne visibilité lors de la prise du sein peut être essentiel les premiers jours et c’est pour cela que cette position est souvent celle qui vous est proposée. Au risque de me répéter : cela fonctionne en effet très bien pour les mamans parmi vous ayant une poitrine assez forte tandis que la position de la madone ou de la madone inversée risquent de vous mettre en difficulté.

L’intérêt de bien voir ce qui se passe est lié au besoin de guider bébé vers une « bonne » prise de sein. Rappelons les principales caractéristiques :  le menton est « dans » le sein et le nez est dégagé, les lèvres du bébé bien retroussées vers l’extérieur, avec une grande, très grande ouverture de la bouche. Tout cela est crucial. Le « ballon de rugby » permet tout cela et malheureusement permet aussi de faire l’erreur de pousser votre bébé dans le sein avec le nez en premier ! Vous retrouvez alors l’écueil de la madone si bébé est coincé dans le creux du coude, mais ici votre soutien risque d’être très ferme et il n’aura vraiment aucune chance de repositionner la tête de manière plus confortable.

 

Pourquoi cela arrive-t-il et comment faire pour l’éviter ?

Installer son bébé en « ballon de rugby » c’est coucher son bébé à côté de soi, allongé plutôt sur le dos avec les pieds en direction du dossier du fauteuil sur lequel vous êtes assise. C’est votre avant-bras que vous utiliserez pour soutenir le bébé, supporter son poids et l’amener au sein et votre main, celle du bras qui soutient, va venir donner au bébé le soutien au niveau de la nuque, votre main est alors tournée avec la paume vers le haut. Votre seconde main servira à maintenir le sein et l’orienter à souhait. Ainsi vous amènerez bébé vers le sein, et comme pour les autres positions vous caresserez sa lèvre supérieure ou la zone entre cette lèvre et le nez avec votre mamelon : lorsque votre bébé est prêt et qu’il ouvre la bouche bien grand vous pouvez l’amener au sein en prenant soin de diriger le mouvement avec le bras et pour que son menton rencontre le sein en premier. Si vous approchez bébé en le soutenant trop à l’arrière du crâne sa tête se fléchit vers le buste, il en sera de même si le mouvement d’approche est effectué par commande de la main plus que de votre avant-bras : c’est le seul piège à éviter pour cette position.

 

À noter : selon l’âge, la morphologie et la façon de se mouvoir de votre bébé, ainsi que votre propre morphologie,  vous allez naturellement décliner cette position en de nombreuses variantes : pour certaines bébé paraîtra allongé, pour d’autres semi-incliné, et jusqu’à une variante faisant penser quasiment à la position assise : si vous êtes à l’aise et bébé aussi voilà déjà deux indicateurs positifs, si votre bébé couvre une plus grande portion de la partie inférieure de l’aréole que de la partie supérieure alors ce doit être bien parti, bravo !

 

Si vous éprouvez des difficultés :

  • à « caser » les jambes de votre bébé : c’est probablement parce qu’il vous faut penser à caler vos lombaires avec un coussin qui ménagera alors une distance supérieure entre votre sein et le dossier du fauteuil ; le dos complètement collé au dossier vous aurez en effet du mal à trouver la place pour son corps et cela vous donnera l’impression de devoir soulever les fesses de votre bébé donc de le placer un peu « tête en bas »
  • à amener bébé à hauteur du sein : c’est peut-être parce que votre avant-bras et les fesses de votre bébé devraient être soutenus par un coussin plus haut, vous manquez probablement de calage ou parce que cette position n’est pas adaptée à votre morphologie de poitrine.

Bons essais à vous ! Bonnes tétées !

 

Confort maternel           ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆

Tétée facile en public ★☆☆☆☆

Tétée facile à l’extérieur ★☆☆☆☆

 

Situations spécifiques :

Jumeaux ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé  « somnolent » ★ ★ ★ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur une

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod

 

 

 

 

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Les positions d’allaitement : la madone inversée https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/ https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/#respond Tue, 22 Aug 2017 09:05:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1604 Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon … Continuer la lecture de Les positions d’allaitement : la madone inversée

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Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon démarrage de l’allaitement, mais vous ne parvenez pas à vous installer autrement pour trouver une solution. Nous vous proposons de découvrir la position de la « madone inversée » qui est un peu la petite soeur de la madone, sans les inconvénients majeurs de celle-ci sur la prise du sein !

Vous allez vous asseoir, idéalement, les lombaires calées, les genoux légèrement relevés (grâce à un petit marche pied par exemple), avec les coussins nécessaires pour que votre bébé soit à hauteur du sein ; vos coudes bien soutenus et les épaules détendues.

Lorsque vous mettez votre bébé au sein gauche, c’est votre bras droit qui va le soutenir. Pour arriver à amener votre bébé à hauteur du sein, vous allez d’abord placer votre bébé sur le coussin d’allaitement, et le caler tout près de vous, en plaquant d’abord son bassin par un appui bien ferme de votre avant-bras sur ses fesses.

Vous pouvez faire des essais lorsqu’il est calme ou même avec un poupon. Vous constaterez que cette position favorise l’inclinaison naturelle de la tête du bébé qui va se retrouver en légère extension, son menton pointe vers le sein. Votre bébé est alors dans la position idéale pour prendre le sein de manière asymétrique. Ensuite, vous allez le soutenir par la nuque avec la main droite.

Pour vous y aider, placez votre pouce et votre index sous chaque oreille de part et d’autre de la nuque. Vous sentez une petite partie osseuse un peu arrondie : « le processus mastoïde ». C’est là que vous allez appliquer votre maintien. N’ayez crainte, vous ne risquez pas de faire mal à cet endroit. Vous donnez au contraire à la nuque de votre bébé toute la tonicité qui lui manque pour l’instant. De cette façon, la paume de votre main se trouve vers la nuque de votre bébé et rien n’exerce de pression derrière son crâne. Votre bébé peut donc placer sa tête légèrement en extension par rapport à la nuque plutôt que de la fléchir. Il est alors aisément encouragé à ouvrir TRÈS grand la bouche et à avancer la langue en avant dans les meilleures conditions.
Vous voyez ainsi très bien sa bouche et la façon dont il aborde le sein. Vous avez toute latitude pour guider fermement et avec tendresse sa rencontre avec votre sein. De plus, votre main gauche est libre. Vous pouvez ainsi soutenir votre sein, l’orienter à volonté, le rendre plus préhensible pour votre bébé et pratiquer également la compression du sein si vous en avez besoin.

Dans cette position, la prise du sein asymétrique et profonde est simple à réaliser et le transfert de lait en est facilité. Pour débuter l’allaitement, c’est vraiment une position très intéressante !

Tout comme pour la madone classique, vous pouvez vous installer en tailleur, avec un coussin sous les fesses si nécessaire selon votre ouverture de hanches. Ainsi, votre dos est bien protégé et le positionnement du coussin d’allaitement est aisé.

 

Confort maternel         ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel          ★ ★ ★ ☆☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé          ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ★ ★ ★☆

Tétée facile à l’extérieur ★ ★ ★ ★ ☆

Situations spécifiques :

Bébé « somnolent »    ★ ★ ★ ★ ★

Réflexe d’éjection fort            ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

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Une position pour le repos https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/ https://www.leblogallaitement.com/une-position-pour-le-repos/#respond Fri, 04 Aug 2017 12:00:30 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1594 Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens. Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au … Continuer la lecture de Une position pour le repos

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Vous voulez vous reposer ? C’est bien naturel. Tout le monde a besoin de se reposer. Alors, après une grossesse, un accouchement et en s’occupant d’un ou plusieurs bébés 24h/24 et 7 j/7, ça tombe encore plus sous le sens.

Mais votre bébé tète, bien sûr, fréquemment. Il requiert votre attention durant ce temps au cours duquel vous vous devez d’être alerte et par la force des choses, vous ne vous reposez pas.

Reprenons ce qui se passe dans la vie courante. Comment positionneriez-vous votre corps si vous cherchiez à obtenir le plus possible de repos ? Vous vous allongeriez, n’est-ce pas ? On dit toujours qu’on est moins fatigué assis que debout et moins fatigué couché qu’assis !

Expérimentez cela :

  • allongez-vous sur votre côté, une jambe étendue sur le matelas et l’autre repliée par-dessus, avec le genou venant toucher le matelas. Cela évite de cambrer le dos, ce qui pourrait provoquer des douleurs lombaires (comme en position latérale de sécurité si cela vous parle) ; il peut être très appréciable pour certaines femmes de placer un coussin sous ce genou pour respecter l’écartement de leurs hanches, particulièrement dans la période qui suit l’accouchement
  • surélevez convenablement votre tête au moyen d’un ou deux oreillers
  • approchez votre bébé tout contre vous le plus possible. Votre bébé est sur son côté pour vous faire parfaitement face. Collez-bien son bassin contre vous d’abord en plaquant votre main sur ses fesses pour les amener vers vous. Vous pourrez maintenir cette position par une serviette roulée et placée derrière lui ou bien un coussin d’allaitement et ainsi libérer votre main. Puis, amenez-le vers le sein en l’approchant par la nuque de façon à ce que son menton touche le sein en premier
  • selon vos préférences et votre morphologie, vous pouvez soit passer l’un de vos bras sous votre tête, ou sous les oreillers pour le ramener vers le dos de votre bébé comme pour l’entourer. Attention, si vous êtes couramment installée ainsi et avec le bras allongé sous votre tête, veillez à respecter votre confort. Certaines mamans ont en effet constaté une plus grande tendance à l’inflammation des prolongements de la glande mammaire situés vers l’aisselle. L’autre bras est libre pour s’occuper de votre bébé, soutenir le sein si nécessaire ou ne rien faire tout simplement..!

 

Vous êtes maintenant tous deux allongés, vos corps naturellement soutenus et bébé tète sans que vous ayez à lutter pour le maintenir. N’est-ce pas moins fatigant que de s’asseoir et de garder la tenue du dos, de la nuque, des bras ? Fermez les yeux et reposez-vous le temps de cette tétée (pensez à vous installer en sécurité car vous risquez fort de vous endormir 😉

 

 

Fiche technique de la position allongée sur le côté :

Confort maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel  ★ ★ ★ ★ ★

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ☆

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ☆- oui car peu de contraintes ressenties pour soutenir son corps

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆

Tétée facile à l’extérieur ☆☆ ☆☆☆
Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ☆☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur période

prolongée ★ ★ ★ ★ ☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

 

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La position instinctive https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/ https://www.leblogallaitement.com/la-position-transat/#respond Tue, 25 Jul 2017 09:15:21 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1589 Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets ! Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire … Continuer la lecture de La position instinctive

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Bravo d’avoir patienté et pris le temps de vous plier aux quelques exercices proposés dans les précédents billets !

Vous avez sûrement remarqué que certaines positions vous permettent de ne pas avoir besoin de vos bras pour maintenir la serviette qui fait office de bébé « plaquée » contre vous, alors que d’autres vous obligent au contraire à les utiliser activement.

L’un dans l’autre, vous avez pu acquérir beaucoup d’expérience car vous avez constaté par vous-même que certains environnements vont vous faciliter la vie pour positionner votre bébé, la serviette dans notre simulation, tandis que d’autres nécessiteront plus d’activité de contenance de votre part. Cela va entraîner pour vous le besoin de se faire assister par des coussins et oreillers pour soutenir vos propres bras et votre corps et maintenir un certain niveau de confort…

C’est exactement ce que Suzanne Colson a pu constater (S.D. Colson et al.,2008) lors de ses recherches :

Selon la position que nous adoptons, soit la gravité aide le bébé à être contre nous et à utiliser ses réflexes innés favorisant la prise du sein et le transfert du lait, soit au contraire elle l’éloigne de nous et par conséquent de notre sein ! Ces recherches ont également identifié chez les mamans des comportements innés susceptibles de favoriser l’allaitement lorsqu’elles sont encouragées à s’installer confortablement. Il ne s’agit donc pas de positions « enseignées » à reproduire de façon directive. Pour expliquer ce que peut être s’installer confortablement, Mme Colson évoque les positions que nous sommes susceptibles de prendre pour regarder tranquillement un film à la télé !

 

Voici donc par excellence « la » position dans laquelle la gravité vous aide en rapprochant naturellement votre bébé de votre corps, de votre sein plutôt que de l’en éloigner : la position en « BN » ( Biological Nurturing®) ou « laid-back position ». * Votre corps offre un large support à votre bébé : tout votre buste lui sert librement d’appui. En pliant vos jambes, vos cuisses donnent un appui aux pieds de votre bébé. Il peut donc utiliser toutes ses compétences. Vos bras sont libres pour finir de guider sa tête et/ou votre sein. Vous pouvez laisser reposer votre nuque sur un coussin et être confortablement installée durant toute la tétée. Vous êtes tous deux placés un peu comme une chatte et ses chatons pour allaiter naturellement en respectant les données biologiques.

Cette façon d’accueillir le bébé au sein permet de l’orienter de multiples façons en fonction de vos morphologies respectives. Parfois, le bébé se retrouve plutôt vertical, parfois en position transversale, parfois en position oblique sur votre buste… A chaque maman, chaque bébé et chaque âge sa combinaison. Le degré d’inclinaison de votre dos obtenu par le glissement du bassin peut être modifié à souhait selon votre confort, votre contexte. Par exemple, avec un bébé âgé de 6 mois en zone publique une petite inclinaison permettra une tétée très discrète et confortable pour vous deux !

« De multiples positions en une ! »

L’inclinaison de votre buste a amené certains à l’appeler « position transat », un joli nom qui appelle au  repos. Imaginez-vous à mi ombre, sous les arbres en train de déguster tranquillement un jus de fruits frais pour un moment de détente. Un tel moment, vous en rêviez. Mais avec l’arrivée de bébé, impossible de s’octroyer ce petit moment. Voyons si vous pouvez le faire. Placez simplement votre bébé sur le sein, chaque tétée peut être une occasion de vous détendre en même temps.

Petit cadeau de la nature, cette position respecte si bien vos compétences biologiques de mère et celles de votre nouveau-né que c’est aussi une de celles qui facilite le plus une prise du sein optimale lorsque vous êtes tous deux en apprentissage. Ainsi, de nombreux cas de crevasses qui ne sont pas parfaitement soulagés par la madone inversée*(article suivant) deviennent indolores et guérissent dès l’instant où l’on bascule le bassin pour se laisser glisser dans cette position car la prise su sein est encore meilleure !

 

Ce que les mamans en disent : « Qu’est ce que je me sens bien comme ça ! »

Le plus souvent, l’essayer c’est l’adopter !

 

 Fiche technique de la position « Biological Nurturing® » :

 

Confort maternel      ★ ★ ★ ★ ★

Repos  maternel        ★ ★ ★ ★ ☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ★ ★

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Tétée facile à l’extérieur ★ ☆☆ ☆☆   à   ★★ ★ ★ ★ (en fonction du degré d’inclinaison requis)

Situations spécifiques :

Bébé  « somnolent » ★ ★ ☆ ☆☆

Réflexe d’éjection fort ★ ★ ★ ★ ★

Remettre au sein après prise du biberon sur période prolongée

★★★☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ★ ★ ★ ★

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Votre bébé aussi s’installe confortablement pour téter https://www.leblogallaitement.com/votre-bebe-aussi-sinstalle-confortablement-pour-teter/ https://www.leblogallaitement.com/votre-bebe-aussi-sinstalle-confortablement-pour-teter/#respond Thu, 13 Jul 2017 14:03:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1583 Vous avez lu notre précédent billet et vous êtes bien exercée ? Bravo à vous ! Aujourd’hui, nous allons parler un peu du nouveau-né. Nous allons voir comment il s’investit pleinement à la recherche d’une position confortable pour téter. Comme vous le savez, le nourrisson n’est ni un adulte en miniature ni un petit qui … Continuer la lecture de Votre bébé aussi s’installe confortablement pour téter

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Vous avez lu notre précédent billet et vous êtes bien exercée ? Bravo à vous !

Aujourd’hui, nous allons parler un peu du nouveau-né. Nous allons voir comment il s’investit pleinement à la recherche d’une position confortable pour téter.

Comme vous le savez, le nourrisson n’est ni un adulte en miniature ni un petit qui ne sait rien faire. Il a ses propres compétences, particulièrement quand il s’agit d’atteindre l’objectif de téter puisque d’un point de vue biologique, sa survie en dépend (il n’est pas informé que nous disposons des préparations infantiles « au cas où »). Autrement dit, tout chez votre bébé est prévu pour qu’il puisse téter. Aussi, connaître ce qui l’aide à bien téter est un atout indéniable.

 

Les études menées depuis plusieurs dizaines d’années ont identifié différents réflexes chez le nouveau-né. Ce sont des réponses que votre bébé peut manifester dès la naissance suite à différentes stimulations. L’équipe de Suzanne Colson* a voulu explorer la contribution de ces réflexes à l’alimentation du nouveau-né en questionnant l’existence d’un lien éventuel avec les positions d’allaitement. Vous pourrez le voir notamment :

  • porter la main à la bouche
  • étendre et fléchir les doigts
  • ouvrir la bouche
  • propulser la langue en avant, lécher
  • faire des mouvements avec les bras
  • faire des mouvements avec les jambes
  • soulever la tête
  • redresser la tête
  • balancer la tête (un peu comme un pic-vert)
  • fouisser
  • s’agripper par les mains
  • s’agripper par les pieds
  • ramper
  • sucer
  • contracter les mâchoires
  • déglutir

 

Pour bien visualiser tout cela, nous vous encourageons vivement à regarder les vidéos et photos de l’auto-cheminement lorsque le nouveau-né est placé en peau-à-peau dans la première heure suivant l’accouchement.

 

Maintenant, imaginez dans quelle position d’allaitement vous vous seriez mise spontanément. Est-ce que ce serait assise le dos droit en tenant bébé dans le creux de votre bras ? Dans cette position, si votre bébé redresse la tête, que se passe-t-il ? S’approche-t-il du sein ? S’il pousse sur ses bras (comme pour ramper s’il était à plat), se rapproche-t-il du sein ? S’il porte la main à la bouche, que se produit-il alors ?

Essayez et imaginez toutes les façons dont vous aimeriez vous placer spontanément.

Et visionnez de nouveau la vidéo de l’auto-cheminement : que se passe-t-il lorsque bébé manifeste ces réflexes ? Est-ce qu’il s’approche ou bien s’éloigne du sein ? Et comment la maman est-elle placée elle-même ?

La vidéo montre que lorsque le bébé bouge ses bras, un peu comme s’il « pédalait », il se trouve alors hissé vers le sein. En revanche, lorsqu’une mère est assise le dos bien droit, elle a tendance à plaquer son bébé contre elle pour l’amener au sein, ce qui conduit le bébé à se débattre et à réaliser des mouvements qui la gênent ; cette façon que le bébé a de tambouriner sur le sein est vécue comme un signe de protestation. La maman risque alors de penser que son bébé ne veut pas du sein, s’y énerve alors qu’il travaille selon ses capacités pour y arriver.

De même, si vous êtes assise le dos bien droit et que vous tentez de plaquer votre bébé contre vous et qu’il se met alors à effectuer des mouvements d’avant en arrière avec la tête, vous avez l’impression qu’il s’énerve et s’éloigne du sein lorsque sa tête part en arrière. Vous êtes incitée à appuyer davantage sur sa tête pour l’en empêcher. Le résultat est alors que votre bébé va se montrer plus agité alors que si vous êtes plus inclinée vers l’arrière, comme sur la vidéo, la gravité amènera systématiquement votre bébé vers le sein et non à l’opposé.

 

Cette invitation à prendre le temps d’observer, imaginer, ressentir vous prépare à être plus réceptive à l’ensemble de notre panorama et comprendre par vous-même l’impact de la posture de votre corps et de celui de votre bébé au cours de la tétée, sur la facilité que vous aurez tous deux à y arriver. Alors une dernière fois à vos essais, et à très vite pour découvrir et aborder ensemble la première des positions proposées !

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

 

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Comment s’installer pour allaiter ? https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/ https://www.leblogallaitement.com/comment-sinstaller-pour-allaiter/#respond Mon, 03 Jul 2017 20:15:41 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1576 La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable. Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner … Continuer la lecture de Comment s’installer pour allaiter ?

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La rédaction du blog de Grandir Nature m’a demandé d’écrire pour vous un billet sur les positions d’allaitement. Voilà qui peut être tout à la fois très attendu et totalement absurde ou déraisonnable.

  • Très attendu parce que le thème des positions d’allaitement est une des préoccupations courantes lorsqu’on se prépare à allaiter, « comment vais-je positionner mon bébé ? », « J’ai entendu dire que pour éviter les crevasses il faut positionner son bébé correctement, est-ce vrai? »
  • et très déraisonnable, mais révélateur de la situation de notre époque vis-à-vis de l’allaitement maternel : conceptualiser à l’écrit un geste lié à une activité biologique « naturelle », un geste qui devrait être observé dans la vie quotidienne depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte pour être tout simplement reproduit sans même y penser le jour venu…tout comme nous apprenons les bases de la cuisine en passant du temps à côté de tous ceux qui préparent les repas pendant notre enfance !

Alors pourquoi ai-je décidé de l’écrire tout de même ? Pour vous donner le plus possible les clés pour vous sentir le plus possible à l’aise une fois bébé arrivé !

« À l’aise », c’est notamment de là que tout part : vous sentir confortablement installée pour vous occuper de votre bébé et interagir avec lui. Alors, pour « apprendre » à positionner bébé nous allons ensemble avant tout « désapprendre ». Comme dit le vieil adage : « Qui trop se hâte reste en chemin »

Désapprendre les directives : pendant que vous êtes en train d’essayer d’apprendre ce qui serait une « bonne » ou une « mauvaise » position, en regardant un schéma stéréotypé vous risquez de vous focalisez sur des points non essentiels. La priorité est d’apprendre à vous relier à vos propres sensations et au comportement de votre bébé afin de se positionner par réponse à ce qui se vit entre vous deux.

Plutôt que de raisonner en terme de « bonne » ou « mauvaise » position, percevoir que nos bébés, tout comme nous, ont des morphologies et des tailles différentes créant ainsi un éventail très large de possibilités de positionnement au sein autant que de couples mère-enfant différents ; ainsi ce qui fonctionne pour les uns ne fonctionnera pas forcément pour les autres et il est bien réducteur de « décrire » 5 ou 6 positions au regard de la diversité des mères et des bébés !!

Plutôt que d’entretenir l’idée terrifiante qu’il y a des bébés qui « ne veulent pas » téter, assumer le fait que ce bébé et sa maman n’ont pas été installés dans un environnement et une position qui permette à tous deux de parvenir à allaiter, le plus souvent par oubli de prise en compte des caractéristiques morphologiques individuelles et des compétences respectives d’une mère et de son nouveau-né, des contraintes inutiles empêchant ces compétences de s’exprimer.

 

Alors avant de vous lancer à corps perdu, et l’expression n’est pas vaine, sur un panorama des positions les plus fréquemment utilisées et appréciées, ce qui serait contre-productif, prenons le temps de cet exercice d’ici au prochain billet pour mieux gagner en confiance et cheminer vers cette extraordinaire rencontre avec votre bébé.

Prenez le temps pour vous-même, avec une serviette roulée faisant office de bébé, de sentir, repérer et « noter » dans votre corps toutes les positions dans lesquelles vous vous sentez bien et détendue tout en ayant à maintenir contre votre buste ce « poupon » improvisé ;  faites-le en réalisant que ce confort à trouver n’est pas pour 2 minutes mais plutôt pour 30 minutes… plusieurs fois par jour ! Observez les sensations de votre dos au niveau des lombaires, des épaules, de la nuque : êtes-vous bien relâchée ?  Les sensations de vos bras : pouvez-vous les utiliser facilement sans lutter pour tenir la posture choisie? Et vos jambes ? Trouvez les positions pour lesquelles vous avez le moins d’efforts à faire.

Observez vos seins : dans toutes ces positions comment se placent-ils naturellement, où se dirigent alors vos mamelons (vers le haut, le bas, le côté ..?), où se placerait donc votre bébé pour les atteindre ? Comment serait son corps ?

 

Prêtes ? Alors allez-y avec joie et décontraction, amusez-vous de vos observations et essais !

À très bientôt dans le prochain billet pour la suite !

 

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC
[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

 

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Point de vue d’un papa sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/point-de-vue-dun-papa-sur-lallaitement/#comments Tue, 20 Jun 2017 08:41:52 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1571 Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que … Continuer la lecture de Point de vue d’un papa sur l’allaitement

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Avant sa naissance, nous savions déjà que notre fille serait allaitée parce qu’il nous semblait que c’était la meilleure nourriture qu’elle pouvait recevoir. Je ne m’attendais évidemment pas à la montagne de petits et grands défis auxquels nous allions être exposés. C’est fou comme la société enjolive le fait de devenir parent. Je comprends que certains couples explosent en plein vol. Si vous voulez mon avis, on pourrait comparer l’arrivée d’un enfant à un tremblement de terre. Mais on arrive à reconstruire les fondations petit à petit.

Nous en avions parlé, c’était clair pour nous, ma femme allaiterait. Ce que nous ignorions alors, c’est que tout naturel que soit l’allaitement, ça pouvait ressembler à un parcours du combattant au début. Je me sentais impuissant quand ma compagne me demandait si elle positionnait bien Nine au sein. Elle souffrait de crevasses et les pommades que j’allais lui acheter en urgence à la pharmacie ne suffisaient pas. Alors, j’ai parcouru internet à la recherche de solutions. Je suis fier de lui avoir trouvé la méthode pour faire des pansements de lait maternel. Elle dit que ça a sauvé son allaitement. Puisque je ne pouvais pas donner le sein, je me suis arrangé pour être efficace dans les domaines où je pouvais agir.

Le déroulement d’une journée

Comme je travaillais à la maison, je pouvais être auprès de ma femme et de ma fille. Je ne m’étais pas douté un instant que ça allait être aussi épuisant. Aider au quotidien, remplir le réfrigérateur, préparer les repas, lancer une lessive, l’étendre, plier le linge ; courir acheter les couches manquantes, limiter gentiment mais fermement les visites épuisantes ; comprendre comment porter mon bébé en écharpe, l’y installer, bercer Nine et recommencer. C’était du non stop. J’étais carrément fier de me rendre utile, d’anticiper les besoins de mes deux femmes. J’avais concocté pour Cindy un espace cosy avec son thermos de tisane, une bouteille d’eau, un mélange de fruits secs et des bananes sans oublier le nécessaire mouchoirs, gel pour les mains, chargeur de téléphone portable et tablette. Elle avait son camp de survie en somme. Et j’étais chargé de la logistique et du ravitaillement. Et puis quand j’oubliais, elle savait me rappeler à l’ordre.

Comme la plupart de mes amis n’étaient pas encore papas, ils ignoraient combien un nourrisson vous mobilise et que la dernière chose qu’on ait envie de faire les premières semaines, c’est sortir et laisser mère et fille seules à la maison ; surtout le soir quand bébé a tendance à pleurer plus souvent. Une fois que tout roulait et qu’on gérait, nous ne nous sommes pas privés de sortie, grâce au portage et à l’allaitement, notre fille était toujours avec nous, une couche de rechange dans le sac et on pouvait aller au restaurant et passer du temps avec des amis.

Etre parents

C’est drôle, ma femme et moi avions passé pas mal de temps à lire et à nous informer sur notre rôle de futurs parents. Aucun livre ne prépare à l’émotion qui nous submerge et à l’intensité que ce bébé nous procure. Notre quotidien a été sacrément chamboulé, c’est le moins que l’on puisse dire. Affirmer que ce n’est que du bonheur, pas toujours non. Certains jours, quand l’épuisement vous gagne, on se demande si on fait tout bien comme il faut, on en discute et on relativise. Si nous sommes d’accord avec nos choix alors tout va bien !

Cependant, il ne m’est jamais venu à l’esprit que donner un biberon aurait été plus facile ou bien une manière de mieux prendre ma place auprès de notre bébé. Dès son arrivée à la maison, c’est moi qui me suis chargé du bain et du massage qui suivait. C’était un moment à nous et aussi un moment pour que ma femme puisse se relaxer. Et en toute franchise, ça m’arrangeait pas mal que Cindy se charge d’allaiter. Cela me permettait de me reposer un peu aussi.

Puis comme tout le monde, nous nous sommes posés tout un tas de questions. Car entre ce qui est dit dans les livres et la réalité, on est vite perdu : pourquoi pleure-t-elle alors qu’elle est changée et qu’elle a mangé ? Peut-elle dormir avec nous ? Peut-elle s’endormir au sein sans que cela créée de mauvaises habitudes ? Pourquoi n’aime-t-elle pas être posée ? Tout le monde y va de ses conseils mais quand aucun ne semblait nous correspondre, que faire ? Nous avons cessé de nous interroger sur « la marche à suivre » quand nous nous sommes rendu compte que le mieux était de suivre notre instinct. On allait faire des erreurs c’est sûr. Et puis… tant pis ! C’est aussi de cette manière que j’ai trouvé ma place en tant que papa. Relativiser les difficultés, chercher des solutions, décrocher mon téléphone pour trouver le rendez-vous chez l’ostéopathe qui débloquera la situation.

L’allaitement a quelque chose de magique, d’indescriptible. Je n’ai jamais su comment l’expliquer mais j’ai toujours été ému en voyant Cindy allaiter notre fille. C’est un moment où elles sont comme coupées du monde extérieur et je suis le témoin privilégié de ce bel ensemble. Je sais que mon rôle est de l’encourager, quand elle trouve ça dur. Que ma femme allaite m’a demandé de me montrer plus créatif. Ça tombe bien, dans ma vie professionnelle, je travaille dans le domaine artistique. Et puis, ce qui est sûr, c’est qu’on a gardé de cette période un souvenir très fort.

[Auteur] : Jean-Georges Gouazé, papa de bébés allaités

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Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ? https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/douleur-et-lesion-au-mamelon-peut-etre-de-quoi-anticiper-les-crevasses/#comments Wed, 24 May 2017 09:39:42 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1559 La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite. Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ? Je me … Continuer la lecture de Douleur et lésion au mamelon : peut-être de quoi anticiper les crevasses ?

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La douleur aux mamelons est si présente, si fréquente, dans la société, qu’on a fini par la considérer comme « normale » lorsqu’on allaite.
Combien de jeunes mères tardent à demander de l’aide parce qu’elles ont entendu une mère, une amie, une sœur se plaindre de douleurs en allaitant et banaliser ce qui pourrait être évité ?
Je me rappelle de voisines âgées de 80 ans, heureuses de me parler de leur allaitement et qui évoquaient leurs “gerçures”. Ce problème n’est donc pas si récent en France ! Et il continue ! Soyons clairs, la douleur en allaitement voire, la douleur « tout court » n’est pas normale.

Un signal émis par votre corps

La douleur est un symptôme. Elle vous signale qu’il y a un problème. De la même manière que vous ressentez une douleur fulgurante en posant votre main sur une plaque de cuisson brûlante, la douleur aux mamelons suggère que ce qui se passe n’est pas normal. Bien entendu, la maman ne retirera pas son bébé du sein aussi spontanément, et pourtant, combien sont tentées de le faire ? Et on les comprend.

Un cadre pour vous aider à distinguer la normale de l’anormale

Une sensibilité plus ou moins vive durant les 20 à 30 premières secondes de la tétée, au cours des tous premiers jours, est acceptable si et seulement si le mamelon ressort de la bouche de bébé aussi intact qu’il l’était avant la toute première tétée, c’est à dire sans changement de couleur, de forme, que son aspect n’est ni pincé, ni replié, ni aplati, et sans lésion d’aucune sorte.

Les causes de cette sensibilité sont connues : nous sommes alors en plein pic de prolactine, qui sensibilise nos seins et nos mamelons, la vascularité est accrue. Il faut des seins qui répondent très vite aux stimulations de l’enfant, et qui reçoivent très vite hormones, nutriments et autres  composants du lait. Les fibres collagènes sont étirées, la kératine peut manquer encore un peu, et les muscles du mamelon se font étirer. On parle même d’une espèce d’élongation musculaire.

Le fait qu’en début de tétée, il n’y ait pas un grand volume de colostrum/lait participe aussi à cette sensibilité ; et le soulagement apparaît très vite avec notamment le flot de lait.

Ce cadre vous permet de comprendre que :

  • Si l’on a mal au-delà des 30 premières secondes de la tétée ou bien entre les tétées,
  • Si le mamelon a changé de couleur (ex. : il a blanchi, soit toute la face du mamelon, soit une ligne diagonale au bout du mamelon),
  • Si le mamelon est pincé, aplati, qu’il prend la forme d’un tube de rouge à lèvre neuf,
  • Si le mamelon comporte une lésion, une fissure, une ampoule (même petite), une sorte de « suçon »

ce n’est pas normal, même si on n’a pas mal !

L’aspect de votre mamelon est le signe visuel avant la crevasse

La cause courante des crevasses est une mauvaise prise du sein en bouche. Au lieu d’attraper une grosse bouchée de mamelon et d’aréole, le bébé prend le sein de façon « superficielle ». L’angle que forment ses deux mâchoires est plutôt petit (inférieur à 120°) et surtout, ses lèvres sont refermées sur le mamelon, alors qu’elles devraient être apposées souplement (et ourlées vers l’extérieur) loin sur l’aréole, surtout la lèvre inférieure.

Le mamelon ressort de la bouche aplati, pincé, parfois légèrement, parfois plus fortement.  L’on va constater également qu’il y a une petite bande blanche en travers de la face du mamelon.

La couche superficielle de la peau du mamelon se déchire. La crevasse est là. De tétées en tétées, la dégradation continue, la fissure s’agrandit en profondeur, en longueur et en largeur.

Quelques pistes

Certaines crevasses apparaissent plus précocement, et il y a un risque qu’outre la mauvaise prise en bouche, il y ait un problème au niveau des structures orales de l’enfant, comme un problème de freins (de langue, de lèvre). Vous pouvez profiter de votre séjour en maternité pour solliciter l’avis du pédiatre ou de l’ORL à ce propos.

Il arrive également qu’un blocage empêche votre enfant d’ouvrir pleinement la bouche, de basculer la tête en arrière, d’utiliser librement tous les muscles au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres. Là, c’est peut-être un ostéopathe qui pourra vous aider.

Certains enfants encore serrent très fort, et pincent le mamelon parce qu’ils ne sont pas suffisamment maintenus contre leur mère et qu’ils ont peur de tomber. Un soin sera alors apporté à la position du bébé au sein.

Un soin souvent oublié

Toute plaie, y compris une plaie au mamelon, mérite, dès son apparition, un nettoyage soigneux à l’eau chaude savonneuse puis un traitement qui va l’aider à cicatriser. Un peu d’eau courante ou de sérum physiologique puis un onguent adapté, ou du lait maternel, voire un pansement Hydrogel spécifique (s’il n’y a pas d’infection) pourront aider à cicatriser et surtout, à maintenir en bon état d’hydratation.

Gardons à l’esprit que se « tartiner » de crème sans douleur ni lésion est inutile, de même qu’appliquer une grande quantité de crème sans rien changer dans la prise du sein en bouche, ni rechercher les causes, ne fait que ralentir les dégradations.

Enfin, certains protocoles prévoient qu’on utilise une crème médicamenteuse antibiotique et antifongique lorsque la plaie peine à se refermer. Un avis médical est alors nécessaire. Il s’agit de prévenir une infection, de protéger le mamelon et le sein. Il convient là encore de rechercher soigneusement la cause des lésions afin de résoudre le problème, et de limiter les risques d’infection ou de développer une pathologie mammaire.

Conclusion

Ce qui importe, c’est de toujours réagir au plus tôt quand une lésion quelle qu’elle soit, et/ou une douleur se présentent. Mon meilleur conseil est de ne jamais trop tarder à résoudre le problème. Je ne vous ai cité dans ce billet que quelques-unes de causes courantes de survenue de lésions des mamelons. La check-list est bien plus importante. Si vous souffrez, je vous encourage à solliciter une consultation avec une véritable professionnelle de l’allaitement, qui observera une tétée, et aussi vos seins, votre enfant, et qui, par ses connaissances, saura identifier ce qui ne va pas, et vous aidera à aborder la suite de votre allaitement en toute harmonie !

 

[Références] : Cox ; Dodd ; Ingle (gold08) ; McClellan ; Potter ; Prime ; Walker ; Wilson-Clay & Hoover ; Woolridge; Ziemer;

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie) https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/ https://www.leblogallaitement.com/vers-la-position-instinctive-de-la-tetee-le-crawl-2eme-partie/#comments Tue, 02 May 2017 15:21:56 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1551 Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que … Continuer la lecture de Vers la position instinctive de la tétée (le crawl, 2ème partie)

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Dans un billet précédent, nous avons vu quel enchaînement peut se dérouler naturellement juste après l’accouchement et comment le bébé peut aisément prendre le sein. Nous voilà de retour en chambre. Des problèmes surgissent. A quoi sont-ils imputables ? A l’inconfort du lit ? A l’image sociale du positionnement quand on allaite ? Aux visites ? Toujours est-il que l’heure de la tétée arrive et la maman s’assoit droite. Et c’est là que démarrent les difficultés. Voyons comment la « stabilisation » et la « géolocalisation » vont pouvoir vous aider. Ces astuces sont valables pour toutes les positions où vous êtes assise droite : madone, madone inversée, ballon de rugby, à califourchon et où vous êtes allongée sur le côté.

L’assise peut être problématique

Etre assise droite nous empêche d’avoir notre enfant dans une position qui favorise le crawl. Nous devons alors l’allonger sur un de ses côtés, et le placer à l’horizontale, ou en oblique. Ce qui fait de nous les seuls mammifères à horizontaliser

leurs bébés, soit dit entre nous ! Cela peut s’avérer douloureux en cas de sutures (épisiotomie, déchirures) ou d’hémorroïdes. Notre corps est soumis à des contraintes : nous devons faire des efforts pour garder cette posture tout au long de la tétée, et tenir/retenir l’enfant. La gravité terrestre devient notre ennemi qui entraîne une fatigue musculaire dans notre dos, notre cou et nos bras.

Si vous vous relâchez, votre enfant peut vous envoyer des messages « tiens-moi mieux, je ne peux pas passer à table ». En outre, l’enfant peut se cambrer et partir en arrière avant de rebondir contre le sein et s’agiter à nouveau. Cela vous oblige à des efforts musculaires intenses pour le ramener contre vous. Il arrive parfois que dans ces moments d’agitation, le bébé ne parvienne à saisir que ce qui dépasse du sein, à savoir le mamelon ! Et il sert très fort pour ne pas tomber, ce qui occasionne souvent une mauvaise prise en bouche et des blessures.

Assise droite peut donc être très fatigant sur le plan musculaire ! C’est pour ça que certaines utilisent un polochon d’allaitement. Voyons quels repères vous permettent de l’utiliser à bon escient.

Stabilisation

Lorsque vous vous asseyez droite, vous devez tenir fermement votre bébé contre vous. Les points de maintien sont l’un au niveau de ses hanches/fessiers, l’autre au niveau des omoplates. Cette stabilisation ferme doit être également répartie à droite, à gauche à l’exemple des « pompes » du sportif. Cela procure un rapport de force équilibré et de la précision pour les mouvements du cou, de la tête, de la bouche qui vont suivre ! Et c’est très important pour un enfant dont on sait que même né en bonne santé et à terme, il lui manque du gainage musculaire !

Imaginez-vous que vous et votre enfant êtes deux pièces d’un puzzle qui s’imbriquent l’une dans l’autre. Dès lors que l’enfant est totalement à l’horizontale ou en oblique, vos corps, vos collines et vallées mutuelles s’épousent harmonieusement. On comprend mieux pourquoi un polochon d’allaitement est utile à condition que l’enfant ne soit pas « dans le trou » ou qu’il n’éloigne pas l’enfant de vous !

La tête chercheuse et la pelleteuse-chargeuse

L’enfant démarre sa séquence de recherche puis de prise du sein en bouche. Il va vouloir développer les mêmes schémas que ceux que nous pouvions voir avec le crawl ; simplement, parce que vous êtes assise droite, vous êtes obligée de maintenir assez fermement votre enfant contre vous. Les réflexes de l’enfant sont restreints, et moins nombreux. Leur manifestation est partiellement modifiée. Ne voyez-vous pas votre bébé « monter », se déplacer vers l’extérieur, « dépasser » votre sein ? Dès le moment où la plante de ses pieds sera en contact avec quelque chose, il s’en servira comme d’un tremplin pour grimper d’un ou deux centimètres. Il aura ainsi tendance à « grimper » trop haut.

Géolocalisation : l’enfant aborde le sein « par en bas »

Votre repère d’installation sera d’amener votre enfant contre vous et d’apporter un maintien. Si vous présentez le mamelon juste devant la bouche du bébé, par réflexe, il risque d’ouvrir la bouche en basculant la tête en arrière et s’énerve, stresse, pleure… Au moment de la prise en bouche, veillez plutôt à ce que son menton touche la partie inférieure de votre sein et que votre mamelon pointe et effleure le sillon sous-nasal (ou philtrum). Il bascule en arrière sans décoller de vous, bouche béante, il rabat alors le haut de son crâne, sa lèvre supérieure se pose sur l’aréole. Vos gestes n’entravent pas sa nuque. Cela n’a rien d’incompatible avec votre main qui, peut-être, soutient votre sein, ou bien qui l’aplatit pour lui donner une forme de « sandwich ».

Le crawl est-il à faire tout au long de l’allaitement ?

Démarrer vos premières tétées, les premiers jours, en position inclinée en arrière, dans l’optique d’un « crawl », c’est ne pas trop se compliquer la vie, éviter une trop grande fatigue, et diminuer les risques de douleur et lésions. Quand vous aurez fait votre apprentissage, vous pourrez tricher en vous asseyant droite sur votre sacrum plutôt que sur vos ischions. Décalez un peu vos fesses, par rapport à l’assise du canapé. Moins inclinée qu’avant peut-être, vous ne serez pas non plus droite comme un « i ». Votre bébé et vous-mêmes serez devenus plus experts dans votre installation personnelle et mutuelle. Une large partie des étapes d’installation initiale aura disparu, vos tâtonnements respectifs également.

Pour vous faciliter la vie, un conseil : n’attendez jamais que votre enfant ait faim pour vous installer. Essayez de privilégier des périodes de peau à peau avec votre enfant qui offre un dialogue accru et touche au mental, au physiologique, au biochimique.

Je conclurai sur une anecdote : la position inclinée en arrière consiste à vous mettre dans une position mi-assise droite, mi allongée à plat dos (ex. : en salle de naissance).  Il y a 18 ans j’avais inventé la position « avachie cool sur le canapé », et on peut trouver cette expression sur des pages web que j’ai rédigées. Mon motif à l’époque, était surtout le confort et la relaxation qui allaient de pair. Il y a une petite dizaine d’année, une sage-femme, Susanne Colson, a réalisé de nombreux travaux sur une position qu’elle a nommé Biological Nurturing®, où l’enfant exprime plus de 20 réflexes de séquence de recherche et de prise en bouche du sein. La mère est inclinée en arrière. Je vous encourage à visiter son site, pour découvrir des photos qui ouvriront le champ de possibles adaptations.

Références :

  • Amiel-Tison, qui a fait des découvertes intéressantes en neurologie pédiatrique, on la retrouve aussi dans les impacts des pratiques autour du travail et de l’accouchement, qui n’a cependant absolument pas vu les implications qu’elles pouvaient avoir en rapport avec l’allaitement au sein, et qui ont partiellement servi de base pour d’autres chercheurs, par rapport à l’allaitement:-)
  • Colson, Suzanne ; Gangal & Baghat (Gold14) ; Genna-Watson, Catherine ; Glover ; Morris & Klein ; Odent,Michel ; Righard & Alade ; Schore, Alan ; Smillie, Christina ; üvnas-Möberg ; Widström

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/ https://www.leblogallaitement.com/le-crawl-la-tete-chercheuse-et-la-chargeuse-pelleteuse/#comments Thu, 13 Apr 2017 20:13:37 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1547 Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la … Continuer la lecture de Le crawl, la tête chercheuse et la chargeuse-pelleteuse

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Comment un nourrisson est-il « programmé » pour prendre le sein ? Comment cela s’applique-t-il en salle de naissance, en chambre, de retour à la maison ? Pourquoi certains problèmes de positionnement génèrent-ils des douleurs et/ou des lésions ? Comment peut-on passer d’une première tétée qui a pu être agréable, à une deuxième tétée sensible, puis une autre où la douleur augmente et augmente encore ?

Vous êtes en salle de naissance, allongée inclinée en arrière, votre enfant naît. Le personnel vous le présente, le sèche, et le dépose sur votre poitrine. Tandis que le personnel vous surveille, vous liez connaissance avec votre enfant. Vous le caressez, vous souriez, vous riez, vous pleurez peut-être. Parfois, il a fallu donner un soin à votre bébé, et voici qu’il est contre vous. Vous êtes assez confortable si l’on fait abstraction des tensions physiques du travail et de l’accouchement. Vos mains caressent votre enfant, elles le contiennent, il repose totalement sur vous. Après une période de repos normale et physiologique, votre bébé entame le crawl (ramper en anglais). Vous remarquez qu’il « grimpe » le long de votre corps, à l’aide de ses bras, de ses jambes. Il tape de la plante des pieds contre votre cuisse, et se hisse de peut-être deux centimètres vers votre poitrine. Ou encore, il glisse le long de votre corps, le menton en appui contre votre peau, le nez vers le haut ; il renifle vos seins et cette odeur le guide. Votre enfant vous fait la démonstration d’une véritable tête chercheuse. Et si votre voix le dirige, c’est le parfum de vos seins qui fait office de guide suprême. Notons qu’il est recommandé d’éviter de se « récurer » le torse avant l’accouchement. C’est aussi pourquoi l’on recommande de plus en plus de sécher l’enfant à l’exception de ses mains et avant-bras. Laissez les bras et mains de votre bébé tranquilles. Avez-vous remarqué que si votre enfant place sa main à un endroit, et que vous la retirez « par exemple parce que cette main vous bouche la vue » alors votre enfant s’agite, stresse, voire pleure ? C’est tout simplement parce que votre enfant a besoin de ses mains et de ses bras pour entamer la séquence naturelle de sa tétée.

Puis votre bébé avance une main, pétrit votre sein. Il balaye votre poitrine avec ses joues, et c’est étonnant car de votre point de vue, on dirait qu’il dit « non ! ». En réalité, il recherche le sein. Votre bébé semble en repos, quand soudain il se propulse sur le sein qu’il a choisi. Le mouvement, d’une grande amplitude, peut sembler violent. Il fait le pivert, lève la tête haut, puis la laisse retomber sur votre sein, relève la tête, la relaisse tomber, se redresse, plante le menton dans le sein, et son menton faisant office de chargeur du BTP, « ham ! » le saisit en bouche, d’un coup, alors que ne vous y attendiez pas.

A moins que votre enfant n’ait un défaut anatomique, ou bien un blocage au niveau des structures orales ou de ce qui les alimente, cette prise en bouche est profonde. Ses mâchoires forment un grand angle (>120°). Ses lèvres sont ourlées souplement et solidement sur l’aréole. Il prend une grande partie d’aréole en bouche, davantage en bas qu’en haut. Son menton est enfoncé dans le sein, et son nez est légèrement décollé.

Cet ensemble de séquences a demandé plus d’une heure. En effet, les enfants prennent le sein environ 50 mn après leur naissance, en supposant qu’ils n’aient pas été séparés de leur mère, qu’ils aient été posés sur le torse maternel et séchés. Certains enfants auront besoin d’une vingtaine de minutes de plus.

Instant magique, suspendu dans le temps. Voilà un moment merveilleux que la plupart des jeunes mères peuvent avoir la chance de vivre, pour peu qu’on laisse le bébé dérouler son enchaînement naturel sans le brusquer ni l’en détourner.

Parfois, cette première tétée n’a pas pu avoir lieu, pour diverses raisons. J’encourage alors les mamans à réaliser un véritable peau à peau : pas de soutien-gorge, pas de vêtement sur le devant du torse, enfant en couche et éventuellement avec un bonnet, une couverture ou un linge adapté sur le dos de l’enfant, et se donner du temps ! Lorsqu’on démarre un allaitement, maman et enfant ont des compétences, mais ils sont novices. Ils peuvent tâtonner, et c’est normal.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus).
En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel.

 

 

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La douleur de l’épisiotomie et son impact sur l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/la-douleur-de-lepisiotomie-et-son-impact-sur-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/la-douleur-de-lepisiotomie-et-son-impact-sur-lallaitement/#respond Thu, 02 Mar 2017 21:16:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1525 Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), “la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes” ». Nous avons évoqué dans un précédent billet que la réponse inflammatoire était susceptible de déclencher chez une mère un état … Continuer la lecture de La douleur de l’épisiotomie et son impact sur l’allaitement

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Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), “la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes” ». Nous avons évoqué dans un précédent billet que la réponse inflammatoire était susceptible de déclencher chez une mère un état dépressif. Nous allons, dans ce billet, nous concentrer sur la douleur associée à une lésion tissulaire, celle de l’épisiotomie.

L’épisiotomie est un geste chirurgical qui consiste à pratiquer une incision sur les muscles du périnée. Elle est réalisée lorsque le périnée est suffisamment distendu par la tête ou le siège du bébé lors de l’accouchement. Le médecin ou la sage-femme qui la pratique en évalue l’intérêt en temps réel. Classiquement, ses indications étaient : réduction du temps d’expulsion, protection du périnée de déchirures plus graves, suspicion de macrosomie (gros poids de naissance), prévention d’incontinence urinaire, en cas de manœuvres instrumentales (forceps par exemple), grossesse gémellaire, brièveté périnéale. De nombreuses études ont montré que ces indications étaient sujettes à caution et ont fait évoluer les pratiques, préconisant un recours plus restreint et une amélioration de l’apprentissage des praticiens. (1)

 

Quelques notions historiques :

« L’épisiotomie est devenue au cours du XXe siècle l’intervention la plus fréquemment pratiquée sans que ses indications et ses avantages ne soient clairement démontrés. (Source OMS (2)) »

Dans les années 1970, l’épisiotomie était considérée comme un geste préventif limitant la morbidité (3) maternelle et périnatale, et elle était largement diffusée dans les maternités. Cependant, les pratiques en France ont évolué depuis. Le taux d’épisiotomies a en effet beaucoup baissé, suivant ainsi les recommandations du CNGOF (4) ; recommandations relayées par les associations de patients. Depuis 1998, ce geste a été réduit d’un tiers chez les primipares (5) et n’est plus pratiqué de manière systématique. Lorsque ces recommandations ont été suivies, cela a permis une diminution notable de cette intervention sans majoration du risque de déchirures sévères ni conséquence néfaste pour le nouveau-né (6).

Ce geste n’en reste pas moins redouté, à fortiori lorsqu’il s’agit d’un premier  accouchement.

L’épisiotomie est-elle évitable ?

Des études ont été réalisées sur l’intérêt du massage du périnée en anténatal. Une étude canadienne notamment rapporte qu’un massage périnéal pendant le dernier mois de grossesse réduit la probabilité de traumatisme périnéal, notamment les épisiotomies. Une étude française de 2010(5) a montré l’intérêt de ce massage dans la prévention des déchirures et des épisiotomies, notamment pour un premier accouchement.

L’accouchement en position de décubitus latéral (sur le côté) semble être aussi protecteur pour le périnée (7). Et un périnée en bonne condition sous-entend une récupération plus rapide, une meilleure mobilité, des douleurs moindres et une meilleure présence auprès du bébé. De fait, il est plus facile d’allaiter quand on ne souffre pas.

Il semble intéressant d’aborder ce thème avec votre sage-femme, pendant la préparation à la naissance, afin d’apprendre à bien connaître son corps. Échanger lors des consultations du dernier trimestre, avec le ou la professionnelle qui vous suit sur les pratiques de la maternité dans ce domaine est également recommandé. Vous pouvez notifier que vous ne souhaitez pas d’épisiotomie dans un projet de naissance ou dans la synthèse de l’entretien prénatal.

Si vous avez  subi une épisiotomie :

Il est important, pendant le séjour à la maternité, d’obtenir un soutien des équipes afin d’être le plus à l’aise possible, de trouver la ou les positions d’allaitement qui vous conviennent le mieux. La position en décubitus latéral, sur le côté, peut être plus confortable. Avoir avec soi un coussin d’allaitement permet de s’installer au mieux. Certaines mères l’utilisent même pour s’asseoir dessus !

Faire part à la sage-femme de ses sensations est primordial : des anti-inflammatoires (associés au paracétamol) sont efficaces et prescrits sans difficulté (sauf contre-indication spécifique). L’homéopathie peut être également une aide précieuse. Bien entendu, ces médicaments sont compatibles avec l’allaitement.

Ces informations sont bien sûr valables si vous avez eu une déchirure spontanée, qui est souvent moins pénible en post-partum.

De retour à la maison, il est important d’être accompagnée par votre partenaire (un rappel de l’intérêt de prendre les jours de congé au retour de la maternité) pour être ensemble. Ce soutien mutuel est essentiel pour chacun. Lorsque cela n’est pas possible, et/ou que la famille est éloignée, il ne faut pas hésiter à faire appel aux professionnels du réseau de soin. Les sages-femmes libérales ou de PMI font partie du réseau de soin. Elles peuvent venir à domicile pour vous rassurer sur la cicatrisation. L’homéopathie, l’acupuncture, les cataplasmes d’argile verte (argile verte pure, sans adjuvants) peuvent être proposés.

Il est important aussi de réaliser la rééducation périnéale car, au-delà de son bénéfice à long terme, elle permet aussi de se rassurer sur la cicatrisation en profondeur du périnée.

A la lecture de différentes études sur ce thème, l’on sait que cette pratique ne doit plus être systématique. Signaler aux professionnels de santé votre réticence pour cet acte est important et aide sans aucun doute à faire évoluer nos pratiques dans le respect du corps des femmes. Sa restriction a permis d’augmenter le taux de périnées intacts, mais en majorant aussi le taux de déchirures périnéales « non graves ». L’épisiotomie peut être pratiquée dans certains cas précis qu’évalue le professionnel présent pour l’accouchement. Une bonne installation, rappelons-le, est toujours facilitante pour la bonne mise en place de l’allaitement. Si vous rencontrez des difficultés, n’hésitez pas à en parler autour de vous.

1-L’épisiotomie, Recommandations pour la pratique clinique, texte court, C.N.G.O.F., 2005, page 5.

2- OMS : Organisation Mondiale de la Santé

3-La morbidité désigne l’incidence et la prévalence d’une maladie.

4-« Évaluation d’une politique restrictive d’épisiotomie avant et après les recommandations du Collège national des gynécologues obstétriciens français ». Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction/Volume 39, issue 1, Février 2010, pages 37-42

5-Enquête nationale périnatale 2010 – «  Impact maternel et néonatal des Recommandations pour la pratique clinique du CNGOF relatives à l’épisiotomie. Étude unicentrique à propos de 5409 accouchements par voie vaginale » Gynécologie Obstétrique & Fertilité Volume 37, Issue 9, September 2009, Pages 697–702

6-«  Accouchement en décubitus latéral. Essai clinique randomisé comparant les positions maternelles en décubitus latéral et en décubitus dorsal lors de la deuxième phase du travail » Gynécologie Obstétrique & FertilitéVolume 35, Issues 7–8, July–August 2007, Pages 637–644

7-Delivery in lateral position. Randomized clinical trial comparing the maternal positions in lateral position and dorsal position for the second stage of labour S. Brément, S. Mossan, A. Belery, C. Racinet

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme en PMI depuis 1982 et auteure d’ouvrages pour jeunes enfants. Elle s’est spécialisée en acupuncture et en réflexologie chinoise. Depuis plus de 30 ans, elle accompagne sans relâche les jeunes parents avec une passion intacte.

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Allaiter avec des seins petits https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/#respond Mon, 19 Sep 2016 19:15:35 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1439 Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y a‐t‐il des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande … Continuer la lecture de Allaiter avec des seins petits

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Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y atil des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande mammaire généreuse peuvent se poser. A une époque où le « manque de lait » et les crevasses continuent d’être des complications courantes, je vous propose un petit tour d’horizon.

Auraije assez de lait ?

Un sein petit n’est pas un sein hypoplasique (1) (dont la glande mammaire s’est mal développée) ; « Estce que le sein est petit et au contour arrondi et lisse, ou bien estce qu’il semble manquer du volume à un endroit ? ».

Huggins et al ont déterminé qu’il est possible d’identifier les femmes ayant des seins hypoplasiques, et de déterminer la probabilité d’insuffisance lactationnelle. Physiquement, les seins des femmes présentant une insuffisance de tissu glandulaire (IGT) peuvent être largement espacés, de forme tubulaire, et /ou asymétriques. L’examen des caractéristiques physiques et le compte-rendu par les femmes elles-mêmes des modifications durant la grossesse ou le post-partum précoce – à savoir la forme des seins, les vergetures, l’importante distance entre les seins, l’asymétrie de la poitrine, ainsi que le volume de lait que le bébé reçoit et les quantités exprimées au tire-lait juste après les tétées sont des indicateurs amenant à diagnostiquer une hypoplasie pouvant expliquer une insuffisance de lactation.

Un sein petit contient une glande parfaitement fonctionnelle, et j’ai rencontré de nombreux cas où la glande mammaire occupait tout le volume du sein, où il n’y avait plus de graisse palpable. Les craintes qu’avoir des seins petits soient insuffisants pour nourrir pleinement un enfant proviennent assurément des anciennes recommandations qui voulaient qu’on allaite toutes les 34h ; à cette époque et avec ces conseils peu avisés, des seins petits pouvaient effectivement ne pas suffire.

Aujourd’hui, nous en savons bien plus sur les seins et la production de lait ; nous savons qu’une maman ayant des seins de petite taille peut nourrir complètement son enfant ; elle proposera le deuxième sein dès le moment où le premier sein sera bien vidé, bien souple à la palpation ; et elle allaitera probablement plus fréquemment qu’une maman dont la glande mammaire est plus généreuse.

Vous noterez que je parle de glande mammaire et non de taille ni de volume du sein ; car ce n’est pas tant la taille extérieure qui importe en lactation, c’est la présence et la répartition de la glande mammaire.

Il faut aussi s’appuyer sur le fait que la glande mammaire peut encore se développer notamment durant le premier mois après la naissance, dès le moment où il y a des tétées suffisamment fréquentes et bien sûr efficaces.

Ce qui suit contribuera peutêtre à rassurer quelques mamans ! J’ai eu parmi mes patientes des mamans qui ont nourri des jumeaux sans besoin de recourir à du lait artificiel, alors qu’elles avaient une petite poitrine.

Limiter les risques de mastite

Avoir des seins petits suppose une capacité de stockage parfois faible. La plupart des alvéoles seront plus rapidement remplies.  Des tétées (ou vidanges) fréquentes, c’est donc assurer qu’on puisse nourrir pleinement son ou ses enfants sans avoir besoin de recourir au lait infantile, c’est aussi ne pas rester longtemps avec des seins trop pleins (même petits !!)

Or, rester trop longtemps avec des seins trop pleins, c’est risquer d’entrer dans le spectre des pathologies mammaires que sont les mastites.

Les risques de mastites peuvent être à la fois élevés chez la maman qui a des seins petits, car ils sont remplis pleinement plus rapidement ; ces risques peuvent aussi être diminués dans le cas où la maman allaite très souvent et que l’enfant vide les seins de manière efficace. (2)

Aide au positionnement et à la prise en bouche

Un sein petit, par définition, est un sein qui ne « dépasse » pas beaucoup de la cage thoracique. Une des images sociales de l’allaitement au sein est notamment la position de Madone où la maman prend son sein en coupe.  Avec un sein petit, cette main maternelle peut alors éloigner l’enfant de son sein, voire placer ses doigts trop près de l’aréole et ainsi gêner  une bonne prise en bouche.  Copier l’image sociale et artistique de la position de la Madone peut ici être une erreur.

La maman peut parfois être tentée d’aplatir son sein de façon à faciliter la prise en bouche plutôt que de vouloir passer ses doigts sous le sein et donc de risquer de maintenir son enfant éloigné. Il est alors préférable et conseillé de placer sa main audessus du sein en mettant ses doigts à 3h et 9h par exemple si elle est en Madone.

Dans ma pratique, j’ai parfois été amenée à gonfler artificiellement la partie interne du sein. En effet, le menton de l’enfant doit être légèrement enfoncé dans le sein avant même de pouvoir continuer sa séquence vers la prise en bouche du sein.

 Pour l’enfant en Madone, si la partie interne du sein manque de volume :

la mère peut placer le talon de sa main sur le bord extérieur du sein,

pousser légèrement le sein vers le milieu ; la maman peut également utiliser un doigt, ou un pouce, dès le moment où ils sont parallèles à la bouche de l’enfant ; ainsi, l’enfant va pouvoir apposer son menton sur une partie plus stimulante pour qu’il puisse alors ouvrir grand la bouche.

Si l’enfant est parallèle à la mère, celleci préfèrera peutêtre s’incliner en arrière, cela fera remonter ses seins et offrira ainsi du volume au menton de l’enfant assis à califourchon par exemple.

La maman évitera également les épaisseurs autour du sein qu’elle donne ; le lange utilisé parfois, les vêtements d’allaitement épais, le pan du soutiengorge, tout tissu qui se trouverait là où se placera le menton de l’enfant peuvent contribuer à éloigner l’enfant du sein alors qu’une bonne prise en bouche sera assurée par un contact étroit de la mère et l’enfant, où le menton est en contact direct avec le sein.

Allaiter un bébé lorsque l’on a des des seins petits peut ainsi être facilité, et l’allaitement maternel exclusif jusqu’au six mois, comme le recommande l’OMS est parfaitement possible, bien que corrélé à des tétées plus fréquentes que pour d’autres entités mère-enfant.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ ( Allaitement des Jumeaux et plus )

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Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

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Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


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