préjugé | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 fr-FR hourly 1 les debuts difficiles, une victoire meritee https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/ https://www.leblogallaitement.com/les-debuts-difficiles-une-victoire-meritee/#respond Fri, 21 Jan 2022 16:10:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2257 Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue. Voici mon histoire J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme … Continuer la lecture de les debuts difficiles, une victoire meritee

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Maman de deux jeunes enfants, Perrine est réflexologue.

Voici mon histoire

J’ai accouché d’une petite fille poids plume après une grossesse assez mouvementée et éprouvante. J’avais beaucoup écouté les expériences d’allaitement de mes amies. J’avais compris et retenu que cela pouvait être difficile, douloureux voire fatiguant parfois. Pour le coup, je n’envisageais l’allaitement que comme une possibilité “si ça ne devenait pas trop compliqué“. J’avais préparé une batterie de biberons prête à l’emploi. Bien que je sois très orientée médecine naturelle et alimentation saine et non transformée depuis mes 20 ans, allaiter était loin d’être une conviction consciente !

Et cet ange s’est alors déposée dans ma vie… Première rencontre, premier regard. Je suis surprise par son instinct de vie, je la vois sentir le sein, l’attraper et me regarder, comme si tout cela était facile et programmé pour aller de soi. Nous baignons dans un bain d’ocytocine. Le temps de peau à peau est merveilleux bien que trop court à mes yeux. Nous retournons en chambre. Mon bébé idyllique se repose après son si long voyage. Nous sommes une maman et un papa comblés. Mon compagnon nous laisse ému aux larmes promet de revenir tôt le lendemain matin.

Le séjour à la maternité

J’essaie alors de donner le sein à mon bébé, mais cette fois-ci ça fait mal. Je sers les dents. On affirme que c’est normal, on me réinstalle et on me conseille d’appeler quand j’ai du mal à mettre mon bébé au sein. Je demande de l’aide pour chacune des tétées afin que l’on vérifie que ma fille est bien installée. Je reçois alors un flot de réponses péremptoires : “C’est normal que ça fasse mal”, “elle ne sait pas téter ; elle n’y arrivera jamais”, “c’est quand même pas compliqué“. Et puis les douleurs me submergent : celles de l’allaitement, celles de l’accouchement, celles de l’épisiotomie ; elles s’ajoutent à mon épuisement grandissant autant moral que physique. Un compte-rendu écrit de mon accouchement m’apprendra, 8 jours plus tard, que j’ai perdu 1 litre de sang lors de mon accouchement. Il a même fallu me perfuser.

Je n’ai pas le droit de prendre mon bébé dans mes bras quand je fais quelques pas dans le couloir de la maternité : “Attention madame, elle est fragile ». Je suis pressée de rentrer chez moi et d’échapper à un lot de rites que je juge agressifs. Je me sens alors si fragile. On m’a intimé l’ordre de réveiller ma fille de force pour la nourrir. Je trouve ça laborieux et même cruel.

Enfin à la maison

Enfin chez moi, je retrouve une certaine tranquillité mais je reste seule face à mon allaitement. Ma mère assure que ma fille a faim, que je n’ai pas assez de lait, que c’est comme ça et qu’il faut que je me résolve à donner le biberon. Le pédiatre en rajoute et rejoint les dires de ma mère. Pour autant, je ne parviens pas à abandonner au profit du lait industriel et j’ai recours à un tire-lait pour offrir un peu plus de lait à mon bébé. J’obtiens alors 40 ml de lait avec difficulté. N’ai-je donc réellement pas assez de lait pour ma fille ?

Mon embarras ne s’arrête pas là. Des crevasses sont apparues et me font terriblement souffrir. Je suis prête à abandonner à tout bout de champs. Mes nuits sont courtes, difficiles. Ma petite puce demande à téter sans cesse. Malgré tout, je ne me résous pas à donner ce fameux biberon. Je m’inquiète que mon bébé ne se retrouve perdu entre le sein et la tétine. Je tiens 3 semaines ainsi. Je sens au fond de moi que, malgré tout, mon lait est ce qu’il y a de meilleure pour elle. Son papa est à mes côtés et il est à peu près aussi démuni que moi. Pour lui, j’ai de la chance dans ma peine : j’ai tout de même du lait, c’est moi la maman, c’est moi qui sait.

Pourtant je suis perdue. A bout de force, de fatigue, de douleurs, je me morcelle. Je décide de jouer une dernière carte, et si ça ne va toujours pas, je lâcherai.

J’appelle une consultante en lactation

Et là, alors que j’ai le sentiment d’être au bout du bout, prête à renoncer à contrecœur, à constater mon échec, je trouve enfin le soutien dont j’avais tant besoin. Comme par miracle, assise dans mon canapé à expliquer comme je lutte, comme j’ai mal, comme ma fille pince, je constate qu’elle tète “pour de vrai” et sans me blesser. Il aura fallu 3 semaines pour que ça se mette en place. J’aurai mis 3 semaines à trouver le soutien adéquat, et une bienveillance sincère à mon égard.

Je rassemble les conseils de cette consultante. Je troque mon tire-lait pour un modèle plus adapté. Je mets mon bébé au sein de façon plus harmonieuse et j’ajoute à mon régime quelques compléments alimentaires. Peu à peu, je retrouve la confiance que je perdais.

Le chemin – une véritable lutte finalement – a encore duré quelques semaines. Au moindre temps libre, je tirais mon lait. Mon ami prenait le relais la nuit pour que je me repose entre deux tirages. Les tétées étaient nombreuses, et complétées par mon lait tiré. Et tous ces efforts ont fonctionné. Petit à petit, le tire-lait est devenu l’allié de ma victoire. Les flacons de recueil se remplissaient aisément et ma fille pouvait à présent boire sans efforts.

Mon couple a souffert de ce surcroît de fatigue, c’est vrai, mais quelle joie d’arriver à dépasser toutes ces épreuves, à allaiter sereinement mon enfant, à percevoir le soutien sans faille et sans doute de mon conjoint. Aussi quand à l’aube des 2 mois et demi de ma fille – la fin du congé maternité français, j’ai eu le droit à « Il est temps de penser au sevrage », « Quand est-ce que tu arrêtes de l’allaiter ? » j’ai naturellement rétorqué : « Arrêter l’allaitement ? C’était enfin rôdé, enfin simple. Je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant ». et j’ai pu poursuivre mon aventure lactée aussi longtemps que je l’ai souhaité, avec le soutien indéfectible de mon compagnon.

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Et dire que je ne voulais pas allaiter ! https://www.leblogallaitement.com/et-dire-que-je-ne-voulais-pas-allaiter/ https://www.leblogallaitement.com/et-dire-que-je-ne-voulais-pas-allaiter/#comments Thu, 23 May 2019 07:53:32 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1947 Durant leur grossesse, on demande souvent aux mères « Alors, est-ce que tu vas l’allaiter ? » en parlant de leur futur bébé, comme si ce choix d’allaitement ou de non allaitement était forcément une évidence. J’ai eu envie de recueillir le témoignage d’une femme qui n’imaginait pas allaiter son bébé, et qui répondait souvent « jamais de la … Continuer la lecture de Et dire que je ne voulais pas allaiter !

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Durant leur grossesse, on demande souvent aux mères « Alors, est-ce que tu vas l’allaiter ? » en parlant de leur futur bébé, comme si ce choix d’allaitement ou de non allaitement était forcément une évidence. J’ai eu envie de recueillir le témoignage d’une femme qui n’imaginait pas allaiter son bébé, et qui répondait souvent « jamais de la vie » quand on lui parlait d’allaitement.

Propos recueillis par Leslie Lucien.

LL : Marie, tu es maman d’une petite Bao. Avant d’être mère, te souviens-tu comment tu considérais l’allaitement ?

Marie : Je n’ai pas été un bébé allaité. L’allaitement autour de moi était inexistant. Je crois que je n’avais même jamais vu de mère donner le sein. L’image que j’en avais, c’était que l’allaitement est fait pour les mamans hippies avec des poils sous les bras qui chantent du Tryo au volant de leur camtar*. Bref, j’avais des préjugés. Je n’en connaissais pas l’importance capitale pour le bébé et pour la maman. Pour moi, naïvement, un bébé se nourrissait de lait en poudre, au biberon et puis c’est tout.

LL : Dirais-tu qu’il y’a une chose qui t’a fait changer d’avis ou bien une combinaison de raisons ?

Marie : Deux choses ont permis ce changement, en tout premier, j’ai perdu mon premier bébé à 5 mois de grossesse. Ce fut un véritable traumatisme. J’ai mesuré toute la fragilité d’un bébé et l’importance de lui donner le meilleur. J’ai décidé que puisque personne ne peut anticiper la santé de son enfant alors autant lui assurer ce que l’on a de meilleur. Lors de ma deuxième grossesse pour ma fille Bao, il était donc évident que j’allais nourrir mon bébé au sein, que j’allais prolonger ce lien particulier intra-utérin à l’extra utérin via mon lait.

Et seconde chose, il y a eu mes recherches sur les bienfaits de l’allaitement maternel concernant la santé de l’enfant et de la mère que j’ai reçus comme une véritable gifle. J’ai compris que ce n’était pas une « lubie ». L’allaitement réduit le risque de mort subite du nourrisson, le risque de maladie une fois plus grand ; les anticorps de la mère protègent le bébé et servent les premiers temps de ” premier vaccin” et aussi il réduit le risque de cancer du sein, des ovaires, de l’utérus chez la mère. Je nous assure donc le meilleur en ma possession. Bref, je n’avais pas ces informations auparavant. Cela a été une vraie prise de conscience pour moi. 

LL : Peux-tu partager avec nous les émotions que tu as ressenties lors de la première tétée ?

Marie : Le mot qui me vient c’est : « évidence » ! Ma fille a tété tout de suite. Elle était programmée pour ça. Elle a rampé jusqu’à mon sein et s’est clipsée sur lui simplement. Je peux encore entendre sa respiration et sa déglutition. C’était la vie qui s’opérait à l’extérieur de moi et que j’étais en train de nourrir. Sa chaleur sur ma peau et son air si paisible après un tel voyage éprouvant pour un si petit être, c’était spectaculaire ! Tout semblait oublié. Elle était apaisée, rassurée, alors forcément, je l’étais aussi.

LL : Est-ce que tu dirais que ton allaitement t’a permis d’apprendre des choses sur toi ?


Marie : Oui, tellement ! L’allaitement m’a bien plus appris que ma grossesse. Il m’a appris que j’étais forte, que j’étais puissante ! Je nourris ma fille sans aucun autre besoin. Je l’hydrate et lui remplis l’estomac. Je plaisante souvent en disant « chacun de ses multiples bourrelets, c’est l’accomplissement de mon job de femme ». J’ai ainsi gagné une confiance en moi très forte. Je suis fière de moi, fière de ce choix.

LL : Aujourd’hui,  où en es-tu dans ton allaitement ?

Marie : J’allaite toujours, même si les tétées sont moins fréquentes. On en compte aujourd’hui 4-5 par 24h (sauf en période de poussées dentaires). On vise le sevrage naturel en espérant sous peu réintroduire les protéines de lait de vache dans mon alimentation. Je les avais en effet supprimées en raison d’une intolérance de ma fille, décelée lors ses premiers mois de vie. Je tiens autant qu’elle à cet allaitement mais je reste complètement à son écoute donc tout est possible. Nous verrons ce que Bao décidera.

LL : Quel est ton plus beau souvenir d’allaitement ?

Marie : Je suis tentée de dire tous. Même extenuée durant les nuits les plus difficiles, il y’a toujours eu ce frisson de bonheur quand elle tète. Mais si je n’en choisissais qu’un, ce serait notre tête-à-tête pour son premier Noël, elle avait 6 mois. Au milieu du tumulte et de l’agitation du réveillon, on s’est éclipsées pour la tétée l’une contre l’autre, ses yeux plantés dans les miens qui lui disaient ” Joyeux Noël mon bébé voilà mon plus beau cadeau “. Moment suspendu entre elle et moi avec le tendre regard du papa à côté : on était au cœur du bonheur. D’ailleurs, j’ai envie de partager avec vous cette photo de la tétée de Noël que son papa a su immortaliser 

LL : Quel regard portes-tu aujourd’hui sur la Marie qui ne voulait pas allaiter avant d’avoir Bao ?

Marie : J’ai une certaine peine pour elle, elle ne savait finalement rien. Elle était davantage à l’écoute de la télé et du qu’en-dira-t ‘on que de son propre instinct. Elle serait passée à côté d’une expérience incroyable et bien plus forte selon moi que la grossesse et l’accouchement.

LL : Aurais-tu envie de partager autre chose aux futures mères ?

Marie : Tentez l’aventure juste pour pouvoir dire “je n’aime pas” ! Au pire, ce sera le cas, mais peut-être aussi que ce sera la révélation de votre vie. Je vous le souhaite à toutes. L’allaitement, aussi primaire qu’il puisse paraître, est pour moi, sublime, rempli d’amour et transcendant. On ne donne pas la vie tous jours, alors vivez ce moment inoubliable jusqu’au bout.

Le meilleur conseil que j’ai reçu durant ma grossesse et qui est devenu mon mantra : Ecoute ton cœur de maman“. Écoutez-vous ! Vous êtes incroyablement fortes, vous savez déjà tout, votre corps sait déjà tout, mais vous n’en avez pas encore conscience. 

Et aux mamans allaitantes ou aux futures mamans, appuyez-vous sur les réseaux sociaux. Entre jeunes mamans, jeunes parents, on peut s’y suivre, on forme ainsi une magnifique communauté. On échange, on discute, on partage, on se soutient lors des moments difficiles, on prône la bienveillance, on se fait sourire voire même franchement rigoler ! On est là ! Vous n’avez qu’à cliquer pour vous informer ou trouver une bande de copines avec qui papoter et ne plus vous sentir isolée dans la maternité ! Alors n’hésitez pas l’information et la solidarité sont là.

En effet, pour lutter contre la désinformation et le manque de formation des professionnels, je me suis souvent appuyée sur les réseaux sociaux. Pour moi ce réseau de mamans allaitantes a été une véritable force. J’y ai reçu un soutien en or et des conseils, une remotivation permanente et des projets que l’on met sur pied ensemble avec d’autres mamans allaitantes pour justement lutter contre le manque d’information qui mène souvent à un sevrage précoce.

* NDLR : camionnette

[Auteure] : Propos recueillis par Leslie Lucien

Marie est maman de Bao et interprète en langue des signes. Très active sur les réseaux sociaux, elle anime une page YouTube et un compte Instagram .
Elle a également un site internet : « littlebunbao »https://www.littlebunbao.com/ Crédit photo : Marie

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