sevrage | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 12 Feb 2020 14:19:52 +0000 fr-FR hourly 1 QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/ https://www.leblogallaitement.com/quand-tout-ne-se-passe-pas-comme-on-le-pensait/#respond Wed, 12 Feb 2020 14:19:51 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2015 Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons. Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi. Un an après, j’étais enceinte. … Continuer la lecture de QUAND TOUT NE SE PASSE PAS COMME ON LE PENSAIT

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Voici le témoignage de Laurette, maman de deux garçons.

Je n’ai jamais fait partie de ces filles qui, très tôt, envisagent la maternité comme une évidence, qui savent avec évidence qu’elles veulent des enfants. Pourtant lorsque j’ai rencontré mon ami, ça a été une évidence ; pour lui comme pour moi.

Un an après, j’étais enceinte. J’ai malheureusement fait une fausse couche au bout de 2 mois et ça a été un gros choc émotionnel pour nous deux. Après beaucoup de pleurs et quelques mois de patience, je suis retombée enceinte. Nous étions fous de joie et je me sentais bien, j’avais une confiance absolue en mon gynéco et je laissais venir les choses naturellement, sans peurs ni appréhensions.

Concernant l’allaitement, je n’avais rien prévu. J’avais des retours divers : ma sœur, pour qui ça n’avait pas marché ; ma belle-sœur qui avait allaité ses 2 enfants et qui avait adoré ce moment. Je verrais bien le moment venu.

Vers le 5ème mois de grossesse, mon gynéco m’a dirigé vers une sage-femme avec qui il avait l’habitude de travailler. Les 1ers rendez-vous se sont très bien passés, elle était douce, rassurante. Mais quelques semaines plus tard quand elle a su que le bébé avait une grosse tête et qu’il était toujours en siège (et donc que j’accoucherai a priori par césarienne), elle s’est complètement désinvestie de l’accompagnement. Elle ne m’expliquait plus rien, était vague dans ses réponses… Résultat, je suis arrivée à l’hôpital sans être vraiment préparée à ce qui allait se passer. Mais le matin de l’accouchement, en arrivant à la clinique, je me sentais quand même confiante et sereine car je me savais entourée de mon gynéco et de cette sage-femme.

Une fois le bébé sorti, on me l’a posé sur la joue, je l’ai embrassé, il était magnifique et j’étais tellement heureuse. Mais quand, après nos soins réciproques, on m’a ramené le bébé pour que je lui donne le sein, j’étais allongée (complètement à plat je me rappelle, sans doute à cause de la césarienne), et impossible de le tenir dans mes bras, et d’un coup j’ai eu très peur. C’était comme si, à cet instant précis, je réalisais que ça allait être difficile, moi qui jusque-là pensais que tout allait se faire naturellement, instinctivement… quelle déconvenue !

Une fois remontée dans ma chambre, j’ai regardé mon bébé dans son petit berceau et j’ai eu très peur, peur de cette responsabilité qui était maintenant la mienne. Une sage-femme est venue pour la mise au sein et je la revois, sur le pas de la porte de ma chambre, elle me disait de loin et sans aucune empathie comment mettre le bébé, de le replacer, mais ça ne marchait pas, et c’était très douloureux. Le bébé pleurait beaucoup, et moi aussi…

Le lendemain, la même sage-femme, voyant ma détresse m’a dit : « Vous pouvez lui donner un biberon, mais si vous le faites, c’est fini pour votre allaitement ! ». Sentir son jugement me faisait me sentir encore plus incapable de satisfaire et de rassurer mon bébé. Mon gynécologue, lors de sa visite de contrôle, m’a alors parlé de la seringue comme alternative.

Mais quand je l’ai demandée à la sage-femme (toujours la-même) elle m’a répondu « OK, je vous amène ça, mais nous on ne gère pas ! Ça nous prend trop de temps à expliquer et on ne prend pas la responsabilité d’une fausse route ». J’étais abasourdie, perdue. J’avais le choix entre continuer à donner le sein en pleurant de douleur ou le nourrir à la seringue et risquer de le tuer ? J’ai serré les dents et continué le sein. On m’a alors proposé de voir la psychologue de la clinique, comme pour me rappeler que j’étais coupable, incapable de prendre soin de mon bébé.

Puis est arrivée une autre sage-femme, qui elle était plus douce, plus à l’écoute. C’est la seule personne qui a pris le temps de me remontrer les positions, de m’expliquer comment et pourquoi le bébé devait mettre tout le téton dans sa bouche… je la remercie car, à ce moment là, elle m’a fait beaucoup de bien.

Au bout de 5 jours, je suis rentrée chez moi. Je me sentais mieux, j’avais regagné un peu de confiance en moi grâce à cette sage femme. Du coup, je n’avais pas prévu de lait pour le cas où l’allaitement se passerait mal. Les tétées sont redevenues très vite très douloureuses, et je me rappelle encore de la nuit où j’ai craqué et dit à mon ami « Va acheter du lait ! ». Le pauvre a dû faire 3 pharmacies en pleine nuit pour trouver le lait que l’on m’avait recommandé à la clinique (alors que n’importe quel lait aurait sûrement fait l’affaire).

Le lendemain matin, nous avons loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait pour le donner au bébé au biberon (en réessayant le sein de temps en temps, quand il était détendu). Mais assez vite, j’ai rencontré des difficultés. Parfois, je produisais bien et parfois, ça ne sortait pas. Je passais parfois 3h la nuit à tirer mon lait en espérant que le bébé ne se réveille pas. J’étais épuisée et perdue encore une fois. Bien souvent il se réveillait, buvait un peu, puis je jetais le reste de ma collecte de peur qu’elle ne soit plus consommable. Et puis une nuit, à 5h, ça a été comme une évidence, comme une dissociation, je me suis vue telle une zombie, les yeux tirés, le sein aussi – j’entends encore ce bruit de pompage – et je crois que j’ai lâché prise. Je me suis souvenue que finalement le fait d’allaiter ne comptait pas tant que ça pour moi .

J’ai arrêté de m’acharner et tout est allé mieux. Mon ami était rassuré de me voir aller mieux. Cette expérience m’a fait réaliser que la grossesse, la naissance, l’allaitement… c’est un vrai cataclysme émotionnel.

J’étais vulnérable, j’avais perdu tout libre arbitre, je ne me faisais plus du tout confiance. Je m’en remettais complètement au corps médical et j’attendais d’eux qu’ils m’expliquent tout, qu’ils me guident. C’est sans doute mon côté bonne élève, qui aime bien faire les choses. Mais au lieu d’attendre d’être rassurée par les autres, j’aurais dû m’écouter, me faire confiance car j’avais en moi les ressources pour m’occuper de mon bébé et décider de ce qui était le mieux pour lui.

Aujourd’hui encore, quand je croise une femme enceinte, j’ai envie d’aller lui glisser à l’oreille « Fais-toi confiance, toi seule sait », mais je me retiens de peur qu’on me prenne pour une folle !

4 mois après la naissance de mon fils, je suis retombée enceinte. Très vite j’ai décidé que je ne retenterai pas l’allaitement, car je voulais rester disponible pour mon aîné qui n’était encore qu’un bébé.

Le jour de sa naissance j’ai tout de même voulu lui donner la tétée d’accueil et continuer 1 ou 2 jours (temps du colostrum) mais on me l’a refusé en me disant : « C’est soit le sein, soit le biberon ». Quand on m’a apporté les médicaments qui empêchent la montée de lait, j’ai dit que j’allais les prendre mais j’ai attendu, et en cachette, bien installée dans ma chambre, j’ai donné le sein à mon bébé et c’était un moment superbe. Je suis heureuse d’avoir offert à mon fils cette tétée, comme une petite revanche sur le passé.

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Vivre un sevrage imposé https://www.leblogallaitement.com/vivre-un-sevrage-impose/ https://www.leblogallaitement.com/vivre-un-sevrage-impose/#respond Thu, 27 Jun 2019 15:56:31 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1966 Quand mon fils Adam est venu au monde en 2014, la question de l’allaitement ne s’est pas posée. J’avais allaité son grand frère Tom pendant 9 mois, je ferais de même pour Adam (une trace de mon éducation sans doute, car mes parents s’efforçaient toujours d’assurer une équité parfaite entre mon frère et moi). Je … Continuer la lecture de Vivre un sevrage imposé

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Quand mon fils Adam est venu au monde en 2014, la question de l’allaitement ne s’est pas posée. J’avais allaité son grand frère Tom pendant 9 mois, je ferais de même pour Adam (une trace de mon éducation sans doute, car mes parents s’efforçaient toujours d’assurer une équité parfaite entre mon frère et moi). Je n’avais pas d’appréhensions, pas non plus de projections particulières ; juste l’envie de revivre ce moment de partage que j’avais tant aimé. Mais chaque histoire est unique, puisque chaque bébé l’est aussi.

Notre histoire a donc commencé le 16 janvier 2014. À sa naissance, Adam a pleuré, beaucoup pleuré. J’ai alors pris Adam dans mes bras et après quelques loupés, Adam a trouvé mon sein et réussi à téter. Et là, l’évidence pour nous deux, la reconnexion… après 9 mois « branchés » ensemble, Adam se reliait à moi. Lors des 4 ou 5 jours passés à la clinique, nous étions en totale fusion.

Je me sentais complètement détendue, sereine, confiante (alors que je me rappelle que pour mon aîné, j’avais suivi les conseils de ma sage-femme et j’avais un carnet où je notais scrupuleusement chaque horaire de tétées, sa durée, le comportement du bébé, les selles qui suivaient (couleur, odeur, texture… bon appétit !).

Avec Adam j’étais dans un lâcher-prise absolu, du « free-style ». Il dormait sur moi la moitié du temps et je le mettais beaucoup au sein, sans compter, sans juger, sans aucune pression, si ce n’est celle des autres. Je me rappelle notamment d’une sage femme qui, à chaque fois qu’elle entrait dans ma chambre, me sermonnait : « Quoi, il est encore dans vos bras ? Mais il a un lit », « Vous devez le faire dormir dans son lit ou il ne va jamais se décoller de vous » Blablabla ! Mais j’avais retenu la leçon de mon 1er allaitement et bien sûr, je n’écoutais pas ces remarques (peu bienveillantes d’ailleurs !). Ce qui comptait c’était que Adam était bien comme ça, et moi aussi. En rentrant à la maison, nous avons d’ailleurs continué notre « mode Glue » (terme inventé par mon mari qui s’amusait de nous voir ainsi).

Comme pour Tom, j’ai pris un congé parental afin de profiter au maximum de Adam, nous faisions de grandes balades dans Paris, je le nourrissais dans un café, un parc, un musée (j’avais un porte-bébé physiologique très pratique avec un petit rabat qui nous assurait un peu d’intimité), c’était simple et fluide et j’ai eu la chance de ne rencontrer aucune difficulté.

Jusqu’à l’été du moins. Nous sommes partis chez mes parents sur la Côte d’Azur et dans le coin, le moustique tigre fait des ravages. Et malheureusement, Tom, particulièrement sensible aux piqûres d’insectes, s’est fait littéralement dévorer, et a eu une infection à staphylocoque.

Le lendemain, je me suis levée et j’avais une sensation bizarre : mon sein gauche était très gonflé, rouge et chaud. Sentant que ça n’était pas normal, je suis retournée chez le médecin qui avait vu Tom la veille, et il m’a dit que j’avais dû attraper l’infection* (en nettoyant les piqûres de Tom a priori). Résultat : « Il faut absolument arrêter d’allaiter votre bébé ou bien lui aussi va attraper l’infection ». Et là, moi qui avait eu ce sentiment de contrôle, de maîtrise absolue de cet allaitement, sans aucune embûche ou imprévu, on me retirait le droit de sevrer correctement mon bébé ?

Non ! Adam avait alors 7 mois et j’avais prévu de l’allaiter encore 2 mois. Voyant que je n’étais pas disposée à en rester là, le médecin m’a alors dit « Ok, éventuellement, il peut y avoir une solution. Vous allez à la pharmacie voir s’ils ont un tire-lait. Vous continuez à allaiter votre fils du sein droit, vous tirez votre lait à gauche et vous jetez ce lait ». J’étais dépitée, mais au moins, j’avais cet espoir, cette méthode alternative.

De retour avec mon tire-lait sous le bras, j’ai donc suivi les conseils du médecin. Malheureusement, ça n’a pas marché. Je n’arrivais pas à tirer correctement mon lait et c’était affreusement douloureux (à cause de l’infection je pense). Je suis retournée, en larmes, voir la pharmacienne, une femme adorable qui a su être à l’écoute, bienveillante et rassurante. Grâce à l’homéopathie j’ai pu rapidement arrêter mes montées de lait.

Néanmoins je garde un goût très amer de ce sevrage prématuré et violent que j’ai imposé à Adam (et qui s’est imposé à moi !). Heureusement, Adam l’a bien accepté, lui. Son papa s’est chargé de le nourrir au biberon les 2 ou 3 premiers jours, pour qu’il ne cherche pas mon sein, et qu’il vive le mieux possible cette nouvelle étape. Comme quoi, même quand on croit tout maîtriser, on n’est jamais sûre de rien.

* mon avis de consultante en lactation ( Valérie F. ) a posteriori : ces symptômes peuvent être évocateurs d’autres diagnostics .

[Auteure] : Mme Aurélia Brand Deligne

[Biographie] : Aurelia, 42 ans, sophrologue et maman de 2 garçons

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Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ? https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/utiliser-des-bouts-de-seins-en-silicone-un-bien-ou-un-mal-pour-lallaitement/#respond Thu, 14 Feb 2019 13:49:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1919 L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique. En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre … Continuer la lecture de Utiliser des bouts de seins en silicone : un bien ou un mal pour l’allaitement ?

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L’utilisation de bouts de sein est une pratique vers laquelle se tournent parfois certaines mamans au cours de leur allaitement. Est-ce préjudiciable pour l’allaitement ? Voilà une question qui fait souvent débat y compris dans la littérature scientifique.

En fait, les résultats sont assez variables d’une étude à l’autre car elles reposent sur un petit nombre de cas observés et sont très tributaires des conseils donnés à la maman lors des premières utilisations des bouts de seins. Une étude assez récente (2017) a cherché à en savoir plus en étudiant d’un peu plus près la question. C’est primordial car il est important de connaître exactement les risques et les bénéfices de cette utilisation de façon à informer correctement les professionnels de l’allaitement et de santé afin d’aider au mieux les mamans par des conseils justes. Alors si on faisait le point ?

Cadre de l’étude

Cette étude a cherché à comprendre les motivations des mères qui ressentent le besoin d’utiliser les bouts de sein et les effets observés sur la durée de l’allaitement. Ainsi, dans le cadre de cette étude, des mères danoises d’un enfant âgé de moins de 6 mois ont été interrogées. Elles ont toutes (à 99%) accouché au sein d’un hôpital soit certifié « Amis des Bébés » pour 75% d’entre eux soit appliquant intégralement les règles de ce label.

Les mamans étaient soit primipares (restées 4 jours en hôpital) soit multipares (sorties 24h après leur accouchement). Dans tous les cas, elles ont reçu la visite d’un professionnel de santé à domicile pendant 10 jours suivant leur sortie.

L’étude a porté sur 4815 mères invitées à remplir anonymement un questionnaire afin de connaître leur statut social, leur âge, leur niveau d’études, leur expérience de l’allaitement (actuelle et passée), les éventuels problèmes rencontrés au démarrage de leur allaitement, la durée d’allaitement exclusif, l’âge gestationnel et la prise de poids du bébé, l’utilisation ou non de bouts de sein et les raisons qui ont motivé la décision.

Le profil et les motivations des mères pour l’utilisation des bouts de sein en silicone

Sur la base de cette étude, il s’avère que 71% des mamans n’ont jamais utilisé de bouts de sein. 22 % y ont eu recours uniquement en tout début d’allaitement et 7 % pendant toute la durée de leur allaitement.

Il est intéressant de noter que les mères n’ayant jamais utilisé le dispositif étaient surtout des mamans multipares qui avaient déjà allaité un premier enfant sur une durée supérieure à 17 semaines : elles bénéficiaient donc d’une certaine expérience.

Parmi celles qui se sont servies des bouts de seins, on retrouve des mamans d’enfants nés un peu avant terme, ou des enfants de plus petit poids. Sont également plus représentées dans cette catégorie, les mamans ayant eu des problèmes au démarrage de l’allaitement (douleurs aux mamelons, difficultés de prise du sein par le nourrisson).

Par rapport au ressenti des mères, les avis sont partagés et les auteurs distinguent l’utilisation de bout de sein motivée par la douleur des mères de celle liée à une mauvaise prise du sein. En cas de douleur, on constate que les mères se sentent effectivement soulagées et déclarent que sans cela, leur allaitement aurait tourné court.

En cas d’utilisation pour cause de mauvaise prise du sein (soit à cause de la mère- mamelons ombiliqués par exemple- soit à cause de l’enfant – sa succion est entravée par un frein de langue ou parce qu’il est prématuré), les avis sont plus partagés.


Discussion et principales conclusions

L’étude actuelle, en écho à quelques études antérieures, note une tendance à l’augmentation de l’utilisation des bouts de sein chez les jeunes mamans.

La principale raison de l’initiation de cette mise en place est vraiment liée à des problèmes d’allaitement.

Lorsqu’il s’agit de douleurs ressenties par les mères, les bouts de sein sont, selon les dires des mamans, une véritable aide pour passer « un cap difficile » et aident à poursuivre l’allaitement. D’ailleurs, ces cas de figure sont associés à une utilisation limitée à la période du tout début de l’allaitement.

Lorsqu’ils sont utilisés pour régler un problème de mauvaise prise de sein, ou en réponse à une difficile production lactée, ou en cas de mastite, les bouts de sein deviennent alors des dispositifs sollicités pendant toute la durée de l’allaitement et précipitent le sevrage.
Les auteurs indiquent que dans ces cas de figure, les problèmes évoqués doivent faire l’objet d’une recherche de solution différente : l’utilisation du bout de sein ne doit pas être systématique.

Les auteurs soulignent également que les plus grandes utilisatrices de bouts de sein sont les mamans les moins expérimentées ce qui suggère que la mise en place du dispositif au sein d’un établissement hospitalier ou avec un professionnel doit s’accompagner préalablement par une étape d’explications et de formation. L’utilisation du bout de sein qui s’étendrait au-delà d’une courte période au moment du démarrage reste associée à une augmentation des risques de sevrage prématuré d’un facteur 3 chez les primipares. Il s’agit d’un risque, non d’une fatalité car tout cela dépend fortement de la capacité de succion du bébé, de la capacité de la mère à produire du lait (stimulation suffisante) et de sa forte motivation pour continuer à allaiter.

Cette étude est intéressante dans la mesure où elle indique les limites de l’utilisation des bouts de seins : plutôt bénéfiques pour gérer, sur une courte durée, les douleurs de tout début d’allaitement (qu’il convient également de régler par d’autres approches, dont la position), ils deviennent plus critiquables et risquées pour les autres motivations.

Dans tous les cas, les auteurs insistent sur le besoin d’un accompagnement rapproché avec des explications bien étayées à destination des mamans motivées pour réussir leur allaitement et qui souhaitent le recours aux bouts de sein.

Référence :

Kronborg H. et al., « Why do mothers use nipple shields and how does this influence duration of exclusive breastfeeding ? », Journal of Maternal & Child Nutrition 2017 Jan;13(1)

Pour en savoir plus sur l’Initiative Hôpital Ami des Bébés : https://amis-des-bebes.fr/tout-sur-ihab.php

[Auteure] : Pascale Baugé

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Découverte d’une grossesse pendant l’allaitement https://www.leblogallaitement.com/decouverte-dune-grossesse-pendant-lallaitement/ https://www.leblogallaitement.com/decouverte-dune-grossesse-pendant-lallaitement/#comments Thu, 02 Apr 2015 13:16:05 +0000 http://leblogallaitement.com/?p=1099 Gabin (°) avait trois ans quand Tatiana (°) a su qu’elle était à nouveau enceinte. Il tétait toujours à la demande, tétées nutritives ou tétées-câlins qui permettaient par exemple de supporter les petits bobos du quotidiens. Quand le doute s’installe Tatiana ne se posait aucune question concernant son allaitement avec Gabin. Il était naturel pour … Continuer la lecture de Découverte d’une grossesse pendant l’allaitement

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Gabin (°) avait trois ans quand Tatiana (°) a su qu’elle était à nouveau enceinte. Il tétait toujours à la demande, tétées nutritives ou tétées-câlins qui permettaient par exemple de supporter les petits bobos du quotidiens.

Quand le doute s’installe

Tatiana ne se posait aucune question concernant son allaitement avec Gabin. Il était naturel pour elle de laisser son fils décider du moment du sevrage.

Mais son entourage avait des idées très arrêtées et décisives : « Il est grand, tu peux arrêter maintenant», « Tu vas avoir des contractions », « Il prend toute ton énergie , il te fatigue » …. et encore bien d’autres remarques déplaisantes. Du coup, Tatiana était perdue, et c’est à ce moment-là qu’elle m’a appelée pour le suivi de sa grossesse.

Plein de questions!

Dès les premières minutes de notre entretien, elle me demande si elle doit sevrer son fils.

Rassurante, je lui confirme que sa première impression était la bonne : elle peut faire comme elle le souhaite.

Oui elle aura peut-être des contractions, mais l’utérus est un muscle donc c’est normal qu’il se contracte. Comme la grossesse de Tatiana n’est pas une grossesse à risque, il n’y aura pas d’effets sur le col.

Non, la croissance du fœtus ne sera pas affectée par l’allaitement (le bébé en formation est prioritaire sur tout!) et elle ne sera pas plus fatiguée qu’une autre maman enceinte avec des aînés.

Ses mamelons sont sensibles en ce moment, est-ce normal, me demande-t-elle.

Oui, sous l’influence hormonale, les mamelons sont plus sensibles et peuvent même être douloureux chez certaines femmes. Cela entraîne parfois un sevrage à contre-coeur. D’autres femmes ne sentent aucune différence. Les choses peuvent aussi évoluer pendant le premier trimestre.

Poursuite de l’allaitement pendant la grossesse

Vers le quatrième mois, elle m’appelle et me dit: «  Je ne peux plus le supporter au sein, il m’agace.»

C’est un sentiment qui a été décrit par de nombreuses mamans enceintes et allaitantes sans qu’on sache vraiment son origine. Certains auteurs pensent que ce serait un mécanisme psycho- biologique pour inciter à sevrer l’aîné.

Là encore je la rassure en lui demandant de s’écouter et de faire comme elle le souhaite, poursuivre ou non l’allaitement.

Une semaine plus tard, elle me rappelle. Tatiana a l’impression que Gabin tète « à vide ».

Je lui explique que cette baisse progressive de la quantité de lait correspond aussi à un changement dans la composition du lait. Il devient plus salé : le corps recommence à fabriquer du colostrum. Il prépare l’arrivée du nouveau-né.

Rassurée, Tatiana poursuit son allaitement mais limite le nombre de tétées et la durée, pour que son fils ne se sente pas évincé.

Et doucement c’est Gabin de lui-même qui espace ses tétées. Il grandit, joue, il a d’autres centres d’intérêts. Il tète le matin au réveil et le soir pour s’endormir.

Certains enfants se sèvrent ainsi tout seul pendant la grossesse .

Tatiana continue ainsi son allaitement au jour le jour, tantôt épanouie, tantôt agacée de cet enfant qui tète.

Le petit frère arrive!

Un matin, la poche se fissure, Tatiana se prépare pour se rendre à la maternité…

Ses seins sont tendus, elle donne rapidement encore une tétée avant de partir pour la soulager et rassurer Gabin : elle rentrera vite avec le petit frère! Alors, il pourra téter à nouveau aussi souvent qu’il veut…

(°) Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés. Ce témoignage est publié avec l’accord de l’intéressée

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