Angèle a créé son entreprise deux ans avant la naissance de sa fille. Quand le terme de la grossesse arrive, l’entreprise a bien démarré et Angèle commence à avoir beaucoup de travail, sans pour autant avoir encore les moyens d’embaucher du personnel. La grossesse s’est très bien passée et Angèle a pu travailler, à son rythme, jusqu’au bout. Le témoignage de son allaitement est intéressant parce que pour une fois, l’allaitement n’est pas la cause de tous les problèmes, mais est la solution!
“Je travaillais encore le midi du jour de l’accouchement quand les contractions ont commencé à se faire insistantes. Ma fille est née en fin de journée… L’allaitement s’est très bien mis en place car c’était un bébé hyper goulu et motivé. Je ne pouvais pas cesser mon travail. L’essor de mon entreprise en dépendait et je ne voulais pas mettre tout par terre. Alors j’ai repris mon activité 48 heures après la naissance. J’avais bien sûr mon bébé en permanence avec moi dans l’écharpe porte-bébé. Lorsque l’heure de la tétée arrivait, je mettais ma fille au sein sur un coussin d’allaitement, et je poursuivais mon travail à l’ordinateur. Le fait que ce soit mon deuxième enfant m’a aidée, car je savais m’y prendre et j’étais confiante. J’avais parfois des commentaires de l’entourage, qui trouvaient que ce n’était pas la place d’un bébé, mais ma fille avait l’air plutôt heureuse d’être en permanence avec sa maman, plutôt que dans un lit seule dans sa chambre. Mes seins étaient très bien stimulés : au bout de deux mois, ma fille avait pris deux kilos.
Vers trois mois, ma fille s’est faite plus remuante, et je l’ai confiée quelques jours par semaine à une assistante maternelle, tandis que je tirais mon lait. Nous avons poursuivi l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, puis elle a fait fête aux premières compotes et purée. L’allaitement restait tout de même sa principale nourriture. A ce moment-là, j’avais énormément de travail, et la tétée était tellement pratique pour combler un creux dans un moment où je n’avais absolument pas le temps de préparer autre chose.
Depuis sa naissance, notre fille dormait dans notre lit, d’une part parce que mon entreprise prenait toutes les pièces disponibles de la maison, mais surtout parce qu’elle pouvait ainsi téter à volonté sans trop de fatigue. Au fur et à mesure des mois, j’avoue que je ne me réveillais même plus lorsqu’elle tétait. J’étais très fatiguée par mes deux enfants et mes 70 heures de travail hebdomadaire, et sans ces tétées nocturnes à mon insu, je n’aurais jamais tenu le coup. Vers un an, j’ai commencé à l’habituer à dormir à côté de nous dans un autre lit, et les tétées nocturnes se sont espacées. L’allaitement s’est poursuivi pendant plus d’un an, à notre grand bonheur à toutes les deux. Ces moments étaient nos bouffées d’oxygène au milieu des journées surchargées. L’allaitement m’a permis de faire vivre mon entreprise qui fonctionne bien aujourd’hui, tout en étant présente à ma fille. Je n’ai pas l’impression de l’avoir négligée. Au contraire, nous avons vraiment été ensemble. Je sais que si je n’avais pas allaité, si j’avais été obligée d’avoir recours aux biberons, si j’avais été obligée de me lever la nuit, ma vie aurait été plus difficile. C’est vrai aussi que j’ai eu la chance de ne pas avoir de problèmes, à part une petite mastite due à la fatigue et à un coup de froid, mais qui s’est résorbée rapidement grâce aux soins experts d’une sage-femme. Je souhaite cette chance à toutes les mamans qui feront le choix d’allaiter!“