protection de l'allaitement | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 02 Sep 2021 12:16:52 +0000 fr-FR hourly 1 Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ? https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/ https://www.leblogallaitement.com/enterocolite-necrosante-le-lait-maternel-protecteur-comment-agit-il/#respond Fri, 21 May 2021 14:07:57 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2176 Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante. On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation … Continuer la lecture de Entérocolite nécrosante, le lait maternel protecteur : comment agit-il ?

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Pascale Baugé, notre scientifique nous explique comment le lait maternel protège les bébés de l’entérocolite ulcéro- nécrosante.

On le sait : le lait maternel agit de façon efficace dans la protection contre les maladies chez les enfants allaités mais aussi les adultes qu’ils deviendront. Par exemple, les enfants allaités sont généralement protégés contre les problèmes d’inflammation de l’intestin et notamment l’entérocolite nécrosante. Plusieurs études ont montré que son incidence et sa sévérité sont moindres chez le nourrisson allaité.


Qu’est-ce que l’entérocolite nécrosante ?


Cette maladie est liée à une cascade inflammatoire au niveau de l’intestin au cours de laquelle un grand nombre de molécules très réactives et donc agressives apparaissent : c’est en quelque sorte une réaction d’inflammation excessive qui endommage irrémédiablement les cellules de l’intestin et peut même conduire à une issue fatale.
Parmi d’autres facteurs, elle apparaît plus souvent chez les enfants prématurés de petits poids lorsque l’intestin est encore très immature et moins armés pour lutter contre les pathogènes.

Les enfants allaités sont moins touchés, c’est un fait très bien établi mais on a longtemps cherché à comprendre quel était le composant du lait maternel qui jouait un rôle clé dans la protection contre les maladies de l’intestin.

Quelle molécule active dans le lait maternel par rapport à cette maladie ?
Les regards et les études se sont portés sur la lactoferrine, une protéine du lait qui se lie au fer. Il a été prouvé qu’elle était impliquée dans de nombreux processus physiologiques, qu’elle avait une action anti-inflammatoire et jouait un rôle dans le système immunitaire.
La lactoferrine est très présente dans le lait humain (comme dans celui des autres primates), notamment dans le colostrum (5 à 6 mg/l contre 0,83 mg/l dans le lait de vache). De plus, elle est assez faiblement saturée en fer : elle a donc une forte activité une fois dans l’intestin de l’enfant.

Sur quels plans agit-elle exactement ?


La lactoferrine agit sur plusieurs plans
. En voici quelques-uns explicités.

En effet, la molécule de lactoferrine présente dans le lait maternel n’est pas saturée en fer, et peut donc en piéger. En se liant au fer, la molécule diminue les nutriments utiles pour le développement des bactéries. Privées de fer, la croissance bactérienne est inhibée.

Un autre mode d’action est qu’une des extrémités de la molécule peut se lier à la membrane de la paroi cellulaire des bactéries. Elles sont ainsi affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire.

Mais ce n’est pas tout !

Dans le processus qui se met en place dans la maladie de l’entérocolite nécrosante, une protéine joue un rôle majeur : c’est la NF-kB. Des recherches ont montré que l’intestin se nécrose à cause d’une teneur élevée en NF-kB. Son rôle est de réguler la recopie des informations données par des gènes impliqués dans la réponse immunitaire et la réponse inflammatoire.

Or, il a été montré que le lait maternel inhibait l’activation de cette protéine NF-kB, via la présence de la lactoferrine.

Dans les grandes lignes, le mécanisme est le suivant. La lactoferrine se lie à des portions d’ADN des bactéries pathogènes mais pas n’importe lesquelles : il s’agit de celles qui activent la réponse immunitaire en excès. En se liant ainsi, la lactoferrine masque les gènes qui ne s’exprimeront pas. Le processus de sur-inflammation en réponse à des bactéries pathogènes ne se met pas en place, les cellules intestinales sont donc préservées.


Conclusion



La lactoferrine présente dans le lait maternel et particulièrement dans le colostrum agit sur plusieurs tableaux pour protéger le nourrisson de l’inflammation de l’intestin immature :
– par association avec le fer pour limiter cet élément utile aux bactéries pathogènes,
– par association avec la membrane des bactéries, alors affaiblies et plus sensibles aux autres moyens d’action du système immunitaire,
– par modification génétique au sein du pathogène : la voie d’action déclenchant l’inflammation n’est pas activée et les cellules intestinales ne sont pas agressées.

Tout cela permet de comprendre une fois encore toute l’importance d’encourager les mamans à allaiter leur bébé, d’autant plus s’il est prématuré ou de petit poids…

Références

Pandita A. et al., “Lactoferrin and Its Role in Neonatology: A Review Article”, Journal of Pediatrics and Neonatal Care, 2015

“A Review of the Immunomodulating Components of Maternal Breast Milk and Protection Against Necrotizing Enterocolitis”, Nutrients, 2020

Mulligan P. et al.,  « Breast Milk Lactoferrin Regulates Gene Expression by Binding Bacterial DNA CpG Motifs But Not Genomic DNA Promoters in Model Intestinal Cells », Pediatric Research, 2006

Queiroz VA et al., « Protective effect of human lactoferrin in the gastrointestinal tract », Rev Paul ista Pediatria, 2013

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Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19 https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/ https://www.leblogallaitement.com/effet-protecteur-du-lait-maternel-contre-le-covid19/#comments Wed, 20 Jan 2021 09:26:42 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2132 Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19. En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le … Continuer la lecture de Effet protecteur du lait maternel contre le COVID19

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Pascale Baugé, notre “chercheuse” de formation scientifique , nous présente deux articles sur la composition du lait maternel de mamans ayant eu le Covid-19.

En pleine pandémie de Covid-19, une question toute légitime se pose : que sait-on de l’éventuel effet protecteur du lait maternel sur les nourrissons et les enfants en bas âge, notamment le lait de mamans qui ont été touchées par la maladie ? Même si on n’a que bien peu de recul, des études se sont penchées sur la question et quelques conclusions se dessinent.


La maladie qui sévit dans le monde entier est provoquée par le virus SARS-CoV-2. Les pathologies qui y sont liées sont assez variables mais se manifestent souvent par des infections respiratoires. Les enfants semblent moins sévèrement touchés néanmoins un petit pourcentage de moins d’un an présente quand même des symptômes assez marqués pouvant nécessiter une prise en charge plus lourde voire entraîner des séquelles plus invalidantes. Il est aussi à noter que certains enfants déclarent, même sans forme grave de Covid-19, un syndrome inflammatoire multi-systémique. Donc la protection de l’enfant n’est pas superflue ! Alors, s’il l’était grâce au lait maternel de sa propre mère ou d’une donneuse ayant été touchée ?

Avant de voir quelles entités biologiques pourraient aider à lutter contre le virus, dressons quelques grandes lignes de son portrait.

Petite particularité du virus SARS-CoV-2

Le virus en question est un coronavirus c’est-à-dire un virus qui présente à sa surface des petits bulbes espacés lui donnant une apparence de particule couronnée. Il s’appelle SARS-CoV-2 pour « Severe Acute Respiratory Syndrome – Coronavirus » ou en français, Syndrome Respiratoire Aigu Severe, il est donc spécialisé pour toucher les cellules pulmonaires.

Le virus SARS-CoV-2 est un virus dit « enveloppé » : cette enveloppe est un « plus » pour le virus car elle permet de mieux s’accrocher à la cellule-hôte, de s’y adapter et s’y stabiliser. Une des protéines de cette enveloppe est la protéine S (« S » pour Spike autrement dit « pointe ») qui forme des spicules à la surface du virus et se trouve être responsable de l’attachement à l’hôte par une de ses extrémités. Si ce virus SARS-CoV-2 est si problématique, c’est parce qu’il s’accroche facilement en raison d’une grande affinité de certaines parties de la protéine de pointe avec un type de récepteurs humains. Ces récepteurs-cibles sont fortement présents à la surface des cellules des poumons mais pas uniquement.

La protéine de pointe joue aussi un rôle primordial dans la propagation virale car elle parvient à s’introduire dans la membrane cytoplasmique des cellules touchées et fusionner avec elle. C’est ainsi que le virus parvient à s’insérer dans les cellules hôtes : un moyen d’accéder à leur machinerie pour se développer.

Bref, vous l’aurez compris, cette protéine S joue un rôle clé dans l’affaire ! Mais revenons au lait maternel et ses spécificités. Contient-il des anticorps spécifiques du virus lorsque la mère a été contaminée et si oui lesquels ? Y a-t-il aussi des risques de contamination verticale via le lait maternel ?

A quoi peut-on s’attendre dans le lait maternel ?

On le sait, le lait maternel contient des immunoglobulines (Ig) sécrétoires, fabriquées par l’organisme maternel au contact d’un environnement où des pathogènes sont présents : il s’agit de super protéines, bras armés des lymphocytes B, très impliquées dans l’immunité et qui ont une activité d’anticorps en reconnaissant et se liant à des antigènes. Le lait maternel en est riche ce qui aide à la protection du nourrisson qui n’en produira pas lui-même au tout début de sa vie. Le mode d’action de ces entités biologiques est qu’elles se lient aux microbes pathogènes et les empêchent ainsi d’atteindre leur cible. De plus, ces Ig sont sous une forme (dite sécrétoire) qui leur permet de résister à l’environnement destructeur de la bouche et du tractus digestif de l’enfant. Une parfaite adéquation !

Alors des immunoglobulines, il y en a de plusieurs sortes : environ 90 % des anticorps présents dans le lait maternel sont des IgA ; ils font barrière et empêchent les pathogènes de se lier aux muqueuses.


Mais on peut aussi trouver des IgM et des IgG dans le lait maternel. Cette classification en sous-familles est liée à une structure différente de certaines parties de la molécule. Toutes sont impliquées dans l’immunité.

Une étude parue récemment dans Cell Press fait le point sur la question des immunoglobulines spécifiques, celles qui sont capables de neutraliser le virus du SARS-CoV2. C’est quand même bien cela qui nous intéresse. Une dizaine d’échantillons de lait maternel de mamans testées positives ont été analysés (4 à 6 semaines après l’infection) et leur contenu a été comparé à celui d’«échantillons témoins » de lait maternel avant la pandémie.

Quels résultats ?



Tous les échantillons issus des donneuses (guéries du Covid19) contiennent des niveaux en IgA significativement plus élevés que ceux des échantillons témoins et ce sont des IgA spécifiques du SARS-CoV-2.


L’étude a testé leur affinité avec le virus. 80 % des échantillons ont montré une activité des IgA en lien avec les récepteurs de la protéine de pointe du coronavirus.


Les auteurs ont également montré que cette réponse était liée non seulement aux IgA mais que certains échantillons contenaient des quantités IgG et IgM suffisantes pour accroitre le pouvoir neutralisant et immunisant du lait maternel.

Qu’en conclure ?



Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces recherches que plus que jamais nos connaissances sur le lait maternel prouvent sa grande spécificité. Ces résultats sont très encourageants. Néanmoins, cette étude ayant été réalisée sur un faible nombre d’échantillons, il faut poursuivre les études afin d’intégrer un plus grand nombre d’analyses et observer sur le plus long terme.

Les mamans peuvent légitimement se demander s’il est prudent d’allaiter alors qu’elles sont porteuses du virus. A l’heure qu’il est, plusieurs institutions ont une position claire : il n’est pas recommandé de séparer la mère de son enfant et l’allaitement est encouragé lorsque la mère présente peu de symptômes (sans négliger les autres précautions d’usage). Ces officiels avancent que les bénéfices de l’allaitement maternel dépassent largement les risques de contamination de l’enfant. Certains conseils divergents ont pourtant été de mise en début de pandémie. Les données actuelles sont rassurantes et suggèrent en effet que le risque de transmission de la mère à l’enfant reste faible par la voie de l’allaitement.

Références :

Fox A. et al., « Robust and Specific Secretory IgA against SARS-CoV-2 detected in Human milk », Cell Press, Novembre 2020

Barreo-Castillero A. et al., « COVID-19 : neonatal-perinatal perspectives », Journal of Perinatalogy, Décembre 2020

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ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ? https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/ https://www.leblogallaitement.com/etre-allaite-un-atout-pour-la-vie-pourquoi/#respond Tue, 21 Apr 2020 09:51:19 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2037 Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques. Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes . C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » . De nombreuses études … Continuer la lecture de ÊTRE ALLAITE , UN ATOUT POUR LA VIE : POURQUOI ?

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Un des rôles de Grandir Nature est de promouvoir l’allaitement maternel en apportant des informations provenant de sources scientifiques.

Nous ne voulons en aucun cas être culpabilisant mais démocratiser l’allaitement pour soutenir les mamans allaitantes .

C ‘est ainsi que nous avons crée l’affiche « être allaité : un atout pour la vie. » .

De nombreuses études ont montré les effets positifs de l’allaitement.

Une méta-analyse (1) de 2012 les regroupe, nous nous sommes appuyés ( entre autres) sur cette publication.

Le lait humain fournit des éléments nutritionnels et protecteurs du fait de sa composition unique en facteurs nutritionnels et immunobiologiques. Il contient des facteurs bioactifs qui permettent d’apporter à l’enfant une quantité importante ( on ne sait pas tout encore) d’effets bénéfiques pour sa santé.

Que contient le lait humain ? (2)

– De l’eau à 88%

-Des protéines petites et liposolubles ce qui expliquent que le lait maternel soit plus digeste. Les acides aminés sont en adéquation avec les besoins du nouveau-né pour son développement cérébral.

– Des lipides qui fournissent 50% des calories du lait maternel. Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés qui sont des constituants majeurs des membranes des cellules neuronales. La teneur en lipides varie avec l’alimentation de la mère.

– Des carbohydrates comme le lactose qui fournit 40% des calories du lait maternel et des oligosaccharides qui vont faciliter la croissance des bifidobactéries.

-Des minéraux ( fer, zinc, calcium, phosphore,…) en quantité adaptée pour les possibilités d’élimination du rein.

– Des vitamines qui dépendent des apports alimentaires et du statut de la mère en vitamines.

– Des prébiotiques comme les oligosaccharides qui stimulent la croissance et l’activité des «  bonnes bactéries » ce qui a des effets positifs sur la santé de l’enfant.

– Des probiotiques comme les bifidobactéries et les lactobacilles : ce sont les « bonnes bactéries » qui assurent une protection contre les germes pathogènes.

– Des anti-infectieux comme les immunoglobulines, la lactoferrine, les acides gras libres jouent un rôle vital en aidant le système immunitaire du nouveau- né, ils aident notamment actuellement à protéger votre bébé contre le coronavirus.

Une attention toute particulière pour les Ig A sécrétoires (immunoglobulines A) qui empêchent les bactéries ou virus de s’attacher aux membranes des cellules des muqueuses. Elles neutralisent les toxines microbiennes et augmentent l’excrétion des virus. Ces IgA sont fabriqués et stockés dans le sein maternel.

– Des anti-inflammatoires  comme les anti-oxydants, enzymes, inhibiteurs de protéase, facteurs de croissance, cytokines qui vont parer au processus inflammatoire lors d’une pathologie pour protéger le nourrisson de lésions tissulaires aggravées ( comme c’est le cas par exemple dans l’entérocolite ulcero-nécrosante ).

Les études montrent que les enfants allaités présentent une morbidité et une mortalité moindres que les enfants recevant un autre type de lait.

Les effets se prolongent même au delà de la petite enfance puisque le lait maternel diminue les risques d’obésité, de maladie intestinale inflammatoire, de cancer et d’autres manifestations de dysfonction auto -immune dans l’adolescence.(1)

Le lait maternel a des propriétés uniques et inimitables et constitue donc l’aliment de référence pour le nouveau-né.

L’allaitement a des effets protecteurs également chez la mère pour plusieurs pathologies que nous verrons bientôt ensemble avec la publication d ‘une nouvelle affiche . 🙂

Références :

1. Breastfeeding and the use of Human Milk : https://pediatrics.aappublications.org/content/129/3/e827

2.Le lait maternel : composition nutritionnelle et propriétés fonctionnelles. M.Tackoen . Centre néonatal CHU Saint Pierre

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