Aujourd’hui, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter une petite histoire rigolote … qui m’est arrivée alors que je ne travaillais pas : j’allais à un spectacle. Assis à mes côtés, en attendant le lever de rideau, les parents de trois petites filles m'ont alors raconté la difficile journée qu'ils venaient de vivre.
Le témoignage, je trouve, porte à réfléchir.
Fanny (°) a décidé d'arrêter prochainement l'allaitement de sa petite dernière de 7 mois. Elle profite d'une journée de vacances pour mettre son projet à exécution : le papa pourra ainsi donner des biberons.
Le bébé commence à manger des solides (même s'il préfère encore, et de loin, les tétées), prend de temps en temps du lait en poudre, et aujourd'hui, c'est décidé, il n'y aura qu'une tétée le matin. Fanny a prévu de faire couler un peu de lait au cours de la journée pour éviter un engorgement.
Mais elle se sent de plus en plus maussade au fil de la journée, s'énervant pour un rien, ne supportant plus personne. Elle-même, se connaissant assez bien pour avoir un certain recul, se rend compte qu'elle est rude avec tous les membres de sa famille. Le papa quant à lui a un jugement plus catégorique : elle est tout simplement exécrable.
"Non, juste en manque", lui souffle sa petite voix intérieure!
N'y tenant plus, elle donne une tétée en fin d'après-midi, et là, le monde s'éclaire et s'ensoleille : la vie est belle!
Merveilleuse ocytocine qui nous fait baigner dans le bonheur. Cette molécule de la famille des endorphines est un morphinique naturel sécrété par notre corps justement pour procurer du bien-être. L'ocytocine est l'hormone qui permet l'éjection du lait, elle se déverse donc dans le sang de la mère à chaque tétée. Elle est aussi présente tout au long de la grossesse et est impliquée dans les contractions utérines lors de l'accouchement, mais aussi pendant l‘orgasme! On peut donc dire que cet analogue de morphine (donc de drogue) accompagne la future mère et la jeune mère : elle la rend „accro“ à son bébé. Et ceci pour le plus grand bonheur de l’un et de l’autre… mais aussi de l’espèce qui maximise ainsi les chances de survie du nouveau-né.
Le fait est que l’allaitement, en lui-même, est bonheur. L’être humain est fait pour allaiter et être allaité. Seuls les problèmes extérieurs liés aux modes de vie (manque d’information ou de soutien, choix d’organisation, impossibilité physiologique) font que certaines mères vivent plus de problèmes que de bonheurs.
Nous, mères „accros“ à nos enfants, ayons le courage de régler nos problèmes parasites au plus vite pour profiter de cette magnifique drogue douce, gratuite et sans effet secondaire autre que l'envie de materner au mieux puisque c'est ce qui nous correspond…
(°) Pour des raisons de respect de la vie privée, le prénom a été modifié. La mère en question a donné son accord pour la publication du témoignage