sein | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Thu, 05 Nov 2020 12:31:26 +0000 fr-FR hourly 1 Le don du sein https://www.leblogallaitement.com/le-don-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/le-don-du-sein/#comments Thu, 05 Nov 2020 12:30:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2103 Un petit message de Claire, maman de deux enfants, à ces seins : Chers sacro-seins, Merci pour cette montagne de lait, cette source jaillissante qui a nourri mes enfants des mois durant. Garde-manger, fast-food et restaurant étoilé, je m’incline devant votre créativité. Ouverts 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, vous vous êtes … Continuer la lecture de Le don du sein

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Un petit message de Claire, maman de deux enfants, à ces seins :

Chers sacro-seins,

Merci pour cette montagne de lait, cette source jaillissante qui a nourri mes enfants des mois durant.

Garde-manger, fast-food et restaurant étoilé, je m’incline devant votre créativité. Ouverts 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, vous vous êtes engagés à produire local, de saison et varié, une prouesse digne des plus grands chefs cuisiniers. Repas, collation, grignotage, pause-café, casse-croûte, en-cas, goûter, banquet, buffet à volonté, vous étiez partout, tout le temps.

Merci pour votre présence aimante auprès de mes filles pendant des années.

Vous les avez accueillies tel un canapé cosy dans lequel il est si bon de se lover. Vous les avez câlinées et accompagnées dans le sommeil, des milliers de nuits d’affilée. Vous avez essuyé des larmes, soigné des bobos, apaisé des émotions fortes et chassé des cauchemars. Mes filles vous ont caressés, admirés, appelés par des petits sobriquets. L’une d’elles, vers 3 ans, m’a même joyeusement dicté cette lettre – que je retranscris mot pour mot – pour vous remercier : « Merci, sein, de m’avoir rassurée. Merci au fond du coeur de m’avoir rassurée quand je pleurais, quand j’avais un chagrin. Merci de quand j’étais petite parce que j’avais besoin du sein et j’avais pas de biberon. Merci pour le bon lait de mamounette. » Vous récoltez les graines d’amour que vous avez semées, je suis émerveillée.

Merci d’avoir tout donné, sans compter, même quand vous étiez vidés en fin de journée.

Un temps, je me suis même oubliée dans la maternité : vous avez dissolu mon identité, brouillé les frontières de mon être tant je vous ai partagés. Vous avez été annexés par l’une de mes filles, si bien que par moments je ne savais plus vraiment si vous étiez mes seins ou les siens. J’ai cru disparaître à force de donner. Pour renaître, renouvelée. Et réconciliée avec ce que vous êtes : multifacettes. Sein trophée, sein parfait, sein qui fait sa part, sein maternisé, sein nourricier, sein contributeur, sein désiré, sein désirant.

Merci pour votre chemin de résilience.

Vous vous êtes métamorphosés douloureusement : vous avez changé de taille, gonflé et dégonflé. Vous avez durci comme du béton et j’en ai pleuré. Vous vous êtes engorgés, je vous ai massés, on en a bavé. Vous en avez vu de toutes les couleurs, mes seins patriotiques : veinés de bleu, gorgés de blanc, écorchés rouge vif.

Merci de m’avoir coachée.

Grâce à vous j’ai osé traverser la honte, lorsque vous avez giclé sans prévenir au mauvais endroit au mauvais moment (très embarrassant). Grâce à vous j’ai su mettre ma pudeur de côté pour parer au plus pressé et allaiter sans aucune intimité. J’ai osé vous regarder et vous montrer, pour soigner un canal bouché. Vous avez rendu ses lettres de noblesse à mon corps, longtemps malmené, ignoré. Vous m’avez aidée à gagner confiance en moi, à prendre de l’assurance, et mes responsabilités.

Aujourd’hui, vous êtes fanés et j’aime votre fragilité. Vous êtes comme ce fauteuil club tanné : votre forme défraîchie est le miroir du service maternel accompli. J’éprouve de la tendresse pour toutes les plumes que vous y avez laissées, ce sont celles qui ont caressé les joues de mes bébés. Vous avez traversé les âges avec courage et j’ai de la compassion pour les aspérités dont vous êtes marqués. Je vous aime, comme vous avez aimé mes enfants.

Même si parfois je suis nostalgique de vos 20 ans.

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Notre allaitement, si doux et si puissant https://www.leblogallaitement.com/notre-allaitement-si-doux-et-si-puissant/ https://www.leblogallaitement.com/notre-allaitement-si-doux-et-si-puissant/#comments Tue, 07 Jan 2020 09:42:11 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2006 Voici le témoignage de Leslie Lucien, sur son allaitement: Allaiter, Te nourrir, Te donner le sein, Ces mots continuent de résonner en moi plusieurs années après t’avoir sevrée. J’avais imaginé beaucoup de choses en choisissant de t’allaiter mais pas que je garderai si longtemps le bonheur de la sensation de ta bouche sur mon sein. … Continuer la lecture de Notre allaitement, si doux et si puissant

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Voici le témoignage de Leslie Lucien, sur son allaitement:

Allaiter,

Te nourrir,

Te donner le sein,

Ces mots continuent de résonner en moi plusieurs années après t’avoir sevrée.

J’avais imaginé beaucoup de choses en choisissant de t’allaiter mais pas que je garderai si longtemps le bonheur de la sensation de ta bouche sur mon sein.

Comme un prolongement de ce lien si fort qui nous unissait quand tu étais encore dans mon ventre.

Je me souviens de ta naissance, tes premiers instants de vie, tes yeux encore clos puis qui s’ouvrent, immenses, un premier regard intense, profond, tes yeux qui découvrent le monde pour la première fois, et la première fois que tu les ouvres c’est pour les poser sur moi. Je suis ton monde, tu deviens le mien.

Et puis rapidement, il y a ta bouche sur mon sein.

La première fois, ta langue sur mon mamelon, cette petite langue qui lape mon sein semblant ne pas trop savoir quoi en faire.

Puis quelques minutes plus tard, ce premier instant où je ressens la force de ta succion. 

Tu tètes.

Je sens mon sein que tu aspires.

Tu sais faire mon bébé.

Je sens les gouttes de mon colostrum qui commencent à couler dans ta bouche.

On s’apprivoise.

Au fil des jours, tu continues de téter et le lait commence à venir, je le vois, je l’entends, je fais taire les petites voix dans ma tête qui me disent « je ne peux rien quantifier » « est ce que j’aurais assez de lait pour toi mon bébé ? »

Je me rappelle cette montée de lait si intense, mon opulente poitrine, la tension dans mes deux seins. Ce besoin irrépressible que tu tètes pour me soulager comme une évidence encore une fois.

À chaque tétée, je sens tes lèvres sur ma peau, mais aussi ton regard sur moi, tout ton petit corps chaud, parfois lourd quand il s’abandonne après une tétée, repue par tant de lait, par tant d’amour. 

Les jours passent, je t’observe, tes joues et tes pyjamas se remplissent, j’apprends à me faire confiance, à te faire confiance, à nous faire confiance. 

Ne pas écouter les mots de ceux qui me disent « elle tète trop souvent ta fille » juste écouter mon corps et le tien, notre besoin chacune d’être l’une contre l’autre, je te porte mais tu me portes aussi dans la découverte de ma maternité, cette nouvelle femme que je suis en train de devenir.

Dans notre allaitement, il y aura de nombreux challenges, l’engorgement, mon sein qui devient dur comme de la pierre, rougi par ce lait que ne sort pas comme il faudrait; La fatigue, les moments de découragements; La candidose, ces élancements permanents que rien ne semblent soulager. Tes jours de fièvre, où je sens ta bouche brûlante autour de mon sein frais, et pour moi la sensation de t’offrir le meilleur dans ces moments où tu sembles si faible mon bébé. 

Sur mon chemin il y aura ma consultante en lactation et le soutien de femmes magnifiques dans une association de soutien à l’allaitement.

Car oui cet allaitement c’est aussi de belles rencontres de femmes, de sororité, des femmes qui m’ont transmis que je pouvais écouter mon bébé, me mettre à sa hauteur.

Mes inquiétudes de mère, ma peur de mal faire s’envolent au fil des mois.

Les mois ont passé, nous avons traversé des moments si doux que notre allaitement s’est installé dans le temps. Et puis progressivement, un peu avant ta première rentrée à l’école maternelle, j’ai senti que tu avais grandi, que j’avais envie de retrouver mon corps rien qu’à moi, ne plus t’offrir mon lait car tu grandissais et je sentais que nous passions à autre chose.

Ton sevrage s’est fait en douceur et je ne me souviens plus vraiment d’une toute dernière tétée.

Aujourd’hui, je me souviens de notre lien lacté, de ce fil tissé, un fil si fort et solide qu’il restera, j’en suis certaine, pour toute la vie. 

[Auteure] : Leslie Lucien

[Biographie] : Transformée par l’expérience de la maternité, ainsi que par la découverte de l’allaitement et du soutien de mère à mère au sein d’une association de soutien à l’allaitement, elle décide de se former en tant qu’auxiliaire de puériculture. À l’issue de sa formation, elle choisit de travailler dans un centre de protection maternel et infantile (PMI) parisien pour y soutenir les jeunes parents.

En parallèle, elle accompagne aujourd’hui à Paris des futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.  

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La maladie est un passage https://www.leblogallaitement.com/la-maladie-est-un-passage/ https://www.leblogallaitement.com/la-maladie-est-un-passage/#respond Thu, 24 Oct 2019 12:17:35 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1993 Voici le témoignage d’Hortense, maman de Charlotte et Edouard, et de Juliette. Une petite boule qui roule sous le sein, et le verdit qui tombe ; c’est un cancer. Et comme par hasard toutes les copines, elles, font un bébé au même moment. Alors on pleure beaucoup et on se soigne. Sérieusement. La maladie n’est pas … Continuer la lecture de La maladie est un passage

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Voici le témoignage d’Hortense, maman de Charlotte et Edouard, et de Juliette.

Une petite boule qui roule sous le sein, et le verdit qui tombe ; c’est un cancer. Et comme par hasard toutes les copines, elles, font un bébé au même moment. Alors on pleure beaucoup et on se soigne. Sérieusement.

La maladie n’est pas un état mais un passage. La vie regagne du terrain lentement, lentement… Et 8 ans plus tard il est temps d’y croire, croire que ce corps peut maintenant porter la vie.

Et le premier cadeau, ce sont de beaux jumeaux. Charlotte et Edouard. Second cadeau royal lorsque j’apprends que, malgré la maladie, je peux allaiter… avec un seul sein, mais qu’importe !  C’est un paradoxe, il me fait rire : quand la plupart des femmes ont deux seins et un enfant, moi j’ai deux enfants et un seul néné ! Evidemment, pour nourrir les morphales, c’est un peu sport…

Et puis… nouveau présent de la vie 5 ans plus tard. Ce n’est plus royal, c’est impérial. Une nouvelle petite fille, mais unique cette fois : une jolie Juliette. Mon premier souvenir, quand j’ouvre les yeux après un accouchement trèèèèès douloureux, c’est bébé Juliette qui cherche mon sein, comme un petit animal. Que j’ai aimé ce moment ! Que j’ai aimé cette animalité même qui nous reliait avec force, évidence et simplicité. Merci la vie, tu nous fais vivre des choses épatantes !

Ma fille, tu m’as fait pleinement maman. Cet allaitement nous a soudées à jamais. Il était évident pour toutes les deux malgré la difficulté au départ, le doute de pouvoir te nourrir avec un seul sein et aussi parce qu’on ne peut pas croire que ces seins dont l’un a été malade, l’autre peut aussi nourrir !

Dans 15 jours tu as un an et tu tètes toujours. Nous nous offrons ces moments de telle douceur où je suis toute à toi et tu es toute à moi. Merci d’être toi, merci à la vie de m’avoir offert tous ces cadeaux. Merci aux personnes qui nous ont encouragées et qui y ont cru aussi pour nous.

La maladie n’est pas un état mais un passage.

Un passage vers la guérison – mais aussi vers plus de vie. 

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L’allaitement est-il politiquement correct ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/#comments Fri, 07 Dec 2018 18:00:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1854 Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel. La recherche … Continuer la lecture de L’allaitement est-il politiquement correct ?

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Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel.

La recherche scientifique montre et démontre que le lait maternel est l’aliment le plus adapté aux besoins des bébés. Nourrir son bébé autrement présente des risques accrus quant à la santé des bébés, des mères. Tout le monde le sait ou presque.

Alors pourquoi autant de mères qui allaitent se sentent-elles montrées du doigt ? Obligées de se justifier sur les raisons et les modalités de leur allaitement ? Pourquoi certaines d’entre elles vont jusqu’à dire qu’elles se sont senties humiliées, rejetées, accusées ou même évincées d’un lieu public ?

Nourrir son enfant au sein quand il en a besoin obligerait-il les mères à obtenir l’approbation générale avant toute chose ? Si beaucoup de mères n’attendent pas l’approbation d’autrui pour allaiter, elles ont toutefois besoin de la considération qui leur incombe : avoir un enfant, en prendre soin, faire « de son mieux », n’est-ce pas là le point commun aux mères du monde entier ? Pérenniser la race humaine s’est toujours passé de cette façon : un enfant est un être plus qu’important et le materner l’aidera à survivre et grandir dans le respect de ses besoins (contact et proximité physiques, tétées fréquentes, protection immunitaire, maturation du cerveau, réconfort).

Alors, qu’est-ce qui serait si difficile à supporter dans le fait de voir un enfant téter les seins de sa mère ? Les mères font ce qui leur semble juste pour maintenir leur bébé dans un état de santé optimal, dans un climat réconfortant et ces gestes sont à valoriser, encourager, soutenir. Tout ce qu’elles font pour leur enfant est d’une valeur inestimable. Elle se rendent disponibles pour lui, se lèvent la nuit si besoin, s’assurent dans le même temps du bien-être de leur famille. En outre, les mères se mobilisent souvent pour trouver des explications, des ressources quant à l’allaitement, par le biais de personnes compétentes, professionnelles ou associatives. Et ces recherches peuvent prendre beaucoup de temps et d‘énergie. Les mères veulent comprendre, rectifier et améliorer leur situation si elle est difficile. Elles cherchent d’abord à savoir si elles sont « responsables » des problèmes rencontrés (je pense notamment à la prise de poids insuffisante ou l’idée fausse « d’empoisonner » son bébé en ingérant aliments ou médicaments particuliers). Mais même sans vivre de difficulté précise, le simple geste d’allaiter est souvent « reproché » aux mères pour de fallacieux arguments (exhibition, égoïsme, acharnement), remarques souvent culpabilisantes, en plus.

Allaiter son enfant est un choix, le materner est une évidence pour bon nombre de mères.

Pourrait-on, dès lors, reconnaître aux mères la richesse qu’elles apportent à leur petit et, par extension, à l’humanité toute entière ?

Pourrait-on leur reconnaître un certain sens du dévouement à l’égard de ce petit ?

Pourrait-on reconnaître que ce sont les mères qui se mobilisent nuit et jour pour leur petit ?

Pourrait-on enfin accepter que les mères ont besoin de reconnaissance, d’encouragements, d’appréciation de tout ce qu’elles font au lieu d’entendre des critiques et des remises en cause perpétuelles telles que « Tu devrais le laisser pleurer », « Tu ne dois plus avoir de lait », « Tu le rends malade ! », « C’est de ta faute s’il ne grossit pas assez ou trop ! » ?

Au-delà de l’appréciation montrée aux mères, il serait aussi porteur de leur signifier toute l’admiration que leur statut de mère induit : « Ton bébé semble apprécier la douceur de tes gestes / ton regard », « Il semble réconforté par tes bras ». Ce qu’une mère fait est tout simplement magique, formidable, extrêmement courageux et très prenant !

Etre une mère est un « métier » très difficile pour la plupart d’entre nous. Comme nous apprenons toutes, plus ou moins sur le « tas », nous apprécierions d’entendre que nous nous débrouillons plutôt bien, que si notre cœur nous guide, nous trouverons le bon chemin.

Prendre soin de la race humaine, c’est aussi valoriser celle qui la nourrit dans tous les sens du terme : la Mère !

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Les positions d’allaitement : la madone inversée https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/ https://www.leblogallaitement.com/les-positions-dallaitement-la-madone-inversee/#respond Tue, 22 Aug 2017 09:05:25 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1604 Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon … Continuer la lecture de Les positions d’allaitement : la madone inversée

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Vous pensiez vous installer en madone, intentionnellement ou par réflexe comme nous l’avons vu dans le précédent billet, mais certaines difficultés surviennent et vous interpellent. Ou bien, vous avez adopté la position de la madone dès le départ et vous êtes confrontée à des problèmes. Vous entendez qu’une bonne position est cruciale pour un bon démarrage de l’allaitement, mais vous ne parvenez pas à vous installer autrement pour trouver une solution. Nous vous proposons de découvrir la position de la « madone inversée » qui est un peu la petite soeur de la madone, sans les inconvénients majeurs de celle-ci sur la prise du sein !

Vous allez vous asseoir, idéalement, les lombaires calées, les genoux légèrement relevés (grâce à un petit marche pied par exemple), avec les coussins nécessaires pour que votre bébé soit à hauteur du sein ; vos coudes bien soutenus et les épaules détendues.

Lorsque vous mettez votre bébé au sein gauche, c’est votre bras droit qui va le soutenir. Pour arriver à amener votre bébé à hauteur du sein, vous allez d’abord placer votre bébé sur le coussin d’allaitement, et le caler tout près de vous, en plaquant d’abord son bassin par un appui bien ferme de votre avant-bras sur ses fesses.

Vous pouvez faire des essais lorsqu’il est calme ou même avec un poupon. Vous constaterez que cette position favorise l’inclinaison naturelle de la tête du bébé qui va se retrouver en légère extension, son menton pointe vers le sein. Votre bébé est alors dans la position idéale pour prendre le sein de manière asymétrique. Ensuite, vous allez le soutenir par la nuque avec la main droite.

Pour vous y aider, placez votre pouce et votre index sous chaque oreille de part et d’autre de la nuque. Vous sentez une petite partie osseuse un peu arrondie : « le processus mastoïde ». C’est là que vous allez appliquer votre maintien. N’ayez crainte, vous ne risquez pas de faire mal à cet endroit. Vous donnez au contraire à la nuque de votre bébé toute la tonicité qui lui manque pour l’instant. De cette façon, la paume de votre main se trouve vers la nuque de votre bébé et rien n’exerce de pression derrière son crâne. Votre bébé peut donc placer sa tête légèrement en extension par rapport à la nuque plutôt que de la fléchir. Il est alors aisément encouragé à ouvrir TRÈS grand la bouche et à avancer la langue en avant dans les meilleures conditions.
Vous voyez ainsi très bien sa bouche et la façon dont il aborde le sein. Vous avez toute latitude pour guider fermement et avec tendresse sa rencontre avec votre sein. De plus, votre main gauche est libre. Vous pouvez ainsi soutenir votre sein, l’orienter à volonté, le rendre plus préhensible pour votre bébé et pratiquer également la compression du sein si vous en avez besoin.

Dans cette position, la prise du sein asymétrique et profonde est simple à réaliser et le transfert de lait en est facilité. Pour débuter l’allaitement, c’est vraiment une position très intéressante !

Tout comme pour la madone classique, vous pouvez vous installer en tailleur, avec un coussin sous les fesses si nécessaire selon votre ouverture de hanches. Ainsi, votre dos est bien protégé et le positionnement du coussin d’allaitement est aisé.

 

Confort maternel         ★ ★ ★ ★ ☆

Repos  maternel          ★ ★ ★ ☆☆

Les réflexes du nouveau-né facilitent la tétée ★ ★ ★ ☆☆

Facilité prise du sein asymétrique   ★ ★ ★ ★ ★

Confort du bébé          ★ ★ ★ ★ ★

Tétée facile en public ★ ★ ★ ★☆

Tétée facile à l’extérieur ★ ★ ★ ★ ☆

Situations spécifiques :

Bébé « somnolent »    ★ ★ ★ ★ ★

Réflexe d’éjection fort            ★ ★ ☆☆☆

Remettre au sein après prise du biberon sur

période prolongée ★ ★ ★ ☆☆

Bébé qui grandit et commence « à peser », bambin  ★ ☆ ☆ ☆ ☆

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

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Accueillir les sensations de plaisir en allaitant https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/ https://www.leblogallaitement.com/accueillir-les-sensations-de-plaisir-en-allaitant/#comments Thu, 30 Mar 2017 15:41:45 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1539 Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je … Continuer la lecture de Accueillir les sensations de plaisir en allaitant

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Je passe devant la salle d’attente de ma consultation hospitalière, remarque un couple que je situe dans les 35 ans, et surtout le regard insistant du monsieur qui semble inquiet d’être au bon endroit. Il me voit, me sourit et parle à sa femme qui relève la tête et m’adresse un gentil sourire que je lui renvoie. Je constate qu’elle a déjà un petit ventre bien rond.

Ce n’est pas encore habituel de recevoir en consultation de sexologie une femme enceinte, et pourtant quel chamboulement corporel ! Il y a de quoi perdre quelques repères pour les futurs parents, non ? S’en inquiéter et demander de l’aide me parait faire preuve de bonne santé mentale.

A ce propos, je me souviens de mon professeur de sexologie qui nous conseillait d’éviter les parturientes, et imposait d’attendre 2 ans après l’accouchement pour les accepter en consultation. Je n’étais déjà pas d’accord avec lui pendant mon diplôme universitaire ; je ne lui suis toujours pas.

M. et Mme B. sont donc assis devant moi. C’est lui qui parle, elle le regarde tendrement. Elle semble heureuse d’être là.

  • Je vous ai entendue au réseau périnatalité il y a 15 jours, dans le couloir, commence-t-il. Vous avez évoqué quelque chose qui m’a intrigué. Vous avez dit : « la bouche, les seins, le clitoris ou le pénis pour l’homme, l’anus, tous ces organes sont liés dans le plaisir sexuel. Il ne faut pas avoir peur des sensations, il faut les accepter mais ne pas confondre voilà tout ! »

Je me souvins en effet de cette discussion que j’avais eue avec une sage-femme qui sentait bien que certaines de ses patientes aimeraient lui parler sexualité mais n’osent pas toujours le faire, de peur de la choquer. Les sages-femmes sont au cœur de la problématique de confusion possible entre le sexe et l’enfant, elles ont un rôle fondamental à jouer dans la déculpabilisation.

Il poursuit :

  • A notre premier enfant, Claire allaitait et c’était vraiment merveilleux, mais assez rapidement… (et là il rougit, n’ose pas continuer et c’est elle qui prend la parole)
  • cela m’a donné envie de me masturber, explique-t-elle.
  • Pas en même temps bien sûr (rajoute-t-il avec empressement). Nous avons tout de même décidé qu’il valait mieux arrêter l’allaitement car cela ne me paraissait pas normal.

J’avoue que je me demandais même si ce n’était pas malsain pour le bébé que l’allaitement provoque chez elle de telles envies.
Alors pour ce deuxième enfant, nous étions résignés à ne pas recommencer l’expérience… de peur que…

Cet aveu sincère permit d’ouvrir un dialogue. Nous avons pu parler « d’avant » la première grossesse, de leur sexualité « d’avant », de leur rythme de plaisir et des sensations physiques pour leur faire comprendre que tout est une question d’équilibre et de sens. Leur sexualité était tout à fait épanouie, heureuse et régulière. Par contre, ils avaient convenu que la masturbation n’avait pas lieu d’être. Une discussion à ce propos avait eu lieu assez tôt dans leur histoire lors d’un épisode joyeux où Claire s’était caressée pendant le rapport, ce qui avait choqué notre Prince Charmant qui voulait être seul responsable du plaisir de sa Belle…

Il avait simplement oublié que personne ne fait jouir personne.

Avant de le rencontrer, Claire avait une pratique régulière de masturbation : souvent le soir pour bien dormir, et toujours quand elle avait mal à la tête ou quand elle était trop stressée. Mais elle avait accepté d’arrêter puisque le « faire l’amour » était fréquent, heureux et amoureux !

Il n’empêche que son corps était habitué à ces sensations bien agréables qui régulent l’organisme chimiquement. Physiologiquement, les substances déversées dans le corps par l’activation des zones érogènes puis le déclenchement du réflexe orgasme, sont parfaitement saines et positives pour l’état général.

Les seins étaient partie prenante dans la sexualité « d’avant », donc réactifs en matière d’excitation érogène. Après l’accouchement les rapports avaient été perturbés et reportés du fait d’une cicatrice douloureuse d’épisiotomie, et tout naturellement la stimulation par l’allaitement avait réenclenché le circuit de la récompense… de plaisir sexuel.

Il n’était pas possible de faire l’amour comme « avant » et le corps de Claire s’est souvenu de la solution magique pour aller bien, vraisemblablement de manière inconsciente.

Si le classique « préliminaires/pénétration » est souvent une valeur sûre pour obtenir un plaisir partagé « avant » les enfants, il ne faut jamais oublier qu’une sexualité heureuse se construit à deux, toute la vie, par le dialogue, l’aveu, la tolérance, le respect et la confiance. Le rôle du sexologue est de vérifier si la communication est bonne : c’est un généraliste du sexe à qui on peut tout dire (secret professionnel) et qui traduit pour l’un ce que l’autre veut signifier… avec un sourire, première expression faciale universelle et rassurante.

Laura a deux ans, sa maman l’a allaitée 6 mois. A mon avis tout va bien car ses parents m’ont envoyé une gentille carte d’Italie où ils sont partis passer un week-end en amoureux !

[Auteure] : Dr Manon Bestaux

[Biographie] :  Manon BESTAUX, sexologue clinicienne hospitalière et libérale, est la présidente du syndicat national des sexologues cliniciens (www.snsc.fr). Chargée de cours en sexologie aux étudiantes sages-femmes, elle a mis en place des ateliers “sexualité” dans le cadre de l’ E.T.P. (éducation thérapeutique du patient) dans l’après-cancer du sein. Elle est également l’auteure du livre “le sourire et le sexe”, et du “carnet n°1 du plaisir sexuel féminin”, disponibles sur www.editionsparticulieres-sprl.com.

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Jamais sans mon tire-lait ! https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/ https://www.leblogallaitement.com/jamais-sans-mon-tire-lait/#respond Tue, 31 Jan 2017 14:03:10 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1506 Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids … Continuer la lecture de Jamais sans mon tire-lait !

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Quand Victoria est née, je ne me faisais pas de souci par rapport à l’allaitement. J’avais déjà allaité les deux grandes, Marion et Elisa, pendant 6 ans, les remarques du style « tu risques de ne pas pouvoir l’allaiter », je ne les ai pas écoutées. Seulement, Victoria est née à 26 semaines d’aménorrhée avec un poids de 690g et une grande fragilité pulmonaire, ce qui impose beaucoup de soins pour un tout petit être en réanimation.

Qu’à cela ne tienne, je commence dès son premier jour de vie à tirer mon lait. J’extrais péniblement quelques gouttes de ce liquide jaune or aussi précieux que le métal. 4 heures plus tard, vite vite, je recommence et au bout de 10 minutes de tire-lait, seuls quelques millilitres stagnent au fond des biberons. Je me raisonne, je dois tirer plus souvent. Mais je ne tire que 4 heures plus tard encore, impossible de faire autrement. La séparation fait que Victoria dort à l’autre bout de la maternité régionale, les multiples soins d’hygiène des mains, du tire-lait, le questionnaire avant chaque tirage et l’attente des agents hospitaliers pour récupérer mon lait pour le lactarium m’imposent un rythme pour les tirages.

Je décide de me battre, rien ni personne ne m’empêchera de donner mon lait à ma fille. Ni la séparation avec Victoria, ni le stress de la savoir en réanimation avec de grosses difficultés de santé,  ni les protocoles de soin, d’hygiène, ni le manque de proximité ne m’interdiront de me donner et de donner tout ce que je peux lui apporter, à savoir mon lait, sa nourriture, les anticorps et tous les agents essentiels du lait maternel.

Pendant 3 longues semaines, j’ai porté des gants pour caresser et toucher ma fille, alors le défi était lancé, tirer régulièrement et aussi souvent que possible ces quelques gouttes de ce breuvage qui deviendront après la longue attente des premiers jours des centilitres et des décilitres pour un seul tirage.

Au bout de 2 semaines de tirages, je tirais 360 ml le matin. J’ai pris toutes les astuces que j’ai trouvées : bien dormir, bien manger et ne pas oublier de se faire plaisir (varier les chocolats, mmmmh), boire régulièrement des tisanes de fenouil, fenugrec et carvi (on s’échangeait les herbes avec les autres mamans, hi hi hi!), se prendre du bon temps dans la salle de tirage avec les copines-mamans de prémas,  fou-rires, sourires et petite musique d’ambiance nécessaires et indispensables !

Et puis quand le moral descend, et que la production de lait chute à vue d’œil, et que je ne peux toujours pas prendre ma princesse dans mes bras, je n’ai pas hésité, j’ai appelé les amies consultantes en lactation. Je me suis remise à tirer mon lait la nuit (très important!), dormir dès que possible, utiliser le tire-lait double-pompage, me frotter le dos à la manière de « Baloo » dans le Livre de la Jungle dès le début du tirage pour stimuler le système neuro-sensoriel (si si, ça marche).

Au bout de 3 semaines, enfin, j’ai pu enlever les gants et effleurer pour mieux sentir sa peau toute douce. Victoria a 4 semaines, enfin je savoure ¼ d’heure de peau-à-peau, du bonheur et rien que du bonheur.

A 33 semaines, Victoria fait le « pivert », elle a envie de téter visiblement, mais c’est encore trop juste, elle a de trop grands besoins en oxygène. Le tire-lait, c’est pratique, mais si je pouvais donner en vrai, ça me ferait très plaisir ! Chaque jour est un jour d’attente et de patience. La prématurité impose son lot de préparation, d’expectative et d’espérance.

A 34 semaines 1/2, ça y est : tétée ! La grande nouvelle cette semaine, c’est que Victoria a tété, vraiment tété, en direct, elle a bu quelques millilitres. Elle porte toujours les lunettes d’assistance respiratoire, mais la succion-déglutition se met en place, c’est très positif pour les enfants alimentés par sonde. Une merveilleuse aventure qui commence entre nous, « sa première expérience d’échange amical avec le monde» (“Enfance et Société”, 1982), mais aussi la fin des soins exclusivement hostiles et le début d’une acceptation de la tendresse et de la douceur par l’allaitement au sein. Victoria a choisi de se nourrir des bienfaits du lait maternel, nous avons lâché prise dans ce moment de grâce et d’apaisement des corps.

Cependant, une ombre vient pointer dans ces instants de réconciliation avec le monde, Victoria bradycarde, lorsque le lait arrive, son rythme cardiaque ralentit, elle devient toute molle et j’ai à chaque fois l’impression de la perdre. Je dois la stimuler et très rapidement je prends le réflexe de réveiller son pied ou une petite menotte. Je me fais violence pour me ressaisir et me calmer pour profiter de nos tétées.

Les tirages sont plus longs maintenant, le service manque de capsules, pièces indispensables pour les tire-lait double-pompage, je mets 20 minutes à recueillir la précieuse nourriture de ma fille, comme si j’utilisais un tire-lait simple pompage. Je profite d’une conversation avec un infirmier sympathique lorsque le pédiatre est juste derrière la couveuse. Bien décidée à ne pas me laisser prendre de précieuses minutes de mon temps que je partage dans deux maisons à 100 kilomètres de distance, je fais part de ma déception. Quelques temps plus tard, je pourrai à nouveau disposer de deux capsules.

Aux 2 mois ½ de ma fille, j’ai encore 12 litres de mon lait en réserve, en biberonnerie, on manque de place pour stocker mon lait. Tant pis, ce n’est pas mon problème. Victoria reçoit 36 mL 8 fois par jour, il y a du gâchis parce que ce sont des seringues de 40 mL. Alors je pompe, je pompe, comme les shadoks…

A 2 kg tout rond, Victoria quitte la réanimation et entre dans le service médecine néonatale. Quelle joie ! Je peux enfin nous projeter vers une sortie de l’hôpital. Je me réjouis de croiser des bébés portés, bercés par leur parent ou un professionnel de santé.

Depuis quelques jours, Victoria ne veut plus téter. Elle ferme la bouche. Je l’encourage et l’incite comme je peux mais en vain. Pour moi, c’est terrible. Ce n’est tout simplement pas possible, je vais solliciter la consultante en lactation, parce que je ne comprends pas. J’ai l’impression de sentir sa gencive inférieure quand je donne le petit doigt, elle a très peu de force d’aspiration. Avec les lunettes et l’oxygène, c’est compliqué.

Je pense que la tétine ne m’aide pas. Certaines soignantes sont sensibilisées au problème, mais pas toutes. Dès que Victoria a un soin un peu douloureux depuis quelques semaines, certaines soignantes lui mettent la tétine qu’elle tète. Mais le réflexe de succion peut être modifié, j’étudie la question. De plus, elle se fatigue très vite. J’arrive à négocier avec le personnel soignant la tétée plutôt que la tétine et également un bain un jour sur deux. Je préfère économiser ses calories pour les moments de tétée.

Victoria a 3 mois. 3 mois déjà que nous sommes à la maternité régionale de Nancy dans cette lutte pour la Vie. Victoria sature des systèmes de sonde qui la nourrissent, trop de soins, elle est à la limite de l’hospitalisme*. Elle fuit le regard des soignants. Après discussion avec mon mari, je retourne voir les pédiatres, nous cherchons une autre méthode pour que Victoria puisse se nourrir suffisamment par n’importe quel moyen pourvu qu’elle n’ait plus cette sonde. La balance nous joue des tours : la pesée avant et après la tétée ne donne pas des résultats fiables. Alors je fais agir mon instinct de mère, je la mets au sein dès que je sens le besoin. Pas de pesée, je n’avertis personne, je m’écoute, c’est un grand pas parce que j’ai longtemps été parasitée par les protocoles.

Heureusement, certaines équipes sont pleines d’humanité et leur bienveillance m’entoure de réconfort. Une consultante en lactation vient nous voir sur place, elle me confirme que Victoria sait téter, elle est juste limitée dans ses capacités respiratoires. En grandissant, elle va boire de mieux en mieux. Ouf !

A 4 mois et une semaine, elle s’est complètement sevrée de l’oxygène artificiel.

Victoria est enfin arrivée à la maison, chez nous. Nous avons envoyé les faire-part de naissance à tous nos proches.

Pour Viky, c’est tétées et portage à volonté désormais.

*NDLR : état dépressif qui se manifeste chez certains enfants séparés précocement de leur mère

[Auteure] : Myriam Dutilleul

[Biographie] : Mère d’Élisa, Marion et de Victoria, Myriam Dutilleul a consacré 3 années à soutenir bénévolement des mères qui allaitent par le biais de l’association La Leche League. Elle est éducatrice en environnement

 

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Allaiter avec des seins petits https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-avec-des-seins-petits/#respond Mon, 19 Sep 2016 19:15:35 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1439 Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y a‐t‐il des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande … Continuer la lecture de Allaiter avec des seins petits

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Est-ce qu’avoir des seins petits constitue un obstacle pour nourrir pleinement son bébé  sans avoir recours à du lait infantile ? Y atil des trucs et astuces pour favoriser une bonne prise en bouche ? Ou bien des choses à éviter ? Ce sont des questions que les futures mamans qui n’ont pas une glande mammaire généreuse peuvent se poser. A une époque où le « manque de lait » et les crevasses continuent d’être des complications courantes, je vous propose un petit tour d’horizon.

Auraije assez de lait ?

Un sein petit n’est pas un sein hypoplasique (1) (dont la glande mammaire s’est mal développée) ; « Estce que le sein est petit et au contour arrondi et lisse, ou bien estce qu’il semble manquer du volume à un endroit ? ».

Huggins et al ont déterminé qu’il est possible d’identifier les femmes ayant des seins hypoplasiques, et de déterminer la probabilité d’insuffisance lactationnelle. Physiquement, les seins des femmes présentant une insuffisance de tissu glandulaire (IGT) peuvent être largement espacés, de forme tubulaire, et /ou asymétriques. L’examen des caractéristiques physiques et le compte-rendu par les femmes elles-mêmes des modifications durant la grossesse ou le post-partum précoce – à savoir la forme des seins, les vergetures, l’importante distance entre les seins, l’asymétrie de la poitrine, ainsi que le volume de lait que le bébé reçoit et les quantités exprimées au tire-lait juste après les tétées sont des indicateurs amenant à diagnostiquer une hypoplasie pouvant expliquer une insuffisance de lactation.

Un sein petit contient une glande parfaitement fonctionnelle, et j’ai rencontré de nombreux cas où la glande mammaire occupait tout le volume du sein, où il n’y avait plus de graisse palpable. Les craintes qu’avoir des seins petits soient insuffisants pour nourrir pleinement un enfant proviennent assurément des anciennes recommandations qui voulaient qu’on allaite toutes les 34h ; à cette époque et avec ces conseils peu avisés, des seins petits pouvaient effectivement ne pas suffire.

Aujourd’hui, nous en savons bien plus sur les seins et la production de lait ; nous savons qu’une maman ayant des seins de petite taille peut nourrir complètement son enfant ; elle proposera le deuxième sein dès le moment où le premier sein sera bien vidé, bien souple à la palpation ; et elle allaitera probablement plus fréquemment qu’une maman dont la glande mammaire est plus généreuse.

Vous noterez que je parle de glande mammaire et non de taille ni de volume du sein ; car ce n’est pas tant la taille extérieure qui importe en lactation, c’est la présence et la répartition de la glande mammaire.

Il faut aussi s’appuyer sur le fait que la glande mammaire peut encore se développer notamment durant le premier mois après la naissance, dès le moment où il y a des tétées suffisamment fréquentes et bien sûr efficaces.

Ce qui suit contribuera peutêtre à rassurer quelques mamans ! J’ai eu parmi mes patientes des mamans qui ont nourri des jumeaux sans besoin de recourir à du lait artificiel, alors qu’elles avaient une petite poitrine.

Limiter les risques de mastite

Avoir des seins petits suppose une capacité de stockage parfois faible. La plupart des alvéoles seront plus rapidement remplies.  Des tétées (ou vidanges) fréquentes, c’est donc assurer qu’on puisse nourrir pleinement son ou ses enfants sans avoir besoin de recourir au lait infantile, c’est aussi ne pas rester longtemps avec des seins trop pleins (même petits !!)

Or, rester trop longtemps avec des seins trop pleins, c’est risquer d’entrer dans le spectre des pathologies mammaires que sont les mastites.

Les risques de mastites peuvent être à la fois élevés chez la maman qui a des seins petits, car ils sont remplis pleinement plus rapidement ; ces risques peuvent aussi être diminués dans le cas où la maman allaite très souvent et que l’enfant vide les seins de manière efficace. (2)

Aide au positionnement et à la prise en bouche

Un sein petit, par définition, est un sein qui ne « dépasse » pas beaucoup de la cage thoracique. Une des images sociales de l’allaitement au sein est notamment la position de Madone où la maman prend son sein en coupe.  Avec un sein petit, cette main maternelle peut alors éloigner l’enfant de son sein, voire placer ses doigts trop près de l’aréole et ainsi gêner  une bonne prise en bouche.  Copier l’image sociale et artistique de la position de la Madone peut ici être une erreur.

La maman peut parfois être tentée d’aplatir son sein de façon à faciliter la prise en bouche plutôt que de vouloir passer ses doigts sous le sein et donc de risquer de maintenir son enfant éloigné. Il est alors préférable et conseillé de placer sa main audessus du sein en mettant ses doigts à 3h et 9h par exemple si elle est en Madone.

Dans ma pratique, j’ai parfois été amenée à gonfler artificiellement la partie interne du sein. En effet, le menton de l’enfant doit être légèrement enfoncé dans le sein avant même de pouvoir continuer sa séquence vers la prise en bouche du sein.

 Pour l’enfant en Madone, si la partie interne du sein manque de volume :

la mère peut placer le talon de sa main sur le bord extérieur du sein,

pousser légèrement le sein vers le milieu ; la maman peut également utiliser un doigt, ou un pouce, dès le moment où ils sont parallèles à la bouche de l’enfant ; ainsi, l’enfant va pouvoir apposer son menton sur une partie plus stimulante pour qu’il puisse alors ouvrir grand la bouche.

Si l’enfant est parallèle à la mère, celleci préfèrera peutêtre s’incliner en arrière, cela fera remonter ses seins et offrira ainsi du volume au menton de l’enfant assis à califourchon par exemple.

La maman évitera également les épaisseurs autour du sein qu’elle donne ; le lange utilisé parfois, les vêtements d’allaitement épais, le pan du soutiengorge, tout tissu qui se trouverait là où se placera le menton de l’enfant peuvent contribuer à éloigner l’enfant du sein alors qu’une bonne prise en bouche sera assurée par un contact étroit de la mère et l’enfant, où le menton est en contact direct avec le sein.

Allaiter un bébé lorsque l’on a des des seins petits peut ainsi être facilité, et l’allaitement maternel exclusif jusqu’au six mois, comme le recommande l’OMS est parfaitement possible, bien que corrélé à des tétées plus fréquentes que pour d’autres entités mère-enfant.

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+ ( Allaitement des Jumeaux et plus )

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La mastite https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/ https://www.leblogallaitement.com/la-mastite/#respond Mon, 05 Sep 2016 19:48:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1430 Mais qu’est-ce que c’est ? Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre … Continuer la lecture de La mastite

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Mais qu’est-ce que c’est ?

Vous vous sentez fatiguée, avec des courbatures et peut-être êtes-vous aussi un peu fébrile comme au début d’un état grippal, voire franchement fiévreuse ? En plus de cela vous ressentez de l’inconfort ou une zone sensible dans le sein, parfois une masse comme une « boule » très douloureuse au toucher, votre peau peut aussi être rouge et chaude en regard de cette zone ?

Vous vous inquiétez pour vous-même au vu de ces symptômes mais aussi pour votre bébé et vous vous questionnez sur la possibilité de poursuivre l’allaitement en pareilles conditions ; bien sûr il est aussi possible que tout cela vous décourage d’allaiter, surtout si ces signes font suite à des débuts déjà difficiles ou à toute autre situation qui vous pèse.

Il est alors fort probable que vous souffriez d’une mastite : une inflammation du sein qui est le plus souvent une conséquence :

  • d’un engorgement non pris en compte : par exemple votre bébé a sauté une tétée par rapport à ses habitudes et votre sein a été très tendu, d’autant plus si cela est survenu à plusieurs reprises,
  • d’un canal obstrué
  • d’une infection bactérienne (ce qui est couramment observé si vous avez ou avez eu une crevasse, par exemple).

Les situations suivantes, vous vous y reconnaitrez peut-être, sont associées à une augmentation du risque de survenue d’une mastite au cours de l’allaitement (1) :

  • prise récente d’un traitement antibiotique
  • prise récente d’un traitement antifongique
  • utilisation d’un tire-lait (surtout lors d’utilisation prolongée en cas de séparation maman-bébé)
  • présence de lésions type crevasse sur le mamelon

Alors que faire ? (2-3)

L’écueil courant en pareille situation est de stopper l’allaitement du côté de ce sein alors que l’élément incontournable  de la prise en charge de la mastite est un drainage efficace et fréquent du lait : éviter absolument la stagnation du lait dans le sein. Autrement dit faire téter bébé fréquemment sur ce sein (en veillant à ne pas négliger l’autre sein !) et s’il n’est pas assez efficace ou demandeur exprimer le lait de façon à ne pas demeurer avec une tension du sein.

C’est un traitement simple mais il doit être mis en place rapidement dès l’apparition des symptômes.

Insistons sur ce point : il est préférable de privilégier les tétées au sein par le bébé plutôt que d’exprimer le lait pour des raisons d’efficacité du drainage, mais savoir passer le relais à une technique d’expression est important si votre bébé ne parvient pas à bien drainer ce sein ou s’il ne peut téter.

Dans l’immense majorité des cas, votre bébé peut continuer à recevoir le lait de ce sein. Il est recommandé d’appliquer de la chaleur la plus grande partie du temps sur la zone douloureuse (à l’aide d’une poche de gel chaud/froid ou en dépannage d’un sachet de compote à sucer que vous remplissez d’eau chaude) ; en dehors de cela après une tétée appliquer la poche froide 10 à 15 mn peut aider à diminuer l’œdème.

Si votre douleur est forte vous pouvez utiliser un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène) pour une courte durée.

Veillez à ce que vos sous-vêtements et vêtements ne compriment pas votre sein.

Enfin, le repos est aussi une partie importante du traitement : pas facile avec un bébé ! C’est le moment de solliciter l’entourage pour vous aider afin que vous puissiez vous consacrer aux tétées et  vous reposer sans courir dans tous les sens pour des courses, le ménage pendant quelques jours.

Comment évolue la mastite ?

En mettant ces éléments en place, vos symptômes devraient évoluer favorablement en vingt quatre heures : c’est-à-dire qu’une amélioration doit être établie ; si tel est le cas, en poursuivant les mêmes mesures vos symptômes doivent encore s’améliorer dans les 24 h suivantes : persévérer avec cette vigilance pendant quelques jours vous permettra alors de retrouver une situation normale. En revanche si la situation ne s’améliore pas dans les premières 24 h, ou bien si elle empire : il est important de poursuive le drainage efficace en s’orientant sur une consultation médicale afin d’évaluer précisément votre situation, une antibiothérapie sera probablement nécessaire. De même, une mastite prise en charge tardivement (plus de 24 à 48h après l’apparition des symptômes) nécessitera souvent une antibiothérapie.

Ajoutons que si vous ressentez d’emblée ces symptômes sur les deux seins en même temps ou de façon soudaine et sans cause apparente parmi celles décrites, il est important de mettre en place un traitement médical.

 ( 1) Mediano et al Case control study of risk factors for infectious mastitis in Spanish breastfeeding women, BMC pregnancy and childbirth 2014 14:195

(2) Guide pratique en allaitement pour les médecins – JC Mercier, Cécile Fortin, MJ Santerre – Direction régionale de santé publique de la capitale – nationale Québec

(3) Breastfeeding answers made simple, Nancy Mohrbacher , Hale Publishing 2010

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

 

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Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/ https://www.leblogallaitement.com/des-symptomes-dune-hyperlactation-au-retour-du-b-a-ba-de-la-mise-au-sein/#comments Wed, 10 Aug 2016 12:48:29 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1414   Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes … Continuer la lecture de Des symptômes d’une hyperlactation au retour du B-A BA de la mise au sein

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Si Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC nous donnait des conseils en matière de gestion de surproduction de lait dans un article précédent, elle tient aujourd’hui à préciser que le réflexe d’éjection fort n’est pas forcément associé à une production exagérée et doit donc être dissocié de l’hyperlactation. Elle précise aussi que certains des signes qui pourraient faire penser à une hyperlactation peuvent aussi révéler d’autres soucis et appellent donc à une vigilance accrue. Elle propose une grille de lecture, une sorte de « diagnostic différentiel » pour les aidants et professionnels du conseil en allaitement.

Hyperlactation et réflexe d’éjection fort, les manifestations les plus courantes:

UN ENFANT QUI :

  • S’étrangle, s’étouffe, tousse au sein,

  • Laisse fuir du lait de sa bouche,

  • Se cambre et s’éloigne/se dégage du sein, frappe le sein,

  • A des difficultés à rester au sein,

  • Régurgite,

  • A beaucoup de gaz

  • A des selles vertes, liquides, et explosives

  • A une prise de poids inconstante (poids faible après un bon départ)

UNE MERE QUI :

  • A des seins jamais confortables, jamais « vides », qui se re-remplissent très vite,

  • A des zones sensibles au toucher, fermes/durs, avec des « bosses », des « masses »

  • Qui souffre de canaux bouchés chroniques, ou de mastites chroniques,

  • Qui ressent une douleur intense lors du premier réflexe d’éjection,

  • Qui a un réflexe d’éjection très puissant,

  • Qui a les seins qui fuient constamment entre les tétées,

  • Qui a « fui » du lait en prénatal.

Françoise Coudray :

« J’aimerais partager avec vous deux exemples de situations que j’ai rencontrées plusieurs fois dans ma pratique, ce qui vous guidera vous-même.

Une de mes clientes est venue dès sa sortie de maternité, car elle avait toujours les seins trop pleins après une tétée et elle commençait à avoir mal aux mamelons ; « J’ai trop de lait, j’en ai encore plein dans le sein après la tétée ». Son enfant présentait des selles vertes et il avait des gaz malodorants. En observant une tétée, j’ai pu constater que l’enfant ne prenait pas correctement le sein en bouche et ne parvenait pas à vider pleinement le sein.  Dès le moment où la prise en bouche a été optimisée, le sein fut très bien drainé et bien souple en fin de tétée. Dans ce cas-ci, la maman a été également heureuse de constater une « belle » prise de poids, et un transit plus facile pour son bébé.

Une autre mère me contacte affolée car depuis la « montée de lait » son enfant s’étrangle, s’étouffe, laisse couler ou gicler du lait. Il prend peu de poids et les tétées sont douloureuses. Les mamelons étaient sensibles et abîmés. En observant une tétée et en examinant la mère et l’enfant dans leur globalité, j’ai pu observer que le bébé avait une succion dysfonctionnelle face à un flot de lait tout à fait normal. Le bébé parvenait difficilement à téter efficacement en respectant le cycle « succion-déglutition-respiration ». Ce bébé avait alors tendance à pincer le mamelon [cela cause des crevasses] pour réduire le flot qui l’incommodait – un flot par ailleurs tout à fait « normal ». Il a donc fallu orienter notre intervention sur une rééducation et / ou apprentissage d’une succion efficace en s’étant au préalable assuré qu’il n’avait pas de gêne successive à l’accouchement par une visite chez un ostéopathe, en vérifiant son palais, son frein de langue, si un problème ORL pouvait être en cause avec un professionnel averti.

Ces deux mamans et leurs nourrissons sont ainsi une illustration de la nécessité de bien réaliser un diagnostic différentiel pour rechercher éventuellement d’autres causes à ces comportements d’étranglement du bébé, à ces seins encore très pleins après une tétée qui au premier abord, peuvent faire effectivement penser à une surproduction et / ou un réflexe d’éjection fort.

Ainsi que le souligne Catherine Watson Genna (2008), une consultante en lactation IBCLC internationalement connue : les symptômes assimilés à la « surproduction » peuvent masquer un problème du nourrisson. Il faut s’assurer de bien rechercher la capacité du bébé à téter avant d’essayer de modifier la production de lait. » ; c’est un travail en réseau avec la consultante, l’ORL et l’ostéopathe notamment, qui se révèle très efficace, notamment quand malgré nos efforts, l’enfant ne parvient toujours pas à prendre correctement le sein en bouche.

S’il s’avère que votre bébé ne parvient pas à bien vider vos seins, il peut être intéressant de revoir votre mise au sein.

Cependant, la toute première des étapes est et reste, de s’assurer de la bonne prise du sein par le bébé qui sera fonction de la position que la mère et l’enfant trouveront la plus confortable pour eux et de savoir qu’ils pourront aussi changer de position régulièrement selon l’humeur, le moment. 

En 1989, dans le Journal of Human Lactation, Mary Renfrew écrivait : « Il est contre-productif d’insister pour que le bébé soit placé précisément dans la position qu’a apprise le soignant, sauf si une attention particulière est apportée quant à l’efficacité de cette position et au caractère individuel tant de la mère que du bébé. Cette articulation entre la mère et son bébé peut être considérée comme une sorte de danse. » Elle ajoutait : « Cette danse a juste besoin d’être encouragée, et non pas contrôlée ou limitée. Le concept de « gestion » de l’allaitement tel qu’il apparaît souvent dans les manuels implique un contrôle et n’est d’aucun secours. La mère et le bébé gèrent leur propre expérience d’allaitement à partir de leurs sensations, et avec une aide lorsque c’est nécessaire. Même si nous en savons plus en matière de techniques de positionnement, nous devons éviter d’insister trop sur l’aspect technique, car ce serait au détriment du caractère unique de chaque couple mère-bébé. »

Une incitation donc à vous documenter, vous informer par des lectures, en vous entourant de personnes formées ; mais aussi une incitation à vous faire confiance, vous écouter vous et votre bébé et vous faire votre opinion. Vous êtes l’experte et celle la plus à même de savoir comment vous vous sentez. N’hésitez plus à vous entourer pour discuter de vos difficultés et composez vos propres solutions en fonction de vos convictions. Bonne route sur le chemin de l’allaitement !

[Auteure] : Consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Crevasses https://www.leblogallaitement.com/crevasses/ https://www.leblogallaitement.com/crevasses/#respond Tue, 12 Jul 2016 12:39:19 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1395 Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier. Les crevasses sont de petites plaies sur … Continuer la lecture de Crevasses

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Nous les avons évoquées dans un précédent article, les crevasses sont une cause fréquente d’arrêt de l’allaitement. Elles apparaissent souvent rapidement les premiers jours ou bien au cours des premières semaines de l’allaitement. Essayons de comprendre plus en détail à quoi elles sont dues et comment y remédier.

Les crevasses sont de petites plaies sur le mamelon provoquant une douleur maximale en début de tétée, absente ou légère entre les tétées et augmentée par la friction (le frottement d’un vêtement par exemple). Elles surviennent principalement à la suite d’une prise du sein inadéquate et traumatique :

  • Le plus souvent en raison d’une position au sein trop approximative (ouverture de bouche trop faible, tête du bébé fléchie, bébé trop éloigné du sein.).

  • Consécutivement à un engorgement des seins jusqu’à l’aréole.

    engorgement et crevasses muriel mermilliod

  • Lors de variations anatomiques des mamelons rendant plus difficile la prise du sein.

  • Comme conséquence d’un réflexe d’éjection fort.

  • En raison de l’inélasticité d’un frein de langue, frein de lèvre supérieure (ce qui nécessitera parfois une intervention pour résoudre le problème), ou d’un palais creux…

Mais elles peuvent aussi apparaître :

  • Suite à l’utilisation inadéquate d’un tire-lait, d’un tire-lait de piètre qualité ou d’une téterelle de taille inadaptée.

  • Dans le cas d’un retrait du sein sans briser la succion.

  • Lorsque le nouveau-né a tendance à serrer les mâchoires en début de tétée ou en s’endormant sur le sein en fin de tétée.

Pour guérir rapidement la crevasse, l’accent doit être mis sur une prise du sein adéquate car cela permet immédiatement une nette diminution de la douleur, la rendant supportable d’emblée et surtout pour favoriser sa guérison spontanée et rapide.

En plus de cela, pour soulager la douleur vous pouvez :

  • Appliquer des compresses chaudes et humides juste avant la prise du sein

  • Prendre un antalgique compatible avec l’allaitement (ibuprofène en courte durée par exemple, en parler avec votre sage-femme ou médecin)

  • Varier les positions du bébé au sein

  • Déclencher le réflexe d’éjection avant la mise au sein (manuellement ou au tire-lait)

  • Commencer la tétée par le sein le moins douloureux

Et pour faciliter la cicatrisation vous pouvez :

1er choix : exprimer quelques gouttes de lait après la tétée et l’appliquer sur le mamelon et l’aréole puis laisser sécher à l’air

2ème choix : appliquer de la lanoline modifiée USP ultra-purifiée. En veillant à une hygiène des mains correcte, étaler l’équivalent d’un grain de riz de pommade en utilisant un doigt différent pour chaque sein

3ème choix : appliquer des « pansements au lait maternel » (compresse stérile imbibée de lait maternel et maintenue par un film alimentaire) : changer toutes les 3 heures au moins . 

Attention il est important de le faire sous la surveillance d’un professionnel de santé car il y a un risque d’inclusion de germes si l’application de cette compresse est mal réalisée

4ème choix : mettre des compresses hydrogel rinçables .

Attention sous surveillance d’un professionnel de santé aussi (même risque que pour le pansement de lait maternel)

Enfin, encore quelques points utiles pour vous aider :

Mieux vaut éviter les coussinets d’allaitement. Ils favorisent un risque de macération menant à l’infection.

Vous pouvez vous protéger du frottement et laisser vos mamelons à l’air en portant ponctuellement des coupelles protège-mamelons.

Et si vous ne parvenez pas rapidement à obtenir une prise du sein adéquate vous pouvez, en étant accompagnée, envisager :

  • l’utilisation ponctuelle d’un écran en silicone lorsque la douleur n’est pas suffisamment soulagée par les mesures précédentes

  • de diminuer ou cesser les mises au sein du côté affecté pendant le temps nécessaire (jusque 24 à 48h) et maintenir la production lactée en utilisant l’expression du lait manuelle ou avec un tire-lait adapté selon votre choix.


Bon à savoir :

Trouver une solution à des crevasses est indispensable parce qu’elles peuvent causer des douleurs importantes, mais c’est aussi une prévention de l’infection de cette crevasse par un germe. Et enfin, c’est prévenir le risque qu’a votre bébé de prendre trop peu de lait car quand il pince le mamelon il en reçoit moins facilement que lorsqu’il le prend bien loin en bouche.

[Crédit photos ] Muriel Mermilliod-Defrenne

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.

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La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/ https://www.leblogallaitement.com/la-regulation-de-la-production-lactee-loi-de-loffre-et-de-la-demande/#respond Tue, 28 Jun 2016 13:40:27 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1389 Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ». Qu’en est-il au juste ? Souhaitez-vous pouvoir … Continuer la lecture de La régulation de la production lactée : loi de l’offre et de la demande

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Discutez allaitement et vous entendrez sûrement « moi je n’avais pas assez de lait pour mon bébé » « Ma mère n’a pas pu nous allaiter ; ce sera sûrement pareil pour moi », ou à l’inverse « Je dégoulinais j’avais vraiment trop de lait pour mon bébé, je pouvais en nourrir deux ».

Qu’en est-il au juste ?

Souhaitez-vous pouvoir dire « Je suis émerveillée de constater que je produis exactement le lait qu’il faut pour mon bébé » ?

À partir de la naissance, dès que le placenta est expulsé et dans les 48h qui suivent, la chute de la progestérone, une des hormones de la grossesse, va permettre à la prolactine, hormone qui entraîne la production du lait, d’être pleinement fonctionnelle amenant ainsi le sein à produire du lait en volume suffisant après avoir produit le colostrum ; c’est ce que l’on a coutume d’appeler la « montée laiteuse ». Dès le 4ème mois de grossesse, la prolactine agit sur les cellules capables de produire le lait et leur fait débuter la production mais en toute petite quantité, tout comme les deux premiers jours après votre accouchement. Votre prolactine est comme un moteur très puissant qui serait très très bridé. Ici c’est la progestérone qui la bride. Dès ce moment de bascule hormonale que constitue la montée laiteuse, la production de lait va être régulée au niveau de chaque glande mammaire bien qu’elle reste sous dépendance du taux basal de prolactine durant les six premières semaines environ.

Comment se joue alors cette régulation ?

La glande mammaire va fonctionner vraiment selon la loi de l’offre et de la demande dans le commerce et les sites de fabrication des produits : c’est la quantité de lait prélevée de votre sein (ce qui serait la demande d’un client) qui va induire une commande plus ou moins importante de la fabrication (ce qui est la réponse ajustée des unités de production à ce qui se vend).

Au départ, vos hormones lancent votre production à bonne allure, une allure qui vous est propre et individuelle. Si vous prélevez peu de lait, votre allure va baisser pour s’ajuster et éviter de stocker du lait pour rien. Si vous prélevez ce qui est disponible, vous maintiendrez votre allure. Enfin, si vous prélevez ce qui est disponible plus fréquemment qu’à l’habitude, vous augmenterez alors votre allure.

Lors d’une tétée, la succion de votre bébé stimule des fibres nerveuses situées principalement sous et sur le côté de l’aréole, ce stimulus est reçu par l’hypothalamus qui va induire de ce fait deux réponses effectuées par la glande hypophysaire :

  • la sécrétion de l’hormone ocytocine, permettant l’éjection du lait contenu dans votre sein en faisant se contracter de petites fibres musculaires qui entourent les unités de production du lait et,
  • la sécrétion de l’hormone prolactine qui induira une continuité dans la production.

En pratique : si votre bébé tète quasiment tout le lait présent dans votre sein, il induit une commande de lait plus élevée que s’il ne tète que la moitié ou 1/3 ou moins encore de ce que vous aviez produit, et plus il le fait fréquemment plus c’est vrai.  C’est-à-dire qu’en tétant fréquemment quasiment tout le lait disponible, il amène votre sein à augmenter la vitesse à laquelle il produit. Donc, en quelques jours votre sein aura produit plus sur 24h, même si votre sensation de seins toujours souples vous fait penser le contraire. À l’inverse s’il tète peu, après la tétée votre sein n’est pas pleinement drainé et pas totalement souple, cela induira une production plus faible après cette tétée que s’il avait pris plus de lait, et si, de plus, votre bébé revient sur ce sein longtemps après : eh bien ce sein aura eu le temps de stocker du lait ce qui induit le message vers votre cerveau :  « produis moins car on n’ a plus besoin d’autant » et la vitesse ralentit, ce qui en quelques jours aboutit à une production moindre sur 24h .

Beaucoup de situations de lactation jugée insuffisante sont des situations où la lactation n’a pas atteint un niveau optimal faute d’un drainage optimal et fréquent.

Le nouveau-né allaité exclusivement tète en moyenne 8 à 12 fois par 24h à un rythme irrégulier. En suivant ses signes d’éveil  vous devriez vous assurer une production adéquate. Si ce n’est pas le cas c’est le moment de se tourner vers votre sage-femme ou une consultante en lactation diplômée.

[Auteure] : Dr Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste, le Dr Muriel Mermilliod est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères

 

 

 

 

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Focus sur la prise du sein https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/ https://www.leblogallaitement.com/focus-sur-la-prise-du-sein/#respond Tue, 01 Mar 2016 14:12:31 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1273 Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace. Voici quelques notions de base … Continuer la lecture de Focus sur la prise du sein

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Nous l’avons évoqué dans les billets précédents, une prise du sein optimale est un facteur clé pour la réussite de l’allaitement. Elle garantit une absence de douleur ou de blessure du mamelon et permet un transfert de lait optimal vers le nouveau-né, ce qui lui assure une tétée nutritive efficace.

Voici quelques notions de base qui pourront vous aider.

Photos bébé de 24h, après une nuit difficile pour positionner bébé : prise de sein optimale et position en madone inversée (attention le pouce sur la 2ème photo appuie pour dégager le tissu du sein pour la photo mais cet étirement peut suffire parfois à lutter contre l’étirement du mamelon en bouche et entraîner une blessure)

 

Lorsque la prise du sein est inadéquate, le mamelon peut être comprimé entre les gencives du bébé ou entre sa langue et sa voûte palatine au niveau du palais dur. Il se produit alors un cisaillement des tissus qui crée une irritation douloureuse ou même une crevasse.

La prise du sein peut être traumatique :

  • Si la position au sein s’avère trop approximative,

  • En raison d’un engorgement des seins jusqu’à l’aréole,

  • A cause d’une variation anatomique des mamelons non accompagnée par une prise du sein minutieuse,

  • En répercussion d’un réflexe d’éjection fort,

  • Comme conséquence d’un frein de langue court, frein de lèvre supérieur court, palais creux.

Comment décrire et surtout comment obtenir une prise du sein optimale ?

Une séquence comportementale bien spécifique est à respecter. Votre bébé tout comme vous, êtes en plein apprentissage. Vous vous sentirez tout d’abord moins pressée ou malhabile si vous commencez par proposer le sein aux premiers signes d’éveil. Votre bébé sera ainsi plus calme et il aura du temps pour essayer et recommencer plusieurs fois s’il en a besoin, alors qu’un bébé agité ne sera plus en mesure d’utiliser toutes ses compétences pour trouver le sein et s’exercer.

Lorsque vous proposez le sein à votre bébé, il effectue une séquence comportementale déterminée qui lui permet de prendre le sein et débuter la succion :

  • il cherche le sein et explore : c’est le fouissement

  • il va peu à peu ouvrir la bouche, enclencher une succion s’il rencontre sa main par exemple, puis ouvrir grand la bouche

  • et au contact du mamelon avec sa bouche il propulsera sa langue en avant pour venir happer celui-ci et l’étirer jusqu’à la jonction palais dur-palais mou, plaçant sa langue en gouttière sous le mamelon et lui évitant de frotter et d’être pincé contre le palais dur.

Ce que vous devriez observer

Vous êtes installée confortablement. Le corps du bébé est contre vous, face au sein, tête et corps dans le même axe transversal. Il est soutenu (fesse et tronc), ses pieds trouvent un appui.

Le bébé explore et ouvre grand la bouche avant de prendre le sein.

La tête du bébé est en légère extension (tête penchée en arrière), ce qui permet une très grande ouverture de bouche.

Le mamelon pointe vers son palais avant la prise du sein en bouche.

On peut apercevoir la langue du bébé en mouvement de propulsion, venir happer le sein pour l’amener juste avant la jonction palais dur-palais mou.

Le menton du bébé touche le sein tandis que son nez se trouve naturellement dégagé.

Le bébé prend une majeure partie de l’aréole et surtout la partie inférieure. On appelle cela la prise asymétrique du sein.

L’angle d’ouverture de ses mâchoires est aussi grand que s’il baillait (environ 120° pour les matheuses 🙂 ).

Les deux lèvres sont ourlées.

Le menton est alors plissé et donne un effet « double menton ».

Voici une compilation des meilleures astuces qui comptent pour y parvenir

Votre bébé est placé très très près de vous. Son ventre est plaqué contre votre corps, quelle que soit la position que vous aurez choisie. Cette proximité est essentielle et surtout celle de la tête de votre bébé par rapport à votre sein, car quand bébé aura la bouche grande ouverte, vous le rapprocherez rapidement du mamelon afin qu’il puisse le happer en passant la langue en-dessous. S’il est loin de vous, il aura déjà refermé la bouche avant de rencontrer le mamelon. N’hésitez pas à retirer un petit bras qui s’interpose entre vous et votre bébé ; ce serait suffisant pour créer une distance incommode.

Pour que votre bébé ait la bonne proximité tout en permettant à sa tête d’être légèrement en arrière et non en avant « menton dans le cou », ce sont les fesses du bébé que l’on plaque très fort contre votre corps. Alors, sa tête se dégage naturellement et se place, pourvu qu’elle ne soit pas contrainte par une main derrière le crâne qui la bloque.

ATTENTION : le geste si souvent utilisé autrefois où l’on pousse par derrière la tête de bébé contre le sein est potentiellement traumatisant ! Mécaniquement cela n’aide pas et cela provoque un retrait du bébé qui se sent en danger d’étouffement.

Sauf exception, il ne trouvera pas à s’accrocher au sein et il enclenchera un réflexe neurologique l’en éloignant. Enfin, il pourra retenir cette expérience comme négative et pourra se sentir en difficulté à la tétée suivante. Pour maintenir et supporter la tête de votre bébé, celle-ci peut être placée sur votre avant-bras suffisamment loin du pli du coude pour ne pas la coincer en avant, lorsque vous tenez bébé en madone. Encore mieux : pour qu’elle soit maintenue et que vous puissiez la guider pour lui faire trouver le mamelon plus facilement, vous pouvez la tenir en plaçant le pouce à la base du crâne sous une oreille, et l’index sous l’autre oreille : tête maintenue, non contrainte, pouvant être guidée à souhait (lorsque vous placez bébé en madone inversée, califourchon, ballon de rugby allongée sur le côté).

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’en touchant délicatement sa joue, votre bébé tourne la tête du côté stimulé. Caresser sa lèvre supérieure ou le philtrum (partie verticale entre le nez et la lèvre supérieure) induira l’ouverture de la bouche et l’extension légère de sa tête vers l’arrière comme pour « attraper » ce qui vient de l’effleurer. Ainsi le mamelon va pointer vers son palais, votre bébé va tirer sa langue loin en avant pour venir le chercher et l’aspirer loin en bouche. Alors, il ne le blessera pas.

Souvent, nous avons tendance à faire pointer le mamelon sur sa lèvre inférieure ce qui induit un mouvement de tête vers le bas et par conséquent une faible ouverture de bouche.

Une astuce simple pour comprendre ce phénomène consiste à s’imaginer croquer une pomme. Essayez d’incliner votre tête en avant pour comprendre ce qui se passe alors. Cela vous est impossible.

Essayez maintenant tête droite en tirant la langue : c’est mieux.

Essayez enfin en inclinant très légèrement votre tête en arrière : votre bouche s’ouvre encore plus et la langue s’avance encore plus facilement – c’est exactement ce que l’on cherche à obtenir pour aider bébé à prendre le sein.

Si obtenir cela semble impossible : vous avez peut-être besoin d’aide pour affiner ou alors l’un des obstacles cités plus haut est peut-être en cause (engorgement, frein de langue…)

Références :

Documentation : http://www.videoallaitement.org/img/feuillet_Fr.pdf

Des images de bébés mis au sein : reconnaître une bonne mise au sein et la déglutition. DVD produit par le comité des Organismes communautaires d’entraide en allaitement de Québec

(22 min, français / anglais)

[Auteure et crédits photos] :

Dr Muriel Defrenne, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] :

Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC et chirurgien-dentiste,
le Dr Muriel Defrenne est l’une des meilleures spécialistes françaises des aspects pratiques et théoriques de la lactation humaine, des compétences et des besoins des nouveau-nés et de leurs mères.


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Et si avoir trop de lait devenait un véritable calvaire ? https://www.leblogallaitement.com/et-si-avoir-trop-de-lait-devenait-un-veritable-calvaire-2/ https://www.leblogallaitement.com/et-si-avoir-trop-de-lait-devenait-un-veritable-calvaire-2/#comments Thu, 21 Jan 2016 13:30:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1251 « Je pense que j’ai trop de lait, car j’ai les seins encore très pleins après chaque tétée » ; «J’ai tellement de lait, ça gicle tellement fort, qu’à chaque tétée, mon bébé s’étrangle, il y a du lait qui coule de partout, il quitte le sein et après j’ai du mal à l’y remettre, j’ai un réflexe … Continuer la lecture de Et si avoir trop de lait devenait un véritable calvaire ?

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« Je pense que j’ai trop de lait, car j’ai les seins encore très pleins après chaque tétée » ; «J’ai tellement de lait, ça gicle tellement fort, qu’à chaque tétée, mon bébé s’étrangle, il y a du lait qui coule de partout, il quitte le sein et après j’ai du mal à l’y remettre, j’ai un réflexe d’éjection vraiment trop fort ».

La hantise de nombreuses mères est de manquer de lait pour nourrir leur bébé. Pourtant, en dehors de quelques exceptions heureusement rares, l’insuffisance de lait n’est pas une réalité. Peu de monde imagine cependant qu’avoir trop de lait existe et que cela peut devenir un véritable calvaire à vivre au quotidien.

Des tétées angoissantes : les signes d’une surproduction de lait

Le nourrisson submergé par un trop plein de lait s’étrangle, tousse, quitte le sein en hurlant, se raidit tête en arrière, se cambre, s’agite sur le sein. Il souffre parce qu’il a des rots douloureux, il a des gaz malodorants, il émet des selles vertes. La mère perçoit chaque tétée comme une lutte. Des crevasses, engorgements fréquents et mastites peuvent apparaître alors que le premier mois n’est pas encore écoulé. La mère a le sentiment que ses seins ne se vident pas. Elle ressent un inconfort permanent ; elle a des zones sensibles au toucher et peut même ressentir de vives douleurs dans le sein lors du début de tétée. Les fuites sont constantes et abondantes.

Une « bonne fée », souvent une consultante en lactation, une autre maman allaitante ayant connu cette situation, une sage-femme, ou un pédiatre « éclairé » pourront alors identifier « le trop de lait ». Cette situation jusque là vécue dans l’isolement, la détresse et le doute de mal faire, va soudainement trouver écho dans des témoignages similaires. Grâce à des échanges de savoirs et techniques adaptés, la mère et son bébé pourront à leur tour retrouver une certaine confiance et une sérénité.

Chaque jeune mère a des seins programmés pour nourrir un peu plus que le nombre d’enfants qu’elle a portés. La plupart du temps, la production des premières semaines est supérieure au réel besoin du ou des bébés. On parle de surproduction temporaire aux démarrages. Cette situation est dite autolimitée et dure de 3 à 6 semaines au cours desquelles plusieurs facteurs déterminent la production de lait : la fréquence des tétées, la quantité prélevée par l’enfant ou exprimée ;1 la coordination et la maturité de la succion qui s’améliorent au fil du premier mois.2 Cette phase du postpartum représente une période décisive où l’on peut très nettement augmenter sa production ou la diminuer dramatiquement si les seins ne sont pas assez vidés.

Des facteurs prédictifs d’une surproduction durable 

Il n’y a pas de lien évident entre la surproduction et la taille des seins. Les seins produisent en permanence, et leur capacité de production et de stockage sont individuelles et variables d’un sein à l’autre. 3 L’hyperproduction peut parfois persister qu’elle soit associée ou non à un réflexe d’éjection fort. Les causes principales non exhaustives sont :

  • La sur-stimulation des seins par peur de manquer de lait.

  • La prise de certains médicaments, comme les antiémétiques indiqués dans le traitement du reflux de la mère.

  • Certaines maladies dont la plus connue est le prolactinome,

  • L’allaitement antérieur de jumeaux quand la production était déjà importante

  • Le co-allaitement d’un nourrisson et d’un bambin.

Les six premières semaines post-partum

Durant les 6 premières semaines après la naissance de l’enfant, il convient de ne pas chercher à influer physiologiquement ou médicalement sur la production, ni sur l’éjection du lait. On pourra se soucier de moduler plusieurs paramètres pour que mère et enfant vivent mieux les choses. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, on ne refusera pas de donner le sein de peur d’entretenir la surproduction car allaiter pleinement et fréquemment participe à résoudre l’engorgement, facilite les tétées, et de fait, permet de calibrer la production.

Afin de gérer le réflexe d’éjection fort (avec ou sans hyperproduction) :

  • Recueillir le lait de début de tétée, celui qui jaillit le plus violemment (jusqu’à ce que le sein soit bien souple).

  • Laisser couler l’autre sein pendant la tétée.

  • Privilégier une position d’allaitement où la mère est inclinée en arrière 4 pour atténuer la puissance du jet de lait, permettre de laisser s’écouler le surplus de lait sans risque d’étouffer bébé.

  • Ou installer l’enfant assis « droit », à califourchon sur une cuisse ; la tête de l’enfant très légèrement en arrière.

  • Utiliser un bout de sein (avec accompagnement)  qui diminue la violence du flot.

Afin de gérer l’hyperproduction :

  • Prélever des quantités plus importantes de lait avant la tétée. Le résultat sera très vite visible, la couleur jaune des selles sera indicatrice de la présence de graisses en un taux acceptable pour la croissance et la digestion de bébé.

  • Soulager l’autre sein, pour éviter qu’il ne soit trop tendu.

  • Ne pas hésiter à exprimer du lait de façon à ce que les seins restent confortables pour la maman.

Lorsque le bébé a 6 semaines (ou plus) 

En présence d’une surproduction, on conseille de donner un même sein durant une plage horaire donnée (souvent 3 h parfois 6 voire 12h), puis de donner uniquement l’autre sein durant la plage suivante. Cette méthode s’appelle le « block-feeding » et nous avons conservé cette appellation en France. La production locale ralentit et diminue alors physiologiquement. Il est donc important de porter un soin particulier au sein le moins souvent sollicité, de le soulager en exprimant une quantité de lait suffisante pour un ressenti confortable.

Une autre solution, très proche de ce qui précède, est la méthode du « drainage complet ». Il s’agit de vider totalement les deux seins à l’aide d’un tire-lait double-pompage de préférence et donner les deux seins immédiatement après puis « mettre de côté » l’un des seins durant 3 heures minimum. On proposera l’autre sein sur la plage horaire suivante5 et ainsi de suite jusqu’à sentir une amélioration de la gestion des quantités disponibles.

En outre, les médecins peuvent prescrire des médicaments visant à diminuer la production de lait. Attention cependant, en dehors de prescrire du Parlodel en cas avéré de prolactinome, le prescripteur pourra préférer les plantes, l’homéopathie et non un « coupe-lait ».

L’hyperproduction et le réflexe d’éjection, sont deux véritables problèmes qui ne vont pas forcément de pair. Ils se gèrent par l’essai de différentes techniques visant à réduire les inconforts du démarrage de l’allaitement durant les 6 premières semaines postpartum, et ce n’est qu’après cette période que l’on pourra envisager d’autres méthodes visant à réellement diminuer la production de manière à laisser le temps au corps de s’adapter et faire son travail de manière naturelle.

Savoir s’entourer « de bonnes fées » dans cette période-là est primordial et permet de prendre du recul face à nos questionnements et doutes vis à vis d’une situation inconfortable. Parfois une simple conversation téléphonique auprès d’un professionnel averti et / ou d’une personne disponible et bienveillante pourra nous remettre sur la bonne voie et nous encourager à poursuivre plus sereinement. Une fois le problème d’hyperlactation pris en charge, la plupart des dyades mère-enfants retrouvent un allaitement plus serein et agréable ; fidèle à leurs attentes. N’ayez donc crainte, et reprenez confiance en vos capacités vous verrez que ces épisodes seront bientôt classés dans les tiroirs à souvenir  et que le meilleur est à venir ou pas !

Bon allaitement !

1 (Daly, & Hartmann, 1995)

2 (Riordan)

3 Short-term synthesis and infant- regulated removal of milk in lactating women, Daly, Owens & Hartmann 1993 Exp Physiol (1993), 78, 209-220).

4 Susanne Colson et la position dite du Biological Nurturing pour atténuer la violence du jet de lait, du fait de la gravité terrestre

5 Un article décrivant cette méthode a été publié dans les Dossiers de l’Allaitement n° 77 par CGA van Veldhuizen-Staas alors consultante en lactation aux Pays-Bas (Overabundant milk supply : an alternative way to intervene by full drainage and blockfeeding. CGA van Veldhuizen-Staas. Int Breastfeed J 2007 ; 2 : 11

[Auteure] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, Françoise Coudray est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

[Biographie] : A la naissance de ses jumeaux, Françoise Coudray a quitté le monde de l’industrie (biochimie-nucléaire) pour se consacrer à ses enfants. Entrepreneuse dans l’âme, elle est à l’initiative de l’association nationale dédiée aux familles de multiples ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus); http://www.allaitement-jumeaux.com.
Depuis, 2000, elle intervient auprès de professionnels de santé pour les former, les informer en matière d’allaitement maternel en général, tout en donnant des conférences dédiées à l’allaitement et en continuant son activité bénévole auprès des mères de jumeaux. En 2006, elle obtient le diplôme de consultante en lactation IBCLC et développe un nouveau service : C-LA-FAM (Consultations de Lactation Formation à l’Allaitement Maternel), son association devenant alors un organisme de formation professionnel. Depuis 15 ans, elle prend en charge toutes les (futures) mamans qu’elles aient des jumeaux ou pas.

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Le tire- lait et Magalie https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/ https://www.leblogallaitement.com/le-tire-lait-et-magalie/#comments Thu, 26 Nov 2015 14:02:14 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1216 Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie. Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte. Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle … Continuer la lecture de Le tire- lait et Magalie

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Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous l’histoire de Magalie et Marie.

Magalie a su tard qu’elle portait un enfant, elle était déjà enceinte de sept mois. Elle attendait ce moment depuis cinq ans et désespérait presque de pouvoir tomber enceinte.

Bien que déçue de l’avoir remarqué si tard, vous pouvez sans peine imaginer la joie qu’elle a ressenti quand elle a su qu’elle attendait une petite fille.

Son souhait le plus cher était de la mettre au monde le plus naturellement possible et de l’allaiter.

Elle a dû batailler pour retarder le déclenchement pour raisons médicales et ainsi laisser toutes les chances à son bébé de démarrer sa nouvelle vie plus sereinement.

Elle a accouché un beau jour du mois de mai, sans péridurale presque comme elle l’avait souhaité.

Marie semble bien téter au début même si elle s’endort vite. Marie est fatiguée, c’est normal elle a quand même subi deux jours de contractions déclenchées avant sa naissance. Elle perd rapidement beaucoup de poids. L’équipe de la maternité lui propose alors un tire-lait mais la culpabilise par rapport à sa capacité à allaiter : «  vous n’avez pas assez de lait ! Ca ne fonctionnera pas»

Je la vois à sa sortie de la maternité, Marie a six jours. Magalie tire péniblement toutes les trois à quatre heures de petites quantités entre trente et quarante millilitres. Je regarde Marie téter, elle tète bien mais s’endort très vite, nous sommes donc obligés de la compléter avec du lait de préparation pour nourrissons pour l’instant….

Dans un premier temps, je lui conseille un tire-lait plus adapté avec des téterelles à sa taille, et de tirer plus souvent nuit et jour.

Je lui suggère également de comprimer le sein pour augmenter le débit quand Marie tète, ce qui augmentera ses apports et l’aidera à rester éveillée plus longtemps.

Au bout de quelques jours, le travail paye, elle arrive à tirer 80 ml par biberon. Le cododo  et le portage en peau à peau l’aident beaucoup, notamment à se reposer.

Vu la prise de poids et l’éveil de Marie, j’encourage Magalie à lui proposer plus souvent le sein pour doucement repasser à l’allaitement en direct et oublier le tire-lait.

En les revoyant quelques jours après, Magalie m’avoue qu’elle n’a pas osé le faire. En effet, de voir ces quantités la rassurent tant, qu’elle préfère tirer toutes les deux heures plutôt que mettre Marie au sein ainsi « elle est sûre qu’elle mange assez ». Elle aimerait continuer aussi à la mettre au sein mais plus épisodiquement.

Pour pouvoir maintenir une production suffisante, je lui suggère de continuer à tirer très souvent jour et nuit.

Aujourd’hui, Marie a six mois, elle commence la diversification. Magalie continue d’exprimer son lait dont la production a encore augmenté. Certains jours, elle tire jusqu’à 1700 ml sur 24 heures. Elle continue de tirer toutes les deux à trois heures jour et nuit. Elle souhaite diminuer son nombre de tirages une fois que Marie sera bien diversifiée pour être sure d’avoir toujours assez de lait même si son congélateur déborde de sachets de lait . 🙂

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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Protégez-vous du cancer en allaitant longtemps https://www.leblogallaitement.com/protegez-vous-du-cancer-en-allaitant-longtemps/ https://www.leblogallaitement.com/protegez-vous-du-cancer-en-allaitant-longtemps/#comments Fri, 17 Oct 2014 12:12:04 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=969 A l’heure où l’on parle de vacciner en masse à l’école contre le papillomavirus pour éviter certains cancers, alors qu’il n’est même pas démontré que cela soit réellement efficace (1), il est hélas possible qu’on finisse par nous proposer la même chose pour “vaincre” le cancer du sein. Or les vaccins pouvant être responsables d’accidents … Continuer la lecture de Protégez-vous du cancer en allaitant longtemps

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A l’heure où l’on parle de vacciner en masse à l’école contre le papillomavirus pour éviter certains cancers, alors qu’il n’est même pas démontré que cela soit réellement efficace (1), il est hélas possible qu’on finisse par nous proposer la même chose pour “vaincre” le cancer du sein. Or les vaccins pouvant être responsables d’accidents graves (2), il vaut mieux trouver une solution moins risquée.

Cette solution met d’abord l’accent sur la prévention. Par prévention, je n’entends pas dépistage précoce en masse, car malheureusement les dépistages font parfois des dégâts plus grands que les bénéfices dont on peut en attendre. Le nombre de faux positifs, c’est à dire de lésions diagnostiquées cancérigènes et qui finalement étaient bénignes, est important, et ce surtout avant 50 ans. Les femmes qui vivent cette situation vont subir une forte angoisse et des traitements lourds, pour se retrouver bien souvent en plus mauvaise santé qu’avant le dépistage. (3).

Par prévention, il faut entendre la mise en place d’une hygiène de vie qui est par elle-même un environnement défavorable au développement du cancer. Bien sûr, certaines femmes ont des prédispositions génétiques pour le cancer du sein, elles devront donc être davantage prudentes, en fonction des antécédents familiaux.

Voici quelques pistes :

Allaiter longtemps, bien sûr!

La première des choses à faire, c’est celle qui nous intéresse particulièrement sur ce blog : l’allaitement.

Une analyse de plusieurs études, publiée dans une prestigieuse revue scientifique, montre que chaque année d’allaitement diminue de 4,3% le risque d’avoir un cancer du sein. Ces chercheurs estiment que si toutes les femmes occidentales allaitaient 6 mois de plus, on pourrait éviter 25 000 cancers du sein chaque année (4).

De plus, en allaitant votre fille longtemps, vous la protégez elle aussi contre ce cancer. Deux études ont montré qu’un allaitement de plus de deux ans diminue de 25% le risque pour l’enfant allaité de déclarer bien plus tard un cancer du sein (5).

C’est donc bien l‘allaitement long qui protège mère et enfant.

Ne pas avaler n’importe quoi

Il y a des facteurs de risque (qui augmentent le risque de cancer du sein) qu’il vaut mieux connaître pour pouvoir agir dessus le plus tôt possible :

-les traitements hormonaux : les contraceptifs et les traitements de la ménopause

-le tabac

-la combinaison des deux, absolument épouvantable, et tellement fréquente malheureusement

-les excès alimentaires, notamment de sucres et de graisses

-bien entendu le tout est encore plus risqué si l’on est sédentaire

Du bon sens, encore et toujours

En résumé, allaiter longtemps (plus d’un an), trouver un contraceptif efficace et pas dangereux, faire attention à son alimentation et son activité physique, stopper le tabac à tout prix, sera, dans la plupart des cas, bien plus efficace que tous les vaccins qu’on pourra imaginer.

Faut-il le souligner, Grandir Nature agit au quotidien pour l’allaitement long en accompagnant les femmes, leur simplifier la vie, les conseiller. Parce que nous croyons profondément que l’allaitement long est une réponse à bien des problèmes de notre société.

Nous avons aussi souhaité prendre part à une action de soutien à la recherche scientifique, en espérant que cette recherche ira dans le sens du bien-être humain, et non du profit des laboratoires pharmaceutiques. L’équipe de Grandir Nature est donc allée participer à une course « la Strasbourgeoise » en faveur de la recherche, vendredi dernier, une bonne occasion de dire que, oui, nous voulons faire reculer le cancer du sein!

 strasbourgeoise cancer sein

 

(1) Si cela vous donne des sueurs froides qu’on teste ce vaccin sur votre enfant dès ses 9 ans, les filles comme les garçons, allez protester contre cette vaccination obligatoire

(2) Georget 2007

(3) Brideron 2007

(4) Berral 2002

(5) Newcomb 1994, Freudenheim 1994

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