Quelle est la meilleure réponse au dilemme « pouce ou sucette » ?

La semaine dernière, nous parlions des bébés qui ont sorti leurs dents, ce qui peut effrayer lors de la mise au sein. Voyons aujourd’hui une question qui concerne la mise en place de la dentition du bébé, avec un impact de l’allaitement beaucoup plus important qu’on ne se l’imagine.

 

De nombreuses mamans se demandent ce qui est préférable pour les futures dents de leur bébé : le pouce ou la sucette. A bien y regarder, la bonne réponse est vraisemblablement ailleurs et la nature y a pourvu depuis toujours puisqu'il s'agit tout simplement du sein. Nous allons voir que la tétée a plusieurs effets sur l’oralité.

 

 

 

On se muscle !

 

La succion est une façon « naturelle » pour le bébé de se nourrir bien sûr, mais aussi de se calmer, de se rassurer. D'ailleurs, les tétées à la demande  permettent de répondre la plupart du temps à ces besoins physiologiques.

 

Ce qu’il est important de savoir, c’est que la succion ne fait pas que rassurer, elle fait aussi travailler tous les muscles de la mâchoire de manière optimale. En effet, dès la naissance, l'allaitement au sein va stimuler la croissance des mâchoires et des arcades dentaires grâce aux mouvements de propulsion effectués. Il y a plus de 40 muscles qui sont impliqués dans la succion-déglutition au sein!

 

Et même la succion non nutritive du sein, c'est-à-dire le fait de téter sans avaler de lait, ou très peu, amène ces effets très positifs. Cela ne signifie pas qu’il faut laisser le bébé au sein toute la journée, mais que, de temps en temps, lorsque vous avez la possibilité d’une tétée un peu plus longue et que votre bébé a un fort besoin de succion, par exemple en soirée, ce n’est pas du temps perdu !

 

Avec le pouce, ou même la sucette (et toutes les sortes de tétines), le mouvement de succion est très différent. Ainsi, en présence d'une tétine, le bébé se contente de pincer l'accessoire, de le « suçoter », alors qu’au sein il doit ouvrir la bouche bien grand, avancer la langue, fermer la bouche et créer un vide d'air. Il y a donc une différence fondamentale entre sucer et téter.

 

 

On se construit !

 

L'allaitement a un autre avantage : il oblige le bébé à ventiler par le nez. On sait aujourd'hui que la respiration buccale du nourrisson (ce qui se passe lorsqu’il est au biberon) favorise les malocclusions. Sous ce terme barbare dont on se doute tout de suite qu’il n’annonce rien de bon se cache un mauvais positionnement des dents du haut par rapport aux dents du bas. Ses conséquences peuvent être nombreuses : problèmes esthétiques, difficultés de langage, mauvaise mastication, mais aussi douleurs articulaires de la mâchoire, risques de ronflement et même apnée du sommeil.

 

En donnant le sein à son bébé, en remplacement du pouce ou de la sucette, la maman lui évite donc un certain nombre de désagréments à venir. Du reste, par le travail musculaire intense qu'elle demande, la tétée fatigue le bébé et l'aide à s'endormir plus facilement … sans prendre le pouce !

 

On grossit !

 

Enfin, dernier aspect pratique de l'allaitement, il limite le risque de stagnation du poids lié à la prise du pouce ou de la sucette qui peut parfois amener le bébé à oublier de téter.

Par exemple, un bébé un peu affaibli par une naissance houleuse, une maladie, ou toute autre situation où la prise de poids est médiocre, risque de sauter des tétées lorsqu’il suce son pouce ou sa tétine pour se calmer. Cela peut passer totalement inaperçu aux yeux des parents qui se diront que tout va bien, que leur bébé est calme, dort et ne pleure pas. Et il est souvent difficile de bien remonter la pente ensuite. 

 

Alors, pas de questions à se poser : tous au sein !

 

 

Commentaires fermés : ce site est maintenant en fin de vie. Il n’est plus possible de laisser de nouveaux commentaires. Vous pouvez contacter Grandir Nature via www.grandir-nature.com .