soutien | Les belles histoires de l'allaitement https://www.leblogallaitement.com Wed, 25 Oct 2023 14:04:16 +0000 fr-FR hourly 1 Dépression du post-partum et allaitement https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/ https://www.leblogallaitement.com/depression-du-post-partum-et-allaitement-2/#respond Wed, 25 Oct 2023 14:04:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2329 Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres : “Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de … Continuer la lecture de Dépression du post-partum et allaitement

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Aujourd’hui Marina Boudey, conseillère en allaitement chez Lact’essence nous parle d’une consultation d’allaitement pas comme les autres :

“Je me questionne aujourd’hui sur la qualité de mon lait, la quantité, le fait que mon bébé tète moins quand je vais mal, qu’elle me mord quand je suis énervée, etc… Est-ce que je fais bien de continuer l’allaitement ? Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? Est-ce qualitatif tout de même pour elle ? Mon corps arrive t-il à faire la part des choses et à lui offrir le meilleur tout de même ?”

Voilà les questionnements qu’une mère est venue me partager, et c’est avec un grand honneur que je vais tenter d’y répondre. Ce que disent les études, et comment il est possible d’interpréter ces données. 

  Qualité du lait

Une étude sur les primates en captivité avait démontré que les glucocorticoïdes passaient dans le lait, augmentant ainsi le taux de cortisol. Avant tout, cela permettait à la croissance des primates une priorité adaptative: devenir plus prudent notamment, et avec une croissance plus rapide (prise de poids plus grande pour s’adapter à un environnement potentiellement hostile). 

Une autre étude s’est basée sur une observation et une interprétation des signes du bébé par la mère pour savoir si les taux de glucocorticoïdes hauts à 9 semaines post partum chez des mères atteintes de DPP ( Dépression du Post-Partum ) pouvait potentiellement modifier le comportement neurologique du bébé. Et les conclusions n’étaient pas significatives. Car les effets du cortisol dans le lait sur le comportement de l’enfant ne sont pas clairs. 

Rappelons que le matin le taux de cortisol est 3 fois plus concentré, permettant de le rendre plus énergisant pour l’éveil du bébé. 

Ici le cortisol est associé à des comportements neurologiques positifs chez le bébé, pour le soutenir dans son développement. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le lait s’adapte toujours pour servir le bébé dans son développement. Une hormone associée à un facteur stress ne sera pas forcément inutile ou délétère, au contraire, elle permettra au bébé de s’adapter à son environnement avant tout. Donc oui le lait maternel est toujours le plus qualitatif malgré la DPP. 

– Quantité de lait

Le stress peut influer sur la montée de lait (à la naissance) , et la retarder car l’insuline peut interférer avec la prolactine permettant d’initier la synthèse de lait. 

Le cortisol peut interférer avec les hormones thyroïdiennes, qui elles-mêmes peuvent interférer avec la prolactine et retarder la synthèse de lait, voire la ralentir.

Des taux de sérotonine bas peuvent  inhiber l’ocytocine et donc le réflexe d’éjection. 

Cependant ! Les taux d’ocytocine hauts vont permettre d’abaisser le taux de cortisol notamment. Et la production lactée, après quelques semaines, n’est plus sous le contrôle principal de la prolactine. 

De ce fait, encore une fois, le corps s’ajuste dans un jeu d’équilibre délicat mais priorisant le bébé. 

Le bébé est aussi efficace et s’adapte à la délivrance du lait, en multipliant les tétées. Il peut avoir une agitation ponctuelle en début de tétée si le 1er réflexe d’éjection tarde à venir, mais il arrivera TOUJOURS à faire venir le lait. 

– Bébé tète moins quand je vais mal, bébé semble affecter quand je vais mal. 

Il s’agit de la perception maternelle avant tout. Le bébé ne tète pas forcément moins, mais l’état émotionnel de la mère peut faire que le bébé n’est pas mis au sein aussi souvent que d’habitude. Il n’est pas aisé de repérer les signes d’un allaitement à la demande et selon le profil des bébés, il arrive que le sein soit parfois moins proposé. 

Par exemple un bébé plus agité pourra pleurer rapidement pour demander à téter là où un bébé plus discret pourra ne pas montrer de signes de demande rapides et audibles, de ce fait, moins perceptibles par la mère. Il s’agit du même processus pour l’état émotionnel du bébé. Les rythmes physiologiques du bébé ne sont pas transmis correctement aux parents, on imagine qu’un bébé c’est celui qu’on voit sur les photos de carte postale, posé, endormi, serein… Alors qu’un bébé a des rythmes changeants, parfois anarchiques, ponctués de phases de développement rapides et intenses qui demandent un contact, une proximité accrue. Le bébé s’exprime à travers des pleurs notamment. Il est aisé de confondre ces signes communs à tous, à des symptômes de détresse si la mère elle-même est en détresse. Les pleurs amplifient le stress chez la mère, qui, non avertie, peut se sentir démunie. Pourtant ce ne sera pas des signes liés à une mère en DPP. 

– Est-ce vraiment bénéfique pour notre lien ? 

Lors de l’acte d’allaitement, l’ocytocine, hormone responsable de l’attachement et du lien social, est délivrée, permettant également d’éjecter le lait maternel. 

Une étude a étudié l’injection et la suppression de l’ocytocine à des campagnols (des petits rongeurs). L’injection d’ocytocine les a rendu moins volages et plus prévenants avec leurs bébés. Au contraire, en bloquant les récepteurs de l’ocytocine, les campagnols devenaient polygames , moins impliqués avec leurs bébés et moins sociables. 

L’ocytocine permet de décrypter les émotions primaires dans les regards et les visages, permet aussi de créer un lien affectif avec la mère.

Plus poétiquement votre bébé vous voit. Vous et pas la DPP, il voit votre amour, et pas l’anxiété. Il voit la personne qui lui procure ce bonheur, d’être contre vous, d’être au sein. 

Pour aller plus loin, les bébés prennent aussi soin des mamans. En étant parfois plus en demande du sein, ce qui permet la délivrance d’ocytocine permettant d’apaiser le système nerveux de la mère, de se sentir légère, au moins le temps de la tétée. Mais permettant aussi de libérer de la prolactine, qui induit une récupération physique plus rapide, ce dont la mère en DPP à besoin du fait de la fatigue, des rythme de sommeil perturbé par la DPP. 

Alors oui l’allaitement est bénéfique pour votre lien affectif mais aussi pour votre santé, à tous les deux. 

Conclusion :

Oui l’allaitement est qualitatif malgré le DPP

La DPP est une maladie qui implique des difficultés quotidiennes, sachez que de nombreux traitements sont compatibles avec l’allaitement si vous souhaitez envisager cette option avec l’aide de votre médecin. 

La DPP implique des états cycliques du symptôme dépressif. Les jours où les symptômes sont plus conséquents, il faudra rester vigilant à proposer peut-être plus souvent le sein au bébé. Mais gardez en tête que,  s’il semble plus demander le sein, ce n’est pas parce qu’il est mal, mais parce qu’il souhaite prendre soin de vous autant que vous prenez soin de lui. 

Et rappelez-vous que l’humanité s’est construite au sein de la mère. Les homos sapiens n’étaient pas dans un environnement paisible. Les dangers et le stress étaient quotidiens (lieu de vie, de survie, prédateurs etc…). Pour autant l’humanité s’est construite en adaptant les bébés à leurs environnement (demande de proximité, réflexes archaïques, signature olfactive de la mère pour la reconnaissance des bébés, pleurs du bébé pour l’alerte de ses signes de survie…). 

Ça remet beaucoup de notions en perspectives n’est-ce pas ? 

Sources:

Cortisol in mother’s milk across lactation reflects maternal life history and predicts infant tempérament-2015- Katie Hinde et al. Behav Ecol. 2015 Jan-Feb

Breast may not always be best: moderation of effects of postnatal depression by breastfeeding and infant sex-2021-Elizabeth C Braithwaite et al. Biol Sex Differ

Attachement et stress [1]Blaise Pierrehumbert, Raffaella Torrisi dans Enfance 2017/4 (N° 4), pages 429 à 441

Evaluation of the effect of natural and emotional stress of labor on lactation and breast-feeding-2016- Marina Dimitraki et al. Arch Gynecol Obstet

Effects of Stress on Lactation- 2001 C.Lau, Pediatric Clinics of North America

Stress and hormones-2011- Salam Ranabir and K. Reetu, Indian J Endocrinol Metab. 

Ocytocine : du philtre d’amour au médicament- 17.12.2021, par Anne-Sophie Bout

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Le père et l’allaitement maternel https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/le-pere-et-lallaitement-maternel/#respond Wed, 30 Aug 2023 13:50:14 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2319 Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article. Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est … Continuer la lecture de Le père et l’allaitement maternel

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Pour ce thème , rien de mieux qu ‘un homme pour en parler et ce sera Thomas Ritou (1), infirmier puériculteur, consultant en lactation IBCLC qui le fera. Merci à lui pour ce bel article.

Les pères se demandent souvent comment créer du lien avec leur nouveau-né, particulièrement quand celui-ci est allaité. Cette interrogation est parfaitement légitime et découle des changements de notre société. Existerait-il des moyens pour un père de trouver sa place auprès de son enfant quand celui-ci est allaité ? Voyons cela de plus près.

Le rôle du père dans l’Histoire


Avant la Révolution française, le père incarnait l’autorité et était responsable de l’éducation de ses enfants et de leur intégration dans la société. De son côté, la mère avait la charge de la santé, de l’hygiène et de l’alimentation. Au fil des siècles, le pouvoir patriarcal absolu a commencé à s’estomper. Le rôle du père a évolué vers une posture protectrice, chaleureuse et compréhensive. Progressivement, la domination totale du père sur sa famille a disparu et en 2002, une loi[2] en France, a renforcé l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale, en reconnaissant que les décisions importantes concernant l’éducation et la vie des enfants doivent être prises conjointement par les deux parents, indépendamment de leur statut marital ou de leur sexe. Ces mutations rapides ont occasionné parfois de la confusion : les pères ne peuvent plus se fier à l’image de leur propre père et doivent trouver une nouvelle voie.

Comment les mères sont-elles perçues ?

La place des mères, et en particulier allaitantes n’est pas simple non plus. En effet, à mesure que les prérogatives du père diminuent, les contraintes extérieures se font de plus en plus fortes. La société impose ses propres normes et ses dictats. Elle définit ce que c’est qu’être une « bonne mère ». Allaiter n’est pas inné, et, comme beaucoup de comportements humains, le geste s’apprend, et si possible par imitation. Cependant, il est difficile de trouver des exemples concrets de réussite de l’allaitement maternel dans notre société. De plus, allaiter au-delà du congé maternité interroge et est souvent difficile à assumer. Les jeunes mères se retrouvent souvent démunies, sans personne vers qui se tourner pour obtenir des conseils et du soutien, surtout si elles n’ont pas de modèles ou de soutien de la génération précédente qui n’a pas toujours valorisé l’allaitement. Dans ces circonstances, les pairs au sein d’associations de soutien et, au quotidien, le père, deviennent des appuis essentiels pour les mères.

La place du père se résume-t-elle à donner un biberon ?

Des études[3] montrent que le soutien actif du père est associé à une durée plus longue de l’allaitement maternel. Mais alors, comment le père peut-il contribuer à assister une mère allaitante ? En offrant un biberon de manière occasionnelle ?

C’est en tout cas souvent la place que l’on voudrait donner au père ou celle que la mère est prête à lui accorder. Pourtant, il existe d’autres façons de prendre sa place auprès de son enfant allaité. Pour commencer, s’impliquer, être présent lors des rendez-vous de suivi de l’enfant, pas seulement pour l’allaitement d’ailleurs. Le père pourra ainsi porter avec la mère le projet de vie de l’enfant auprès des professionnels, l’expliquer et le défendre si besoin. Il pourra aussi amener son propre regard sur l’enfant, sa compréhension des enjeux et son analyse.

Un garant de la réussite du projet d’allaitement

Ainsi la mère n’est plus seule à endosser la réussite du projet parental. Si besoin, le père pourra défendre l’allaitement et d’autres choix éducatifs vis-à-vis de l’entourage et décharger la mère d’une pression inutile. Il joue un rôle similaire à celui du système immunitaire pour la famille en préservant la bulle mère-enfant essentielle à son développement.

Le père a également un rôle actif à jouer en soutenant la mère : il s’efforce de lui permettre de passer autant de temps que possible avec son bébé. Cela peut impliquer de préparer les repas, lui apporter de l’eau, un thermos de sa boisson chaude préférée ou une collation, faire le ménage, faire les courses, distraire et s’occuper des aînés s’il y en a, ou même organiser de l’aide pour l’alléger des nombreuses tâches quotidiennes qui lui incombent. Il peut faire intervenir un membre de la famille, un·e ami·e, un·e Technicien·ne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF), un·e employé·e de maison… pour soulager la mère. Ces actions ont pour but de minimiser le stress et la sécrétion de cortisol, qui va faciliter l’allaitement.

Dans le tumulte des journées bien chargées avec un nourrisson, le père peut se montrer inventif et diffuser une musique apaisante, prendre le temps de se poser pour échanger, se comprendre mutuellement, pratiquer des massages…Partager de bons moments en famille contribue en effet à augmenter la production d’ocytocine (l’hormone du bonheur) et, par conséquent, favorise l’écoulement du lait et facilitent le bon déroulement de l’allaitement.

Qu’en est-il du rôle de père nourricier ?

On vient de le voir, le rôle du père est déjà bien riche au regard des exigences du quotidien avec bébé. Pourtant, c’est un rôle direct auprès du très jeune enfant que les pères recherchent le plus souvent, et avec lui, le fameux biberon ! Prudence avec celui-ci : utilisé à bon escient, un biberon peut soutenir un allaitement. À l’inverse, il amène parfois le bébé à sauter une ou plusieurs tétées et par la suite entraîner une baisse significative de la lactation. Il convient de demander l’avis d’un professionnel spécialisé (consultant en lactation) en cas de doute.

Par contre, un excellent moment que le père peut investir pour intervenir directement dans l’alimentation de l’enfant survient avec la diversification alimentaire qui débutera aux alentours des 6 mois de l’enfant. Là, le père aura tout loisir d’aider aux repas, de faire découvrir de nouvelles saveurs et finalement d’élargir l’univers gustatif de l’enfant.

Bien d’autres interactions sont possibles

Il est vrai que la mère a un lien unique avec l’enfant qu’elle a portée en son sein. Dans ce même temps le père a pu entrer en contact avec son bébé par la voix et au-travers du ventre de la mère. Certains ont recours à des cours d’haptonomie prénatale qui confirment leur place privilégiée auprès du bébé à naître. De nombreux pères apprécient de prolonger ce mode de communication par le biais de massages, de portage physiologique ou de contact peau-à-peau. Ainsi, ils peuvent à la fois renforcer leur présence auprès de leur enfant, tisser un lien à leur manière et soulager leur compagne. Ils apprennent à connaître leur enfant, comprendre ses comportements. Celui-ci devient plus tonique, plus éveillé, plus paisible et souriant, ce qui va faciliter l’allaitement. Enfin, lorsque le père s’implique activement, cela entraîne des changements hormonaux qui se traduisent par une modification de la libido et une augmentation de l’empathie envers l’enfant et la mère. Ces transformations favorisent une meilleure harmonie dans le couple.

Une place qui se confirme avec le temps

Chaque jour, on le sait, le nourrisson salit ses couches et un adulte va se charger de les lui changer. Cette tâche, souvent perçue comme ingrate, est un soin à part entière et fait partie des moments d’éveil d’un nouveau-né et se répète très souvent dans la journée. À ce titre, elle peut être envisagée comme un moment d’échange et d’interactions tout comme avec l’allaitement. Si notre espèce a si souvent besoin de se nourrir et d’être soignée, c’est probablement pour nourrir ce gros cerveau qui est le nôtre. Le père a donc toutes les raisons d’y prendre sa place en apportant d’autres échanges, en ayant des interactions avec le nourrisson riches et complémentaires de celles de la mère.

Pour conclure, la place du père n’est pas bien définie dans notre société, ou du moins, elle est protéiforme et l’allaitement n’y change finalement pas grand-chose. Il est temps de se demander si toute la responsabilité sociale des enfants doit encore reposer aujourd’hui sur la mère. Ainsi, pour trouver sa place auprès de l’enfant, le père peut être amené à cheminer avec la mère et accepter de prendre vis-à-vis de l’entourage les mêmes responsabilités qu’elle dans le projet porté pour l’enfant, y compris le choix de l’allaitement maternel.

Note : Même si ce billet ne traite pas des enjeux pour le coparent dans un couple LGBT ; le rôle du coparent est toujours essentiel pour la réussite de l’allaitement, le bien-être de l’enfant et celui du couple.

(1)Thomas Ritou est consultant en lactation IBCLC. Infirmier de 2008 à 2013, il a travaillé en clinique et à l’hôpital, notamment en maternité en Nouvelle-Calédonie. Diplômé en 2014 en tant qu’infirmier puériculteur , il a ensuite dirigé une crèche jusqu’en décembre 2018, où il formait le personnel et proposait des consultations d’allaitement. Il s’est également initié à la méthode Pikler en 2008. Depuis 2019, il exerce une activité indépendante et propose des consultations petite-enfance et allaitement ainsi que des formations à destination des professionnel·le·s de santé.

(2)Loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale

(3) Barrera I, Melgar AI, Rasmusson A, et al. (2019). Father’s involvement and breastfeeding duration: A systematic review and meta-analysis. Matern Child Nutr, 15(5), e12839. doi: 10.1111/mcn.12839

Ystrom E, Niegel S, Klepp KI, et al. (2008). Effect of maternal negative affectivity and perceived stress on breastfeeding duration. Journal of Human Lactation, 24(1), 49-58. doi: 10.1177/0890334407310383

Meedya S, Fahy K, Parratt JA (2010). Supporting women to achieve breastfeeding to six months postpartum – a literature review. Women and Birth, 23(2), 54-61. doi: 10.1016/j.wombi.2010.01.001


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Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ? https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/ https://www.leblogallaitement.com/mamelons-differents-difficultes-dallaitement-assurees/#respond Sat, 28 Jan 2023 16:25:58 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2295 Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂 Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court. Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. … Continuer la lecture de Mamelons différents, difficultés d’allaitement assurées ?

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Voici un nouvel article de notre scientifique préférée Pascale Baugé. 🙂

Les mamans rencontrent souvent des difficultés pour démarrer leur allaitement et parfois, lorsque la solution n’est pas trouvée (par manque d’information, d’aide ou de soutien) certaines baissent les bras et l’allaitement tourne court.

Comprendre la physiologie permet de mieux anticiper et d’aider ces mères. Quelles sont ces difficultés les plus fréquemment rapportées ? Mis à part les questions de positionnement ou de gestes à apprendre, certains défis se posent en lien avec le nourrisson : on parle souvent des freins de langue ou du faible poids à la naissance comme facteurs de risques pouvant empêcher un démarrage d’allaitement serein.

S’est-on jamais penché sur l’anatomie des mamans ? Des tendances se dégagent-elles ? Autrement dit, certaines morphologies de mamelons pourraient-elles poser plus de contraintes ? Peu d’études ont fait le tour de la question. En 2017, toutefois, une approche reposant sur de l’observation avait suggéré que la taille des mamelons et la densité de la peau au niveau de l’aréole pouvaient jouer un rôle. Qu’en est-il exactement ?

Un premier bilan

Une étude observationnelle assez poussée, publiée en 2021 a été réalisée dans un hôpital français de St Lus Obipo en Californie. Les auteurs se sont intéressés aux difficultés des mamans de diverses origines ethniques (latins hispaniques et non hispaniques) ayant pu bénéficier d’un soutien à l’allaitement (conseils préalables, aides lors du démarrage de l’allaitement).

L’étude s’est focalisée sur 115 mères d’enfants de 6 semaines ou moins ayant pris contact avec le centre d’allaitement de l’hôpital, quelle qu’en soit la raison. Les mamans étaient toutes majeures avec un seul enfant. Dans l’étude, seules les mamans n’ayant pas eu recours à la chirurgie ont été incluses. La moyenne d’âge des mères était de 30 ans, celle des nourrissons de 2 semaines.

Données anatomiques prises en compte

Les auteurs ont pris en compte :
– la largeur à la base du mamelon,
– la longueur du mamelon,
– la densité de peau au niveau de l’aréole.
Ce dernier paramètre a été évalué par un protocole mis au point pour l’étude, par le biais d’un pressage manuel pour évaluer la facilité de compression. Toutes les mesures ont été réalisées par une consultante en lactation IBCLC juste avant une tétée ou l’usage d’un tire-lait.

Difficultés à l’allaitement prises en compte

Les auteurs se sont intéressés aux problèmes liés à :
– des mamelons douloureux,
– la présence de crevasses,
– la survenue d’une mastite,
– des difficultés d’attachement en prise de sein,
– une faible prise de poids du bébé,
– une faible production de lait.

Les mamans ont également été interrogées sur la prise de suppléments, l’indice de masse corporelle avant la grossesse, le poids et la taille du bébé à la naissance.Un maximum de facteurs confondants a été pris en compte.



Plusieurs tendances observées

Les auteurs de l’étude ont relevé une plus forte proportion de problèmes d’attachement au sein parmi les mamans dont les mamelons sont plutôt longs et de plus grande largeur à la base.

Les auteurs ont aussi noté que la situation « mamelons douloureux » à la tétée était plus fréquemment rencontrée lorsqu’à la fois, la densité de l’aréole était plus élevée et les mamelons plus larges.

Pour les situations de faible prise de poids, ils ont également noté une interaction marquée entre la largeur du mamelon, sa longueur et une forte densité aréolaire.
En ce qui concerne les crevasses, les auteurs n’ont pas relevé de lien particulier entre la morphologie et leur fréquence d’apparition.

Analyse des résultats

Cette étude est l’une des premières à montrer que des variations anatomiques existent bien parmi les mamans allaitantes et que certaines peuvent influencer le bon démarrage de l’allaitement. Les auteurs soulignent que ce sont des paramètres combinés qui jouent sur les difficultés.

Des explications probables

Les auteurs ont cherché à expliquer leurs observations. Ainsi, ils suggèrent que certaines caractéristiques de la taille des mamelons couplées à une faible souplesse aréolaire pourraient représenter un challenge pour les bébés avec une petite bouche notamment dans les premiers jours de l’allaitement. Certaines configurations (taille relative du mamelon couplée à une moindre malléabilité du tissu mammaire) pourraient limiter la bonne prise en bouche du mamelon, empêcher l’enfant de s’attacher correctement et entraver la bonne coordination des mouvements lors de la tétée (mâchoire, langue). Lorsque la compression du mamelon est plus difficile, les risques de douleurs pour la maman allaitante sont alors plus grands et il est plus probable que le bébé tète mal, n’obtienne pas assez de lait et que sa prise de poids ne soit pas correcte. La conséquence est que malheureusement l’allaitement s’arrête vite : la mère est découragée et doute d’elle-même avant même qu’une solution soit trouvée.



Limitations de l’étude

C’est l’une des premières études à s’intéresser de façon précise aux liens entre morphologie du mamelon et difficultés de démarrage de l’allaitement. Les auteurs rappellent néanmoins que ces difficultés évoluent très souvent positivement au fur et à mesure que l’enfant grandit et que l’allaitement se poursuit.
Il serait souhaitable que les résultats de cette étude soient complétés avec un panel plus large de mamans d’autres horizons et origines ethniques en intégrant notamment d’autres traits anatomiques de la maman ainsi que ceux du bébé !

Que retenir ?

Les conclusions de cette étude pourraient servir de base pour mieux écouter les mamans qui souhaitent allaiter et pour lesquelles le démarrage pose souci. Ces connaissances, même si elles ont besoin d’être affinées, doivent être prises en compte pour mieux communiquer vers les mamans et apporter des réponses adéquates. Pour un allaitement ayant plus de mal à démarrer, comprendre les causes et les défis posés est un premier pas… Dans tous les cas, le conseil et le soutien sont précieux.

Références:

Ventura A. K. et al., “Associations Between Variations in Breast Anatomy and Early Breastfeeding Challenges”, Journal oh Human Lactation, 37(2):403-413, 2021

Wilson-Clay B., Hoover K., “The Breastfeeding Atlas”, 6th Edition, Lact News Press (2017)

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Une consultante IBCLC dans un lactarium https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/ https://www.leblogallaitement.com/une-consultante-ibclc-dans-un-lactarium/#respond Tue, 15 Nov 2022 12:36:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2288 Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3. Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France. Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation … Continuer la lecture de Une consultante IBCLC dans un lactarium

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Delphine Dumoulin nous parle de son rôle dans un lactarium d’une maternité de niveau 3.

Puéricultrice depuis 30 ans, j’ai, depuis 2006, l’immense honneur d’être la puéricultrice d’un des plus grands lactariums de France.

Lorsque j’ai été recrutée, j’avais bien sûr de bonnes connaissances en allaitement. De plus, mon hôpital se préparait à la labellisation IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés), dont l’une des conditions est de permettre l’allaitement en cas de séparation mère-bébé.

On imagine aisément le rôle que peut avoir une puéricultrice ou un autre soignant IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) dans un service de maternité ou de néonatalogie. Mais dans un lactarium, cela soulève toujours l’étonnement.

« Vous ne pasteurisez pas du lait ? » Notre mission consiste en effet à conserver le précieux or liquide de nos mamans pour garantir sa sécurité et le donner ensuite aux bébés vulnérables. Mais cela ne s’arrête pas là.

Prendre en compte l’humain, en prendre soin, respecter et accompagner les projets d’allaitement sont au cœur de nos préoccupations également.

De la maternité, en passant par la néonatalogie, le lactarium est un trait d’union pour le soutien de ces mères.

Dans cette optique, je me suis formée pour devenir consultante en lactation IBCLC en 2008, diplôme que j’ai renforcé par un DIU ( diplôme inter- universitaire) en lactation humaine et allaitement (DIULHAM), ainsi que le DU ( diplôme universitaire) de la théorie de l’Attachement.

A cette époque, de mon point de vue, tout était à construire et à organiser ; une très belle aventure humaine ! A plusieurs, nous avons décidé de revoir nos pratiques pour les faire évoluer, de former les équipes pour une cohérence dans les soins. On m’a confié la mission de former à la fois des étudiants et d’accompagner les mères allaitantes de bébés nés trop tôt ou devant subir une intervention chirurgicale dès la naissance.

Comment cela se passe-t-il concrètement au sein de l’établissement hospitalier ?

Un membre de l’équipe rencontre chaque maman ayant un projet d’allaitement et, dans le cadre du don de lait pour son bébé né prématurément et/ou qui va être opéré. Nous créons avec elle un dossier de don, suivant le cadre législatif.

Cet entretien permet également d’aborder en détails les bonnes pratiques de recueil du lait : utilisation du tire-lait, entretien, stockage et transport du lait. Moment idéal, pour expliquer comment la lactation va s’installer, avec quelques notions simples de physiologie, cette entrevue permet aux mamans de comprendre ce qu’est un lactarium, ce qu’elles vont vivre et ainsi de gagner en confiance ! Elles entendent toutes le même message : « Mon corps sait et saura produire du lait! »

Une importance toute particulière est accordée au lait maternel

Chaque jour, les parents viennent déposer les petits flacons de don de lait si précieux. C’est un autre moment qui permet l’échange et le soutien à court, moyen et long terme de leur projet d’allaitement.

J’aimerais souligner ici que les pères sont très impliqués et très investis dans cette partie. Ils comprennent leur rôle et deviennent ainsi les premiers soutiens de leurs compagnes en matière d’allaitement. Le développement des maternités IHAB et des soins centrés sur la famille a vraiment permis d’inclure les parents dans les soins; il en est de même dans le projet d’alimentation et donc l’allaitement.

Le projet d’allaitement d’un bébé hospitalisé est souvent tumultueux et complexe : entre stress, aller-retour domicile-hôpital, gestion de la fratrie… et utilisation du tire-lait. Il peut se passer des mois avant que le bébé commence à pouvoir téter de lui-même et la maman, en parrallèle, devra construire et maintenir sa lactation.

Une organisation qui facilite le don

De l’anténatal au postnatal immédiat, nous avons fait évoluer nos pratiques pour que les mères soient rencontrées le plus tôt possible. Le but est de leur permettre d’être autonomes dans la pratique du tire-allaitement mais surtout qu’elles se sentent en sécurité, l’une des bases de la réussite.

Nous leur permettons d’identifier les personnes ressources en allaitement, dont l’équipe du lactarium et moi-même faisons partie.

Soulignons également l’importance du travail en collaboration des IBCLC ou DIULHAM dans un hôpital autour des parents, du bébé et de l’allaitement : c’est le tissu du soutien à la parentalité et à l’allaitement.

Cet accompagnement tout au long de l’hospitalisation du bébé, apporte une assistance précieuse, qui se prolonge bien souvent après la sortie.

Grâce à une lactation bien lancée, les dons se prolongent

D’ailleurs, une fois qu’elles sont de retour à la maison, beaucoup de nos mamans ont la générosité de poursuivre le don, cette fois-ci pour d’autres bébés que le leur. Sensibilisées à l’importance du lait maternel pour le petit humain fragile, elles savent que recueillir une petite quantité de lait tous les jours permet de nourrir à terme beaucoup de bébés.

Les histoires d’allaitement de ces femmes sont uniques comme toutes les histoires d’allaitement bien sûr, mais je salue sincèrement leur courage.

En somme, l’IBCLC qui œuvre au sein d’un lactarium accompagne les allaitements. C’est un peu le pivot de tous ces soutiens indispensables. Et elle apprend aussi chaque jour et tellement auprès des mères allaitantes.

Alors, à toutes les mères qui donnent à un lactarium, un immense BRAVO et un immense MERCI ; avec une mention spéciale pour celle qui ont croisé mon chemin.

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Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ? https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/ https://www.leblogallaitement.com/comment-reagir-lors-dun-engorgement-mammaire/#respond Wed, 05 Oct 2022 08:53:28 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2285 Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement. Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide. … Continuer la lecture de Comment réagir lors d’un engorgement mammaire ?

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Elise Dufour, sage -femme nous explique l’engorgement et son traitement.

Il peut arriver durant l’allaitement que les seins deviennent très tendus et douloureux, on parle alors d’engorgement mammaire. Cela peut se produire lors de la montée de lait, ou encore lorsque votre bébé tète moins souvent que d’habitude, et également lors d’un sevrage trop rapide.

L’engorgement n’est que la première étape d’un processus amenant des complications (de la mastite à l’abcès du sein, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale). Il ne faut pas compter sur le fait qu’un engorgement va se résoudre spontanément, il est conseillé de réagir rapidement afin de ne pas prendre le risque de complications.

Que faire lors d’un engorgement ?

On peut avoir l’image d’un léger excédent de lait dans les canaux qu’il va falloir évacuer, puis d’actions à mener pour apaiser l’inflammation.

Faire couler « l’excédent » de lait

Votre premier réflexe doit être de faire téter le bébé. Même s’il est somnolent ou s’il a mangé, on lui propose le sein.

Si votre bébé ne veut pas téter, il va falloir faire couler vous-même votre lait. Chaleur et massage doux vont aider l’évacuation du lait. Vous pouvez poser des gants chauds ou des bouillottes sur la poitrine, ou encore aller sous la douche. Vous allez en douceur exprimer votre lait de manière manuelle. Index et pouce bien écartés, plus largement que votre aréole, vous rentrez dans la profondeur du sein, contre votre cage thoracique, en maintenant le même écart entre les doigts. Puis en restant dans la profondeur, vous rapprochez vos doigts l’un de l’autre, en direction du centre du sein, puis enfin, en gardant les doigts rapprochés, vous remontez vers la partie superficielle du sein. Des gouttes de lait apparaissent au niveau du bout de sein, et éventuellement des jets de lait après quelques minutes. Vous pouvez pratiquer l’expression manuelle jusqu’à assouplissement des seins.

Des fois, le sein est tellement tendu que le bébé ne parvient plus à téter, et l’expression manuelle devient impossible et trop douloureuse. Dans ce cas, vous pouvez essayer la méthode du « verre d’eau chaude », qui fonctionne lorsque les seins sont très tendus. Dans la salle de bain, poitrine nue, vous remplissez un verre d’eau chaude mais non brûlante, à ras bord. Vous plongez le bout de sein dans le verre, et vous plaquez ce verre complètement contre votre sein, en appuyant suffisamment pour éviter les fuites, et en redressant le buste. Vous pouvez masser doucement le sein, et un flux de lait devrait apparaître dans le verre. L’écoulement se passe alors en douceur, et vous le prolongez en massant légèrement jusqu’à assouplissement de la poitrine.

Apaiser l’inflammation

Une fois les seins assouplis, vous allez pouvoir lutter contre l’inflammation locale, comme vous le feriez lors d’une entorse par exemple.

Vous pouvez appliquer du froid sur la poitrine : gants froids, poches réfrigérées (exemple de « fait maison » : vous pouvez imbiber des serviettes hygiéniques ou des couches avec de l’eau, essorez le surplus, et mettez- les sur la tranche avec une forme arrondie au congélateur quelques heures).

Vous pouvez réaliser des cataplasmes d’argile, en couche bien épaisse.

Le chou fonctionne très bien également. Prenez un chou à feuilles, qui a été conservé un peu au réfrigérateur. Placez des feuilles de chou dans votre soutien-gorge de manière à envelopper complètement les seins, puis changez après quelques heures.

Si vous avez une prescription médicale, ou une absence de contre-indication, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires (demandez conseil à votre médecin), de préférence pendant les repas.

Que faut-il éviter de faire ?

Il ne faut pas avoir recours à une restriction hydrique. Buvez normalement, c’est-à-dire 2 à 3 litres par jour pendant l’allaitement.

Il ne faut pas bander / comprimer la poitrine. Il est conseillé de porter un soutien-gorge d’allaitement jour et nuit, de taille adaptée.

Et vous l’aurez compris je l’espère, il est formellement déconseillé d’arrêter l’allaitement ou d’arrêter de faire téter un sein engorgé. Au contraire, il faut particulièrement insister pour bien faire téter les seins engorgés afin de les drainer. Arrêter l’allaitement serait dommage pour votre bébé mais surtout ne ferait qu’empirer l’engorgement, et conduirait à l’apparition de complications.

Que faire en cas de persistance ou d’aggravation de l’engorgement ?

En cas de persistance ou d’aggravation de votre engorgement mammaire, contactez sans délai des professionnels de l’allaitement comme les sages-femmes ou les consultantes en lactation, afin d’être accompagnée rapidement tout en préservant votre allaitement.

Références bibliographiques :

pour en savoir plus sur l’engorgement

Leche League : engorgement
Leche league : revue de littérature concernant le recours au chou Protocole de l’Academy of breastfeeding
Recommandations nationales de l’ANAES : page 120

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Allaitement et attachement, un lien évident ? https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-attachement-un-lien-evident/#respond Thu, 16 Jul 2020 08:35:59 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2070 Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement. Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces … Continuer la lecture de Allaitement et attachement, un lien évident ?

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Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC, mais qui a également un DIU en lactation humaine et un DU en attachement, nous apporte sa vision du lien mère- bébé lors de l’allaitement.

Delphine : on évoque souvent que « l’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé ». Bien sûr, je suis d’accord avec ces propos. Cependant, dans ma pratique professionnelle de puéricultrice IBCLC DIULHAM en maternité de niveau 3, j’ai fréquemment constaté en service de maternité, en néonatalogie tout comme en consultations à distance de la naissance, que le ressenti, le vécu, et les idées reçues, pouvaient avoir un impact négatif sur l’allaitement et, à travers lui, sur le lien mère-enfant.

En effet, dans l’esprit de beaucoup de mamans, convaincues des bienfaits de l’allaitement, être une bonne mère équivaut à savoir allaiter ! Depuis quand cette belle fonction qu’ont les mères d’allaiter est-elle si facile et évidente ? Depuis quand, l’allaitement serait-il devenu la seule source initiatrice du lien ?

Il me semble primordial que la question de l’allaitement soit abordée lors de rencontres prénatales. Cela permettrait en outre de préparer la mise en place lien mère-enfant notamment dans des situations fragiles : risque d’accouchement prématuré, naissance multiple, prise en charge chirurgicale d’un bébé à la naissance.

Ce temps d’échanges me semble nécessaire quand une mère doit se projeter mentalement dans un allaitement momentanément « différent » de l’allaitement imaginé. Apporter à ces futures mères des connaissances sur la physiologie, le matériel, les signes d’alerte, est vraiment la garantie d’une plus grande sérénité en post natal sur la gestion de leur allaitement.

L’estime de soi sera alors bien moins impactée : « J’allaite mais différemment le temps que mon bébé puisse le faire ! » ; « C’est difficile mais je sais que je serai soutenue ». La mère sera donc plus apaisée et plus ouverte quand elle sera confrontée au flot d’émotions consécutives à cette naissance qui requiert une prise en charge médicale spécifique.

Bien sûr, le suivi tout au long de l’allaitement est lui aussi un incontournable. Il ne s’agit pas uniquement de « mettre un tire-lait en route ». Il est important que la mère sache que quelqu’un sera là tant qu’elle en ressentira le besoin.

Cet accompagnement pré et post natal propre au contexte de la prématurité ou d’un enfant qui requiert un suivi médical rapproché est évidemment extensible à toutes les naissances. Les difficultés qu’une mère peut rencontrer au démarrage de son allaitement sont susceptibles de la faire arrêter même quand il était véritablement souhaité ; elles laissent alors des cicatrices non visibles et pourtant indélébiles !

Je me souviendrai longtemps de cette maman rencontrée lors de son deuxième allaitement. Tout se passait extrêmement bien en apparence : son bébé prenait bien du poids, l’allaitement n’était pas douloureux, elle avait un excellent ressenti ! Et pourtant, la main sur la poignée de porte, prête à sortir, elle s’effondre… Elle venait en consultation essentiellement pour se sentir apaisée d’une première expérience d’allaitement qui s’était soldée par un échec ! Elle exprimait clairement que cette expérience lui laissait penser qu’elle était une mauvaise mère, et que les relations avec ce premier enfant avaient été impactées et que cela perdurait. Ces blessures sur le lien mère-enfant auraient pu être atténuées et évitées !

C’est précisément cette maman qui m’a fait aller chercher au-delà de l’allaitement. Je parle du lien mère-enfant et de l’attachement qui va en découler de l’enfant à sa figure d’attachement, le plus souvent la mère. J’avais envie de comprendre quel rôle le soignant tout comme l’entourage, la société avons d’une manière générale, et bien sûr en cas d’allaitement compliqué.

C’est ainsi que j’ai pris la direction de Paris, pour y étudier et acquérir le diplôme Universitaire sur la Théorie de l’attachement ! Cet enseignement a dépassé mes attentes, pulvérisé mes questions, chamboulé ma pratique !

J’ai compris combien chacun a le pouvoir de devenir la base de sécurité d’une maman inquiète, stressée, en panique vis-à-vis de son allaitement, et que plus on est solide pour elle et plus elle se sentira apaisée. Cela lui permettra « d’y voir plus clair », de se sentir en sécurité, et par là-même de pouvoir répondre aux besoins de son bébé. C’est parce qu’une figure d’attachement va répondre correctement à ses besoins que le bébé va construire son attachement de manière secure. Cela passe par l’alimentation, les câlins, le portage, le peau à peau, et la réassurance du bébé.

Une mère qui doute d’elle-même, qui ne serait pas soutenue, qui a mal, qui stresse, qui est sous pression de son entourage et parfois d’elle-même, ne pourra pas répondre aussi bien à son enfant, trop occupée à gérer ses propres émotions.

Dans ce climat si délicat d’une naissance, il est important de soutenir les mères qui ont choisi d’allaiter avant, pendant et après la naissance de l’enfant en respectant leur projet et en étant un pilier de soutien. Ainsi, leur histoire d’allaitement sera vécue de manière positive dans l’écoute et la bienveillance. Cela n’exclura pas toujours les « petits soucis » de démarrage mais ils seront vécus tout autrement.

C’est pourquoi je nuancerai l’affirmation selon laquelle « L’allaitement favorise le lien mère-enfant et l’attachement du bébé » en y ajoutant « si et seulement si nous entourons ces mères tout au long de leur allaitement ! »

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et pourquoi pas recruter une doula? https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/ https://www.leblogallaitement.com/et-pourquoi-pas-recruter-une-doula/#respond Tue, 02 Jun 2020 13:11:01 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2058 En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus. « Dans la … Continuer la lecture de et pourquoi pas recruter une doula?

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En France,depuis quelques années, on entend parler des doulas . . Ce métier, encore méconnu dans l’Hexagone, est reconnu depuis de nombreuses années en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais qu’est ce qu’une doula? Que fait-elle ? Quel est son champ d’action ? Leslie Lucien, doula à Paris, a accepté de nous en dire plus.

« Dans la vie, je suis doula ! » annonce Leslie. Elle précise que cette déclaration suscite souvent de nombreuses interrogations. “Douala ? », lui rétorque-t-on alors, « comme la capitale économique du Cameroun ? » Les gens pensent régulièrement à tort que le terme doula, vient d’un pays d’Afrique, et sont surpris quand je leur explique l’étymologie du mot. “Doula” vient du grec ancien. Certains le traduisent par “celle qui sert la mère”, mais c’est un euphémisme. En grec, doula signifie “la femme esclave” et aux temps de Socrate et de Périclès, le terme désignait la domestique qui s’occupait des tâches de la maison et en particulier des soins de sa maîtresse : sa beauté, sa santé, les soins, et naturellement la grossesse et l’accouchement.(1)

Être doula ou accompagnante à la naissance, c’est se mettre au service et à l’écoute des femmes, du couple, dans ce temps de bouleversement que constitue l’arrivée d’un enfant. Cette professionnelle associe alors un savoir-être et un savoir faire. Une doula n’est pas une soignante. Son accompagnement n’a pas de visée thérapeutique. Elle accompagne comme pourrait le faire une soeur, une amie, avec en plus la neutralité et le recul que ne peuvent pas avoir les membres de la famille ou les proches.

Les couples font appel à ses services au moment de la grossesse ou du désir d’enfant, pendant et après l’accouchement. Quand le couple a un projet d’enfant ou que le bébé vient tout juste de s’installer au creux du ventre de sa mère, la doula offre un soutien émotionnel, des temps d’échanges de deux heures environ, toujours au domicile de le femme, du couple. Elle va toujours veiller à rencontrer la famille, chez elle, dans son cocon. Cette présence, au sein du foyer, permet à la famille d’être plus à l’aise pour partager, échanger sur ce qu’elle vit. Ces moments d’échange permettent de mettre des mots sur les ressentis émotionnels et physiques, de prendre un temps précieux pour soi, de se sentir entendu.

Ces rencontres viennent toujours en complément du suivi classique de la grossesse par un praticien de santé (sage-femme, gynécologue, autre…) car les doulas accompagnent uniquement des couples suivis par ailleurs par un professionnel de santé.

Certaines doulas sont également présentes à la naissance du bébé avec l’accord de l’équipe médicale. En anglais, on parle de “birth doula”. Durant l’accouchement, toujours en complément de la sage-femme, la doula va soutenir la mère et le couple, par des respirations, de l’écoute, des encouragements, elle prendra soin de préserver l’espace précieux, chaleureux et intime dont la femme a besoin pour mettre au monde son bébé.

En soutien post-natal, la doula accompagne les couples en leur apportant un soutien émotionnel et logistique. Cuisiner pour les jeunes parents, aider au rangement de la maison, prendre un temps pour jouer avec les ainés de la famille, lancer une machine ou être présente auprès de bébé pendant que la maman prend une douche sont quelques unes des tâches qui peuvent lui être confiées. Les familles (et les jeunes mamans particulièrement) ont souvent besoin d’une présence au téléphone, de sentir qu’elles peuvent poser les questions qu’elles souhaitent à tout moment de la journée et de la semaine, que ce soit à propos des soins du bébé ou de l’allaitement par exemple.

Chaque doula a aussi ses spécificités d’accompagnement. Je travaille beaucoup avec les outils d’écoute active, le chant prénatal, l’HypnoNatal et le soutien à l’allaitement. Certaines de mes collègues intègrent quant à elles le yoga prénatal, ou le Rebozo (ce tissu mexicain qui permet d’enserrer le bassin de la femme enceinte et ainsi de relâcher toutes les tensions au niveau émotionnel et musculaire). 

La doula travaille toujours en réseau. Elle s’appuie sur ses collègues pour échanger régulièrement sur ses pratiques, et elle oriente vers d’autres professionnels lorsqu’ils ont besoin d’un soutien spécialisé : sages-femmes, consultantes en lactation IBCLC, pédiatres, ostéopathes, chiropracteurs.

Les femmes me disent souvent : “Nous ne connaissions pas le métier de doulas avant de te connaître, c’est une amie qui nous offre tes services en cadeau de naissance, et nous comprenons tellement aujourd’hui à quel point l’accompagnement par une doula est important. Vous vous glissez là où notre besoin de soutien émotionnel, d’écoute, n’est que partiellement comblé par l’accompagnement médicalisé à la maternité. Nous sommes sortis avec notre bébé dans les bras, nous nous sentions parfois seuls et un peu perdus et tu étais là ! “

En effet, l’accompagnement médical, par la sage-femme, le gynécologue ou le médecin traitant est primordial ; il permet de cheminer durant sa grossesse et de vérifier que tout se passe bien, et ainsi de prévenir d’éventuelles complications. Néanmoins, comme le souligne Jeanne, le suivi médical ne satisfait pas toujours complètement les besoins des familles.

Le travail des soignants et celui des doulas sont donc très complémentaires, nous avons le même objectif en commun : le bien-être de la famille et de son bébé.

Pour aller plus loin, je vous invite à aller lire le site “doulas.info” le site de l’association Doula de France, qui a créé il y a plus de dix ans maintenant une charte d’engagement que les doulas signataires s’engagent à respecter. Pour que notre beau métier soit de plus en plus reconnu et valorisé, pour le bien être des bébés et de leurs parents !

1. source “Association des Doulas de France”

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Comment j’ai vaincu une baisse de lactation https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/ https://www.leblogallaitement.com/comment-jai-vaincu-une-baisse-de-lactation/#comments Wed, 20 May 2020 14:56:02 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2054 Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage. Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa. Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que … Continuer la lecture de Comment j’ai vaincu une baisse de lactation

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Agathe, la maman de Gabriel nous livre son témoignage.

Cela faisait 3 mois que j’allaitais mon bébé. Tout se passait à merveille ! Un à deux réveils la nuit seulement, un plaisir partagé, même avec le papa.

Et voilà que durant son 4ème mois, mon petit garçon commence à se tortiller à chaque fois que je le mets au sein, il râle, il veut sans cesse les bras. Je sentais bien qu’il y avait un problème. Ni une, ni deux, je prends un rendez-vous avec ma consultante en lactation.

Peut-être qu’il a faim votre bout de chou ?”. Ma lactation s’était tarie à tel point que Gabriel n’était pas du tout rassasié aux tétées. Ce qui avait provoqué cette baisse de production était clairement une grosse fatigue due à un stress, mais aussi le fait que je ne le mettais pas assez au sein. En effet, dès sa naissance, j’avais de véritables fontaines accrochées à ma poitrine ! A chaque pesée à la maternité, il avait pris tellement de poids que les sages femmes étaient étonnées qu’il ne soit nourri qu’au sein. ” Eh ben ! La cantine est bonne!”, m’étais-je entendu dire.

Du coup, il tétait beaucoup en quantité mais peu souvent. Or moins l’enfant est mis au sein et moins les réserves abondent…Nous l’avons pesé et sa courbe de poids était dans la zone rouge. Je me suis sentie tellement mal. Mauvaise mère qui n’avait même pas remarqué que le problème était qu’il avait faim. Désespoir total.

– Mon challenge : faire remonter sa courbe de poids en 1 semaine et reprendre confiance.


– Comment ? : Au sein toute la journée pour stimuler la lactation. Si rien ne sort, la simple succion est déjà formidable pour le processus de redémarrage ! S’il dort, utiliser le tire-lait dans le même but.


– S’il a faim, qu’il n’est pas satisfait ? : lui donner un complément de lait. Par chance, j’avais du stock au congélateur et durant cette période de “remise en forme”, j’ai toujours pu lui donner de mon lait.

Dit comme ça, ça paraît simple. Pas de quoi s’affoler ou désespérer. Mais en fait, j’ai vécu un moment terrible, bourré de doutes, de craintes, et de désespoir. Je ne voulais surtout pas arrêter de le nourrir au sein. C’était tellement important pour moi. J’en étais à un moment où je m’étais fixé 6 mois minimum d’allaitement et voulais aller au moins jusqu’à cette limite. Or mon bébé était au bord de la grève du sein, qui peut conduire au rejet total.

Ma consultante en lactation m’a énormément aidée, mais sans le soutien de mon compagnon, qui avait compris mon projet d’allaitement et qui m’encourageait, me consolait, me rassurait, je ne pense pas que j’aurais réussi. Son rôle a été crucial. C’était devenu une affaire de famille.

La semaine suivante, comme prévu, le cœur battant, je suis retournée le faire peser… il avait dépassé largement le minimum attendu ! Si j’avais écouté le médecin qui me disait que je n’avais tout simplement plus de lait, que ça arrivait, que ce n’était pas un drame, qu’il fallait penser à la santé de l’enfant avant tout et que je n’avais pas eu cette petite flamme de volonté, je serais directement passée au lait artificiel, la mort dans l’âme. D’ailleurs, le mois suivant, en voyant une courbe de poids plus que satisfaisante, il a fait les yeux ronds quand je lui ai dit que mon bébé était toujours nourri exclusivement au sein. Hi hi… petite victoire personnelle…

J’ai souvent entendu : “Oh, moi j’ai dû arrêter très vite car je n’avais pas assez de lait“.

Après cette épreuve, je peux dire à ces mamans qu’elles n’ont juste pas trouvé la bonne personne pour les guider et les soutenir dans ce moment. Car oui, la lactation ne se tarie totalement que 40 jours après la dernière tétée ou dernier tirage de lait. Certes il faut non seulement être au courant mais aussi avoir une sacré volonté et du temps à consacrer à ça. Je comprends les mamans qui pour n’importe quelle raison, et qui sera toujours valable, arrêtent l’allaitement devant ce genre de situation. Tout le monde n’en n’a pas l’envie, le courage, le temps ou les moyens. Par contre, si mon témoignage ne servait à donner un peu d’espoir et de courage qu’à une seule maman qui vivrait la même chose avec son bébé, avec les mêmes envies et possibilités d’y arriver, j’en serais ravie !

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L’allaitement, source de réseau social https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-source-de-reseau-social/#respond Thu, 07 May 2020 17:07:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2049 J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient … Continuer la lecture de L’allaitement, source de réseau social

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J’ai commencé à allaiter un certain 7 décembre, à la naissance de mon fils. Cela est venu à moi comme une évidence. Je n’avais aucune expérience en la matière. Je n’y étais pas préparée et dans mon entourage personne ne l’avait fait, surtout pas ma mère qui était de la génération où les biberons avaient sauvé les femmes au nom d’un certain féminisme.

La sage-femme qui m’avait suivie pendant ma grossesse et durant mon accouchement ne m’avait pas bien préparée à cette activité quotidienne qui m’attendait. Dès le début, sans rien savoir, je mettais simplement mon fils, au sein, quasiment toute la journée. Et c’est seule que j’ai vécu la montée de lait, trois jours après. Je me suis également débrouillée sans aide avec le tire-lait. Le modèle que l’on m’avait loué n’était pas le plus adapté pour moi mais je l’ignorais à ce moment-là. Que d’expériences déstabilisantes, de moments de solitude, de sentiments d’être novice !

Heureusement, mon entourage m’a conseillé de rentrer en relation avec la LLL (La Leche League). Ce fut une merveilleuse opportunité. Grâce à internet, j’ai pu rencontrer d’autres femmes, lire leurs témoignages, demander des conseils, les appeler, et même leur demander des services ou en rendre moi-même par ce biais… Oser aller vers des inconnues qui partageaient avec moi les joies et les inquiétudes légitimes de la maternité, quel cadeau ! Enfin, je ne me sentais plus seule. J’apprenais qu’il existe plusieurs groupes de soutien de mamans. J’avais la possibilité d’échanger par messagerie privée par internet et nous pouvions nous rencontrer physiquement de façon régulière selon les besoins de chacune. Ce principe très chaleureux m’a tout de suite plu. Et quand bien même il n’existait pas de groupe physique à côté de chez moi, j’ai pu rejoindre un groupe de mamans allaitantes.

La qualité des échanges, la disponibilité de chacune m’ont fait le plus grand bien. Quand on materne un nourrisson, on se pose une multitude de questions et pouvoir lire les messages la nuit, lors des insomnies, échanger en allaitant, savoir que l’on n’est pas seule, est vraiment précieux. Et si on a la chance de pouvoir se déplacer à des réunions et rencontrer d’autres mamans en sachant qu’on y sera reçue avec son bébé, ses autres enfants le cas échéant et son conjoint, c’est encore mieux. Que de ressources alors à ma portée ! Je me suis tout de suite sentie moins seule.
En outre, se sentir accueillie comme on est, sans jugement, avec bienveillance et être écoutée, c’est si rare. D’autres mamans avaient des vécus et des questionnements proches des miens ; je pouvais m’identifier, et être soutenue et épaulée aussi. C’est inégalable !

Ce réseau m’a permis de continuer mon allaitement, de conjurer certaines peurs. Ça m’a rendu plus forte. L’échange s’est même étendu bien au-delà de messages cordiaux. Il est devenu une source de bien-être et de confiance en moi !

J’ajoute que j’ai fait rayonner ce que mon réseau de mamans m’apportait. C’est ainsi que je me suis sentie en confiance pour allaiter au parc, au restaurant. Et cela s’est traduit par des regards émerveillés, admirateurs. Certaines femmes exprimaient même leur gratitude de pouvoir être témoin d’un tel spectacle simple et naturel d’amour et de lien.

Il se trouve aussi que nous venions tout juste d’emménager dans une nouvelle résidence. Mon allaitement a été le moyen de tisser un lien rapide et même intime avec les jeunes mères résidentes qui allaitaient elles aussi. Quel bonheur de partager ensemble nos astuces, nos lectures, en plus des habits d’enfants. De ce fait, je suis même devenue une référente auprès de mes amies, qui n’ont pas hésité ensuite à venir me demander conseil. Cela a créé une proximité incroyable.

Et ce sujet se déploie au-delà de notre sphère intime puisque je me suis sentie libre de l’évoquer auprès de praticiens soignants (ostéopathe, dentiste…). L’allaitement ne laisse certainement pas indifférent. Il peut même créer des connexions inattendues.

[Biographie] :


Juliette, maman de Tim 5,5 ans et 3,5 ans qu’elle a tous deux allaités avec bonheur et même co-allaités . Son postulat est : “Avant, j’avais des principes, maintenant je suis maman !”

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Mon bébé, la leucémie, notre allaitement https://www.leblogallaitement.com/mon-bebe-la-leucemie-notre-allaitement/ https://www.leblogallaitement.com/mon-bebe-la-leucemie-notre-allaitement/#comments Tue, 28 Jan 2020 16:31:31 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=2011 Propos recueillis par Leslie Lucien Émilie est la maman de Wael, petit garçon joyeux et plein de vie de 5 ans, elle habite avec lui à Paris où elle travaille en tant qu’ingénieur dans un bureau d’études. Enceinte de mon fils, j’ai toujours souhaité vivre une naissance naturelle, je désirai accoucher sans péridurale, être actrice … Continuer la lecture de Mon bébé, la leucémie, notre allaitement

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Propos recueillis par Leslie Lucien

Émilie est la maman de Wael, petit garçon joyeux et plein de vie de 5 ans, elle habite avec lui à Paris où elle travaille en tant qu’ingénieur dans un bureau d’études.

Enceinte de mon fils, j’ai toujours souhaité vivre une naissance naturelle, je désirai accoucher sans péridurale, être actrice de sa naissance, et sentir autant que lui son passage vers la vie extra-utérine. J’avais envie de lui donner le meilleur et l’allaiter était une évidence pour moi. Après sa naissance, j’ai rapidement eu beaucoup de lait, un peu trop même! j’ai alors contacté une consultante en lactation qui m’a beaucoup soutenue et guidée dans ce démarrage d’allaitement.

Le 25 février 2014, mon fils allait avoir 4 mois, j’étais sur le point de reprendre le travail et lui sur le point d’intégrer la crèche, mais ce jour là, notre vie a basculé.

Nous venions de passer 3 jours aux urgences pédiatriques. Wael respirait difficilement depuis plusieurs jours, il était très affaibli.

Le diagnostic est tombé, il souffrait d’une leucémie aigüe lymphoblastique, un cancer du sang…

Il a été hospitalisé immédiatement, dans ce que l’on appelle à l’hôpital « le secteur protégé » : une chambre « stérile », comme une bulle de plastique, dans laquelle il allait passer ses journées. Les visites étaient réduites au strict minimum. nous, son papa et moi, devions entrer dans la chambre en étant complètement « propres » ; Après avoir ôté nos vêtements, nous devions porter un pyjama, et par-dessus une blouse couvrant tout notre corps, une charlotte sur la tête et un masque sur notre visage.

Je me rappelle encore le choc : Je ne pouvais plus embrasser mon bébé, le sentir en peau à peau contre moi, poser mes lèvres sur ses petites joues potelées.

Entre lui et moi, il y avait toujours ce masque, ces vêtements stériles, cette odeur de gel hydroalcoolique… C’était terrible !

Je savais que nous démarrions alors un long combat.

Le contact physique avec mon bébé me manquait tant, j’avais besoin de conserver notre allaitement. J’avais besoin de maintenir ce lien de douceur, de tendresse charnelle, c’était devenu vital !

Au départ, les soignants, surtout les infirmières ont valorisé l’allaitement. Les premiers jours (avant la pose du cathéter central), les infirmières devaient piquer Wael souvent pour lui administrer les doses de médicaments, elles me disaient alors « gardez-le au sein pour qu’il tète, c’est un anti-douleur naturel », C’était l’analgésie non médicamenteuse parfaite et le personnel soignant en était bien conscient !

Malheureusement, cela n’a pas duré. En effet, le protocole de chimiothérapie plongeant Wael dans un état d’immunodépression totale, les médecins m’ont rapidement fait comprendre qu’il aurait été plus simple de ne pas l’allaiter.

Ce qui semblait les inquiéter c’était ce contact physique régulier en peau à peau mère/bébé, alors que l’environnement de Wael était sensé être complètement aseptisé, sans aucun contact avec d’éventuels bactéries ou virus.

J’ai insisté, je me souviens de nos échanges houleux, d’une réelle bataille pour conserver notre allaitement. Les médecins ont finalement accepté que j’allaite, mais à condition que je nettoie mes seins de manière drastique à chaque tétée ! J’ai même dû suivre un « cours » au service de néonatalogie, où une puéricultrice m’a « appris » à nettoyer mes seins. C’était assez surréaliste !

Ils acceptaient l’effet anti-douleur de l’allaitement, sa valeur nutritive, aussi bien sûr, tellement importante pour des enfants qui ont tendance à vomir régulièrement et à avoir une altération du goût et de l’appétit en raison de la chimiothérapie. Mais l’inconnu les faisait douter de la balance bénéfice / risque de continuer à mettre mon bébé au sein aussi souvent.

Il est vrai que les leucémies comme celle de Wael se retrouvent habituellement plutôt chez des enfants de 2 ans à 2 ans et demi, qui ne sont souvent dans notre société plus allaités depuis longtemps, donc les soignants ont peu d’expérience de soin auprès d’enfants encore allaités. J’imagine que cela ne les encourageait pas à soutenir l’allaitement.

Je me sentais assez seule et incomprise face aux soignants, ceux qui semblaient savoir mieux que moi. Mais j’avais profondément envie de continuer d’allaiter mon bébé, mon instinct de mère était plus fort.

Assez rapidement, les médecins ont émis des doutes… ils s’inquiétaient de savoir quelles quantités de lait Wael absorbait, difficile en effet pour le corps médical de ne pas tout maîtriser. Je me suis alors encore une fois battue pour continuer l’allaitement, les médecins ont accepté mais à condition (encore une condition !) que Wael soit pesé avant et après chaque tétée ! J’ai accepté bien sûr… ils ont installé alors dans notre bulle une petite balance à bébé, et à chaque tétée j’étais obligée de peser mon fils, me laver les seins (du centre vers l’extérieur, avec de l’eau stérile, et du savon pour la toilette intime….), donner le sein, repeser mon bébé, noter tout cela sur un gant de toilette jetable (le papier étant interdit dans la bulle pour des raisons d’hygiène) et le transmettre aux infirmières… bref, pas très naturel tout ça, mais peu m’importait à partir du moment où je pouvais allaiter mon bébé !

Très rapidement, les médecins ont jugé que Wael ne mangeait pas assez compte-tenu de tous les traitements lourds qu’on lui administrait, ils ont donc voulu compléter l’allaitement. J’ai accepté ce complément, mais de nouveau dû me battre pour que le lait, administré à mon bébé par sonde naso-gastrique, ne soit pas donné toutes les 3 heures. Mon bébé n’avait plus jamais faim et se mettait à ne plus téter le sein, une aberration : on complétait l’allaitement car insuffisant soit disant mais ce complément anéantissait l’allaitement !

Pour moi cette période a été assez terrible. Certes, Wael prenait des chimiothérapies très puissantes mais nécessaires, mais c’était impossible pour moi de renoncer à lui donner une alimentation saine, renoncer à notre allaitement.

Je n’étais pas vraiment aidée par le corps médical : je me souviens d’une tétée ou une infirmière est entrée sans me demander mon avis, venant prendre la tension de mon fils, prenant sa jambe alors qu’il était au sein en train de téter paisiblement, me disant « mais non ça ne va pas le déranger ! ». Bien sûr que ça l’a dérangé et il s’est arrêté de téter. J’en aurais pleuré de rage…

Ma consultante en lactation, m’a heureusement accompagnée au téléphone à plusieurs reprises, notamment pour une grève de la tétée qui a duré quelques jours et j’ai été soutenue par ma famille.

Vers ses 6 mois, Wael a commencé à être diversifié, les compléments de lait ont laissé place à des petites bouillies de céréales puis des purées.

Je continuais de l’allaiter. L’allaitement me permettait d’avoir la sensation d’avoir une maternité « normale » à l’hôpital. Je faisais tout ce que je pouvais pour que cette petite chambre bulle de 4m² en surpression soit comme notre maison. J’ai installé une petite chaîne hifi, avec de la musique, nous avons mis des tapis d’éveil pour stimuler sa motricité, une petite chaise haute pour l’alimenter…

Certaines infirmières me disaient, « c’est vraiment chouette votre petit cocon ».

C’est fou, en écrivant cela aujourd’hui, je prends conscience, que la maladie de mon fils, m’a offert la possibilité d’être ensemble 24H sur 24, alors que sans la maladie il aurait démarré la crèche, et j’aurais peut-être eu plus de mal encore à maintenir notre allaitement…

La chimiothérapie a été efficace et nous avons continué notre petit bonhomme de chemin ainsi jusqu’à la sortie de l’hôpital 7 mois plus tard et j’allaitais encore fièrement mon fils.

Je l’ai allaité 14 mois au final, ça s’est arrêté d’un commun accord entre nous deux, en douceur au cours de l’hiver 2014.

Aujourd’hui, je me sens très heureuse et fière d’avoir poursuivi l’allaitement de mon fils durant toute cette période d’hospitalisation.

Je sens, je sais, que mon lait l’a aidé à mieux supporter la douleur des traitements, lui a donné du bonheur à lui et à moi dans ces moments si difficiles.

Je me sens fière d’avoir tenu bon face au corps médical réticent quand cela a été nécessaire. J’ai pu paraître têtue parfois, mais je sentais le plus souvent ce qui était le plus juste pour mon bébé.

J’ai bien sûr conscience du travail incroyable des soignants et du fait que les traitements de chimiothérapie ont soigné mon fils. Mais, j’aurais parfois voulu ressentir davantage d’empathie du corps médical ; que les soignants comprennent ce que l’on vit dans cette bulle, 7 mois durant, sans pouvoir sortir, sans pouvoir embrasser notre bébé, voyant notre enfant souffrir. J’aurais voulu qu’on me dise « oui votre allaitement a de l’importance, oui vous avez raison de vouloir garder ce lien lacté avec votre bébé qui souffre », plutôt que de me sentir en dehors des règles de l’hôpital,

Aujourd’hui il est en voie de guérison, après 7 mois d’hospitalisation et 2 années au total de protocole, il est en rémission complète.

L’image forte qui me reste  en écrivant ces mots : c’est la sensation profonde que lui donner mon lait dans ces moments où il luttait contre la maladie, c’était pour moi comme lui donner mon énergie vitale, comme si je puisais toute la bonne sève en moi pour qu’il la reçoive. J’aurais tout donné pour lui, j’aurais pu m’oublier complètement pour qu’il vive. Lui donner mon lait c’était comme une transfusion du meilleur de ce que j’avais en moi pour lui, pour le sauver. Et ça a marché… merci la vie !

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Allaitement et dépression du post-partum https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-et-depression-du-post-partum/#respond Thu, 31 Jan 2019 14:29:15 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1910 Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, … Continuer la lecture de Allaitement et dépression du post-partum

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Il a été démontré de façon assez fiable que les symptômes de la dépression du post-partum qui touche entre 12 et 30 % des jeunes mamans et l’arrêt précoce de l’allaitement (en deçà des préconisations officielles) étaient liés. Mais les relations de causalité et les mécanismes mis en jeu sont encore peu clairs. De plus, des différences entre mères sont observées. Tout cela mérite que le sujet soit creusé. Alors si on faisait le point ?

Que disent les études en général ?

Plusieurs chercheurs ont montré que les mamans qui souffrent des troubles de la dépression du post-partum ont plutôt tendance à sevrer précocement. Parallèlement à ce constat, d’autres études suggèrent que des mamans qui ont des difficultés dans la mise en place de leur allaitement, dans les premiers jours après la naissance, sont plus susceptibles d’être victimes du syndrome dépressif jusque dans les deux mois après leur accouchement.
Enfin, d’autres travaux laissent penser que l’allaitement pourrait être un facteur protecteur ou du moins une façon de rendre les troubles moins intenses.

Bref, cela interroge et il est légitime de vouloir mieux comprendre. Dans quel sens cela fonctionne-t-il ? Y a-t-il un lien de causalité entre allaitement et syndrome dépressif, et si oui, dans quel sens l’enchaînement s’effectue-t-il ?

Bilan d’une observation sur un grand nombre de mamans

Une étude de 2016 * s’est intéressée aux principales causes de l’arrêt de l’allaitement chez les mamans qui souffrent du syndrome dépressif en les comparant aux raisons invoquées par les mamans non déprimées. Dans le cadre de cette étude, 1271 femmes âgées de plus de 18 ans, en bonne santé, ont été interrogées. 42,5 % ont allaité pendant au moins 6 mois et 1,6 % en allaitement exclusif pendant ces premiers 6 mois (sur les 4 premiers mois, ces chiffres sont respectivement de 53,6 % et 20 %).

Le profil et statut social des mamans déprimées et non déprimées ne présentent pas de différences marquantes et n’entrent à priori pas en jeu dans les résultats observés (état dépressif et arrêt de l’allaitement).

Pratiquement un tiers (30,9 %) des mamans de l’échantillon étudié a connu la dépression du post-partum : un chiffre supérieur à la prévalence dans la population globale. En accord avec des études précédentes, parmi les mamans déprimées, la durée totale de l’allaitement (18,4 semaines en moyenne) et d’allaitement exclusif (3,6 semaines en moyenne) étaient plus courtes que pour les mamans non concernées par la dépression (respectivement 21,8 semaines et 4,7 semaines pour la durée totale et celle de l’allaitement exclusif).

En fait, les auteurs notent qu’un écart s’observe dès la période néonatale (premier mois de l’enfant) dans les taux d’allaitement entre les mamans déprimées et non déprimées (A un mois de post-partum, 29,3% des mamans déprimées sont en allaitement exclusif tandis que ce chiffre monte à 38,9 % chez les mamans sans troubles dépressifs). L’écart se creuse d’ailleurs au fil du temps.


Quelles motivations pour l’arrêt de l’allaitement ?

Les auteurs ont relevé et comparé les motivations qui poussent les mères à stopper leur allaitement avant 6 mois dans les deux catégories (mamans touchées par le syndrome de la dépression du post-partum et mamans non touchées).

32 raisons distinctes ont été avancées. Les 3 principales motivations conduisant à l’arrêt de l’allaitement étaient la sensation de ne pas avoir assez de lait, le fait que le bébé ne paraissait pas suffisamment « rempli » et les difficultés du bébé à pendre le sein.

Pour ces 3 raisons-là, les chiffres sont proches pour les deux catégories quoique ces raisons soient légèrement plus souvent évoquées chez les mamans déprimées :

58 % de mamans déprimées évoquent le manque de lait comme cause première de leur arrêt contre 51,6 % chez les autres.

Une différence un peu plus marquée concerne les douleurs ressenties, évoquées de façon plus fréquente chez les mamans déprimées comme motivation au sevrage. 24,8% de mamans déprimées les citent comme cause première de leur arrêt contre 16,3 % chez les autres.

La différence la plus notable concerne la fatigue et les tâches ménagères perçues comme très pesantes chez les mamans en dépression du post-partum. Pour 22,6 % de ces dernières, l’allaitement est jugé trop fatiguant ce qui pousse à l’arrêt contre seulement 14 % chez les mamans non déprimées.

Discussion

Selon les auteurs, le fait que l’écart de prévalence de l’allaitement entre les deux groupes (déprimées et non déprimées) se manifeste dès le premier mois et ne fait que s’accentuer au fil du temps pourrait indiquer que les difficultés à la mise en place de l’allaitement ou une perception d’incapacité à réussir à nourrir son enfant contribuent à augmenter le risque de survenue des symptômes dépressifs. Ils suggèrent de plus que leur persistance des troubles dans le temps diminue la capacité et la motivation des mères à poursuivre leur allaitement. Mais les auteurs n’excluent pas qu’un facteur sous-jacent puisse être présent dès la période prénatale ou néonatale qui jouerait sur les deux tableaux (manque de soutien par exemple de la part de l’entourage).

Conclusion

Le sujet est délicat et complexe. Néanmoins, il ressort de cette étude que bon nombre de problèmes qui motivent l’arrêt de l’allaitement pourraient être réglés par un meilleur accompagnement des mamans : c’est le cas de la perception erronée du manque de lait et du sentiment souvent ressenti qui en découle de l’incapacité à nourrir l’enfant. C’est le cas aussi des douleurs liées à l’allaitement qui peuvent être soulagées par un bon accompagnement.
En ce qui concerne la fatigue plus souvent mal gérée par les mamans en état dépressif, les auteurs rappellent que le soutien social pourrait limiter le sentiment d’être submergées par les tâches quotidiennes.

Dans tous les cas, il s’agit surtout de dynamiser le sentiment de confiance en soi souvent mis à mal chez les mamans ce qui permettrait de limiter l’apparition ou soulager des symptômes dépressifs, avec très vraisemblablement un allaitement mené de façon plus confortable et donc plus long.

Référence

*Bascom E. M. et al., « Breastfeeding Duration and Primary Reasons for Breastfeeding Cessation among Women with Postpartum Depressive Symptoms », Journal of Human Lactation 2016, Vol 32(2), 282-291

[Auteure] : Pascale Baugé

[Biographie] : De formation scientifique (docteur-ingénieur en génie des procédés), Pascale est très investie dans le monde des sciences en général.
Elle lit et fouille la littérature scientifique, synthétise et diffuse l’état des dernières connaissances sur l’allaitement maternel: ce qu’on sait, mais aussi ce qu’on cherche à comprendre, car il y a encore tant à découvrir.


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Le soutien de mère à mère https://www.leblogallaitement.com/le-soutien-de-mere-a-mere/ https://www.leblogallaitement.com/le-soutien-de-mere-a-mere/#comments Thu, 03 Jan 2019 11:16:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1883 À la naissance de ma deuxième fille, mon aînée avait à peine deux ans. Je l’avais allaitée un peu plus de 6 mois avec beaucoup de facilité, tout m’avait semblé fluide, elle avait su téter tout de suite, pas de douleurs, très bonne prise de poids, un rythme assez rapidement trouvé avec un allaitement « toutes … Continuer la lecture de Le soutien de mère à mère

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À la naissance de ma deuxième fille, mon aînée avait à peine deux ans. Je l’avais allaitée un peu plus de 6 mois avec beaucoup de facilité, tout m’avait semblé fluide, elle avait su téter tout de suite, pas de douleurs, très bonne prise de poids, un rythme assez rapidement trouvé avec un allaitement « toutes les trois heures environ ». C’était pour moi un allaitement idyllique!

Pour ma deuxième, tout était différent. J’étais désormais mère de deux enfants, je devais à la fois accompagner mon nouveau-né et prendre soin de ma fille aînée.

Rapidement après sa naissance, je me suis rendue compte que mon bébé prenait peu de poids. On a beau se dire « ne compare pas », « chaque bébé est différent », je voyais bien que j’avais des difficultés avec mon allaitement. Je me retrouvais seule face à mes doutes et à mon tout petit bébé qui ne grossissait pas. Ma fille n’était bien que dans mes bras ou en peau à peau, tétait parfois toutes les heures, j’avais la sensation de passer mes journées à l’allaiter, j’étais épuisée et surtout, je me demandais si tout ceci était « normal » !

J’avais bien sûr le soutien de mon compagnon qui était très présent pour notre aînée notamment, pour gérer la logistique familiale, mais j’étais perdue par ailleurs ne sachant pas vraiment à qui m’adresser pour avoir du soutien. J’ai alors repensé à l’existence des consultantes en lactation dont une amie m’avait parlé, j’ai eu la chance de pouvoir faire appel à l’une d’entres elles. Elle m’a donné des informations très précises et ainsi m’a guidée dans mon allaitement et cela a été très précieux et bénéfique.

Mais les jours passaient et je sentais qu’il me manquait toujours quelque chose. Une chose que je ne réussissais pas vraiment à verbaliser alors. J’avais « deux belles petites filles en bonne santé » comme me le disait souvent mon entourage (et je me culpabilisais d’autant plus de ressentir ce mal-être en les entendant me dire cela !), j’avais un allaitement qui démarrait de manière chaotique mais qui démarrait quand même finalement puisque mon bébé commençait à prendre du poids mais je me sentais en fait très très seule face à mes émotions et surtout je ne savais pas à qui partager mes difficultés.

Au cours d’une nuit entre deux tétées nocturnes, en pianotant sur mon téléphone, je suis tombée un peu par hasard sur un site de soutien à l’allaitement. Le site parlait de rencontres mensuelles dans ma ville entre futurs et jeunes parents pour parler notamment d’allaitement et de parentalité. Une réunion avait lieu quelques jours plus tard, je décidais d’envoyer un e-mail pour m’y inscrire.

Le jour J, je suis entrée dans le salon de l’appartement de Marie-Florence. Ça sentait le gâteau et le thé chaud, chaque participant avait apporté quelque chose à grignoter. Il y avait peu de meubles, un grand canapé et deux fauteuils très confortables. Au sol au centre de la pièce un grand tapis coloré sur lequel jouait déjà un bambin de 18 mois je pense, il empilait joyeusement des cubes et les transvasait dans des boîtes. Nous étions une dizaine de femmes présentes avec des bébés de la naissance à 3 ou 4 ans environ. La réunion démarrant, nous nous sommes présentées chacune à notre tour, abordant ce que nous souhaitions déposer ce jour là. Il y avait une future mère qui se questionnait sur le démarrage de son futur allaitement, des mamans qui allaient reprendre le travail et qui voulaient en savoir plus sur comment s’organiser pour tirer leur lait au travail, et puis il y avait moi. C’était mon tour. Je me suis mise à parler, j’étais en confiance dans ce cadre doux et chaleureux. C’est à Marie-Florence, l’animatrice bénévole chez qui nous nous trouvions, que je parlais, mais le regard des autres mères présentes était soutenant, je voyais certaines femmes acquiescer à certains de mes mots (ou maux ?).

Tout à coup j’ai senti que j’étais au bon endroit, que j’avais trouvé ce que j’étais venue chercher, une écoute vraie, bienveillante. J’ai senti que ce que je ressentais était légitime, normal, que j’avais le droit de ressentir toutes ces émotions, que mon bébé qui se réveillait souvent pour téter la nuit était « normal ».

J’ai pu déposer tout ce que j’avais sur mon petit cœur de maman de deux très jeunes enfants : ma solitude, ma peur de mal faire, mon sentiment de culpabilité de ne plus donner autant à mon aînée et à le fois de ne jamais pouvoir me donner à 100% pour ma deuxième et tant d’autres choses que j’ai dû oublier avec le temps.

J’ai compris bien plus tard à quel point pousser la porte de cette association de soutien à l’allaitement avait été un énorme cadeau que je me faisais à moi même. Oser dire « hey ho, je suis là j’ai besoin d’être entendue,  j’ai besoin que l’on écoute mes difficultés d’allaitement, mes difficultés de jeune maman», qu’on me dise « ce que tu ressens est normal ».

Je suis revenue chaque mois pendant plusieurs mois. Nos échanges m’ont permis de construire la mère que j’avais envie d’être à la fois douce et forte, à la fois faillible et pleine d’énergie.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire aux femmes :

Osez dire que vous avez besoin d’être entendues !

Osez pousser la porte de ces associations !

Ce soutien de « mère à mère » est tellement précieux.

**************

J’ai été soutenue par la Leche League, mais il existe plusieurs associations de soutien en France, entre autres :

https://www.lllfrance.org/1124-41-soutenir-les-meres-qui-allaitent-le-role-des-groupes-de-meres

http://www.solidarilaitidf.org/reunions

https://www.allaitement-toutunart.org/

[Auteure] : Leslie Lucien

[Biographie] :   Devenue auxiliaire de puériculture suite à la naissance de ses enfants, elle a participé à de nombreuses réunions de soutien de mère à mère.

Elle accompagne également les futurs parents en tant que doula, accompagnante à la naissance, formée auprès de l’institut des Doulas de France.

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L’allaitement est-il politiquement correct ? https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-est-il-politiquement-correct/#comments Fri, 07 Dec 2018 18:00:43 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1854 Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel. La recherche … Continuer la lecture de L’allaitement est-il politiquement correct ?

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Accompagnant les mères depuis longtemps, je les entends souvent rapporter des commentaires plus ou moins heureux concernant leur allaitement. Ces commentaires peuvent venir de l’entourage familial mais aussi médical, amical ou professionnel. En effet, une formation initiale médiocre d’une majorité de professionnels de santé est à déplorer dans le domaine de l’allaitement maternel.

La recherche scientifique montre et démontre que le lait maternel est l’aliment le plus adapté aux besoins des bébés. Nourrir son bébé autrement présente des risques accrus quant à la santé des bébés, des mères. Tout le monde le sait ou presque.

Alors pourquoi autant de mères qui allaitent se sentent-elles montrées du doigt ? Obligées de se justifier sur les raisons et les modalités de leur allaitement ? Pourquoi certaines d’entre elles vont jusqu’à dire qu’elles se sont senties humiliées, rejetées, accusées ou même évincées d’un lieu public ?

Nourrir son enfant au sein quand il en a besoin obligerait-il les mères à obtenir l’approbation générale avant toute chose ? Si beaucoup de mères n’attendent pas l’approbation d’autrui pour allaiter, elles ont toutefois besoin de la considération qui leur incombe : avoir un enfant, en prendre soin, faire « de son mieux », n’est-ce pas là le point commun aux mères du monde entier ? Pérenniser la race humaine s’est toujours passé de cette façon : un enfant est un être plus qu’important et le materner l’aidera à survivre et grandir dans le respect de ses besoins (contact et proximité physiques, tétées fréquentes, protection immunitaire, maturation du cerveau, réconfort).

Alors, qu’est-ce qui serait si difficile à supporter dans le fait de voir un enfant téter les seins de sa mère ? Les mères font ce qui leur semble juste pour maintenir leur bébé dans un état de santé optimal, dans un climat réconfortant et ces gestes sont à valoriser, encourager, soutenir. Tout ce qu’elles font pour leur enfant est d’une valeur inestimable. Elle se rendent disponibles pour lui, se lèvent la nuit si besoin, s’assurent dans le même temps du bien-être de leur famille. En outre, les mères se mobilisent souvent pour trouver des explications, des ressources quant à l’allaitement, par le biais de personnes compétentes, professionnelles ou associatives. Et ces recherches peuvent prendre beaucoup de temps et d‘énergie. Les mères veulent comprendre, rectifier et améliorer leur situation si elle est difficile. Elles cherchent d’abord à savoir si elles sont « responsables » des problèmes rencontrés (je pense notamment à la prise de poids insuffisante ou l’idée fausse « d’empoisonner » son bébé en ingérant aliments ou médicaments particuliers). Mais même sans vivre de difficulté précise, le simple geste d’allaiter est souvent « reproché » aux mères pour de fallacieux arguments (exhibition, égoïsme, acharnement), remarques souvent culpabilisantes, en plus.

Allaiter son enfant est un choix, le materner est une évidence pour bon nombre de mères.

Pourrait-on, dès lors, reconnaître aux mères la richesse qu’elles apportent à leur petit et, par extension, à l’humanité toute entière ?

Pourrait-on leur reconnaître un certain sens du dévouement à l’égard de ce petit ?

Pourrait-on reconnaître que ce sont les mères qui se mobilisent nuit et jour pour leur petit ?

Pourrait-on enfin accepter que les mères ont besoin de reconnaissance, d’encouragements, d’appréciation de tout ce qu’elles font au lieu d’entendre des critiques et des remises en cause perpétuelles telles que « Tu devrais le laisser pleurer », « Tu ne dois plus avoir de lait », « Tu le rends malade ! », « C’est de ta faute s’il ne grossit pas assez ou trop ! » ?

Au-delà de l’appréciation montrée aux mères, il serait aussi porteur de leur signifier toute l’admiration que leur statut de mère induit : « Ton bébé semble apprécier la douceur de tes gestes / ton regard », « Il semble réconforté par tes bras ». Ce qu’une mère fait est tout simplement magique, formidable, extrêmement courageux et très prenant !

Etre une mère est un « métier » très difficile pour la plupart d’entre nous. Comme nous apprenons toutes, plus ou moins sur le « tas », nous apprécierions d’entendre que nous nous débrouillons plutôt bien, que si notre cœur nous guide, nous trouverons le bon chemin.

Prendre soin de la race humaine, c’est aussi valoriser celle qui la nourrit dans tous les sens du terme : la Mère !

[Auteure] : Mme Brigitte Doussin, consultante en lactation IBCLC

[Biographie] : Mère de 5 enfants, Brigitte Doussin a fait de ses passions un métier aux multiples facettes. Formatrice en allaitement maternel, consultante en lactation IBCLC, conseillère en portage (AFPB), elle est référente pour l’association Peau à Peau internationale et conférencière.

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Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/ https://www.leblogallaitement.com/allaitement-entre-accompagnement-technique-et-competences-innees/#respond Tue, 27 Nov 2018 19:19:54 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1858 La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de … Continuer la lecture de Allaitement : entre accompagnement technique et compétences innées

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La maman vient d’accoucher, son bébé est en bonne santé. Voici venue pour elle et son enfant  l’heure de se reposer, et de lier connaissance. Ces premiers moments notamment favorisent une rencontre amoureuse. Bien sûr, les soignants veillent sur la famille et s’assurent de la sécurité de tout le monde. Pour autant, lorsqu’il s’agit de la tétée d’accueil, il peut être bon qu’ils restent présents et discrets dans leurs gestes comme dans leurs paroles.

Pourquoi à ce moment-là, certaines mères se voient-elles intimer l’ordre d’attendre une autorisation pour proposer le sein à leur bébé ? Le bébé est blotti contre le corps de sa maman et entame à son rythme une séquence bien naturelle qui l’amène vers le sein. C’est alors que certains s’empressent : « Attendez, je vais vous aider ». La maman se fige, interrompt cette lune de miel, et devient dépendante de l’expertise d’un autre. Ses sentiments se mêlent : allaiter serait-il un acte si compliqué qu’il requiert une assistance technique ? A l’inverse, d’autres mères se sentent abandonnées. « Vous savez faire » leur signifie-t-on, et elles sentent un vent de panique les envahir car leurs gestes ne sont pas accompagnés.

Lorsque ce « Attendez je vais vous aider » perdure durant le séjour en maternité, cela achève de miner la confiance de la mère : comment est-ce que ça va se passer à la maison s’il y a autant besoin d’assistance technique pour chaque tétée ?

Guider de manière juste, c’est savoir être là et s’adapter. Si la maman savait que l’enfant qui chemine vers le sein, ne va pas directement au sein, mais passe par une phase de vrai repos, et une vraie pause ultérieurement, qu’il peut téter ses doigts, donner l’impression d’hésiter, de tâtonner, alors que cela fait partie de son programme, la maman aurait plus confiance en elle, et aurait moins besoin d’instructions. Puis, de retour en chambre : la maman peut choisir sa position pour allaiter sans qu’on la lui impose.

 

Les remarques sur la forme, la taille de leurs mamelons ou de leurs seins touchent les mères au plus profond. « Avec des mamelons plats comme les vôtres, vous ne pourrez pas allaiter ! » certaines femmes entendent-elles parfois quand ce n’est pas « vos seins sont trop petits ». Or, la plupart du temps, c’est tout simplement faux.

 

Le commentaire « c’est un goinfre celui-là » ou « C’est bien un gars, tiens. Il est devant le sein, et pourtant il faut faire tout le boulot pour lui » ou encore « vous avez là un bébé paresseux » sont autant de petites phrases susceptibles d’éprouver la mère. La consultante en lactation Nancy Mohrbacher évoque dans sa conférence, A Mother’s-Eye-View of Breastfeeding, une vieille dame qui ne se rappelait pas ce qu’elle avait mangé au repas précédent, mais qui se souvenait parfaitement de tout de son allaitement et des remarques qu’elle avait entendues alors.

Conclusion

Les mots des soignants et autres ressources qui entourent une mère peuvent marquer au fer rouge. Ils peuvent créer des maux au plus profond des mères, rester en elles durant des années et des années. Ils peuvent saboter la confiance des mères.. Même si ces remarques n’ont aucunement pour objectif de blesser, elles peuvent heurter. Si vous sentez que certaines remarques vous ont remué, il peut être bon d’en parler avec un tiers, histoire de comprendre leur sens et parfois même de les exorciser.

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

 

 

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Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/ https://www.leblogallaitement.com/allaiter-quand-on-prend-un-traitement-de-substitution-aux-opiaces/#respond Tue, 13 Nov 2018 15:51:29 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1846 La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement … Continuer la lecture de Allaiter quand on prend un traitement de substitution aux opiacés

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La maternité d’une femme toxicomane génère souvent des peurs chez les professionnels qui l’accompagnent. Les mères sous traitement substitutif pour une toxicomanie aux opiacés et qui n’utilisent pas de substances illicites devraient être fortement encouragées à allaiter. Les traitements de substitution sont sans danger pour la santé de son bébé et les bénéfices de l’allaitement ne sont plus à démontrer. Cependant on observe que peu de ces mères allaitent réellement. On pense que beaucoup d’entre elles craignent pour la santé de leur bébé.

Le site du CRAT nous rassure sur l’emploi de la buprénorphine [1] (Subutex®, Temgesic®) ou encore sur celui de la méthadone[2].  La thérapie de substitution par méthadone ainsi que celle par buprénorphine[3] sont considérés comme les meilleurs traitements de la dépendance aux opioïdes pendant la grossesse. La thérapie de substitution diminue les risques de fausse couche et de prématurité.

Par ailleurs, l’utilisation de la méthadone pendant la grossesse est associée au syndrome de sevrage des opioïdes chez les nouveau-nés avec des symptômes qui apparaissent généralement 72-120 heures après la naissance, dans le cas de la méthadone. Il est traité avec des mesures de soutien et pharmacologiques. On a constaté que le lait maternel réduisait le syndrome de sevrage et semblait diminuer le besoin de traitement.[4] Les mesures de soutien consistent à :

  • Favoriser le contact peau à peau ;
  • Parler doucement ;
  • Chanter ;
  • Le bercer doucement ;
  • Diminuer les stimuli environnementaux (ralentir les mouvements, diminuer l’éclairage et le bruit).

La période du post partum est souvent fragilisante chez la plupart des mères. Certaines peuvent éprouver des difficultés à établir la relation avec leur enfant. Dans ce contexte, certaines ont tendance à « replonger » et à reconsommer brutalement des substances illicites. C’est pourquoi  des structures type « unité Kangourou » pourraient être privilégiées en maternité pour l’accueil de ces mères, afin de maintenir autant que possible le nouveau-né auprès d’elles et favoriser leur attachement. En effet, les jeunes mamans sont souvent décrites comme « perdues, dépassées par les événements » ; certaines d’entre elles sont irritables, voire agressives, refusant de se laisser examiner par exemple. Allaiter favorise alors le maternage et le sentiment d’affection durable au bébé et peut ainsi éviter la rechute.

Certaines femmes toxicomanes choisissent donc d’allaiter en dépit de la stigmatisation sociétale parce qu’elles ont été suffisamment et correctement informées. Elles ont ainsi la possibilité d’allaiter malgré le parcours douloureux qu’elles ont pu vivre. Une majorité d’entre elles ont été confrontées à de la maltraitance, de l’abandon, à des carences affectives… Elles ne sont pas devenues toxicomanes par hasard.

C’est le cas d’Allissone*, 28 ans, qui après une enfance difficile et une adolescence passée à essayer de “se ″restaurer″ psychologiquement, a rencontré un homme prévenant qui a su lui apporter de l’amour et de la protection. Allissone* a alors décidé de s’occuper de sa santé et « de sortir de la galère », comme elle le dit. Avec le soutien de son conjoint, elle a consulté un médecin qui l’a écoutée et comprise. Un traitement de substitution a été mis en place (buprénorphine). Une fois cette substitution bien établie, le couple a tout naturellement eu un désir d’enfant et le médecin a rassuré Allissone* quant à cette possibilité malgré le médicament. L’entourage familial et amical du couple n’a pas mis en doute les propos médicaux. Durant la grossesse, elle a bénéficié d’un suivi médical régulier et l’équipe de la maternité fut informée du traitement.

Lorsqu’elle a évoqué son souhait d’allaiter son bébé, son entourage n’a alors pas compris comment cela pourrait être possible bien que le couple leur ait exposé les dires du médecin qui approuvait l’allaitement. « Ton bébé va avaler le produit » soupçonnait-on. Allissone*s’est alors sentie très anxieuse. Son compagnon lui suggéra de ne plus parler de son projet autour d’eux. Le médecin les orienta alors vers un groupe de soutien à l’allaitement. Ils participèrent à des rencontres et ce partage leur fit beaucoup de bien.

La grossesse d’Allissone* s’est passée normalement ainsi que l’accouchement. Le bébé a bénéficié d’un traitement médical de quelques jours et l’allaitement a bien démarré. Le père était très présent pour aider sa compagne dans les soins au nouveau-né. Au retour à domicile, un soutien d’une puéricultrice de Protection Maternelle et Infantile a pu aider le couple à être confiant. Le bébé grossissait normalement et un lien de qualité avec l’enfant s’est établit.

[1] https://lecrat.fr/spip.php?page=article&id_article=47

[2] https://lecrat.fr/articleSearchSaisie.php?recherche=methadone

[3] Breastfeeding and Opiate Substitution Therapy: Starting to Understand Infant Feeding Choices Published online 2016 Jul 12. doi:  10.4137/SART.S34553 PMCID: PMC4944830

[4] Lisa E. Graves, Suzanne Turner, Maya Nader, and Sucheta Sinha

*Par souci d’anonymat le prénom a été modifié

[Auteure] : Carole

[Biographie] : Carole est puéricultrice de protection maternelle et infantile. Elle est titulaire d’un DIULHAM (Diplôme Inter Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement Maternel).

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Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé https://www.leblogallaitement.com/quand-lenfant-ne-nest-pas-celui-imagine/ https://www.leblogallaitement.com/quand-lenfant-ne-nest-pas-celui-imagine/#respond Thu, 27 Sep 2018 12:27:06 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1828 L’arrivée d’un enfant, le plus souvent, est un événement heureux. Chaque enfant est différent, on le sait, et parfois il peut être plus difficile d’accueillir un enfant lorsque l’on s’attend à ce qu’il ait des besoins particuliers. Quand le diagnostic prénatal révèle une pathologie, une malformation, un handicap, le choc subi par les parents peut … Continuer la lecture de Quand l’enfant né n’est pas celui imaginé

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L’arrivée d’un enfant, le plus souvent, est un événement heureux. Chaque enfant est différent, on le sait, et parfois il peut être plus difficile d’accueillir un enfant lorsque l’on s’attend à ce qu’il ait des besoins particuliers. Quand le diagnostic prénatal révèle une pathologie, une malformation, un handicap, le choc subi par les parents peut être extrêmement lourd à accepter et à vivre.

Dans un nombre important de diagnostics, le nourrissage de l’enfant est lui-même spécifique et peut devenir une source d’inquiétudes. Du fait de leur pathologie ou particularité anatomique, certains bébés ne pourront pas être alimentés par voie orale avant une intervention chirurgicale. Certains bébés n’auront pas d’emblée la force ni l’endurance nécessaires pour prendre une tétée entière. La recherche d’alternatives d’alimentation, de moyens de démarrer et de maintenir la production de lait, impliquent que la maman aura probablement besoin de recourir aux service de spécialistes en allaitement parmi lesquels les consultantes en lactation.

Le couple se resserre le plus souvent, face à l’événement. Les écueils semblent moins insurmontables, entremêlés de hauts et de bas qui suivent les progrès de santé de l’enfant, et les évolutions dans son alimentation. Chaque mère vit ces événements à sa manière. Celles qui ont une tendance naturelle à l’optimisme n’en auront pas moins besoin de tout le soutien nécessaire.

Une situation complexe peut modifier le caractère temporairement ou profondément.

Les sentiments d’épuisement, de chagrin intense, de joies parfois trop courtes, de colère contre soi, contre l’enfant, contre le personnel médical, ou autres sont parfaitement normaux. Il est probable à ce titre que la mère traverse les étapes d’un cycle de deuil, qui, comme l’a théorisé la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, s’appliquent, au-delà de la perte d’un être aimé. Ce sont le déni ; la colère ; le marchandage ; la dépression ; l’acceptation. Nombreuses sont celles aussi qui éprouvent un sentiment de culpabilité « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que mon bébé soit comme ça ? ». A contrario, pour certaines cultures, l’arrivée d’un enfant différent est une bénédiction de Dieu.

Les émotions de la mère font le yoyo : un jour ça va, un jour ça ne va pas. Cela suit souvent la progression de son enfant ; et ainsi un jour elle en a marre d’essayer d’allaiter ; elle en a ras-le-bol de tirer son lait et le lendemain elle veut ardemment continuer. Sa production lactée semble également suivre ces aléas. Tout cela est normal.
L’écoute qui lui est accordée dans ces moments de doute et d’inquiétude fera beaucoup.

S’il lui est possible de verbaliser ses émotions du moment plutôt que de les camoufler, elle s’en sentira sans doute plus comprise. De même, si elle ne se sent pas en phase avec ses interlocuteurs, elle a le droit de l’exprimer ! Elle a besoin d’un soutien qui soit en connexion avec son émotion du moment.

Dans ce contexte où les émotions jouent un rôle crucial pour l’attachement et la santé psychologique de la mère, il est bon de lui rappeler que son lait est le premier médicament pour son enfant quel que soit son terme, quelle que soit l’affection qu’il porte. Et cette force, nul ne peut l’apporter aussi bien qu’elle. Ce bien précieux a plus de valeur que de l’or, qu’il permette de tisser un lien lacté avec l’enfant ou qu’il lui procure une alimentation riche et salvatrice.

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

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Rencontre avec Delphine Dumoulin, consultante en lactation IBCLC https://www.leblogallaitement.com/rencontre-avec-delphine-dumoulin-consultante-en-lactation-ibclc/ https://www.leblogallaitement.com/rencontre-avec-delphine-dumoulin-consultante-en-lactation-ibclc/#respond Thu, 19 Jul 2018 12:46:54 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1799 La rédaction du blog allaitement a rencontré Mme Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC,  référente au lactarium de Lille.   Mme Dumoulin, vous exercez à la maternité Jeanne de Flandre à Lille, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail ? Je suis depuis plus de 10 ans puéricultrice référente du lactarium régional … Continuer la lecture de Rencontre avec Delphine Dumoulin, consultante en lactation IBCLC

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La rédaction du blog allaitement a rencontré Mme Delphine Dumoulin, infirmière puéricultrice, consultante en lactation IBCLC,  référente au lactarium de Lille.

  Mme Dumoulin, vous exercez à la maternité Jeanne de Flandre à Lille, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail ?

Je suis depuis plus de 10 ans puéricultrice référente du lactarium régional de Lille.

Mes missions sont très diverses, elles sont aussi bien techniques, qu’organisationnelles. Bien sûr, le fil conducteur de tout cela est l’allaitement, de l’accompagnement des mères allaitantes que je rencontre dans mon activité au lactarium, mais également l’accueil de professionnels des centres hospitaliers du Nord pas de Calais se formant à l’allaitement

  Quel est le rôle de l’infirmière-puéricultrice dans votre service, et en quoi votre spécialité en allaitement est-elle un plus ?

Un lactarium, c’est 100% d’allaitement. Alors forcément avoir de bonnes connaissances est un plus. Les allaitements sont très différents. En effet, les mamans que je rencontre au sein du lactarium, ont un (des) bébé(s) hospitalisé(s) pour grande prématurité et/ou opération dès la naissance. C’est un contexte où, plus que jamais, les mamans qui ont fait le choix d’allaiter doivent être soutenues quotidiennement et durablement.

 

  Vous êtes consultante en lactation, est-ce que c’est une compétence reconnue au sein de votre service ?

C’est une compétence reconnue au sein du CHU de Lille, oui. Depuis 10 ans, nous avons été nombreuses à être diplômées. Mon équipe me soutient comme je les soutiens. Pour la plupart, elles avaient cette expertise bien avant que je vienne les rejoindre. Une équipe, c’est avant tout s’enrichir, et en cela nous sommes une bonne équipe.

 

  Comment se déroule une consultation d’allaitement avec vous ?

Vaste question… mes consultations d’allaitement vont de l’anténatal (bébés à risque de prématurité, ou devant être opérés), au post natal dans la clinique de pédiatrie (allaitement des bébés, nourrissons hospitalisés en gastro-entérologie, pneumologie, chirurgie) et aussi des consultations d’allaitement du post-partum en maternité, après la sortie. Tant que les mamans allaitent, nous sommes là pour les soutenir dans leurs projets d’allaitement.

Autre type de consultation, je suis, comme beaucoup de mes collègues, permanencière téléphonique.

Dans ce « 360° » de soutien à l’allaitement, la constance est le respect du projet d’allaitement de la maman, l’écouter et surtout l’entendre, être un soignant bienveillant et ressource.

 

  Avez-vous d’autres responsabilités au sein de votre établissement?

L’enseignement est une autre partie de mes missions. Pour les étudiants, le personnel soignant.

Qui connaît la physiologie de la lactation pourra aider ! Qui connaît les conseils adaptés au matériel de soutien d’aide à l’allaitement sera bienveillant ! C’est donc une mission importante : on ne soutient pas l’allaitement seul !

 

  Quand voyez-vous les mères ? Qu’est-ce qui motive une consultation ?

Je les rencontre de l’anténatal au post-natal et sur le long terme ! Ce qui me motive c’est leur sourire après des moments d’allaitement difficiles ! Le respect de LEUR projet, l’unique de chaque histoire !

C’est une aventure humaine, et les mamans m’apprennent tellement !

 

  Est-ce que toutes les mères qui accouchent dans votre maternité ont une consultation avec vous ?

Nous avons de la chance d’être nombreuses à être formées en allaitement ! Je ne suis heureusement pas la seule ! Ensemble, nous soutenons l’allaitement !

Nous répondons à toutes les demandes des mamans ayant accouché dans notre maternité, et parfois accueillons en consultation des mamans ayant accouché dans un autre établissement.

 

  Les mères peuvent-elles vous voir à tout moment ? Comment prennent-elles rendez-vous ?

Elles peuvent nous joindre à tout moment. Les rendez-vous de consultations sont pris avant même la sortie si nécessaire. Un flyer avec les numéros utiles (numéro des consultations, de la permanence téléphonique, du lactarium) est remis et expliqué aux mamans.

 

  Est-ce que toutes les mères de votre établissement allaitent ?

Même si ce soutien pluridisciplinaire a permis d’augmenter le taux d’allaitement et la durée, non, toutes les mamans ne choisissent pas l’allaitement. Elles bénéficient d’un choix éclairé. Et si après quelques jours, elles ressentent l’envie « d’essayer », nous sommes là pour les soutenir !

 

  Vous arrive-t-il d’accompagner des mères qui ne souhaitent pas allaiter ? Et d’autres qui ne souhaitaient pas allaiter et qui finalement décident d’allaiter ?

Chaque semaine ! C’est la base du respect ! Un choix éclairé, connaître les personnes ressources, et les informer que, quelle que soit l’évolution de leur projet, nous sommes là pour les accompagner !

 

[Biographie] :  Delphine Dumoulin, puéricultrice au CHRU de Lille depuis plus de 20 ans, c’est au travers de son expérience professionnelle dans différents services (médecine, chirurgie, néonatalogie, lactarium) qu’elle s’est spécialisée en allaitement.
Consultante en lactation IBCLC et titulaire du DIULHAM( Diplôme Inter-Universitaire de Lactation Humaine et Allaitement Maternel ), sa pratique s’est naturellement tournée vers l’accompagnement des mères allaitantes de bébés nés prématurément et/ou nécessitant une intervention chirurgicale dès la naissance. En parallèle à toutes ces missions au sein du CHRU de Lille, elle intervient dans la formation initiale des consultants en lactation, les écoles de puéricultrices de Lille, l’école de sage-femme du CHU de Lille et celle d’auxiliaire de puériculture de Tourcoing.
En 2016, elle a complété son parcours avec le DU de la théorie de l’attachement et l’apprentissage de l’échelle de retrait relationnel, ADBB, pour regarder au-delà de l’allaitement.

 

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Moi dans la vie, je collecte le lait maternel https://www.leblogallaitement.com/moi-dans-la-vie-je-collecte-le-lait-maternel/ https://www.leblogallaitement.com/moi-dans-la-vie-je-collecte-le-lait-maternel/#respond Thu, 28 Jun 2018 09:19:33 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1784 Le 4 janvier dernier, nous relayions  un appel au don de lait de mère pour le lactarium de Marmande sur notre page Facebook. Cette initiative a été bénéfique puisque le lactarium a pu reconstituer des réserves de lait qui s’épuisaient. La rédaction du Blog Allaitement a souhaité connaître l’envers du décor, la passion qui se … Continuer la lecture de Moi dans la vie, je collecte le lait maternel

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Le 4 janvier dernier, nous relayions  un appel au don de lait de mère pour le lactarium de Marmande sur notre page Facebook. Cette initiative a été bénéfique puisque le lactarium a pu reconstituer des réserves de lait qui s’épuisaient. La rédaction du Blog Allaitement a souhaité connaître l’envers du décor, la passion qui se profile derrière le métier méconnu de collectrice pour un lactarium.

Mme Bertin-Laumonier, vous êtes collectrice pour le lactarium de Bordeaux/Marmande, pouvez-vous nous décrire votre métier en quelques mots ?

Mon métier consiste, premièrement, à me rendre dans les hôpitaux pour informer les mamans allaitantes de la possibilité de donner leur lait pour les bébés prématurés.

Deuxièmement, il s’agit de collecter le lait recueilli et congelé au domicile des mères.

Troisièmement, je suis amenée à conseiller et accompagner dans son allaitement toute maman qui en fait la demande. Il m’arrive régulièrement de répondre à des demandes de conseils sans qu’il y ait un don par la suite ! Cet aspect de mon activité n’est pas contractuel, c’est un service que j’aime offrir en bonus.

 

Votre métier ne se limite pas, on le comprend, à simplement récupérer du lait recueilli par les mères. Parfois, nous dites-vous, vous êtes la seule personne à rendre visite à certaines mères isolées dans la campagne. Vous arrive-t-il de les aider quand elles sont confrontées à des difficultés d’allaitement ?

Bien sûr ! Cela fait partie du métier et cela arrive très fréquemment. Je le fais dans la mesure de mes connaissances (mon expérience personnelle me sert énormément) mais quand je sèche, je passe le relais à une sage-femme ou une consultante en lactation IBCLC, ou même à la pédiatre référente du lactarium.

Parfois, par le simple fait de notre visite et de nos échanges, on arrive à leur redonner un petit coup de peps !

N.B. : Comme le don de lait est entièrement gratuit en France, le soutien et les conseils que nous pouvons apporter sont un peu la « rétribution » que les mamans peuvent gagner en donnant leur lait !

 

Vous devez être amenée à parcourir un certain nombre de kilomètres, comment organisez-vous vos journées ?

J’organise ma collecte par secteur, en regroupant mes rendez-vous si possible dans la même zone. Je parcours en moyenne 120 à 150 km quotidiennement. Je peux voir jusqu’à 5 mamans par jour mais c’est vraiment le maximum car je souhaite prendre le temps de discuter avec chaque maman afin de prendre de ses nouvelles (santé, fatigue, douleurs, etc.), des nouvelles du bébé (croissance, appétit, sommeil) et discuter du bon déroulement de l’allaitement. Comme je n’ai pas de quota minimum à collecter, je n’ai pas la pression du « Le temps, c’est de l’argent » !

 

Quel est votre profil ? Quel type de formation avez-vous reçu pour devenir collectrice ?

J’étais professeur des Ecoles mais j’ai quitté l’enseignement il y a 4 ans. J’ai été engagée pour ce poste de remplacement sur la base de mes connaissances acquises au travers de 3 allaitements longs, ainsi que de mes dons au lactarium. J’avais effectué un remplacement d’un mois sur ce poste il y a 9 ans et j’avais déjà été formée à l’époque sur le côté administratif et sanitaire de la collecte. Ma prise de poste a donc été grandement facilitée.

N.B. : Au niveau profil de caractère, il faut aimait échanger et dialoguer, avoir une oreille attentive et une attitude toujours bienveillante envers les mamans. Ne jamais juger une maman (exemple : une mère qui veut arrêter d’allaiter ou qui décide d’arrêter de donner), mais plutôt les soutenir et les accompagner dans leurs choix.

 

Si une de nos lectrices souhaite faire un don de lait, comment peut-elle s’y prendre ?

Tout simplement en appelant le lactarium le plus proche  de chez elle ( voir la carte  ), et nous nous chargeons du reste ! En effet, nous apportons directement au domicile de la maman le matériel nécessaire et les explications pour le recueil du lait. Les mamans sont toujours très soulagées d’apprendre que ce ne sera pas à elles d’amener leur lait dans un hôpital !

 

Quel est votre record de collecte ?

Personnellement, j’ai appris par expérience à ne plus jamais parler de mes « records » de collecte devant mes donneuses car j’avais l’impression que ça minait le moral des mamans (en donnant l’impression qu’il faudrait faire aussi bien tout en sachant que c’est impossible) et ça dévalorisait les « petites » donneuses. On parle d’une échelle qui va du don d’un seul litre au don de plus de 100 litres…

 

Quel est votre plus beau souvenir de collectrice ?

Principalement quand j’arrive à aider une maman lors d’un gros problème d’allaitement qui aurait pu la conduire à arrêter. Récemment, une maman qui venait juste d’ouvrir un dossier de don m’a contactée en me disant qu’en vue d’une opération chirurgicale avec anesthésie générale on l’avait prévenue qu’elle ne devrait plus allaiter pendant 3 jours. Pour elle, il était clair que son allaitement allait s’arrêter et elle avait déjà baissé les bras. N’étant pas de formation médicale, je n’étais pas apte à lui donner les bonnes indications concernant les produits anesthésiants. J’ai donc contacté toutes les personnes de mon réseau personnel et professionnel afin de l’aider. C’était un samedi mais malgré tout, chaque personne m’a répondu (sage-femme, consultante en lactation, animatrice de La Leche League) afin de la soutenir et de lui donner les informations adéquates pour qu’elle puisse demander une anesthésie compatible avec l’allaitement. Grâce à cela, elle a pu reprendre l’allaitement dans les heures qui ont suivi l’intervention et aujourd’hui, elle allaite toujours son bébé de 4 mois !

 

Quelle a été votre plus grand défi et comment l’avez-vous surmonté ?

Finalement, les défis sont plus ou moins quotidiens : demande de démarrage de don en urgence qu’il faut intercaler entre 2 rendez-vous, demande de dépannage de biberons de recueil à l’opposé de notre zone de collecte du jour, retard sur la route, panne de voiture, tempête de neige (2 fois cette année !), annulation de rendez-vous, rendez-vous qui dure plus longtemps que prévu parce qu’une maman n’est pas bien ce jour-là, appel d’une biberonnerie d’hôpital pour venir vider leur congélateur en urgence quand il n’y a plus de place, etc.

 

On imagine combien vos journées peuvent être fatigantes parfois, comment entretenez-vous la motivation d’exercer ce métier exigeant ?

Tout d’abord grâce à la satisfaction de participer à ce réseau d’aide pour les prématurés et les nourrissons gravement malades.

Le plaisir quotidien de rencontrer régulièrement ces femmes allaitantes et leur enfant : avec certaines, nous pouvons être amenées à tisser de vrais liens amicaux. C’est aussi un vrai plaisir de voir grandir leur bébé d’un rendez-vous à l’autre.

J’aime aussi voir la fierté et l’épanouissement personnel que les mamans tirent de leur don : dans leur fierté de produire autant de lait et dans leur satisfaction d’aider, de donner de leur temps et de leur énergie dans un acte désintéressé.

J’ai été amenée à rencontrer et à nouer des contacts hyper enrichissants professionnellement et personnellement aussi bien avec les mamans qu’avec des professionnels de santé (sages-femmes, consultantes en lactation, puéricultrices,…) .

En plus, je suis soutenue à 100% par ma famille : mes enfants sont très fiers de ce que je fais et mon mari n’hésite pas à mettre la main à la pâte en chargeant les cartons de biberons de recueil dans ma voiture ou en m’aidant à décharger le lait collecté le soir.

[Auteure] : Hélène Bertin-Laumonier, collectrice remplaçante du Lactarium de Bordeaux/Marmande

[Biographie] : Mère de 3 enfants, Mme Bertin-Laumonier allaite encore sa petite dernière âgée de 2 ans. Elle remplace la titulaire du poste de collectrice du lactarium de Bordeaux/Marmande depuis 1 an (congé maternité et parental) et ce, pendant encore 8 mois.

 

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L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/ https://www.leblogallaitement.com/lallaitement-au-sein-du-couple-homosexuel-feminin/#respond Fri, 01 Jun 2018 12:45:22 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1767 Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels. Un certain nombre d’homoparents … Continuer la lecture de L’allaitement au sein du couple homosexuel féminin

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Au cours des trois dernières décennies, on a pu observer de nombreux changements dans la sphère familiale : multiplication des familles « recomposées », mono-parentales, adoptives, procréations médi­calement assistées. Le couple homosexuel qui n’a pas la capacité de procréer peut néanmoins souhaiter vivre une parentalité qui se rapproche de celle des couples hétérosexuels.

Un certain nombre d’homoparents préfèrent rester discrets et vivent dans le non-dit, voire le secret. La peur du regard des « normaux » les pousse à dissimuler leur situation familiale.  « A l’extérieur, évoque Annie, nous ne parlons pas de notre vie privée. Cela ne regarde personne. Au travail par exemple, je parle de “ mon amie ”, mais je ne précise pas que c’est une femme ». D’ailleurs, la manière dont les lesbiennes vont se faire appeler par leur enfant illustre bien le souhait de s’inscrire dans une famille. Soit elles sont appelées toutes les deux « maman » suivi du prénom, « maman Nathalie » par exemple, soit un des membres du couple, celui qui est le parent légal, est appelé maman, et la partenaire est appelée par un autre terme comme « tante » ou « marraine ». Ces appellations traduisent une volonté de consolider des rôles et des statuts.

Les raisons invoquées dans le choix du mode de procréation d’un couple homosexuel féminin et les conséquences sur les places de chacun (place du donneur, de la mère, de la conjointe) sont autant de questions qui vont amener les professionnels qui les accompagnent à les interroger sur le mode de conception de leur enfant pour évaluer le statut hormonal et le degré de fertilité de la mère gestationnelle, car cela peut avoir un impact sur sa capacité à produire suffisamment de lait.

 

En plus de ces questions de fond se pose donc la question de l’alimentation du nouveau-né. Le choix du projet d’allaitement appartient au couple. C’est une décision qu’il est bon de mûrir à deux. Dans le cas d’un couple homosexuel féminin, il n’est pas nécessaire d’être la mère biologique pour avoir du lait et a fortiori d’allaiter. Les deux mères ont la possibilité d’allaiter l’enfant : on parle dans ce cas de co-allaitement. Alors que la mère gestationnelle produira naturellement du lait, sa partenaire ne bénéficiera pas des hormones de la grossesse pour démarrer la production de lait. Elle peut toutefois choisir de nourrir le bébé avec son propre lait en suivant un protocole de stimulation : on parle dans ce cas de lactation induite. Ce processus est également possible dans le cas d’une adoption.

 

Précisons que les chances d’induire une lactation sont généralement meilleures quand le protocole a débuté six mois avant la naissance du bébé. La stimulation par des médicaments et / ou tisanes est une option qui peut être discutée avec le médecin. Le mode d’administration du lait dépendra de plusieurs facteurs parmi lesquels la qualité de succion du bébé, son âge, le mode de stimulation de la lactation. Reste que réguler et maintenir deux productions lactées peut s’avérer un sacré défi. Le soutien des partenaires est alors essentiel pour la réussite de l’allaitement ; il l’est d’ailleurs pour tous les couples quels qu’ils soient. Et cela va être un véritable travail d’équipe. Le bébé peut notamment développer une préférence pour l’une ou l’autre dès le départ et/ou au cours de l’allaitement. L’allaitement partagé peut signifier que la production de chacune baisse pour s’adapter à la fréquence choisie. Si la lactation vient à trop diminuer, des tétées plus fréquentes permettront de la relancer.

 

Toutes ces options posent de nombreuses questions : qui, quand, combien de temps ?

Si la maman gestationnelle ne veut pas allaiter, acceptera-t-elle volontiers que sa partenaire donne le sein ? Comment prendre en compte les sentiments de l’une et de l’autre quand une seule mère allaite et que l’autre se sent exclue ? Il se peut qu’elle développe un sentiment de jalousie. Les pères expriment facilement que l’allaitement leur donne le sentiment d’être à l’écart d’une relation unique. Ce peut être le cas aussi pour une mère lesbienne.

Les termes utilisés dans les publications traduisent souvent le fait que le couple est, par définition, hétérosexuel alors que notre société va dans le sens d’une acceptation du couple homosexuel et d’une reconnaissance de leur droit à la parentalité.

Ainsi, les professionnels de santé doivent veiller à ne pas blesser la sensibilité de chacun et se doivent d’utiliser un langage non sexiste. Il est bon de veiller à faire abstraction des idées reçues et éventuelles conclusions hâtives.

On l’a vu, l’allaitement n’est pas seulement réservé aux couples hétérosexuels. Quelques aménagements et un accompagnement spécialisé peuvent permettre aux couples de lesbiennes qui le souhaitent de réussir leur projet.

Références :

Counseling the nursing mother 6th edition Judith Lauwers & Anna Swisher,

https://www.asklenore.info/breastfeeding/induced_lactation/gn_potocols.shtml

Dubreuil E. Des parents de même sexe. Paris, Odile Jacob, 1998.

Leroy-Forgeot F. Les enfants du Pacs. Réalités de l’homoparentalité. Paris, L’Atelier de l’Archer, 1999

[Auteure] : Françoise Coudray

[Biographie] : Françoise Coudray, consultante en lactation IBCLC, formatrice et conférencière, elle est également la présidente fondatrice de l’A.D.J.+

 

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Choisir d’allaiter et impliquer le papa https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/ https://www.leblogallaitement.com/choisir-dallaiter-et-impliquer-le-papa/#respond Thu, 29 Mar 2018 16:05:13 +0000 https://www.leblogallaitement.com/?p=1735 Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant. Choisir, comme … Continuer la lecture de Choisir d’allaiter et impliquer le papa

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Le choix de l’allaitement – maternel ou artificiel – est au cœur des préoccupations des femmes enceintes en France. Ce choix ne coule pas de source et n’est pas toujours simple. Parmi les inquiétudes généralement évoquées par les femmes figure la question d’accorder une place au père si elles choisissent d’allaiter leur enfant.

Choisir, comme le définit la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor[1], c’est d’abord accepter de reconnaître son désir et s’y engager comme on avance sur une route sans savoir ce qu’il y aura au-delà. Certains de nos choix, on le sait, sont dictés par tradition, fidélité familiale ou nationale à des ancêtres que nous n’avons parfois même pas connus mais auxquels nous nous identifions inconsciemment. D’autres sont des réactions à des expériences personnelles ou familiales. Et les deux partenaires dans le couple ont leur propre vécu vis à vis de l’allaitement. Ont-il été allaités ou pas ? Ont-il vu des enfants allaités ? Qu’est-ce qui est important pour eux en matière de santé, d’alimentation ?

« L’engagement paternel » : un concept contemporain

 

De nombreuses études, depuis 30 ans, se sont intéressées au rôle du père au sein de la famille et parlent de « l’engagement paternel », concept englobant les interactions d’un père avec son enfant, son investissement dans les soins, ce qu’il met en œuvre pour le bien-être de son enfant. Les études mettent en évidence les effets positifs de l’implication du père dès la grossesse, autour de la naissance et dans l’éducation. Les répercussions sont en effet visibles sur le développement cognitif, affectif ou encore sensori-moteur de l’enfant de même que sur sa santé physique. Cet engagement paternel a par ailleurs un effet bénéfique sur la santé maternelle, physique et mentale. Ces pères engagés ont d’eux-mêmes une meilleure image, une meilleure santé physique et mentale ; il semble également qu’ils aient une vie professionnelle plus réussie (au sens de l’épanouissement). On a démontré que le soutien des pères est primordial dans la mise en place et la poursuite de l’allaitement.[2]

 

Trouver sa place, facile ou pas ?

Seulement voilà, certains pères craignent de ne pas trouver leur place auprès de leur enfant à partir du moment où leur compagne allaite. Voilà une appréhension, le plus souvent évoquée par les femmes, qui revient souvent au cours des consultations prénatales. Il semblerait que l’inquiétude que le père se sente rejeté ou mis de côté en soit à l’origine, particulièrement si l’allaitement est exclusif.

Et pourtant les partenaires n’ont jamais été aussi impliqués qu’aujourd’hui ! Les futurs pères, depuis maintenant de nombreuses années, sont invités à participer au déroulement des consultations prénatales, à la préparation à l’accouchement ; ils sont accueillis dans les salles de naissance. « Les pères contemporains peuvent s’approcher de l’univers de la naissance là où ils étaient autrefois interdits d’accès. La femme enceinte n’est plus tant tabou. Le nouveau-né est sujet d’intérêt, d’attentions et de soins de la part des hommes, même s’ils ne sentent pas encore tous concernés » (C. Castelain-Meunier/1997)

Et lorsque l’enfant parait… la question de laisser le père prendre sa place est légitime. Pour autant, comme le dit très justement la sage-femme Régine Prieur « exclusivité du lait maternel ne veut pas dire exclusivité de la relation ». De plus, « le bébé et la mère peuvent être très nomades, donc dans le lien social, le bébé avec elle ou dans les bras du père ou d’autres. »[3]

Il est possible que cette question masque d’autres préoccupations, tant est forte la pression sociétale de perfection, de réussite qui entoure l’arrivée d’un bébé. Il est donc important d’en parler et l’un de vos interlocuteurs de choix est alors la sage-femme.

 

Les moments les plus propices pour l’échange sont la préparation à la naissance – bien souvent en petits groupes – l’entretien prénatal qui est proposé à chaque couple et qui, parce qu’il est personnalisé et individuel, favorise l’émergence de questions plus intimes que l’on ne pourrait pas toujours poser en accueil collectif.

On sait que les débuts de l’allaitement sont souvent difficiles. Si le père a eu l’opportunité de participer à une consultation avec la sage-femme, qu’il a pu évoquer ses inquiétudes, il aura sans doute compris quel rôle lui sera dévolu dans l’allaitement, celui d’un soutien efficace. Il aura senti combien sa compagne a besoin de lui dans cette nouvelle étape. Il aura quelques réflexes pour prendre les devants en cas de difficulté. S’il sent sa compagne inquiète, il peut sans doute contacter une personne ressource, l’accompagner la mère à la PMI pour la pesée, noter les questions à poser pour ne pas les oublier.

Voici quelques détails qui peuvent réellement faire la différence. Il y a fort à parier qu’il trouvera ainsi son rôle noble et valorisant. Ainsi, ses éventuelles inquiétudes quant à la place qu’il peut prendre auprès de son enfant seront balayées.

 

[1] Le choix de la sublimation, Sophie de Mijolla-Mellor, 2009, Éditeur : Presses Universitaires de France

[2]«  Coopérer …même avec le père du bébé » F.de Montigny et C.Gervais/Spirale/2016/2(n°78) Ed ERES

[3] « Mes réponses aux questions d’hommes, réels ou imaginaires, curieux de l’allaitement et de la parentalité » R.Prieur/Spirale/2015/1(n°73) Ed ERES

[Auteure] : Anne Bruyère


[Biographie] :
Anne Bruyère est sage-femme depuis 1982. Aujourd’hui en PMI, elle est également l’auteure d’ouvrages pour jeunes enfants

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